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Acteur et spectateur de la vie de la Cité, Claude Bébéar fait un constat : en politique, difficile de s’attarder sur des questions de fond. Il décide donc de fonder un groupe de réflexion pour pallier ce manque : l’Institut Montaigne naît en 2000.
Si le nom de la nouvelle association est principalement le fruit du hasard, il incarne bien les objectifs de Claude Bébéar : liberté de pensée, bon sens, raisonnement et pragmatisme. Et s’il est aujourd’hui bien installé dans le paysage français, l’Institut Montaigne reste un pari audacieux lors de sa création : la culture française, très jacobine, suppose encore que seuls les élus politiques ont la légitimité de formuler des propositions. Depuis, l’association a fait son trou : le nombre de membres a doublé !
Du point de vue des idées, l’Institut Montaigne refuse de prendre position sur l’échiquier politique mais son orientation reste réaliste et libéral : l’économie de marché est considérée comme une donnée de base mais elle n’est pas un prétexte au laisser-faire. Et l’indépendance idéologique s’accompagne d’une indépendance pécuniaire : le financement provient intégralement d’entreprises et de personnes physiques. Du coup, avec un budget annuel d’environ deux millions d’euros, les résultats des travaux de recherche de l’Institut Montaigne sont mis gratuitement à la disposition de tout le monde.
Autre activité : la promotion des idées. Car l’objectif avoué est d’influencer les pouvoirs publics et de convaincre les élus. Et visiblement, c’est efficace : "sur 500 propositions formulées en 5 ans, 13% ont été débattues à l’Assemblée Nationale et 7% ont été adoptées" aime rappeler Philippe Manière, directeur de l’Institut Montaigne. Et on peut dire que les membres ne chôment pas ! Toutes les propositions de l’Institut sont publiées sous forme de rapports, de notes ou de briefing papers. À ceci s’ajoutent des conférences mensuelles et un séminaire de réflexion annuel sur les think tanks au Conseil économique et social.
Parmi les membres de l’Institut Montaigne, il y a bien sûr Claude Bébéar (Président du conseil de surveillance du groupe AXA), Guy Carcassonne (universitaire), Bernard de La Rochefoucauld (fondateur de l'Institut La Boétie) et Olivier Blanchard (professeur au MIT).
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