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Polémique sur la présence d'Israël au Salon du Livre. Un entretien exclusif avec Benny Ziffer.
[samedi 01 mars 2008]








Écrivain, journaliste, blogger, Benny Ziffer est rédacteur en chef du supplément littéraire d’Haaretz, le principal quotidien israélien  . Il est à l’origine de l’appel au boycott des écrivains israéliens au Salon du Livre de Paris qui ouvre ce vendredi. En exclusivité pour nonfiction.fr, il s’explique. 


nonfiction.fr : Comment vous définiriez-vous ? Vous êtes écrivain, rédacteur en chef du plus célèbre supplément littéraire israélien, celui d’Haaretz, blogger, commentateur de la vie des livres ? Quel est au juste votre métier ?

Benny Ziffer : Je suis tout cela à la fois et rien de tout cela. Je suis effectivement l’auteur de trois romans et j’ai commencé à écrire sur le tard ; mais le titre d’écrivain me met un peu mal à l’aise, car "écrivain", en hébreu, dans son sens original, signifie "chroniqueur du roi", au sens biblique. Et je ne veux être le serviteur d’aucun roi ni d’aucune puissance politique. Je préfère donc être désigné comme responsable des pages littéraires d’Haaretz, justement parce que le large public ignore ce qu’est cette fonction. Quand je me présente comme tel, on me demande : "Mais que faites-vous comme vrai métier ?" Ça me fait sourire.


nonfiction.fr : Que faites-vous comme vrai métier ?

Benny Ziffer : (Il rit). Je tiens un blog qui a une popularité inexplicable dans mon pays, en Israël. Mais puis-je en être fier ? C’est plutôt pour moi un passe-temps. Suis-je un critique littéraire ? Je déteste les critiques littéraires : je les trouve très souvent pompeux. Ils se prennent très au sérieux. Alors qui suis-je ? J’aime porter tous ces masques à condition de pouvoir les ôter. 


nonfiction.fr : Dans quelles circonstances avez-vous été conduit à diriger ce prestigieux supplément littéraire ?

Benny Ziffer : Il y a de cela vingt ans. Traditionnellement, le supplément a été dirigé par des gens de lettres et de culture est-européenne, surtout des Russes d’ailleurs. Je pense qu’on m’a choisi parce que j’étais d’origine turque et autrichienne, francophile et germanophile. Et aussi parce que j’étais critique à l’égard de la littérature locale et c’est l’image qu’a le journal Haaretz en général dans le public et le supplément littéraire en particulier : une image un peu élitiste et en même temps très critique envers les prétentions de la jeune littérature israélienne. Le supplément a toujours été, et moi aussi, d’abord intéressé par les grands auteurs de la littérature mondiale.


nonfiction.fr : Le supplément littéraire d'Haaretz est une institution ancienne et singulière. Comment le définiriez-vous ?

Benny Ziffer : C’est un supplément littéraire qui a une histoire passionnante. Il est né avant le journal lui-même, de manière indépendante, en 1918, au Caire, et ce n’est qu’une année après que le quotidien a été créé. Le supplément jouit d’un statut spécial : c’est comme s’il était la perle dont le journal est la coquille. 


nonfiction.fr : La langue - l'hébreu - y tient une place centrale.

Benny Ziffer : Au niveau de la langue, la particularité d’Haaretz, c’est de défendre l’hébreu littéraire et le journal est donc le berceau d’innombrables mots qui forment le vocabulaire hébraïque nouveau. Un grand nombre de mots en hébreu ont été inventés ou diffusés dans Haaretz. Par exemple, "Shoah" a été utilisé pour la première fois dans Haaretz pour désigner l’holocauste. Mais bien d’autres termes, souvent plus populaires, sont également nés dans ce journal. Il existe justement un dictionnaire qui reprend tous les termes inventés par Haaretz, et très largement d’ailleurs par mon prédécesseur, l’ancien responsable du supplément littéraire.  


nonfiction.fr : On y publie aussi des poèmes.

Benny Ziffer : Contrairement aux suppléments littéraires français, nous poursuivons la tradition allemande du feuilleton qui consiste, en plus des critiques proprement dites, à publier des textes originaux, des œuvres littéraires, des essais qui n’ont pas forcément de rapport avec l’actualité littéraire. Un peu comme dans le New Yorker, par exemple. Cela fait partie de notre projet linguistique de diffuser ces textes et pour cela nous avons aussi un concours de nouvelles tous les ans.


nonfiction.fr : Ce supplément se veut-il un reflet de la littérature israélienne ?

Benny Ziffer : Le supplément n’est pas du tout le reflet de la littérature israélienne à l’égard de laquelle nous sommes souvent très critiques. L’idée est de présenter un modèle alternatif à cette littérature.


nonfiction.fr : Qu’est-ce que cela signifie ?

Benny Ziffer : La littérature israélienne actuelle ne me semble pas toujours très convaincante : elle manque d’invention, elle est en retard sur la forme et sur la technique stylistique. C’est peut-être la raison pour laquelle elle a tellement de succès en Europe, et tout spécialement au Salon du Livre en France ! Parce qu’elle est tellement datée, et en retard, elle donne l’impression d’être exotique. On aime en France la littérature israélienne par nostalgie ! C’est comme si c’était une littérature du Tiers Monde.


nonfiction.fr : Vous êtes sévère avec les écrivains de votre pays…

Benny Ziffer : Mais c’est vrai ! Bien sûr, il y a des exceptions. Il y a d’abord les grands auteurs canoniques, les David Grossman, Amos Oz qui font partie pleinement de notre patrimoine. Et puis il y a quelques jeunes auteurs inventifs.


nonfiction.fr : Par exemple ?

Benny Ziffer : Par exemple, la poète Agi Mishol. Pour moi, le plus grand écrivain israélien d’aujourd’hui est Yehoshua Kenaz. J’aime également beaucoup Yéhuda Koren ou encore Yitzhak Laor, qui est une sorte de Céline israélien.


nonfiction.fr : La littérature israélienne se distingue-t-elle de celle de la diaspora ? Y'a t-il des liens entre les deux ? Par exemple Yehuda Amichaï a écrit des poèmes en hommage à Paul Celan.

Benny Ziffer : Depuis les années 1960, la littérature israélienne s’est complètement détachée de son passé juif et s’est éloignée de la diaspora. Cette riche culture juive était essentiellement religieuse et pour cette raison même, mais aussi en raison de la langue, elle ne peut plus établir de relation facilement avec un lecteur moderne. L’hébreu est paradoxalement une barrière supplémentaire : à cause de son évolution rapide, il est très difficile de comprendre un texte en hébreu du XIXe ou même de la première moitié du XXe siècle pour un israélien d’aujourd’hui. C’est un peu comme votre ancien français. Et par exemple, notre prix Nobel, Agnon, est malheureusement devenu quasiment illisible pour les Israéliens. 


nonfiction.fr : La littérature israélienne, tout comme Israël, est à la fois jeune et millénaire. Comment s'inscrit-elle par rapport à son héritage, celui de la langue hébraïque – langue de la Bible – mais aussi celui de tous les grands romanciers juifs : Franz Kafka, Albert Cohen... ?

Benny Ziffer : Il faut dire deux choses. La première, c’est que contrairement à la littérature de la diaspora, la Bible est compréhensible, car c’est de l’hébreu pur. Il y a donc un lien direct entre la Bible et la littérature israélienne d’aujourd’hui, par-delà la littérature juive de la diaspora. Ensuite, la littérature israélienne a été très influencée par quelques auteurs, notamment allemands, comme Kafka, moins parce qu’ils étaient juifs que parce qu’ils étaient de grands écrivains.


nonfiction.fr : Est-ce une littérature en "renaissance" ? Compte-t-elle de nombreux nouveaux auteurs, un dynamisme, de nouvelles expressions ? En France, on la limite souvent aux grands auteurs, que vous avez cité, Amos Oz ou David Grossman ?

Benny Ziffer : C’est une littérature en éternelle renaissance parce qu’elle est en quelque sorte le porte-parole d’une langue en renaissance. De manière générale, les écrivains sont ceux qui contribuent au développement de la langue et des mots, et sont un rempart contre les dégâts de la culture de masse, notamment américaine, très prégnante en Israël. L’hébreu non littéraire, celui que les gens parlent dans leur vie, devient de plus en plus une langue américanisée ; le rôle des écrivains me semble être d’aller contre ce mouvement. À mes yeux, ils sont supposés défendre la langue. Mais, hélas, ils ne le font pas. Au contraire, ils veulent accompagner l’abâtardisation de la langue, son américanisation. La génération des années 1960, les Amos Oz, Abraham Yehoshua, étaient très conscients de leur rôle pour protéger la langue, mais la jeune génération d’écrivain accompagne son appauvrissement.


nonfiction.fr : Quels sont les thèmes qui y sont abordés ? Ne concerne-t-elle que la naissance et le devenir d'Israël ?

Benny Ziffer : Longtemps, la littérature israélienne s’est retrouvée, s’est constituée, autour de la naissance de l’État d’Israël et autour du grand roman national. Mais la particularité de la très jeune littérature israélienne est à l’inverse son rejet du nationalisme, son refus de se construire autour de cette histoire.


nonfiction.fr : Est-ce une mauvaise chose ?

Benny Ziffer : Non, mais nos jeunes auteurs sont tombés dans l’excès inverse : le culte des sujets non-politiques, ils ne s’intéressent qu’à la vie quotidienne, souvent urbaine, et à leurs petits problèmes personnels.


nonfiction.fr : Ce qui la rend très égocentrique ?

Benny Ziffer : Et très médiocre. C’est comme si tout le monde faisait du Christine Angot !


nonfiction.fr : Aux écrivains israéliens, vous préférez les écrivains juifs Américains ? Philip Roth ?

Benny Ziffer : Je suis frappé par le fait qu’il n’y a aucun rapport entre la littérature juive américaine et la littérature israélienne. Mais c’est vrai que c’est une littérature de très grande qualité, Saul Bellow ou J. D. Salinger (bien qu’il ne soit pas "juif" dans son écriture), sont parmi mes auteurs préférés.


nonfiction.fr : Pensez-vous qu'une meilleure connaissance de la littérature israélienne pourrait favoriser un regard moins "caricatural" sur Israël, dépassant les antagonismes faciles et réducteurs entre pro-israéliens et pro-palestiniens ? Un livre comme Une histoire d'amour et de ténèbres de Amos Oz offre un regard très nuancé sur la naissance d'Israël, soulignant à la fois sa légitimité, son droit à exister mais aussi ses errances ?

Benny Ziffer : Non. Au contraire. Je trouve que la littérature israélienne joue un jeu un peu vicieux avec ses lecteurs à l’étranger.


nonfiction.fr : C’est-à-dire ?

Benny Ziffer : Au fond, la littérature israélienne n’est intéressante que pour des lecteurs étrangers. C’est un succès de curiosité. Le lecteur ne cherche pas dans cette littérature des innovations de style ou de langue : il y cherche l’actualité israélienne. En fait, il cherche le journalisme dans la littérature. Les écrivains israéliens répondent souvent à cette demande par une exagération de la réalité israélienne. Il existe par exemple toute une littérature qui raconte la vie des femmes religieuses ou bien qui décrit l’atmosphère au sein de Tsahal, l’armée israélienne, avec la solidarité entre hommes, la virilité. C’est très opportuniste. Ça plait en France et aux États-Unis. Mais on ne fait pas de bonne littérature en voulant plaire aux lecteurs. 


nonfiction.fr : Outre la littérature, y'a t-il une vitalité des essais dans le domaine des sciences humaines, de la nonfiction en général (philosophie, histoire, sociologie...) ? Quels sont les domaines de recherche privilégiés ? Les angles d'approche ?

Benny Ziffer : Je trouve qu’il y a un appauvrissement significatif de la vie intellectuelle israélienne, ce qui se voit dans le manque de discussion sur les idées et le faible nombre d’essais intéressants. Il y a certes tout le débat autour des "nouveaux historiens"  , mais celui-ci me semble passé de mode. Il me semble que tout cela est un signe du désespoir de la gauche intellectuelle israélienne après la seconde Intifada.


nonfiction.fr : La deuxième, vous voulez-dire, car on parle maintenant d’une troisième Intifada ?

Benny Ziffer : C’est ça que j’aime dans la langue française, ce jeu et cette subtilité avec les mots, comme "second" et "deuxième". Cette différence existe d’ailleurs aussi en hébreu, mais on doit être une dizaine de personnes à le savoir…


nonfiction.fr : Quelle est la place des auteurs, présents et passés, dans la société israélienne ? Y'a t-il des figures "tutélaires", un peu à la manière d'un Victor Hugo en France, et, à l'inverse, des auteurs dissidents, critiques ? La littérature - mais aussi les essais - jouent-ils un rôle dans les prises de position politiques d'Israël ? Et si oui, lequel ?

Benny Ziffer : Nous vivons dans une société qui a besoin d’un prophète et en Israël, ce sont les militaires et les écrivains qui jouent ce rôle. Chez nous, c’est Amos Oz, Abraham Yehoshua, David Grossman, qui sont des figures politiques, en plus de leur œuvre littéraire. Mais ces auteurs sont aujourd’hui fatigués et il n’y a personne pour permettre un passage de témoin. Du coup, les figures tutélaires ne sont plus que des militaires !


nonfiction.fr : Quelle est la place donnée dans Haaretz à la littérature des "arabes israéliens" ? Les traitez-vous comme des auteurs israéliens à part entière ?

Benny Ziffer : Oui. Je fais tout pour encourager de jeunes arabes israéliens d’expression hébraïque à écrire et j’essaye de les publier dans le supplément d’Haaretz. En même temps, il y a aussi de nombreux arabes israéliens, qui publient en arabe, et avec lesquels il n’y a malheureusement quasiment pas de contact. Comme la traduction de l’arabe vers l’hébreu est particulièrement difficile, cela complique encore davantage les échanges et les lectures croisées.  


nonfiction.fr : Accordez-vous alors dans le supplément littéraire d'Haaretz une place aux auteurs palestiniens ?

Benny Ziffer : Malheureusement, presque pas. Bien sûr, Mahmoud Darwich est traduit et nous le publions dans le supplément. Par exemple, nous avons publié, une fois, un texte de lui, le même jour, dans la presse arabe et dans Haaretz. Mais au-delà de ces cas rares, il y a un énorme gouffre entre la littérature palestienne – constituée souvent malheureusement de poésie nationaliste et déclaratoire – et israélienne. Il y a une dizaine d’années, j’ai publié une anthologie de poésie palestinienne, traduite en hébreu, mais ce fut tellement difficile sur le plan de la traduction littéraire que je n’ai pas renouvelé l’expérience depuis.


nonfiction.fr : Vous n'êtes pas sans savoir qu'Israël sera, cette année, l'invité d'honneur du Salon du Livre à Paris. Une polémique est née sur la sélection "officielle" des écrivains israéliens ? Quel est le débat ?

Benny Ziffer : J’ai été le premier à lancer la pétition demandant le boycott du Salon du Livre à Paris. Depuis, il y a eu beaucoup de débats et de polémiques.


nonfiction.fr : Pourquoi avoir lancé cet appel au boycott ?

Benny Ziffer : Il y a plusieurs problèmes. Le premier problème c’est que notre gouvernement, notre ambassade, qui ont fait la sélection, n’ont choisi que des écrivains d’expression hébraïque en excluant, de fait, deux tiers de la scène israélienne : or celle-ci compte une énorme communauté d’expression russe, ainsi qu’une communauté d’expression arabe. C’est donc très réducteur. Le deuxième problème, c’est le choix arbitraire des écrivains fait par des bureaucrates de l’ambassade qui ont exclu des grandes figures comme notre poète national Nathan Zach. Pourtant il écrit en hébreu ! Le troisième problème, c’est que l’État israélien considère que les écrivains sont des agents de propagande. À partir du moment où l’administration finance le billet d’avion, elle estime que l’écrivain est là pour servir la cause israélienne et elle exige officiellement ce propagandisme dans un contrat que tous les écrivains doivent signer. C’est ce qui s’est passé avec les Salons du Livre de Paris et de Turin. 


nonfiction.fr : Vous êtes sérieux ?

Benny Ziffer : Absolument. Le grand écrivain israélien Yehoshua Kenaz par exemple n’est pas invité en France parce qu’il a refusé de signer ce document ! Or, son œuvre est largement traduite en Français. Et il écrit en hébreu.


nonfiction.fr : Un Israélien ne peut pas écrire en yiddish ? en arabe ? en anglais ?

Benny Ziffer : Pas aux yeux de notre ambassade ! Et s’il n’écrit pas en hébreu, il n’a pas droit de cité au Salon du Livre. Il existe pourtant une littérature yiddish en Israël, bien qu’elle soit minoritaire. Il y a aussi une littérature d’expression anglaise et même en français !


nonfiction.fr : Vous-même étiez invité au Salon du Livre et vous avez refusé l'invitation ?

Benny Ziffer : Ils ne m’ont pas invité !


nonfiction.fr : C’est pour ça que vous avez appelé au boycott ?

Benny Ziffer : Oui, pour me venger ! Non, sérieusement, j’estime que c’est une question essentielle. Tout écrivain israélien devrait, au fond de sa conscience, boycotter le Salon du Livre de Paris.


nonfiction.fr : Quels sont les auteurs qui refuseront de participer ?

Benny Ziffer : Malheureusement, seuls un ou deux auteurs invités ont boycotté le salon du livre : Aaron Shabtaï et Sami Michael. Cela prouve que la liste a été bien faite par l’ambassade. Ceux qui ont été choisis ne risquaient pas de déserter ! On les a choisis pour cette raison même.


nonfiction.fr : Mais alors c’est un échec du boycott ?

Benny Ziffer : Le boycott a échoué pour l’instant, si on tient compte des écrivains "invités". Cela s’explique très facilement car les écrivains choisis sont conformistes et acceptent les règles de l’État. Beaucoup d’autres écrivains ou essayistes ont toutefois appelé au boycott, par exemple l’historien Ilan Pappe. Et cet appel au boycott suscite une vive polémique à Paris ou à Turin et dans le monde entier. Et de nombreux pays ont également appelé au boycott. De ce point de vue c’est un succès.


nonfiction.fr : Les pays qui boycottent le salon du livre sont essentiellement des pays arabes comme le Liban, le Yémen, l’Arabie Saoudite, le sultanat d'Oman, ou encore les pays du Maghreb, le Maroc, la Tunisie, l’Algérie, et bien sûr l'Iran. Tariq Ramadan est également de leur côté, tout comme de nombreuses figures musulmanes. Ne risque-t-on pas de vous accuser de faire le jeu des ennemis d’Israël ?

Benny Ziffer : Je pense que les pays arabes auraient de toute façon appelé au boycott. Il est important que les écrivains israéliens aussi se mobilisent et ne laissent pas la critique aux seuls pays arabes. C’est à mon avis le meilleur moyen de ne pas faire le jeu des ennemis d’Israël, non pas en participant à cette mascarade du Salon du Livre, mais en étant les premiers à la dénoncer. Je dois dire aussi que je me sens très solidaire des éditeurs et des écrivains arabes qui, du fait du boycott, vont être privés d’exposer au Salon du Livre.


nonfiction.fr : En même temps, un auteur pourrait refuser de participer au pavillon officiel de l'Etat israélien, mais venir au Salon du Livre en étant l'invité d'un des nombreux autres stands ou d'un éditeur ? Ne pourriez-vous pas venir, par exemple, sur le stand du Centre national du livre, ou des éditions Gallimard ?

Benny Ziffer : Oui, bien sûr. C’est ce qu’ont fait certains auteurs, par exemple l‘écrivain palestinien d’expression hébraïque Sayed Kashua, qui n’est pas sur le stand officiel, mais sera l’invité des éditions de l’Olivier. De nombreux essayistes et journalistes seront également présents mais pas officiellement dans le pavillon israélien.


nonfiction.fr : Vous êtes vous-même un écrivain singulier, atypique, vous parlez dans vos romans de la Turquie, dont votre famille est originaire, de l'Egypte où vous aimez voyager, de l'homosexualité, thème peu fréquent dans la littérature israélienne. Vous êtes un inclassable ?

Benny Ziffer : Oui ! Tous les écrivains sont inclassables. Et c’est pourquoi l’administration officielle a du mal à digérer mes romans !


nonfiction.fr : Il y a une autre journaliste d'Haaretz, Amira Haas, qui comme vous est très inclassable. C'est la seule journaliste israélienne à vivre dans les territoires palestiniens (hier à Gaza, aujourd'hui à Ramallah). Vous lisez ses articles ? Vous les appréciez ?

Benny Ziffer : Amira Haas est en effet la seule journaliste israélienne vivant à Ramallah. Auparavant, elle vivait à Gaza. Elle prend beaucoup de risques dans sa vie professionnelle et privée. Elle est extrêmement courageuse. C’est à la fois une journaliste de grand talent et une femme écrivain qui a d’ailleurs décidé de prendre une année sabbatique pour écrire. Elle aussi sera au Salon du Livre, dans un débat, mais de manière autonome par rapport aux invités "officiels".


nonfiction.fr : Vous tenez l'un des blogs les plus populaires d’Israël en parallèle de vos chroniques dans Haaretz. Vous croyez à l'avenir de l'écrit sur le web, à l'avenir de la littérature sur le web, à la vie d'une critique littéraire sur Internet, comme on essaye de le faire à nonfiction.fr ?

Benny Ziffer : Au début, j’étais très réticent envers le web. Mais à partir du moment où j’ai eu mon blog, j’ai découvert que c’était une source infinie de possibilités d’écriture, un moyen nouveau pour être lu, sans la médiation de l’éditeur ou du journal, et ce contact direct avec les lecteurs me plaît. 


nonfiction.fr : Vous lisez les critiques français, en quoi vous irritent-ils, vous intéressent-ils ?

Benny Ziffer : Je tâche de suivre l’actualité littéraire française mais je me heurte au fait que le discours critique est souvent local, régional. On fait l’éloge de livres que je n’ai pas la possibilité de connaître. Et quand je me mets à les lire, je suis souvent déçu ! La littérature française est devenue très locale, très égocentrique. Comme la littérature israélienne ! Cela me chagrine beaucoup car j’ai grandi avec la littérature française, de Flaubert à Genet, de Balzac à Claudel, de Proust à Céline, c’est très banal à dire, mais c’est vrai. Et aussi Francis Jammes, que j’ai traduit en hébreu. J’ai également passé six ans à traduire À Rebours de Huysmans : quand je parle de Huysmans aux Français… ils ne le connaissent pas. Et ils me parlent de Christine Angot !

En même temps, j’aime Pierre Michon, Pierre Bergounioux. C’est ce que j’attends de la littérature française. J’aime beaucoup aussi Hervé Guibert.


nonfiction.fr : Quel texte de Guibert ?

Benny Ziffer : Son Journal par exemple que je viens de lire, parce qu’il s’attache à un sujet presque inexistant dans la littérature israélienne.


nonfiction.fr : N’est-ce pas très égocentrique aussi ?

Benny Ziffer : Non, c’est très littéraire ! L’écriture sur l’intimité est, je trouve, un grand accomplissement chez lui.


nonfiction.fr : Si nonfiction.fr vous invitait, vous viendriez, pour nous faire plaisir, au salon du livre cette semaine ?

Benny Ziffer : Mais je viens ! Pas comme invité officiel, mais comme journaliste d’Haaretz. Je viens couvrir le Salon du Livre. Je viens raconter le boycott.


Propos recueillis (en français) par Frédéric Martel


* Lire le compte rendu du séjour en France de Benny Ziffer, dans l'édition de Haaretz (en anglais).

* Un disclaimer figure en bas de cet article, cliquer dans le "footer" sur "disclaimer"



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Pour aller plus loin, lire les critiques de livres récemment parues sur nonfiction.fr :


* Sur les relations Occident / Islam :

- La critique du livre de Gilles Kepel, Terreur et Martyre (Flammarion), par Frédéric Martel.
(Poursuivant son travail de synthèse, Gilles Kepel dévoile et démêle les fils d'un "Orient compliqué").

- La critique du livre de Youssef Courbage et Emmanuel Todd, Le rendez-vous des civilisations (Seuil), par Youssef Aït Akdim.
(Dans Le rendez-vous des civilisations, le démographe Youssef Courbage et l’historien Emmanuel Todd rament à contre-courant du discours majoritaire sur le "choc des civilisations". Louable, mais peu convaincant).

- Un débat entre Régis Debray et Élie Barnavi sur les rapports interreligieux au Proche-Orient, par Bastien Engelbach.


* sur le Proche et Moyen-Orient :


- La critique du livre dirigé par Sabrina Mervin, Les mondes chiites et l'Iran (Karthala), par Thomas Fourquet.
(Cet ouvrage, publié sous la direction de Sabrina Mervin, met en évidence la diversité et la vitalité du chiisme aujourd'hui).

- La critique du livre de François Hesbourg, Iran, le choix des armes ? (Stock), par Thomas Richard.
(Un petit livre d’actualité. Avec toutes les qualités et les défauts inhérents à ce type d’ouvrage. C’est la formule par laquelle on peut résumer ce Choix des armes).

- La critique du livre d'Henri Laurens, Orientales (CNRS), par Nejmeddine Khalfallah.
(Une réédition en un volume de l’œuvre phare d’Henry Laurens, plus que jamais d’actualité, à propos des rapports entre l'Europe et l'islam).

- La critique du livre de Gilbert Achcar et Noam Chomsky, La poudrière du Moyen-Orient (Fayard), par Thomas Fourquet.
(La poudrière du Moyen-Orient retranscrit un dialogue tenu en janvier 2006 au MIT entre Noam Chomsky et Gilbert Achcar, où ont été évoqués les problèmes de cette région. Un livre qui fournit matière à débat).

- La critique du livre d'Olivier Roy, Le croissant et le chaos (Hachette Littératures), par Laure Jouteau.
(Olivier Roy signe un ouvrage pédagogique qui reprend ses principales thèses et propose une lecture critique de l'actualité du Moyen-Orient. Une excellente entrée en matière).


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* Crédit photo (photo de cette image) : Benny Ziffer/Haaretz
* Crédit photo ("une" du site) : Julien Collin ; graphisme : Julien Collin pour nonfiction.fr


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33 commentaires

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Anne Cohen

11/03/08 00:34
Une interview poignante ! Bravo.
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Maurice R.

11/03/08 10:52
Merci de m'avoir fait découvrir ce blog que je lirai désormais.
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Jacques Berger

11/03/08 11:36
J'hésitais à visiter ce salon du livre, mais cette interview, si convenue par son dénigrement de la littérature israélienne (la haine de soi hélas!), m'incite à m'y rendre ...
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Paris

11/03/08 12:07
Je visiterai le salon du livre, comme chaque année, mais je garderai en tête cette entrevue. Je partage votre indignation quant à la "séléction" des auteurs.
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polka

11/03/08 12:10
Pour répondre au blogueur qui parle de la haine de soi pour disqualifier une interview courageuse je crois qu'il faut préférer la haine de soi à la haine des autres.
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Michel

11/03/08 15:18
Très bon interview. Assez savoureux tout de même de voir que la personne qui lance le boycott s'y rendra finalement !
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Irbis

11/03/08 23:02
Interview très intéressante où l'appel au boycott nous convainc de se rendre au salon !
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Pascale

12/03/08 00:11
C'est un boycott symbolique. Bonne initiative. Sur quel salon pourra-t-on retrouver les autres auteurs israéliens excluent de la délégation officielle?
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Emma B.

12/03/08 09:51
Il ira celui qui appelle au boycott et qui ne fera pas ce qu'il demande aux autres de faire. Voilà pour la disqualification de l'homme en vertu d'une règle morale simple, si simple qu'elle peut en paraitra bien sûr primaire aux yeux des beaux esprits, amateurs de subtilités en tout genre.
Quant au reste j'ai encore à l'esprit les cris de joie, l'immense allégresse, la distribution de douceurs et autres pâtisseries orientales fabriquées à la hâte pour célèbrer l'irruption d'un bonheur soudain dans l'obscure vie du peuple palestinien. Le motif de cette allégresse: ces étudiants, ces enfants au corps déchiqueté massacrés tandis qu'ils étudiaient. Alors je m'interroge sur les subtilités du terme allégresse et encore plus sur celle du vocable haine.
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David

12/03/08 09:54
Le propos est superficiel comme le blog de Ziffer, ce qui explique d'ailleurs son succès. Il y a là un néo-provincialisme israélien consistant à vouer aux gémonies tout ce qui "trop juif" ou "trop israélien". Quant au propos sur une prétendue "sélection" des auteurs invités au Salon, c'est une imposture. Tous les écrivains israéliens de quelque importance ont été invités. Le seul reproche que l'on puisse faire, c'est qu'ont été invités quelques auteurs superficiels; mais ce n'est pas à ceux-là que Ziffer en veut.
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shalom

12/03/08 12:28
évidemment, il n'y a pas plus masochiste qu'un juif ! j'aimerais entendre les arabes et les palestiniens être aussi critiques envers leurs dirigeants.D'une manière générale, le byocott est une attitude infantile et conforte les gens à rester sur leurs positions et à ne pas s'ouvrir aux autres cultures. D'autant qu'à part Israël, peu de pays totalitaires y échappent.
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Tomtom

12/03/08 20:31
Je suis très content que le salon du live invite cette année Israël. Mais je suis encore plus content que des éditeurs et médias invitent les auteurs oubliés volontairement par l'administration gouvernementale israélienne: quand les politiques se mêlent de culture, ce n'est jamais très bon!
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Cobab

12/03/08 22:28
Shalom à 12 h 28 :
« il n'y a pas plus masochiste qu'un juif ! »

Je conseille à Nonfiction de retirer au plus vite ce cliché antisémite, qui tombe sous le coup de la loi. (Et qui n'apporte rien à la discussion : on ne décèle rien de masochiste dans les propos de B. Ziffer, mais au contraire une grande combativité.)

Ce commentateur « aimerai[t] entendre les arabes et les palestiniens être aussi critiques envers leurs dirigeants ». Il lui aura sans doute échappé que lorsque les Palestiniens ont viré les leurs par des élections, la « communauté internationale » en général et la puissance occupante en particulier le leur ont fait payer cher.

Tomtom : tu n'as pas tort. L'« anti-boycott » de La Fabrique est àmha une action intelligente.
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redactionenchef

13/03/08 00:01
Nous ne pensons pas que le commentaire de Shalom est antisémite.
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ho

13/03/08 01:55
je peux retrouver monsieur ziffer sur quel stand au salon du livre ? son point de vue est très intéressant.
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Jacques Berger

13/03/08 11:46
Pour répondre à Polka qui parle "d'interview courageuse". Entre nous, Benny Ziffer ne risque pas grand chose à critiquer les auteurs israéliens, dans son pays comme dans le nôtre où la liberté de parole est totale (je ne veux citer aucun pays où à l'heure actuelle il serait déjà en prison). C'est ainsi qu'en toute cohérence et tranquillité d'esprit il peut à la fois boycotter ce salon et y aller...
Par ailleurs comment peut-on aimer l'Autre et se haïr soi-même?
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shalom

13/03/08 12:22
réponse à cobab :c'est parce qu'il n'y avait pas d'opposition démocratique à Arafat que les extrémistes ont pris la parole. ce qui ne semble pas vous déplaire. par contre un israélien fréquentable ne peut être qu'un opposant à la politique de son pays. Heureusemnt que des intellectuels essaient de désamorcer la haine :comme ce matin Nari Nusseibeh sur France Culture
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Monique Sellier

13/03/08 20:45
Dans la littérature, il n'y a pas que la "forme et la technique stylistique", il y a aussi la capacité à raconter des histoires. M. Ziffer considère une bonne partie de la littérature israélienne contemporaine comme peu convaincante, ou superficielle. Cette littérature me plaît, justement parce que les auteurs israéliens n'ont pas oublié de raconter des histoires.

Autrefois, beaucoup d'écrivains français racontaient des histoires et prenaient la peine de parler de gens qui avaient un métier : mineurs, marins, paysans, commerçants, ouvriers... Pour cela, ils se documentaient sur leur sujet. Pourquoi se plaindre de ce que des écrivains israéliens parlent de soldats ou de femmes juives pratiquantes?

Cela ne plaît pas à M. Ziffer? Pas grave! Il n'a pas besoin de voyager par la pensée dans d'autres mondes que le sien. Moi si, et je salue avec joie les écrivains qui ont la bonté de m'y emmener. La littérature fait plus pour comprendre autrui que le journalisme, et la "Bête humaine" de Zola vaut dix mille déclarations politiques.
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Cobab

14/03/08 00:44
@ redactionenchef : Ah. Pourtant, exciper de l'appartenance ethnique, ou nationale, , d'une personne pour en déduire des qualifications morales, censées caractériser le groupe en question, cela s'appelle bien du racisme.

Il est vrai que l'auteur de cette immondice semble se croire bien devin, à prétendre lire dans la tête des gens (heureusement il se trompe). Vous pourrez lui dire que la preuve de l'existence d'une opposition démocratique, c'est sa victoire par les urnes.

Passons. Je suis étonné tout de même de ce thème de la « haine de soi », repris encore par Jacques Berger M. Ziffer me semble plutôt content de lui, jusque dans sa manière d'y « aller pour observer le boycott » (ce qui signifie tout de même qu'il ne participera pas aux animations ; il y a une différence entre la participation d'un auteur et la présence d'un journaliste). Je ne vois vraiment pas de qui ou de quoi on parle avec cette "haine de soi" sauf à considérer que le gouvernement d'un pays, et ses actes, font partie intégrante de la personnalité de chacun de ses ressortissants et doivent en conséquence être appuyés sans réserves, ce qui relève d'une conception totalitaire de l'État.
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Question :

14/03/08 13:14
Monsieur Ziffer nous parle d'un document que le gouvernement israëlien aurait contraint à signer les écrivains souhaitant participer au salon.

Cette information a été reprise brute, sans aucun questionnement par de nombreux médias et internautes

Au lieu de prendre pour argent comptant cette affirmation, je souhaite des précisions sur ce document et son contenu exact s'il existe

Je ne suis pas sur de des écrivains comme OZ, GROSSMAN, ou YEHOUCHOUAH notamment auraient accepté de signer quoi que ce soit de cette nature..

non-fiction ne fait pas son devoir en n'approfondissant pas cette question.

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Stefanos

14/03/08 13:47
Au lieu du boycott, RDV dimanche 16 mars, 13h30-15h00 au Salon du livre de Paris, Porte de Versailles, Hall 1, Salle Yehuda Amichaï, 1er étage

Conférence-Evénement à la découverte de la richesse du patrimoine culturel de la Palestine : « Gaza à la croisée des civilisations ».

Pour plus d'infos sur la conf : http://www.chaman.ch/salondulivreparis
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Optimiste

15/03/08 21:18
Il y aurait, parmi les Juifs israéliens, 136 "catégories" selon les origines. Comment faire le tri ?

Peut-être , par soucis de clarté et de transparence , en leur posant la question suivante à un million de shekels ,,,, ou de dinars, sans joker.

« Etes-vous heureux et serein à l'idée que dans une trentaine d'années, après l 'inévitable étape cicatrisantes «Deux états viables pour deux peuples sur la base territoriale de l'injuste et insensée résolution 181 », tous les habitants de la Palestine, de la Méditerranée au Jourdain, sinon plus loin à l'Est, auront une carte d'identité uniquement palestinienne, qu'ils soient d'ascendance européenne ou arabe ou africaine ou sud-américaine ou persane ou autres encore ? »

Ceux qui répondront OUI, auront compris que la création d'Israël était éthiquement inadmissible parce que nécessitant terrorisation, meurtres et expulsions.
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Rp. une question...

17/03/08 12:31
Réponse à une question qui n'interesse personne

Monsieur Benny ZIFFER ment.

Dimanche 16H (1/2h avant l'alerte à la bombe), question à 3 écrivains israëliens présents sur le stand


M. ZIFFER prétend que le gouvernement israëlien vous a demandé de signer une déclaration contraignante afin de pouvoir participer à ce salon du livre, est vrai ?

Les 3 réponses ont été négatives et la question considérée comme insultante.

Mais bien entendu, venant de sionistes, il ne peut s'agir que de mensonges...


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Zeineddine93

20/03/08 19:56
Je relève au moins une erreur factuelle importante de la part de Benny Ziffer dans son interview, qui jette un gros doute sur la crédibilité de son principal témoignage.

M. Ziffer affirme que Seyed Kashua était uniquement invité par son éditeur et que son livre figurait sur ce seul stand (L'Olivier) ce qui est totalement faux, puisqu'on trouvait en très bonne place le livre de Seyed Kashua sur le stand Israël, aux côtés des livres des 38 autres auteurs de la sélection.

Seyed Kashua a-t-il signé le papier dont parle Benny Ziffer ? En tout cas, il ne s'est pas privé de dénoncer publiquement face à Bernard Henri-Lévy dans Libération, plusieurs mensonges sionistes, il a sensibilisé le public français aux discriminations dont sont victimes les arabes israéliens.

La rumeur du papier signé me paraît donc infondée. Il n'y avait pas besoin de ce papier pour orienter la sélection et la promotion des auteurs à des fins de propagande, et si Benny Ziffer avait eu la moindre preuve ou indice sérieux de ce document il aurait donné nettement plus de précisions sur son contenu, car toute son interview montre qu'il est très attentif au moindre mot. IL MENT !!!
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Jos

21/03/08 11:26
Bonne interview malgré tout.
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Jacob

21/03/08 11:28
Cet homme dénigre un peu facilement la littérature israélienne contemporaine. Non, celle-ci n'est pas morte ou stérile !
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Nana

21/03/08 11:30
Finalement les auteurs n'ont pas boycotté le Salon du livre, mais le public, oui : www.nonfiction.fr/article-826-salon_du_livre_de_paris_un_bilan.htm
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Jos

21/03/08 11:33
De quels auteurs parlez vous Jacob ?
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JacobSon

21/03/08 11:44
Il y a un excellent papier dans le NouvelObs qui fait un panorama intéressant (même si un peu exalté) de la littérature israélienne, et notamment des auteurs invités au Salon. Je suis loin de les connaître tous, mais c'est vrai que le jugement littéraire de Benny Ziffer est un peu radical.
Voir : http://bibliobs.nouvelobs.com/2008/03/13/au-pays-du-livre
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BennySon

21/03/08 11:45
De la radicalité en art, et notamment en critique d\'art, il en faut !
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un lecteur ordinaire

21/03/08 11:46
Ce salon du livre achevé, on peut dire qu'il a comporté son lit de grands moments, au premier rang desquels, même si c'était en parallèle, l'intervention de David Grossman et de Amos Oz au centre Pompidou. S'il est vrai que le choix d'exclure les autres langues que l'hébreu peut paraître contestable, il n'en est pas moins vrai que les auteurs israéliens invités sont très certainement de grands auteurs, témoins essentiels et lucides de leur temps et de ses troubles. Il est urgent je crois de lire certains d'entre eux, qui sont par ailleurs très lucides sur la politique de leur pays.

Enfin, on pourrait prolonger le débat sur cette question. Qu'est-ce qui fait finalement l'unité d'une littérature : la langue où elle s'énonce où l'appartenance nationale de l'écrivain ? Cette année, le choix avait été fait en faveur de l'hébreu, l'année dernière c'était un pays l'Inde dont les écrivains écrivent pour beaucoup en anglais, il y a deux ans le choix était celui de la francophonie qui séparait auteurs venant de France et auteurs écrivant en français mais ne résidant pas en France (choix tout aussi contestable finalement et repris dans un débat l'année dernière sur la "littérature-monde qui n'a malheureusement pas eu tout l'écho qu'il méritait.
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Benny Ziffer

21/03/08 18:23
Voici l'article de Benny Ziffer dans Haaretz sur son séjour en France :

http://www.haaretz.com/hasen/spages/966699.html
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PIAP

23/03/08 22:47
"...Haaretz, le principal quotidien israélien. "
Avec tout le respect dû au plus ancien quotidien israélien, Haaretz n'est pas "le principal", mais le troisième en terme de tirage. Le premier quotidien est sans conteste Yediot Aharonot, avec environ 400.000 exemplaires quotidiens et une édition de fin de semaine tirant à 750.000 exemplaires ; le second, par le tirage, est Maariv, avec environ 180.000 exemplaires quotidiens, et un tirage de fin de semaine estimé à 300.000 exemplaires. Quant à Haaretz, il tirerait en semaine à 75.000 exemplaires, pour passer à 95.000 en fin de semaine.
Les tirages sont des estimations, car les éditeurs ne souhaitent pas se soumettre à un contrôle du type OJD.
Le rapport tirage/population est tout de même impressionnant. Si un quotidien français avait le même que Yediot, il tirerait tous les jours à plus de 5 millions d'exemplaires...
Yediot Aharonot et Maariv sont considérés comme étant de centre droit, alors que Haaretz est classé à gauche. Ces catégorisations sont théoriques, des écrivains et personnalités politiques de tous bords publient des articles dans tous ces journaux. Haaretz se veut le plus élitiste des trois.

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