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Histoire

Cicatrices. La Grande Guerre aujourd'hui

Couverture ouvrage

Stphane Audoin-Rouzeau Gerd Krumeich Jean Richardot
Tallandier , 180 pages

Les cicatrices de la Grande Guerre
[vendredi 07 novembre 2008]


Un beau livre qui s'attache aux marques concrètes laissées par le conflit sur le territoire.

Avec ce beau livre de photographies, c’est une approche originale de la Grande Guerre qui est proposée. Les clichés, pris sur l’ancienne ligne de front, sont en noir et blanc, rendant ainsi la solennité et la tristesse du sujet. Ils sont accompagnés des commentaires de deux historiens, l’un français, Stéphane Audoin-Rouzeau, l’autre allemand, Gerd Krumeich.

Dans ce livre, ce sont les cicatrices de la guerre, c’est-à-dire les marques concrètes du conflit, qu’a voulu montrer Jean Richardot. Il s’agit de présenter les restes spécifiques d’une guerre, qui a concentré pendant quatre ans plusieurs millions d’hommes et dont, de ce fait, le champ de bataille est devenu un immense dépotoir. La guerre 1914-1918 a laissé des traces qui lui sont propres : barbelés, obus et munitions, ruines, mais aussi les débris d’objets ayant appartenu aux combattants : bouteilles, ustensiles de cuisine, etc. Les graffiti font également partie de ces marques laissées par les soldats. Ils rappellent que les bâtiments de la guerre ont, à un moment, abrité des hommes qui ont vécu, souffert, combattu pendant plusieurs années. À plus grande échelle, la guerre a aussi fortement modifié le paysage de l’Est de la France, en creusant des tranchées, encore visibles aujourd’hui, en modelant de creux et de bosses les collines sous les pluies de projectiles… À travers les cimetières et les tombes, érigés dès le conflit ou dans l’immédiat après-guerre, la guerre a, enfin, fait naître de nouveaux monuments.

Avec toutes ces cicatrices, on approche un peu l’univers quotidien du combattant français ou allemand. S’il est impossible de tenter de ressentir ce qu’a été la guerre pour ces soldats, du moins ces photographies aident à appréhender les transformations qu’a apportées une guerre de cette ampleur dans des régions qui restent, quatre-vingt-dix ans plus tard, marquées par ce bouleversement. Elles montrent ce que les livres d’histoire expliquent et, en ce sens, elles les complètent.

À la lecture des commentaires, on perçoit ce qu’a été la Première Guerre mondiale : un conflit d’un ampleur inédite et qui, pour la première fois, a produit en masse les objets de la guerre. L’exemple le plus significatif concerne, bien entendu, les obus et les munitions en tous genres, qui affleurent encore largement à la surface, et dont la production incarne l’exemple le plus représentatif de l’effort industriel produit par les sociétés pendant la guerre.

Mais les premières photographies montrent aussi les barbelés, qui étaient disposés le long des tranchées et qui délimitaient le no man’s land. Apparus au cours de la Guerre de Sécession, ils ont été généralisés pendant la Grande Guerre. Il en va de même du béton, matériau employé de plus en plus communément, ou encore des casques en métal, qui protègent peu à peu la tête des combattants. Les tranchées incarnaient, quant à elles, une nouvelle façon de combattre, la guerre de position, qui transformait la notion de champ de bataille.

Dans la "zone rouge", on n’a pas reconstruit après la guerre. Des villages ont disparu de la carte, c’est là que les cicatrices de la guerre sont les plus visibles. Mais, même dans les espaces reconquis par les populations, le premier conflit mondial reste encore présent, par les munitions qui remontent parfois à la surface, par les morceaux de fil barbelé encore visibles. Le livre, outre ses qualités esthétiques indéniables et la sobriété de ses commentaires, fait ainsi le trait d’union entre le passé et le présent et contribue à fonder une mémoire de la guerre.
 

* À lire également sur nonfiction.fr :

- Christophe Prochasson, 14-18. Retours d'expériences (Tallandier), par Pierre Chancerel.

Une porte d'accès originale aux questionnements que pose la culture de guerre.

  

- Jean-Jacques Becker et Gerd Krumeich, La Grande Guerre. Une histoire franco-allemande (Tallandier), par Pierre Chancerel.

Deux spécialistes pour une histoire résolument comparatiste de la Grande Guerre.

 

- Jay Winter, Entre deuil et mémoire. La Grande Guerre dans l'histoire culturelle de l'Europe (Armand Colin), par Jonathan Ayache.

Un ouvrage dont l’ambition est de revisiter l’histoire culturelle de la Guerre de 14 dans une perspective transnationale à travers la thématique du deuil.

 

- Yaël Dagan, La NRF entre guerre et paix (Tallandier), par François Quinton.

Une étude précieuse qui interroge l’attitude des intellectuels face à la guerre.

 

- François Bouloc, Les profiteurs de guerre (Complexe), par Pierre Chancerel.

 Une approche novatrice, sous l'angle de l'histoire culturelle, d'un sujet dont le choix n'est pas innocent.

 

- Vincent Chambarlhac et Romain Ducoulombier (dir.), Les socialistes français et la Grande Guerre. Ministres, militants, combattants de la majorité 1914-1918 (Éditions universitaires de Dijon), par Emmanuel Jousse.

Un livre qui invite à ouvrir de nouveaux chantiers sur un sujet mal connu.

 

- Frédéric Guelton et Gilles Krugler, 1918, L'étrange victoire (Textuel), par Jonathan Ayache.

Un recueil d’archives de la Grande Guerre proposant une immersion dans les derniers mois de la guerre, mais qui s’avère finalement superficiel et peu rigoureux. 

 

- Laurent Véray, La Grande Guerre au cinéma. De la gloire à la mémoire (Ramsay), par Nicolas Guérin.

Dans un bel ouvrage illustré, Laurent Véray interroge les changements de perception de la Grande Guerre au cinéma.

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1 commentaire

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hommage tous cette mascarade

04/12/09 02:37
Monsieur,
Je suis en train de lire plusieur ouvrage de Signol un auteur formidable dans sa façon de parler de la guerre et de la méprise de tous ces hommes qui perdirent la vie pour rien tout ceci pour un idéal de sauver un pays en feu et en sang pour une poigner de généraux avide de pouvoir.
Il est remarquable de penser un instant que sans hésitation ils ont envoyés à la boucherie temps d'homme de famille à la chaire à canon.
Pendant que degaule et d'autre était bien au chaud en angleterrre en sirotant allègrement leur vin et de bon repas bien préparer alors qu'au même moment les soldats ce faisait déchiqueter sans raison.
Pour beaucoup qui vivait dans les campagne avant tout ceci voyait leur vie défilait sans comprendre pour eux pouvait ce batrre contre des hommes qui n'avait juste une langue différente et un drapeau différent.
Le bémol est que pour l'orgueil livresse du pouvoir pousser une poigner à décider de tuer des millions d'hommes et femme et enfants.
Comment peut-on commémorer une victoire une délivrance à quel prix ?
Cher payer pour le résultat.
L'avidité de l'être humain à toujours rendu les hommes assoiffé par le pouvoir d'écraser d'être plus fort et puissant mais au nom de quoi et pour quel raison.

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