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Osez le féminisme !
[mardi 26 octobre 2010]

"Personne n’est naturellement féministe !"

Le samedi 23 octobre s’était tenue au 27 rue Saint Guillaume dans les locaux de l’Institut des Etudes Politiques la première Assemblée Générale du mouvement Osez le féminisme ! Cette association qui a vu le jour en juin 2009 se réunissait pour constituer sa présidence et débattre de ses  futurs projets. Parmi les autres associations présentes Mix-cité créée en 1997 afin de sensibiliser le grand public au sexisme, La ligue du droit International des femmes ou encore des plus récentes comme celle du Centre Hubertine Auclert qui vise à promouvoir une culture de l’égalité dans toutes les sphères socio-professionnelles. La LMDE (La Mutuelle Des Etudiants) était aussi représentée. La réunion a permis de faire mieux connaître de jeunes associations féministes telles que Mariannefilm (association étudiante de l’université d’Evry) qui a engagé un projet de documentaire sur l’OLF ou l’Hélicon Café,  lieu de débats féministes. Parmi les organisations politiques, les jeunes radicaux de gauche et la commission féministe des Verts ont manifesté leur soutien à OLF. La journée s’est organisée autour de la constitution d’OLF et une précision des lignes de son prochain programme. Des ateliers thématiques autour de la mixité sociale, l’égalité professionnelle, l’éducation ont organisé la journée.

La ligne de conduite d’OLF, mouvement qui s’est affirmé dans le paysage médiatique lors du débat sur la réforme des retraites, est de répondre à une attente et de toucher aujourd’hui le grand public.  Trois grandes idées ont été abordées : la question de l’universalisme, l’organisation sociale des religions qui ont remis en cause le droit des femmes et le progressisme. Le débat s’est ensuite orienté sur des questions telles que la marchandisation du corps à travers la prostitution et la publicité et les problèmes de l’image de la femme dans le relativisme culturel. Les conclusions ont porté principalement sur la sensibilisation nécessaire de l’opinion au féminisme et la transmission du féminisme dès le collège. Les animatrices ont insisté aussi sur leur action militante active partout en France afin de s’imposer dans les programmes de campagne des partis de gauche pour les présidentielles de 2012. "Il faut que le féminisme devienne un élément clef de campagne pour les partis politiques, aussi important que l'est aujourd'hui l'écologie!" a ajouté Caroline de Haas animatrice du débat. Les autres points importants évoqués portaient sur la laïcité et la solidarité internationale.

 A l’occasion de la célébration des quarante ans du Mouvement pour la Libération des Femmes (MLF), le mouvement Osez le féminisme ! a ainsi marqué cette première Assemblée Générale par son dynamisme et sa volonté de toucher la nouvelle génération. "Notre but était aussi de décentraliser le mouvement, nous ne voulons pas être stigmatisées comme un mouvement féministe petit-bourgeois de Paris intra-muros." L’émergence de groupes féministes, présents à l'Assemblée, qui se montent en parallèle d’OLF en Essonne (91) et dans les Hauts-de-Seine(92) témoigne de cette volonté. Le débat s’est clôturé sur un vote général pour élire le bureau et valider le statut de l’organisation autour de chants féministes du groupe des Voix rebelles.

 

Qu'en est-il aujourd'hui de l'activité d'Osez le féminisme ! ? Forte de leur succès médiatique (près de 10 000 personnes "like" la fanpage sur Facebook) et d'une activité intense, le mouvement semble compter dans le paysage féministe et assume pleinement son côté "Nouvelle génération". Dans leur dernier communiqué de presse en l'honneur de la journée internationale de la femme, leurs revendications sont toujours les mêmes : "Nous avons entre 20 et 30 ans, nous sommes féministes. Nous en avons assez d’attendre : nos arrières grands-mères se sont battues pour obtenir le droit de vote, nos grands-mères pour le droit à disposer de leurs corps, nos mères pour l’égalité professionnelle, nous avons défilé l’an dernier pour défendre nos retraites. Nous voulons l’égalité, maintenant !". Elles utilisent toujours internet et les réseaux sociaux comme moyens de communication et de médiatisation (en janvier 2011, elles ont lancé une application iphone du site) en ouvrant un blog parallèlement à leur site : viedemeuf pour dénoncer les inégalités hommes-femmes. Basé sur le modèle du célèbre blog viedemerde chacune raconte sur un ton humouristique des petites anecdotes qui relayent des inégalités rencontrées dans la vie professionnelle afin de lutter contre le sexisme ordinaire. Le blog a aujourd'hui près de 100 000 visiteurs par mois selon Caroline de Haas dans un récent article de Libération. L'association a lancé le 8 mars un appel à chacun pour décrire en 300 signes, "quelles sont les raisons qui poussent à oser le féminisme aujourd'hui ?" Plus qu'un simple appel, il résonne comme un slogan visant à affirmer la pérennité du féminisme. Ce qui n'était au départ qu'"un truc de copines" comme elles le confiaient à Libération en octobre 2010 semble avoir pris son envol.

* Cet article a été écrit le 26 octobre 2010 et mis à jour le 8 mars 2011.

A lire aussi sur nonfiction.fr :

 

 

Les lobbies féministes, par Lilia Blaise.

 

- Les associations de banlieue, Voix de Femmes et Voix d'Elles Rebelles, par Lilia Blaise. 

 

Mix-Cité, par Pierre Testard.

 

La Barbe, par Quentin Molinier. 

 

Les TumulTueuses, par Quentin Molinier.

 
 

- Une analyse des nouvelles modalités d’action des militantes féministes, par Marie-Emilie Lorenzi. 

 

- Un entretien avec la chercheuse Christelle Taraud sur la structuration actuelle du mouvement féministe, par Pierre Testard.

 

- Un entretien avec la philosophe Sandra Laugier sur l'éthique féminise du care, par Pascal Morvan et Quentin Molinier. 

 

- Un aperçu de la présence féministe sur Internet, par Pierre Testard.

 

- Une recension du livre de Valérie Ganne, Juliette Joste et Virginie Berthemet, Merci les filles, par Charlotte Arce. 

 

- Un portrait d’une "ancienne", Florence Montreynaud, par Charlotte Arce.

 

- Un entretien avec Martine Storti, sur le passé et l'avenir du féminisme, par Sylvie Duverger. 

 

- Une interview de la philosophe Geneviève Fraisse sur le féminisme et son actualité, par Sylvie Duverger et Lilia Blaise. 

 

- Un entretien avec Marie-Hélène Bourcier sur la queer theory, par Sylvie Duverger. 

 

- Une chronique de l'ouvrage de Jean-Michel Carré, Travailleu(r)ses du sexe (et fières de l’être), par Justine Cocset. 

 

- Une brève de féminisme ordinaire, par Sophie Burdet. 

 
 
 

* Ce dossier a été coordonné par Charlotte Arce, Lilia Blaise, Quentin Molinier et Pierre Testard.

 
 
 

A lire aussi : 

 

- Martine Storti, Je suis une femme. Pourquoi pas vous ? 1974-1979, quand je racontais le mouvement des femmes dans Libération, par Fabienne Dumont. 

 

- Réjane Sénac-Slawinski (dir), Femmes-hommes, des inégalités à l'égalité, par Aurore Lambert. 

 

- Sylvie Schweitzer, Femmes de pouvoir. Une histoire de l'égalité professionnelle en Europe (XIXe-XXIe siècles), par Léonor Gutharc. 

 

- "L'Etat doit-il réglementer la représentation du corps féminin dans la publicité ?", par Matthieu Lahure.

 

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