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Alain Minc : "Une campagne de réélection est très différente d’une campagne d’élection". Interview exclusive
[lundi 23 mai 2011]



Indépendant, autonome, Alain Minc est considéré comme un conseiller occulte, mais influent, de Nicolas Sarkozy. A une année de l'élection présidentielle, il nous a semblé opportun (comme nous l’avions fait avec Emmanuelle Mignon) de l’interroger longuement sur les idées et la culture du président de la République et sur les clés de sa campagne pour 2012. Dans un esprit pluraliste, nous lui laissons la parole librement.


Nonfiction.fr- Si vous deviez identifier un "tag" ou une idée clé de campagne présidentielle pour chaque camp en 2012, qu’est-ce que ce serait ?

Alain Minc- Le tag de Nicolas Sarkozy serait "continuer à moderniser". Et le tag de gauche serait "autant de justice que possible".

Nonfiction.fr- Ne croyez-vous pas que la droite puisse s’appuyer sur les thèmes sécuritaire et identitaire dans une phase de campagne ou de précampagne ?

Alain Minc- Etant qui je suis, ce n’est pas ce que je préfère dans l’action gouvernementale. Je raisonne avec mes a priori. Je déteste trop ces thèmes pour pouvoir imaginer qu’ils soient un levier. Sur le plan des structures économiques et sociales, je pense profondément qu’il y a eu une vraie modernisation pendant ce quinquennat. Je pense aussi qu’un vrai thème pour la gauche serait de dire jusqu’où on peut aller en termes de justice dans un univers modernisé. Cela est plus facile pour le SPD que pour le PS. J’espère qu’aucun des deux partis de gouvernement ne se laissera embarquer sur des thèmes "antimondialisation", des débilités à la Montebourg d’un côté, et des réactions protectionnistes de l’autre.

Nonfiction.fr- A priori, dans le projet du Parti socialiste, ce n’est pas le cas.

Alain Minc- Je trouve que ce projet aurait été extraordinairement moderne en 1981, comme le projet de 1981 aurait été extraordinairement moderne en 1945. Si le PS avait un projet "macroéconomiquement" plus modéré, je ne vois pas comment le désir d’alternance ne le ferait pas gagner. Néanmoins, ce projet est encore marqué par deux ou trois arthritismes liés au fait que le Bad Godesberg à gauche est toujours rampant et jamais assumé, à cause d’une croyance continue dans la dépense publique. Les socialistes ne pourront s’abstraire d’un environnement dans lequel le problème de la hausse des impôts se posera aux classes moyennes, et ce n’est évidemment pas pris en compte dans les présupposés macroéconomiques de leur programme. C’est pourquoi ce projet, même s’il se débarrasse de beaucoup d’arthritismes, me paraît encore un peu daté.

Nonfiction.fr- Plus largement, au-delà du "tag", sur quels thèmes se fera la campagne, à votre avis ?

Alain Minc- Je pense qu’un président sortant n’a pas d’autre possibilité que de dire : "voilà, j’ai fait un certain nombre de choses, et avant de partir, je vais finir le boulot." Il y a un élément important : jusqu’à maintenant, tous les présidents réélus faisaient croire qu’ils se représenteraient une troisième fois, désormais c’est constitutionnellement impossible. Le président peut donc dire : "j’ai fait l’enseignement supérieur, je ferai l’école, j’ai fait les retraites, je vais faire la santé, j’ai fait une réforme du patrimoine, je ferai une réforme des impôts indirects." Cela lui permettrait de donner le sentiment de continuer sur la voie des réformes, qui, fussent-elles discutées, sont importantes. Je ne vois pas d’autres thèmes pour un président en place. Il ne peut tenir que deux propos  : un , "je veux finir ce que j’ai commencé", deux , "nous sommes dans un monde extrêmement chaotique, et nul ne conteste qu’à chaque fois qu’il y a eu une situation chaotique, j’ai plutôt bien agi".


Du côté de la gauche, je crois qu’elle ne se fera pas élire en faisant rêver. C’est la première élection sous contrainte de la dette et du maintien du triple A. Ce n’est plus un problème technocratique, et la gauche devrait donc être plus réaliste sur cet environnement, en disant : "étant ce que je suis, voilà ce que je peux vous proposer en termes de redistribution, dans cet environnement."

Il y a un réflexe de dépense publique dans le projet du PS, qui dit : "la croissance financera une bonne partie de la dépense, et je financerai ce qui manque par une réforme fiscale, essentiellement la fusion IRPP-CSG  ." Je crois que la croissance ne financera pas l’essentiel de la hausse des dépenses publiques, donc si le PS part dans cette voie-là – et cela apparaîtra dans une campagne, car tout est maintenant transparent dans une campagne, Dieu merci, l’expertise est démocratisée – il sera amené ou à réduire son ambition sur les dépenses, ou à augmenter encore davantage la pression fiscale. C’est cette contradiction du projet socialiste qui, à mon avis, risque de mettre en difficulté le candidat socialiste.

Nonfiction.fr- Vous savez bien pourtant que ce projet changera, et que le candidat du PS aura son propre programme ?

Alain Minc- Certes, mais il se trouve que ce projet est intéressant car c’est le plus petit dénominateur dans un univers extrêmement complexe. Il montre une ligne générale. Je n’ai jamais cru – jamais – dans l’hypothèse où il y aurait eu une candidature DSK, qu’on peut gagner l’élection présidentielle en disant : "regardez dans mes yeux que je ne crois pas ce que disent mes lèvres." C’est-à-dire, "je tiens un discours mais étant ce que je suis, vous savez bien que je gouvernerai de manière plus raisonnable". Je crois que ça ne marche pas en politique, surtout dans un univers aussi médiatisé, aussi dur et aussi "internetisé". Je pense qu’on est obligé de dire ce qu’on fera et qu’on sera obligé de faire ce qu’on a dit. C’est une contrainte pour tout le monde, pour les deux candidats. 

Nonfiction.fr- Est-ce une nouvelle contrainte ?

Alain Minc- Non, mais nous sommes dans un univers très particulier où les médias traditionnels sont de plus en plus faibles et de plus en plus forts. Ils vendent de moins en moins de papier mais la pression médiatique est de plus en plus lourde, donc la fonction de transparence est de plus en plus grande.

Nonfiction.fr- Comment voyez-vous plus largement le rapport de Nicolas Sarkozy aux idées ? Vous disiez qu’on est obligé de faire ce que l’on a dit. Ce n’est pas vraiment ce qui s’est passé depuis quatre ans…

Alain Minc- J’admets beaucoup de critiques vis-à-vis de Sarkozy, la seule que je trouve absurde, c’est de faire comme si la crise n’avait pas existé. Je crois qu’on ne peut pas juger le programme de 2007 à l’aune d’une économie où le PIB est encore inférieur à ce qu’il était à son plus haut. Par honnêteté intellectuelle, on ne peut pas dire : "il a promis ça, et voilà le résultat…"

Nonfiction.fr- Il y a beaucoup d’autres sujets…

Alain Minc- Je parle des sujets macroéconomiques. Pour revenir sur le rapport de Nicolas Sarkozy aux idées, il est comme celui de tous les hommes politiques, c’est une éponge. Un homme politique est une éponge. Nicolas Sarkozy construit sa propre Weltanschauung, c’est normal. Un type qui n’est pas une éponge n’est pas un homme politique.

Nonfiction.fr- Quelle est la Weltanschauung de Nicolas Sarkozy ?
 
Alain Minc- Je l’avais écrit dans un papier lorsqu’il avait publié une biographie de Mandel  . Il était alors ministre de Balladur. Cela avait donné lieu à une remarque de Pasqua, qui lui avait dit : "je ne comprends pas ce que  ton copain a écrit." J’avais écrit que c’était un libéral bonapartiste. Je crois que c’est ça la Weltanschauung de Nicolas Sarkozy. D’une part, il est "macroéconomiquement" plutôt libéral, d’autre part, il est de tempérament bonapartiste, donc il croit à une forme d’interventionnisme de l’Etat. Mais c’est au nom de ce tempérament bonapartiste qu’il est devenu aussi pro-européen qu’il l’est, car il ne l’a pas toujours été. On revient toujours à ce mot du Général de Gaulle : "l’Europe est le levier d’Archimède de la France." C’est au nom de ça que je ne pardonnerai jamais à Laurent Fabius sa position en 2005. On ne peut pas être un homme politique rationnel et ne pas considérer que la France n’existe que par sa projection en Europe.

Nonfiction.fr- Est-ce qu’il reste à Nicolas Sarkozy des cartouches idéologiques ?

Alain Minc- Il y a une règle politique qui s’applique à tous les présidents sortants, la règle du moindre risque. Vous vous faîtes élire en faisant rêver, vous vous faîtes réélire en disant : "je ne prends pas le moindre risque." C’est là qu’on en revient au jeu de la gauche : si elle donne le sentiment qu’elle est un risque, elle ouvre à Nicolas Sarkozy un grand espace. Le problème de la débilité républicaine aux Etats-Unis, c’est que les Républicains vont apparaître comme un risque, ce qui ouvrira l’espace d’Obama. C’est dans les pays où les deux partis de gouvernement sont extrêmement proches que cet argument ne vaut pas : il ne vaudra pas en Allemagne si le SPD est en tête, il peut valoir si les Verts sont en tête. Avec les Verts, il peut y avoir un petit aléa de risque. Sinon, c’est une constante politique.

Nonfiction.fr- Mais est-ce que vous croyez sérieusement que des personnes comme Martine Aubry ou François Hollande effraient tant que ça ?

Alain Minc- Je parle d’un risque macroéconomique. Je suis convaincu qu’avec un programme beaucoup plus modéré, la gauche serait sûre de gagner. Vous ne mesurez peut-être pas ce que va être la pression de la dette sur cette campagne. Vous allez me dire : "les 65 millions de citoyens se foutent du triple A." Aujourd’hui, oui. Vous verrez si en janvier ou février 2012, à force de martèlement par vous tous, ils s’en foutront toujours. Si les CDS (Credit Default Swap)- comme on dit en langage financier-, le risque sur la France, ou le spread par rapport à l’Allemagne augmentent au fur et à mesure des aléas de la campagne, vous verrez si ce ne seront pas là des éléments majeurs. Je parle de risques par rapport à un univers "surcontraint". On est dans une situation économique "surcontrainte". Pourquoi ?  Ce n’est pas que  le prix de la crise. On a 80%  d’endettement par rapport au PIB. Cet endettement se compose de deux parties : 20% qui étaient le prix à payer pour sortir le moins mal possible de cette crise, et 60% qui sont l’aboutissement de trente années de lâchetés accumulées par la droite et la gauche. N’oublions pas que sur les trente dernières années, la gauche et la droite ont gouverné quinze ans chacune. Il faut bien l’avoir en tête : sans cette lâcheté collective, on aurait pu relancer beaucoup plus et beaucoup plus fort au moment de la crise. Quand il y aura un nouveau spasme financier, et il y en aura un, le vrai drame est qu’on n’aura plus la capacité de rebond keynésien qu’on a aujourd’hui.

Nonfiction.fr- Vous raisonnez comme si les Français accepteront encore une fois le cadre paradigmatique de l’économie classique. En Islande, ils l’ont rejeté.

Alain Minc- Ils se sont agités mais ne l’ont pas rejeté. Les Islandais ont rejeté le fait que pour maintenir leur crédit, il fallait dédommager des banques étrangères qui avaient pris des risques trop grands sur leur pays. Ce n’est pas la même chose. Il n’y a pas d’autre cadre que l’économie mondialisée. Il n’y a pas d’autres moyens pour atténuer la pression de l’économie mondialisée que d’être le plus pro-européen possible. Si je n’avais que deux crédos, ce seraient ces deux là. Ce ne sont pas des crédos idéologiques, mais j’ai le sentiment que cela relève de la loi de la pesanteur. Il y aura 30 % de gens qui font semblant d’imaginer qu’on peut faire autrement, et entre 60 et 70% qui voteront pour les partis de gouvernement.

Nonfiction.fr- La mondialisation et l’Europe sont justement au cœur du projet du PS.

Alain Minc- Je pense que le PS reconnaît beaucoup plus le monde tel qu’il est qu’il ne l’a jamais fait. Je pense qu’il ne lui manquait pas grand chose pour être totalement crédible "macroéconomiquement".

Nonfiction.fr- Il lui reste une année…

Alain Minc- Peut-être.

Nonfiction.fr- Pourtant, les comptes de la Sécu étaient bons en 2000 ou 2001…

Alain Minc- N’entrez pas dans ce débat à la con. Ou alors il vous sera répondu que la gauche n’a pas économisé quand elle aurait pu. Ce sont des échanges de bistrot.

Nonfiction.fr- Bien, prenons de la hauteur. Quand vous parlez de triple A, vous semblez corréler mondialisation et économie financiarisée ?

Alain Minc- C’est devenu le cas, on  n’y peut rien. Comme je l’ai dit à ce pauvre Montebourg dans un débat sur la "démondialisation", c’est formidable cette croisade qui commence à Chalon-sur-Saône et ne peut que se finir triomphante à Pékin. C’est très sympathique ce que dit Montebourg, mais qu’il aille convaincre les 400 millions de Chinois pour qui la mondialisation fabrique leur entrée dans la classe moyenne ! Le monde est ce qu’il est, on peut regretter qu’il le soit, mais on ne peut pas le changer. Ce débat sur la "démondialisation", personne ne le comprend dans le monde : Dilma Rousseff, pas plus que Lula, ne comprend un mot de ce que vous venez de dire. Je ne parle même pas des Indiens, des Chinois ou des Américains. Si les socialistes vont uniquement sur ce terrain là, ils ne connaîtront que l’opposition ! Le monde est ce qu’il est et dans ce monde tel qu’il est, chacun agit en fonction de son idiosyncrasie et des forces sociales qu’il représente. Je suis plus marxiste que vous, je crois aux forces sociales, et je crois qu’une politique fiscale reproduit nécessairement le jeu des forces sociales. Mais penser qu’il y a un monde alternatif… foutaise, foutaise !

Nonfiction.fr- Vous montrez bien dans votre livre, Un petit coin de paradis (Grasset), votre attachement à l’Europe. 80% du PS est pro-européen sur une ligne social-démocrate, ce que le projet montre très bien. Mais tout le débat actuel porte sur la création d’un gouvernement économique européen, qui n’existe pas.

Alain Minc- Depuis un an, il s’est passé des choses formidables. Tout le monde sait que les Allemands défendront l’euro jusqu’au dernier sang. Pourquoi ? Parce que c’est dans leur intérêt. Aujourd’hui, quel est le pays qui perdrait le plus à l’explosion de l’euro ? C’est l’Allemagne. Elle perdrait le marché de ses voisins, et le deutschemark serait à un niveau tel qu’elle perdrait de surcroît la grande exportation. Ce n’était pas évident il y a encore un an. Un deal, extraordinairement utile et intelligent à mon avis, vient d’être fait entre les Allemands et les Français. Les Allemands disent : "nous acceptons la gouvernance économique telle que les Français la souhaitaient", et les Français disent : "il n’y a pas d’autres critères de bonne gestion que les critères allemands". C’est ça le deal qui est sur la table à travers le pacte Merkel-Sarkozy. Je pense que c’est un formidable progrès, et que la zone euro vient de faire dans la crise un pas en avant absolument considérable. Elle vient de faire ce que Jacques Delors souhaitait il y a quinze ans. Comme toujours avec l’Europe, elle avance avec une démarche de crabe. Personne ne met en exergue le fait que quand l’euro a été dans les cordes, les 27 pays européens ont voté en un mois un plan de soutien aussi important que le plan de soutien TARP (Troubled Assets Relief Program) américain, qui a été rejeté par la Chambre des Représentants et n’a été voté qu’au bout de six mois. Donc, en effet, l’Europe n’existe pas comme une figure belle et hiératique mais elle progresse incontestablement. Je pense par exemple que le débat sur Schengen finira par déboucher sur une politique d’immigration commune. Pourquoi ? Qu’on le veuille ou non, la Méditerranée est notre Rio Grande. Et on ne voit pas très bien comment le Texas, l’Arizona et l’Arkansas pourraient avoir des politiques d’immigration différentes. Idem pour l’Italie, la France, l’Espagne. Dos au mur, on est obligé de faire des pas en avant. Le reproche que je fais à la classe politique de gauche et de droite, de la même manière, c’est de faire progresser l’Europe comme on absorbe l’huile de foie de morue.

Nonfiction.fr- C’est mauvais mais… bon pour la santé ?

Alain Minc- Voilà, ce n’est pas facile à avaler, et on oublie de dire que c’est bon pour la santé.

Nonfiction.fr- Est-ce que la campagne présidentielle n’est pas le moment opportun pour faire de l’Europe un thème clé ? 

Alain Minc- Au fond, je ne crois pas car je pense que la gauche et la droite de gouvernement pensent maintenant exactement la même chose sur le sujet. Vous aurez les connards antieuropéens, de Montebourg à Marine Le Pen, d’un côté, et les partis de gouvernement de l’autre.

Nonfiction.fr- Vous pensez que la campagne ne devrait pas se faire sur une ligne de partage très clivante entre la droite et la gauche ?
 
Alain Minc- Je crois que si la gauche veut gagner, elle a intérêt à être la moins clivante possible sur l’économico-social, c’est-à-dire la plus rationnelle et la plus modérée possible.

Nonfiction.fr- Sur quels sujets la gauche peut-elle alors cliver ? 

Alain Minc- Sur des valeurs, et sur l’idée de justice, elle a intérêt à cliver sur les valeurs comme dans les autres pays. Qu’est-ce qui fait la différence entre la CDU-CSU et le SPD ? Ce sont les valeurs, ce n’est pas le débat macroéconomique. Le clivage en Espagne entre Mariano Rajoy (PP) et Alfredo Pérez Rubalcaba (PSOE) se fera aussi sur les valeurs. La réalité impose la gestion macroéconomique, ensuite, chacun a son identité, ses forces sociales et ses valeurs. Mais nier la réalité macroéconomique sera de plus en plus la certitude de perdre parce que cette réalité est de plus en plus prégnante.

Nonfiction.fr- Comment se prépare Nicolas Sarkozy pour la campagne, indépendamment de l’affaire DSK ?

Alain Minc- Je ne me prononcerai pas sur cette affaire. Je pensais depuis très longtemps que DSK était l’adversaire le plus facile pour Nicolas Sarkozy. Martine Aubry serait l’adversaire le plus redoutable, c’est l’anti-Sarkozy. Et le dire n’a rien à voir avec la grande amitié qu’il y a, depuis quarante ans, entre elle et moi, au-delà de la politique. 

Nonfiction.fr- Donc le clivage se ferait aussi sur la personnalité ? 

Alain Minc- Oui, ce qui est normal dans une campagne présidentielle. Au fond, si la gauche n’avait pas été représentée par un poids plume en 2007, elle aurait gagné. C’est sur la personnalité que s’est jouée l’élection. Combien je connais de gens qui disent : "je ne vote que pour celui dont je suis sûr qu’il pourra occuper le job." Nicolas Sarkozy est un vrai politique, il se battra à mort parce que c’est son tempérament. Cela dit, s’il est battu, il changera de vie.

Nonfiction.fr- Quelle place jouez-vous dans le système Sarkozy ?

Alain Minc- La place d’une des très peu nombreuses personnes qui lui disent ce qu’elles pensent. Et ça, vous ne pouvez le faire que si vous êtes en dehors du système. Comme je le dis souvent, mon business a souffert de sa présence au pouvoir puisque je ne prends pas d’entreprises d’Etat comme clients et je ne prends pas d’entreprises qui ont l’Etat comme client, donc je suis totalement indépendant matériellement et intellectuellement. Mais ça fait vingt-cinq ans que je discute avec Nicolas Sarkozy et que je lui dis ce que je pense, c’est tout.


C’est fondamental dans cette fonction d’avoir trois ou quatre personnes autour de vous qui sont libres de leurs propos. Est-ce que François Mitterrand a eu ça ? Son côté hiératique faisait à mon avis que les gens ne lui disaient pas nécessairement ce qu’ils pensaient. Giscard ne l’avait pas, puisqu’il ne tolérait même pas l’approbation, comme Talleyrand disait de Napoléon ; Pompidou l’avait ; Jacques Chirac aussi, par définition.

Nonfiction.fr- Dans ce système, il y a une double tendance qu’on résume souvent par la tendance Guaino et la tendance Buisson. Est-ce pertinent ? 

Alain Minc- Je ne suis ni Guaino, ni Buisson, mais cette perception n’est pas pertinente. Heureusement qu’il y a plusieurs demeures dans la maison du père.

Nonfiction.fr- Y a-t-il des choses qui vous ont choqué dans les discours du président ? Des erreurs ?

Alain Minc- Le mot aberrant, vraiment aberrant, c’est : "Français d’origine étrangère". J’ai appelé Nicolas Sarkozy pour lui dire : "je suis un Français d’origine étrangère qui parle à un Français d’origine étrangère". C’est même une connerie technique. Il aurait dit "Français fraîchement naturalisé", c’aurait été très différent. Dire de quelqu’un qui vient d’être naturalisé qu’on préfère qu’il ne prenne pas cinq ans de taule dans les deux ans qui suivent peut se concevoir. Mais "Français d’origine étrangère" est un mot absurde, absurde !

Nonfiction.fr- Que faut-il dire ? Français issu de l’immigration ?

Alain Minc- Non, pour le problème qu’il traitait, le retrait de nationalité, la seule explication plausible- je ne dis pas que c’était la bonne- c’était de dire : "est-ce qu’on demande aux Français qui viennent d’être naturalisés de ne pas avoir de condamnation pénale à plus de deux ans de prison ferme dans les deux ans qui suivent ?" Pourquoi pas ? "Français qui vient d’être naturalisé" est un concept juridique, alors que "Français d’origine étrangère" ne l’est pas.

Nonfiction.fr- Plus largement, est-ce que vous ne pensez pas que Nicolas Sarkozy a besoin d’une autre Emmanuelle Mignon pour organiser son rapport aux intellectuels et aux idées ?

Alain Minc- Non, je crois qu’une campagne de réélection est très différente d’une campagne d’élection. Rappelez-vous comment François Mitterrand a été réélu. Il a été réélu grâce à "La lettre à tous les Français", qui était du jus de chaussettes. C’était intéressant, c’était même un exercice extrêmement réussi. Vous devriez la relire et ne surtout pas faire la même chose à gauche. Ca serait bon pour l’éventuelle réélection de Martine Aubry ! Vous ne pouvez pas être réélu sur un immense programme. Vous pouvez être réélu, comme je l’ai dit, sur deux thèmes : d’abord, "j’ai agi dans un certain sens et je veux finir", et ensuite, "je suis sécurisant quand ça va mal". Mais, de toute façon, arrêtons tout ça : n’oublions jamais que le meilleur candidat contre le plus mauvais gagne à 54% contre 46. Le meilleur Mitterrand, en 1988, contre le plus nul que l’on ait connu, Jacques Chirac, ça donne 54-46. Malgré les immenses problèmes de personnalité que l’on a connus avec Ségolène Royal, elle n’a perdu qu’à 47% contre 53. Tout ça se terminera à 52-48.

Nonfiction.fr- Sauf si Marine Le Pen est au second tour ?

Alain Minc- Je n’en crois pas un mot. Je pense qu’elle ne sera pas au second tour pour la raison suivante : en 2002, les sondages étaient interdits jusqu’au vendredi soir. J’ai voté Bayrou au premier tour pour voter Jospin au second tour. J’étais sûr de voter Jospin au second tour, mais il me faisait chier au premier tour. Un connard comme moi qui voit un sondage le vendredi, il vote Jospin dès le premier tour. Or, les sondages sont désormais autorisés jusqu’au vendredi soir. Je suis absolument convaincu que si les sondages laissent entendre le vendredi soir que Le Pen sera au second tour au détriment de la gauche ou de la droite, le réflexe de vote utile jouera. C’est peut-être un pronostic qui sera démenti, mais pour moi, c’est une certitude absolue. En revanche, si les sondages étaient interdits, tout serait  possible. Vous savez, en 2002, Le Monde avait un sondage le jeudi avant le premier tour qui donnait Le Pen tout près de Jospin. Ils se sont posés la question de savoir s’ils titraient "Le Pen au second tour ?". Pour des raisons déontologiques respectables, ils ne l’ont pas fait : ils ne pouvaient pas faire un titre sur la base d’un sondage qu’ils ne pouvaient pas rendre public. Si vous aviez "Le Pen au second tour ?" et 6 colonnes à la Une le jeudi dans Le Monde, Jospin aurait récupéré les 200 000 voix qui lui ont manqué.

Pour ce qui concerne le Front National, on ne peut pas faire comme si rien ne s’était passé. Je pense que cette femme est en train de transformer un parti d’extrême droite en parti populiste européen classique.

Nonfiction.fr- Comme Gianfranco Fini ?

Alain Minc- Non, on se trompe toujours en parlant de Fini. Fini est devenu un modéré, libéral de centre-gauche, au point que tous mes amis de la gauche italienne ne rêvent que par Fini.

Nonfiction.fr- Vous exagérez...

Alain Minc- Non, ils rêvent d’un autre compromis historique, car ils savent qu’ils n’ont pas d’autre choix s’ils veulent revenir au pouvoir.

Nonfiction.fr-  Et Marine Le Pen ?

Alain Minc- Marine Le Pen représente grosso modo un avatar du style de la Ligue du Nord, un peu CSU version Munich- qui n’est pas la même que la CSU à Berlin. La différence qui existait entre des populismes de type finlandais ou hollandais et l’extrême droite française consistait en un certain nombre de sujets moraux. On ne peut pas juger de la même manière quelqu’un qui dit : "la Shoah est le pire crime de l’histoire", alors que son prédécesseur et père disait : "c’est un détail de l’histoire." Personne n’a prêté attention au discours que Marine Le Pen a tenu sur Vichy : son père était un héraut de la Collaboration alors qu’elle parle de "honte française." Elle va bientôt nous refaire le discours de Chirac sur le Vél’ d’Hiv’. Alors, maintenant, elle va passer un vrai test, voyons si elle est capable de civiliser son discours sur l’islam. Le fait d’avoir abattu le mur que créaient les positions morales inacceptables de son père abolit la différence entre un parti d’extrême droite et un parti populiste.

Nonfiction.fr- Et ses attaques contre DSK ou Frédéric Mitterrand ne la distinguent pas ?
 

Alain Minc- Ce n’est pas très différent de ce que Bossi peut faire en Italie. Je pense qu’on ne peut pas réagir contre un parti populiste que je combats au moins autant que vous comme on le ferait avec un parti d’extrême droite. C’est très confortable avec un parti d’extrême droite, c’est douillet. Là, c’est beaucoup plus compliqué. Mais c’est un défi pour la droite et pour la gauche. Ensuite, je n’exclus pas du tout que Marine Le Pen veuille, un peu à la Bossi, aller vers des alliances de gouvernement mais ça ne pourra que se faire qu’après une longue alternance de gauche. Il n’y a aucun risque d’une alliance entre la droite démocratique actuelle et le Front National tant que la première est au pouvoir. Après deux quinquennats de gauche, le FN peut devenir la CSU de la CDU ou pas, il peut devenir la Ligue du Nord de Forza Italia ou pas. Mais ce terrain est ouvert, on ne peut pas faire comme s’il n’existe pas.

Nonfiction.fr- Mais pas pour 2012 ?

Alain Minc- C’est grotesque. Ca ne se passera jamais tant que la droite est au pouvoir, jamais.

Nonfiction.fr- Est-ce qu’il faut un remaniement à l’automne pour régler le cas de ministres en difficulté ? 

Alain Minc- Arrêtez de vous occuper de sujets subalternes.

Nonfiction.fr- Si la gauche adopte un programme très modéré sur le plan macroéconomique et met toutes ses forces sur les valeurs, avec Marine Le Pen en face, que peut faire Nicolas Sarkozy sur le plan des valeurs ? Que peut-il faire entre une gauche attachée à la justice et à la République et une droite identitaire et anti-islam ?

Alain Minc- Il fera du Guaino. Mais vous savez, le pays est à droite. Ce qui m’a beaucoup frappé ces dernières semaines, c’est que Wauquiez emploie un mot honteux, et d’après les sondages, il est en phase avec la majorité des Français, y compris des électeurs de gauche. Ca m’a beaucoup troublé. Quand j’entends dire que le pays est à droite, je trouve que là, on en a une démonstration absolue. Tout ce qu’il a dit pouvait être dit avec d’autres mots mais pas ce mot là, c’est un mot pas possible. Et le sondage qu’on a vu après, de ce point de vue, est très inquiétant. Le pays est à droite, il n’y a rien à dire. Ca a toujours été la grande conviction de François Mitterrand : le pays est à droite et la gauche ne peut gagner que par effraction. Je ne pense pas qu’à son époque, il avait raison : en 1981, le pays était à gauche. Mais là, ça m’a estomaqué. Wauquiez était en phase avec la majorité silencieuse.

Nonfiction.fr- Bientôt, il y a un G8 qui sera sans doute affecté par l’affaire DSK ?

Alain Minc- Non, c’est un mythe français de croire que le FMI a eu un immense rôle dans la gestion de la crise, excusez-moi !

Nonfiction.fr- Ma question portait sur le e-G8 qui sera organisé à Paris. On a l’impression que Nicolas Sarkozy cherche à corriger pas mal de choses sur le numérique. Est-ce une question centrale ?

Alain Minc- La conviction de Sarkozy qui correspond à son tempérament, c’est qu’il vaut mieux mettre des sujets "mammouths" sur la table, quitte à ce qu’ils ne soient pas résolus plutôt que de cacher la poussière sous le tapis. Il a un agenda de G8 et de G20 extrêmement ambitieux qui ne sera pas celui des décisions. De ce point de vue, considérer Internet comme une question cruciale et mondiale n’est que rendre publique une évidence. Tout ça est bien organisé, car Maurice Lévy sait battre les œufs en neige, c’est un professionnel.

Nonfiction.fr- Vous qui avez écrit sur l’informatisation de la société   il y a déjà longtemps, quelle vision avez-vous du numérique ?

Alain Minc- Je n’ai qu’une interrogation sur tout cet univers : je ne sais pas ce que c’est qu’une société de plus en plus schizophrène.  D’un côté, il y a le monde réel aves ses lois, ses manières d’être et ses comportements, de l’autre, il y a un monde de l’absolue liberté, qui est Internet. On peut penser que c’est cette schizophrénie qui a orienté les révoltes dans les pays arabes. Le mec qui est devant son ordinateur fait face à quelque chose d’insupportable lorsqu’il descend dans la rue dans un régime dictatorial.

Hadopi était un bon exemple. Pour moi, il n’y avait que deux possibilités : soit on faisait Hadopi, soit on légalisait le vol à l’étalage. Je ne sais pas ce que c’est qu’une société où on peut aller au poste de police, et être condamné à de la prison avec sursis pour avoir volé deux kilos d’oranges dans un hypermarché, et en même temps télécharger illégalement avec un absolu sentiment de quiétude. On va aller vers un univers où je ne sais pas comment ces deux systèmes de valeurs vont se rencontrer- un système, pour l’instant, de liberté maximale et un système contraint. Je trouve que c’est une interrogation abyssale, je n’ai pas de réponse. C’est aussi une interrogation mondiale puisque dès qu’on parle d’Internet, on parle à ce niveau-là, sauf en dictature.

Nonfiction.fr- Ce G8 est très ambigu étant donné que les Etats-Unis ne veulent pas réguler car cela ne correspond pas vraiment à leur conception d’Internet.

Alain Minc- Mettre le sujet sur la table est déjà une bonne chose.

Nonfiction.fr- Est-ce aussi une manière de corriger le tir et de séduire les jeunes qui ont mal vécu Hadopi ?

Alain Minc- Je ne suis pas sûr que ce soit une grande manifestation "chicos" sous une tente, avec du protocole, si intéressante soit-elle, qui va faire bouger le vote des jeunes. Je ne pense qu’ils s’intéressent beaucoup au e-G8. Je ne pense pas que les jeunes que Pierre Bellanger était prêt à faire descendre dans la rue seront devant leur écran pour regarder le G8 de l’Internet !

Nonfiction.fr- Ne pensez-vous pas en revanche qu’Internet va jouer un rôle clé dans la campagne, moins pour mobiliser des électeurs sur le modèle américain, que pour diffuser les idées et porter le débat d’idées ? 

Alain Minc- C’est un problème plus large que la campagne. La question est : qu’est-ce que c’est que le débat d’idées dans une société dominée par Internet ? Le problème de la liberté absolue est qu’il n’y a plus de hiérarchie des valeurs et du capital intellectuel. La parole de François Furet, s’il était encore vivant, ne pèserait pas plus que la parole de n’importe qui. On peut trouver que c’est le point ultime de la démocratisation intellectuelle, et on peut trouver ça absolument grotesque. Je suis scandalisé lorsque je vois sur les sites de journaux un papier de journaliste avec sa capacité d’expertise, acceptable, bonne ou mauvaise, et en dessous, la réaction de "Duchemol". Cette équivalence de la parole me paraît le summum de la démagogie. Dix réactions en dessous d’un article sur un site Internet, je trouve ça terrifiant. C’est accepter le fait qu’on est dans un univers où il n’y a plus de hiérarchie des paroles légitimes.

Nonfiction.fr- Vous verrez vous aurez beaucoup de réactions sous votre interview aussi sur ce site… Les Duchemol vont se révolter et vous régler votre compte ! Autre sujet : Nicolas Sarkozy s’est étrangement beaucoup investi sur la question de la culture alors qu’on pensait qu’il serait contre l’idée même d’un ministère de la Culture avant son élection. Comment voyez-vous son action sur la culture et la communication ?

Alain Minc- Je suis peut-être un de ceux  qui ont sauvé le ministère de la Culture. Sarkozy envisageait de fusionner éducation et culture : je lui ai dit que la gauche pouvait le faire, comme Jack Lang, mais pas la droite. Je trouve qu’il y a beaucoup de questions qu’on n’accepte pas de soulever dans l’univers culturel parce que celui-ci est plein de tabous absolus. Par exemple, est-ce que le système d’aide au spectacle vivant aide vraiment le spectacle ? C’est une vraie question. Est-ce qu’on n’est pas face à des systèmes aveugles de redistribution corporatisés ? C’est une vraie question, indicible aujourd’hui, et qu’aucun des deux candidats principaux ne posera, évidemment, parce que personne n’ose la poser.

Nonfiction.fr- Est-ce que vous regrettez les réformes sur la suppression de la publicité, et la nomination des directeurs de l’audiovisuel public par le chef de l’Etat ? Puisque on dit souvent que vous en êtes à l’origine ?

Alain Minc- Je ne regrette pas la suppression de la publicité, mais je regrette qu’on n’ait pas eu les moyens d’aller jusqu’au bout. Je ne regrette pas non plus la réforme de l’audiovisuel public qui met fin à une hypocrisie grotesque. Ce qu’il faudrait maintenant, c’est inverser le processus de nomination. Actuellement le gouvernement nomme, le CSA confirme- ce qui compte pour du beurre- et le Parlement peut poser un veto. Il faudrait inverser la majorité des trois cinquièmes qui permet de bloquer la nomination en mécanisme d’approbation, comme à mon avis, il faudra le faire pour les membres du Conseil constitutionnel. L’ancien système qui a vu la bataille entre M. de Villepin et Mme. Chirac sur la personnalité de Patrick de Carolis était le comble de l’hypocrisie. Le système actuel aboutit à une trop grande focalisation sur l’exécutif. Le bon système serait que le veto soit transformé en approbation aux trois cinquièmes. Cela obligerait à aller chercher des personnalités professionnelles de consensus. J’en viens par ce biais-là à ce qui est peut-être la réforme du quinquennat qui durera le plus longtemps : la Question prioritaire de constitutionnalité (QPC), qui va enfin créer une Cour suprême en France. Mais cela implique de changer le mode de nomination des membres du Conseil constitutionnel.

Pour le Conseil constitutionnel : vous avez aujourd’hui le veto aux trois cinquièmes, il faut faire l’approbation aux trois cinquièmes. Je pense que la QPC- une révolution dont on n’a pas mesuré l’ampleur- y oblige. Il y a trois réformes de ce quinquennat qui resteront dans 20 ans : la QPC, la loi sur la représentativité des syndicats- le jour où on s’apercevra qu’on n’a plus que deux syndicats, un réformiste dur et un réformiste mou, on verra que c’est cette loi qui y a abouti, et délibérément- et, évidemment, la réforme des universités. Ce sont des changements de longue haleine. A mon avis, si la gauche arrive au pouvoir, hormis ce qui touche à la sécurité et à l’immigration, elle ne supprimera rien. Ni la retraite à 60 ans, ni la réforme des universités. Ces réformes étaient des modernisations car elles étaient neutres idéologiquement, de facto.

Nonfiction.fr- Est-ce qu’on aura un Verbatim des conversations d’Alain Minc avec le président dans 10 ou 15 ans ? Gardez-vous des notes ?

Alain Minc- Non, je n’ai pas le narcissisme de ceux qui font des Verbatim, et je ne garde ni mes conversations avec Sarkozy ni celles avec des gens d’autres bords.

Nonfiction.fr- Carla Bruni est enceinte. Quel rôle peut jouer une femme de président dans une campagne présidentielle ? 

Alain Minc- Au fond, ce qui joue c’est un programme et une capacité de gestion.

Nonfiction.fr- Ainsi qu’une personnalité et une majorité ? 

Alain Minc- J’ai une hypothèse sur cette question : si la gauche gagne les présidentielles, elle gagnera les législatives. Si Sarkozy gagne les présidentielles, il n’est pas sûr de gagner les législatives. Je vais vous dire : il saurait faire. Il prendrait François Hollande comme premier ministre, et cohabiter avec François Hollande, ce serait assez gai ! Ca se passerait très, très bien. C’est peut-être le seul cas de figure où Hollande serait Premier ministre en 2012 !.


* Propos recueillis par Nicolas Leron, Pierre Testard et Frédéric Martel.

 

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44 commentaires

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Bravo M. Minc !

23/05/11 11:37
Enfin une interview d'Alain Minc! Quel courage de donner la parole à celui qui illumine nos vies de son savoir immense. Quelle générosité! Cela faisait au moins 48h que je n'avais plus entendu parler de lui, j'étais déboussolée, perdue. Croyez-moi, l'Histoire retiendra qu'Alain Minc, en dépit des apparences, était un grand homme.
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lnk

23/05/11 19:48
"Le monde est ce qu’il est, on peut regretter qu’il le soit, mais on ne peut pas le changer." Alain Minc ou le propagandiste du plus grand parti politique : celui des abstentionnistes.
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Rob

28/05/11 13:42
Interview Pathétique d'un homme qui veut rester proche de Sarko s'il gagne et se ménager à gauche si elle gagne.
Pour le reste de l'analyse : Evacuer tout un argumentaire par un "débilité" disqualifie davantage M. Minc que Montebourg.

On ne rappellera pas les innombrables erreurs d'analyses de M. Minc tout au long des années, elles sont connues. On ne relèvera pas ses liens divers et variés avec les puissants (autres que lui-même), ils sont connus. La surprise c'est qu'on continue à lui servir la soupe.

Nonfiction a mieux à faire.
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Solican

28/05/11 15:17
Un suppôt du capitalisme financier le plus outrancier qui soit... On a été roulé dans la farine par ces grands messieurs qui ont réussi le tour de force de faire endosser aux Etats leurs dettes. Lisez Naomi Klein "La Stratégie du Choc" pour décrypter cette idéologie ultra libérale. Vous avez également "L'Appel des appels" livre collectif qui tire la sonnette d'alarme sur l'état de la Santé, l'Education, la Justice, le Social... Si ça pète un jour, ces gens là seront pendus par les tripes.
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marie claude

29/05/11 20:23
enfin un mot de l 'incroyable capharnaum qu'est Internet .
L 'absence de hierarchie des informations , la chronologie mélangée , c 'est la pensée confuse et le mélange des genres .Que les gens doivent se sentir seuls pour en arriver là.C 'est la déstructuration de la pensée .
Il faut réguler Internet , un nouveau monde qui doit avoir ses regles .
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Alain de Stras

30/05/11 16:47
il à oublié juste un détail l élection se fait avec des électeurs qui raisonnent pas en terme économique mais avec leurs émotions et la plus part de ceux qui ont fait élire Sarko ont êtes trahis parce qu il semblait leur promettre . Un monde meilleur et du pouvoir d achat . Ses voix lui feront défaut ! Et il les faut pour gagner c est ça le problème à Sarko et l ump plus personne ne croit à leurs promesses !
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lars

30/05/11 17:22
j'imagine qu'il s'est passé des choses lors du débat qui a opposé Minc et Montebourg pour que Minc soit aussi délibérément insultant : "débilité" "connard" ? et pas une once d'arguments pour justifier ces attaques.
Quelqu'un sait quelque chose ?
Ou alors reste l'hypothèse : Minc est un troll
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desos56

30/05/11 17:48
la bêtise est comme l'intégrisme, elle infiltre tous les niveaux
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aliena

30/05/11 18:28
Parce que la contraction fiscale expansionniste a l'air de fonctionner peut-être?
Y a t-il une débilité plus grande que celle ci en terme macroéconomique?
Il serait temps d'ouvrir les fenêtres en grand, M. Minc, très très grand :-)

Au-delà de l'austérité
http://alienaeconomics.blogspot.com/2011/05/au-dela-de-lausterite.html
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etrun

30/05/11 18:33
Pas la peine de tirer sur l'ambulance! Minc n'a plus de clients et personne ne lit ses livres. Si Nombril Ier continue de l'écouter, tous les espoirs sont permis!
http://www.capital.fr/enquetes/hommes-et-affaires/la-pme-minc-ne-fait-plus-recette-555062
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Bleu

31/05/11 01:39
Minc tiens un discours puant tellement il est contradictoire. Vive la mondialisation et la liberté, mais pas sur internet ni pour les immigrés. Ca rappelle le "tous les animaux sont égaux, mais certains le sont plus que les autres" , d'Orwell.
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Miette

31/05/11 11:16
Je crois surtout que en tout temps et tout lieu l'homme se fixe des limites imaginaires, ces limites étant relatives à des visions du monde, des représentations, des croyances, qui les déterminent.

Mr Minc est un bel exemple d'étroitesse d'esprit, comme si celui ci avait un filtre puissant à l'entrée qui limite dès le départ son maigre horizon de pensée. J'espère pour lui qu'il n'est pas vraiment convaincu de ce qu'il dit. Et puis, Mr Montebourg ne doit pas convaincre les chinois, mais les français. C'est de la vie et de l'avenir des français dont on parle. Déplaire à la Chine serait d'ailleurs plutôt un bon signe quant à la santé de notre "démocratie" et des valeurs que la France est sensée porter.

Et puis Mr Montebourg lui, est un homme plein d'humanité, un homme concerné davantage par les hommes que par le "macroéconomique". Est ce que ce n'est pas rationnel? A mon avis, des approches très différentes peuvent être toutes les deux rationnelles, tout dépend de la logique qu'on met en oeuvre. Est ce qu'on veut des hommes au service de l'économie (logique Mincienne) ou une économie au service des hommes (logique Montebourgienne) . Dans les deux cas, la logique est différente, mais non pas moins rationnelle. A Entendre Mr Minc, être rationnel c'est être capitaliste et libéral, et être réaliste, c'est dire que les choses ne peuvent pas être changées. Tous les autres sont des "débiles" et des utopistes rêveurs méprisants. Si cela ce n'est pas de l'étroitesse d'esprit, alors..

Une chose est sûre, ce ne sont pas les gens comme Minc qui changent le monde. Ni ne font avancer la pensée, les idées. Pour moi, ce sont soit des hypocrites qui savent très bien ce qu'ils disent et ce que ça implique mais qui , profitant du système , les choses étant bien comme elles sont de leur point de vue, défendent cette idéologie. Soit ce sont simplement des gens très limités sur le plan intellectuel, qui sont incapable de penser "out of the box". Alors soit, qu'ils restent dans leur petit monde étriqué, mais qu'ils soient au moins respectueux de la parole des autres. Montebourg peut être déplait-il fortement, justement parce que s'il existe une force de changement, il est le seul à la représenter actuellement. Il est le seul candidat pour lequel j'ai envie de voter, le seul pour qui je voterai avec enthousiasme. Et je suis une personne très rationnelle et réfléchie, merci. Pourquoi toujours ce mépris des gens comme Mr Minc? Ces gens là sont incapables de dialogue, d'ailleurs ils ne le veulent pas: il n y a qu'une seule façon pour le monde d'être. Ils oublient que si le monde est ce qu'il est, c'est en raison de choix qui ont été opérés. Le monde peut être différent si on opère nos choix selon une logique différente . Et puis "le Monde", ce n'est pas une chose uniforme. Il existe bien des cultures et bien des visions du monde, qui montrent qu'il y a bien des façons de vivre ensemble.

Par ailleurs, un commentaire à la fin d'un article ne rivalise absolument pas avec les paroles de l'interviewé , quelle drôle d'idée! Mais enfin, je ne comprends pas cette façon de voir les choses. Pour moi ces commentaires sont du même ordre que les réactions de MrDuchemoul - je - ne -sais-plus - quoi devant son poste de télévision. On réagit à ce que l'on entend, ce que l'on voit, ce qu'on nous dit, on est content de pouvoir l'exprimer quelque part et de pouvoir se confronter à des avis différents, cela n'a absolument aucun rapport avec la hiérarchisation de la parole, comme si mon commentaire était placé sur le même plan que votre interview! Comme si ma parole , du fait qu'elle soit présente sur ce site, aurait par je ne sais quelle opération mystique acquis autant de poids que la votre! C'est absurde.
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docteur jivaro

01/06/11 17:53
Alain Minc est d'un inintérêt total. Ses évidences macroéconomiques ne le sont que pour lui.
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L'indépendant

02/06/11 03:36
D2cidément, Monsieur Minc dit toujours autant de co....es !... En effet, ce bont tenant de la pensée européo-mondialiste oublie de préciser que ses idées sont appliquées depuis des années et qu'elles ont largement prouvées leur échec... Il est totalement déconnecté de la réalité quotidienne que vivent les français qui eux constatent la désindustrialisation de notre pays. Il est évident que le libre-échange intégral, par la concurrence étrangère et les délocalisations d'entreprises qu'il entraîne, détruit nos emplois et notre économie. D'autre part, sa comparaison entre Marine Le Pen et la CSU bavaroise est parfaitement stupide. La CSU est un parti social-chrétien très respectable; elle contrôle le gouvernement du Land de Bavière pratiquement depuis son origine et fait du très bon travail. Monsieur Minc est décidément aussi nul en économie qu'en connaissance historico-politique.
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Duchemol

02/06/11 08:16
Oserai-je dire à M. Minc qu'il a une vision trop hiérarchisée du monde et que sa terreur à la vision d'un article accompagné d'un commentaire de Duchemol montre qu'il vit dans un monde à part, dans une sorte d'aristocratie qui refuse d'approcher les gueux, qui craint l'abolition des privilèges et la démocratisation qu'apporte Internet ?

Oserai-je lui faire remarquer que le vol d'un produit matériel n'a rien à voir avec la copie d'un fichier qui est un bien non rival ? Que prétendre que la copie, le partage de fichiers constitue un vol revient au même qu'expliquer que multiplier c'est soustraire ? Que lorsque le coût de reproduction marginal d'un produit est nul, comme c'est le cas pour les fichiers informatiques, le prix du produit tendra inévitablement vers zéro et qu'il faudra gagner de l'argent avec des services associés et des plus autour du produit ? Que vouloir imposer une économie de la rareté sur Internet comme a essayé de le faire Sarkozy avec Hadopi au lieu d'accepter le modèle de l'économie de l'abondance, est, comme le dit si bien M. Minc, « débile » ?

Finalement, je crois que je vais oser. De toute façon, il ne lira pas les commentaires des gueux et ne s'occupera guère des questions subalternes. Même si c'est parfois de là que vient le changement, le progrès.
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Madame Duchemol

02/06/11 19:04
Allez les Duchemol, tous ensemble! :D
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reboussié

02/06/11 21:10
la France a eu un Nobel d'économie , Emile Allais , DCD récemment, inconnu de 99,99% des français, A minc ? il y avait aussi un certain prof Marseille, i!l y a J Généreux, par exemple et d'autres bien sur, qui voit on à la TV ? Qui y entend on ? une preuve que l'info TV , c'est de l'intox? ce qui est surprenant, c'est que Marine ne soit pas à 40%, sagesse du peuple ? Jusqu'à quand ? parti socialiste ? sans rire, socialiste , ça veut dire quoi ? l'humanisme, la liberté, l'égalité, la fraternité, la laïcité, la solidarité, la justice ? avec le PS ? refaire 81 ? vous nous prenez vraiment pour des débiles ? Montebourg? oui , mais avec qui ? Le PS ? il y croit ? MDR !!!!!!!
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alain

03/06/11 16:50
Le discours de M. Montebourg me paraît fondé. Les injures de M. Minc, telles que rapportées par Le Monde sont indignes. Mais comment faire que le PS largement gagné par les idées néolibérales puisse s'inscrire dans un tel discours de rupture? Moralité, si je puis dire, il est temps que le paysage politique évolue, et que les mastodontes vieillis tels le PS ou l'UMP, soient abandonnés au vent de l'histoire. Il en est plus que temps.
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Virgile

04/06/11 08:21
Le collaborationniste de la mondialisation s'accroche fébrilement à ses certitudes d'un autre age.
Qu'il soit écouté à l'Elysée est aussi préoccupant que symptomatique d'un pouvoir sclérosé.
J'aime beaucoup le commentaire : "Le monde est ce qu’il est, on peut regretter qu’il le soit, mais on ne peut pas le changer." Alain Minc ou le propagandiste du plus grand parti politique : celui des abstentionnistes.
M Minc, prenez une année sabbatique dans votre luxueuse résidence secondaire, et revenez nous avec des idées neuves !
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vive la pologne libre

05/06/11 17:12
Voila un homme qui a à peu près tout manquer dès qu'il a fallu agir (d'où sa position de conseiller), il est riche, écouté par son carnet d'adresse, il agite de temps en temps une idée d'un conformisme désarmant , il écrit des livres plats mais est catalogué comme intellectuel, ce qui doit être vrai puisque ce qu'il dit est souvent incompréhensible tant c'est "théorique"

Tout ce que ne comprend pas MINc, je veux dire par là, toute idée simple sortant simplement du conformisme économique ambiant est classifié au dernier degré par ce rigide neuronal.
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Gorfal

05/06/11 17:29
Tout a été dit sur Minc;: il s'est à peu près trompé tout le temps mais appartient à un cénacle médiatico-politico-industriel qui ne reconnait pas les compétences mais "l'appartenance" ce qui lui vaut encore de tenir tribune publique. Il est vrai que cette oligarchie est celle d'un capitalisme de rente et non de création, pratiquant la connivence politique plus que l'invention et qu'elle ne peut que craindre les remises en cause de son statut.
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mick42

05/06/11 18:20
minc n' intéresse plus personne, sa machine tourne à vide depuis longtemps......
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hunter

05/06/11 18:39
Minc,le héraut de la décadence de la droite sarkozitée.
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4 Août

05/06/11 18:56
La situation héritée de 30 ans de néolibéralisme est trop catastrophique pour être laissée à des Minc et autres Sarkozy. Ils sont agonisants, et tout ce que peut faire cette petite oligarchie qui méprise lepeuple, c'est de nous surveiller (net et cams) pour nous empêcher de réfléchir et d'agir. Dernier épisode en date: l'interdiction du rassemblement des "indignés" comme elle se fait normalement en Espagne ou en Grèce. Mais la France est-elle encore un pays "normal" ?
PS: ces rapaces ont déjà prévu de se "partager" 80% des futures éventuelles richesses si la croissance revient. Alors arrêtons d'être "raisonnables" et "sérieux", et virons-les, vite !
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biolait

05/06/11 19:07
Alain Minc me rappelle un morceau de Marley :RAT RACE!
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charentais

05/06/11 19:18
pauvre Minc, encore un sarkosiste qui pense détenir la science infuse, laissons le à son maitre, ils sont dignes l'un de l'autre.
Minc porte une lourde responsabilité dans ce qu'est devenu notre pays depuis 10 ans
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nano

05/06/11 22:43
Hum, quand il s'agissait de voter Chirac ou Le Pen, le vote utile a joué. Mais Sarkozy contre Le Pen au 2nd tour? On s'abstiendra.
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JOSEPH

06/06/11 01:23
La mondialisation n'est que la traduction du capitalisme mondialisé, revenir à un stade antérieur à la mondialisation [celle que nous connaissons aujourd'hui] c'est juste revenir dans les années 80 [les années fric]. La démondialisation [Arnaud Montebourg] n'est rien d'autre qu'une modification d'échelle. Tans que les Socialistes n'assumeront pas un anticapitalisme raisonné et adogmatique ils seront perdant.
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Ded

06/06/11 06:34
Finir le boulot !
C'est à dire :
* Finir de ruiner la France
* Réduire la démocratie à zéro
* Restreindre toutes les libertés et simultanément massacrer la justice
* Remettre une couche d'impôt aux classes moyennes au profit des très très riches.
Etc.....
Si Minc était un génie cela se saurait, or il a plutôt brillé par ses prévisions totalement erroné !!!
Mais bon, l'entourage de Sarkosy est à son image : vieille, conservatrice, fachiste, liberticide et malhonnête.
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Ded

06/06/11 06:39
Marianne devient chaque jour de plus en plus inintéressant !
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Keffe

06/06/11 08:44
Je ne suis pas Français, ni européen. Je suis parfaitement d'accord avec M. Minc sur la réalité macroéconomique mondiale. Ce qui n'empêchera pas les Français de la nier jusqu'à la tombe, grecque, portugaise ou irlandaise, bientôt espagnole, ça sent le roussi. Par contre, je ne partage pas sa vision d'une hiérarchie des paroles. La qualité des articles donne déjà un avantage, que ces articles donnent lieu à des réactions de profanes ou d'experts en désaccord ou pas, c'est infiniment plus démocratique. La liberté de parole, c'est certainement le droit d'exprimer des faussetés, aussi. Cela me rappelle la réaction des intellectuels face à l'invention du téléphone, se scandalisant du fait que le peuple pourrait maintenant s'exprimer sans le concours ou l'accompagnement, la direction des intellectuels. Pour toutes ses fautes, la contribution directe et la communication large est certainement meilleure que le silence des masses.
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Bicarbonate

06/06/11 11:02
Pour ce qui est de la mondialisation, je crois que, quoi qu'il dise, c'est Alain Minc qui fait preuve d'archaïsme, même si le phénomène est récent. La mondialisation a profité aux entreprises, pas aux peuples. Par fatalisme ou pour protéger des intérêts privés, les états laissent filer. Sans vouloir nier l'inévitabilité de l'interaction globale des économies, je crois qu'il est temps que les états soucieux de l'intérêt de leurs citoyens mettent une bonne dose de régulation dans tout ça.
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Franz

06/06/11 11:39
Moderniser ? Jamais ce mot n'a autant été travesti. Récupéré au profit de quelques prédateurs pour justifier leur appétit insatiable. Quel sens cela a-t-il dans la bouche de Minc ? Tout ce qui permet de sécuriser les acquis des financiers et de précariser la situation de la population est bon pour les élites, donc moderne. C'est aussi simple que ça. Supprimer une école, c'est moderniser. Réduire le pouvoir d'achat, c'est moderniser. Diminuer les charges fiscales pour les plus riches, c'est moderniser. Réduire les pensions de retraites, c'est moderniser. Augmenter le salaire des patrons du Cac40, c'est moderniser encore. Piller le sous-sol français jusqu'à épuisement des ressources, c'est moderniser. Et face à cette modernisation, l'état des nappes phréatiques ne pèse rien, la justice a des limites, le droit de vivre se discute.

Etre moderne c'est se conformer aux exigences du triple A. C'est donc renoncer à la démocratie. Puisque la démocratie se définit d'abord par le droit au choix. Avec Minc, no future.

Amicalement
Franz
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Franz

06/06/11 12:00
Autre exemple de raisonnement à la graisse d'oie. Prétendre que le héro a modernisé et qu'il a besoin d'un deuxième mandat pour finir le job. Tout en arguant que, compte tenu d'une crise imprévisible (surtout pour Minc) il n'est pas possible de critiquer le bilan ou de pointer les changements de cap et promesses non tenues. Autrement dit, le chef a raison quoi qu'il arrive. Quelle foutaises !

Bien entendu, c'est cette économie qui a généré, de manière prévisible, cette crise. Et qui en génèrera inévitablement d'autres. C'est consubstantiel à un système dépourvu de mécanismes gérant les surchauffes. Et qui fait supporter par les plus démunis ses excès. Si les mieux lotis supportent des crises à intervalle régulier, il semblerait que M. Minc n'ait pas vu qu'un nombre croissant de personnes passaient d'une crise à l'autre sans jamais en sortir. Qu'importe, puisque c'est le prix de la modernisation.

Amicalement
Franz
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Franz

06/06/11 12:12
Autre saillie dont la logique est biaisée. Bien entendu, personne de sensé ne souhaite sortir de l'Europe ou s'isoler de la mondialisation. Il est des changements irréversibles liés tout simplement à l'évolution des techniques. Mais Fabius non plus ne prétendait pas sortir de l'Europe en 2005. Il souhaitait une autre Europe, ce qui n'est pas la même chose. On peut parfaitement demeurer dans un système tout en cherchant à modifier les rapports de force.

Ce qui est reproché à Fabius, c'est d'avoir refusé que l'économie ultralibérale soit inscrite dans la constitution. Ce qui en soit est déjà la fin de la démocratie. D'ailleurs, DSK ne s'y était pas trompé quand il proposait de confier le pouvoir Européen à la Commission et à ses fonctionnaires. Puisqu'il n'existe plus d'alternative, puisque le monde ne peut plus être changé, pourquoi confier la gestion du système à des non gestionnaires ? Qui se demande à qui profite ce cynisme .

Amicalement
Franz
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stephane.grim@hotmail.fr

06/06/11 15:27
Ha ha ha! 35 commentaires (36 avec moi) et 35 1/2 qui se payent sa tête. Pauvre Minc. Il insulte, il méprise et a des euhh "arguments" du niveau de Mamie Nova. Et encore nous sommes aimables en disant arguments puisqu'il n'articule que peu d'éléments... juste du slogan avec son lot d'injures pour se donner une autorité qu'il voit disparaître.

On pourrait s'amuser à lui répondre mais à ce stade, j'opterais plutôt pour la démarche de Todd : ça n'a plus d'intéret de discuter avec eux, il est plus constructif de discuter avec les hétérodoxes, on a là des positions divergentes mais constructives.

En revanche et là je vais être sérieux : j'espère que nous serons nombreux à demander qu'il rende des comptes devant une commission et si besoin devant un tribunal. Qu'il assume.
Soit monsieur Minc est un Duchemol et qu'il n'existe plus que dans les commentaires! Soit il est responsable de ses propos et de ses actions depuis 30 ans et il doit en répondre!
Qui est d'accord ?
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Spartel

06/06/11 20:38
Minc se prend pour Machiavel espérant cette inscription gravée :
" Aucun éloge n'atteindra jamais à la grandeur de ce nom".
Peut-on inviter les lecteurs de nonfiction à relire le Machiavel de Quentin Skinner, Essais, Points N°451, l'occasion aussi de se souvenir qu'il est inhérent à l'éthique de la politique d'être en contradiction avec la morale individuelle. "Beaucoup se sont imaginé des républiques et monarchies qui n'ont jamais été vues ni connues pour vraies. En effet, il y a si loin de la façon dont on vit à celle dont on devrait vivre, que celui qui laisse ce qui se fait pour ce qui se devrait faire apprend plutôt à se détruire qu'à se préserver..."? Le Prince
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andré martin

07/06/11 11:06
Rappelons à Alain Minc trois réformes de Sarkozy qui ont grandement contribué à l ‘aggravation du chômage.


Encouragement des entreprises, plutôt que d’embaucher, à recourir aux heures supplémentaires en les exonérant de cotisations sociales. Dans un article intitulé "Il n’y a jamais eu autant d’heures sup’ qu’aujourd-hui", Guillaume Duval - rédacteur en chef d’Alternatives Economiques – écrivait le 9 avril 2010 : « Ainsi 4 milliards d’euros d’argent public sont dépensés pour inciter salariés et entreprises à faire des heures supplémentaires au lieu d’embaucher des jeunes et des chômeurs … Ces millions d’heures supplémentaires représentent l’équivalent de 420 000 emplois à temps plein … Un scandale qu’il y aurait urgence à faire cesser. »


Suppression de toutes les règles qui encadraient le cumul emploi retraite. Depuis le 1er janvier 2009, tout salarié peut cumuler, sans limite de revenus, une retraite à taux plein et un salaire à temps complet ou partiel. Autant d’emplois en moins accessibles aux jeunes et aux chômeurs. Explications sur http://www.retraites-enjeux-debats.org/spip.php?article277


Poursuite du démantèlement – commencé en 2002 - des lois Aubry sur la réduction du temps de travail qui avaient permis la création de 400 000 emplois et dont le but était de parvenir à une répartition moins injuste du temps de travail. Par exemple « Deux millions de salariés corvéables à merci, grâce au contrat de travail en jours » … à lire sur http://www.retraites-enjeux-debats.org/spip.php?article525 . Ce type de contrat permet aux employeurs d’accroître sans cesse la charge de travail, conduisant ainsi les salariés à travailler 50, 60 et jusqu’à 78 heures par semaine. Au détriment de leur santé, de leur vie de famille et du droit à "Travailler MOINS pour travailler TOUS". Sur le contrat de travail en jours, la France a été, à quatre reprises, condamnée par le Comité Européen des Droits Sociaux.


Quant à la dette, il est nécessaire de rappeler que « La dette publique est un mécanisme de redistribution à l’envers qui permet, en plus, de justifier le démantèlement des services publics » … à lire sur http://www.retraites-enjeux-debats.org/spip.php?article573
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Jimcoco

07/06/11 15:54
Alain MINC est un "idiotlogue" de la mondialisation, rémunéré par le CAC 40. Que Montebourg soit insulté par lui est une véritable distinction.
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Balthazar37

07/06/11 21:33
Je crois que la mondialisation n'est pas une fatalité, pas plus que l'Europe des diktats libéraux. Je crois que la vraie pensée de gauche se trouve du côté de Mélenchon.

Il est temps de sortir de cette Europe qui nous impose ses choix sans jamais les proposer à ses peuples notamment aux élections européennes. Il est temps de sortir de l'Euro, de rétablir un Franc indexé artificiellement au dollar pour ne plus subir les inconvénients des taux de change. Il est temps de sortir de l'OMC et de rétablir un protectionnisme rigoureux : fermeture des frontières aux produits étrangers ou sur-taxation douanière. A l'inverse du credo libéral, je suis pour la limitation maximum des échanges commerciaux avec l'étranger. Tout ce qui peut être fabriqué ici doit l'être chez nous, avec des ouvriers, techniciens et ingénieurs français. Cela va à l'encontre du préchi-prêcha de Minc et consorts. Leur libéralisme nous amène à connaître une crise économique et sociale qui dure peu ou prou depuis 40 ans, avec les dégâts que l'on sait sur tout le tissu social.

Combien de temps va t-on encore foncer dans le mur ? Dans combien de temps la gauche se décidera t-elle à proposer une VRAIE politique de gauche s'attaquant impitoyablement aux forces de l'argent, et cessant de se coucher devant le marché ? Faudra t-il que nous aussi on fasse notre printemps arabe pour chasser cette droite au pouvoir et ces pseudo-socialistes?
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Lehcim

09/06/11 17:58
Minc Alain
Mince alors, il s'accroche au triple A.
Il craint pour son fromage.
Oui, il est vraiment venu le temps de faire les comptes avec cette andouille AAAAAAAA et de le fiche dehors (je veux dire des écrans et autres médias).
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sergeuleski

27/08/11 13:40
Cet interview était-elle nécessaire ?

Franchement ?

Alain Minc ? Qui doit s'en soucier ?
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Florin IONESCU

16/10/11 03:35
Fervent adhérent aux gouvernements de droite qui se sont succédés, je suis dans l'embarras de constater qu'aucun d'eux, comme ceux de gauche les ayant précédés, ne se soient souciés au problème de fond du désastre économique que le pays vit depuis 1974, la délégation de la création monétaire aux établissements privés.

Contrairement aux convictions de M. Minc, dont j'écoute et respecte l'avis, il me semble juste et imminent que le candidat de droite choisi fasse sa campagne sur le retour à l’État du privilège exclusif de la création monétaire, et la création d’une fédération des Nations européennes que De Gaulle, Mitterrand et Kohl ont voulues, à la place de l'état fédéral européen qui se profile comme une "union soviétique" (qu'aucun peuple n'acceptera).
Conclusion : contrairement au précepte de se faire réélire sur le programme « j’ai agi dans un certain sens et je veux finir », pour moi la seule solution pour se faire réélire serait de prioritiser, pour une fois, l'intérêt national et l'indépendance de sa banque centrale.
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Roumi

22/02/12 19:07
Alain Minc, j'attendais mieux de nonfiction, le site des livres et des idées? Celles de M. MINC ont les connait, on les entend depuis combien de temps?
Faire le bilan de ses propos pour de vrai, on serait surpris...
Donnez la parole aux idées neuves, svp
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