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La Riposte à la riposte
[mardi 17 juin 2008]



NON À LA RIPOSTE GRADUÉE


nonfiction.fr se mobilise, dans la lignée de ses prises de position précédentes, contre le projet de loi dit de "riposte graduée" défendu par le président de la République, le gouvernement et la ministre de la Culture. Ce projet qui sera en Conseil des ministres ce mercredi matin, nous le combattrons.


nonfiction.fr est plus que jamais convaincu que les industries culturelles doivent évoluer, trouver de nouveaux modèles économiques et commencer par proposer une offre légale de qualité sur Internet pour la musique, le livre et le cinéma, avant de vouloir attenter à la liberté des internautes.



nonfiction.fr lance donc ce jour un Appel d’intellectuels, d’auteurs, d’artistes et d’internautes contre la riposte graduée.

En voici le texte (vous pouvez le signer en écrivant à l'adresse email à la fin du texte) :

"Intellectuels, auteurs, internautes, nous nous mobilisons aujourd'hui contre le projet de loi dit de "riposte graduée" défendu par Nicolas Sarkozy et le gouvernement. Nous sommes très attachés à une juste rémunération des créateurs et des auteurs. Mais nous sommes également très attachés aux nouvelles libertés offertes par Internet. Ces libertés, comme hier celles des radios libres, sont et seront un acquis majeur. Il n'est pas souhaitable, même pour répondre à la nécessaire protection des droits d’auteurs et des artistes, de ficher les internautes, de les poursuivre en justice ou de suspendre leur abonnement à Internet.

D'ailleurs, l'histoire de la radio et de la télévision nous enseigne qu'après une phase de tension, les industries du disque et du cinéma sont sorties renforcées par l'arrivée de nouveaux médias. Et on n'a pas protégé les livres du "photocopiage" en fermant les bibliothèques. Il en sera de même pour Internet.

Pour les jeunes, Internet est d'abord un média. Les internautes l'assimilent à la radio et à la télévision, pas au piratage. À tort ou à raison, ils trouvent légitime de copier de la musique et des films, comme les générations précédentes le faisaient sur des cassettes audios et VHS. Ils ne sont pas davantage des pirates que nous l'étions hier avec nos cassettes. Ils sont des auditeurs et des télespectateurs responsables.

La défense des industries culturelles ne doit pas passer par des sanctions et des projets qui seront non seulement liberticides mais aussi inefficaces. Il faut prendre acte que des pans entiers de la culture sont en train de basculer sur Internet et, au lieu d'imaginer des lignes Maginot de "riposte graduée", il faut proposer des offres légales culturelles de qualité sur Internet, baisser les prix des disques et des films en ligne, et inventer de nouveaux modèles économiques. Sur tout cela, le gouvernement n’a rien fait et ne propose rien ; et les industries culturelles sont en France très en retard. C’est d’abord cela le problème. Non pas le téléchargement sur Internet.

Le gouvernement doit abandonner immédiatement son projet de "réponse graduée" et changer radicalement de politique. Au lieu de dénoncer Internet, de s’en méfier, de se sentir menacé, il doit l’encourager fortement, le favoriser sans réserve et le financer massivement pour qu’on cesse d’être à la traîne des États-Unis. Il doit favoriser l'accès des plus défavorisés et des personnes âgées au web ; il doit multiplier les lieux wifi ; il doit encourager et subventionner la création de start-ups et faire en sorte que nos internautes les plus talentueux restent en France au lieu de partir aux États-Unis. Il doit préparer le futur au lieu de s'arc-bouter sur le passé.

Quant à nous, intellectuels, auteurs, internautes, il nous faut repenser la culture. Non plus simplement à l'âge de la reproduction technique, comme le faisait déjà Walter Benjamin, mais penser la culture à l'âge de la reproduction numérique.

Pour signer cet appel : appel.non.a.la.riposte.graduee@gmail.com


Pour aller plus loin :

> L'appel des députés socialistes contre la riposte graduée.

> L'analyse sévère du Conseil d'État sur le projet de loi telle que révélée hier par le Figaro.

>
L'article des Échos : sur l'amendement du Conseil d'État.

> L'analyse publiée sur nonfiction.fr contre la riposte graduée par Victor Joanin.

> Télécharger l'analyse du texte publiée par Terra Nova (format PDF).

> L'article de Libération sur la riposte graduée.

> Lire la pétition de SVM.

> L'ARCEP, le "gendarme" officiel des télécoms montre les difficultés techniques du projet de loi... et fusille implicitement le gouvernement !

> Lire l'article sur le nouvelobs.com sur cette pétition.

> L'article de nonfiction.fr qui critique la désinformation du journal Le Monde autour d'un sondage fantasmagorique : http://www.nonfiction.fr/article-1126-la_plaisanterie_du_monde.htm.

> Le dossier de nonfiction.fr sur facebook.

> La critique du livre de Francis Pisani et Dominique Piotet sur Comment le web change le monde.
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11 commentaires

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Un lecteur circonspect

18/06/08 11:08
N'aurait-il pas été judicieux d'ajouter sur cette page le texte du projet de loi lui-même pour que les visiteurs de votre site puissent se faire seuls une idée à son sujet? Le fait que votre appel s'accompagne d'une d'une liste aussi fournie de textes critiques m'étonne un peu... Que votre site veuille, je cite, "contribuer à un travail de refondation politique sur une base pragmatique, non-idéologique" est une chose louable. Que votre site annonce aussi fasse aussi clairement campagne pour tel ou tel candidat à la présidence des USA - Obama pour le cite -, soit. Mais la réflexion politique et l'engagement ne sont pas le prosélytisme. Où vous situez-vous? Devons-nous souscrire à votre pétition sans même que vous publiez ce à quoi elle s'oppose? Vous me direz: "si je suis ignorant des projets du gouvernement et des textes de loi en cours de discussion, ce n'est pas de votre faute. A vous de vous informer, il sont accessibles au BO". Certes. Mais je vous répondrai : si nous étions-tous informé de ces question aussi bien que l'êtes, à quoi serviriez-vous? et surtout, pourquoi auriez-vous besoin de nourir des critiques envers le gouvernement si nous étions doctes, et donc capables de le critiquer nous-mêmes? Voyez vous, on ne devrait pas séprarer le forme et le fond de la mobilisation. La forme est aussi importante que la mobilisation elle-même.
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La Rdaction

18/06/08 12:00
Au "lecteur circonspect" : vous avez raison, mais le projet de loi n'a pas été rendu public : nous le publierons dès qu'il le sera. Toutefois, compte tenu des propos récents de Mme Albanel, ministre de la culture, il nous semble clair que nous sommes opposés à ce texte et à sa nature liberticide. nonfiction.fr prend le parti du web et défend les internautes, comme hier d'autres défendaient les radios libres. C'est un choix de fond, très important. Notre texte de pétition nous parait assez clair comme démonstration et il a déjà été signé par des centaines de personnes (la liste des signataires sera publiée sous peu). Et notre position, murement réfléchie depuis des mois, nous engage très fortement.

La rédaction
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Une lecteur circonspect

18/06/08 15:01
Je vous remercie de votre réponse. Je ne mets pas du tout en cause votre engagement. Je m'étonne simplement de cette levée de boucliers contre un texte qui, comme vous le dites, n'a pas encore été rendu public. Vous tentez de nous convaincre que le texte est mauvais, alors même qu'il n'est pas encore sorti. C'est un position syndicale courante et certainement efficace du point de vue politique, mais est-ce intellectuellement honnête? C'est le problème que je soulevais et dont la présentation que vous faites du projet de loi cité plus haut n'est qu'un exemple. Et ce problème en appelle un autre - kantien - sur lequel on a pas assez réfléchi : jusqu'à quel point l'action politique peut-elle se fonder sur une réflexion purement rationnelle? Cette question, tous ceux qui pensent qu'il n'y a pas de sujet pure et que le politique prime sur la totalité de nos actions la rejetteront sans doute. Soit, encore une fois. Mais dans ce cas, où s'arrête l'idéologie (dont la "pensée" en ex-RDA fournit un bel exemple du mix entre position politique forte et première, et création intellectuelle florissante mais biaisée et partiellement aveugle)? Voilà, puisque nous sommes sur un site d'idée, j'invite chacun à réfléchir à ces questions.
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Pascale

18/06/08 17:27
BRAVO !
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Une lectrice enthousiaste

18/06/08 20:22
Bravo à nonfiction de prendre position sur ce sujet ! Informez les internautes des enjeux de ce projet de loi !
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Le lecteur circonspect

19/06/08 17:28
Une exclamation (Bravo!) et on clot le débat? Ben voyons...
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La Rdaction

20/06/08 13:59
Cher lecteur circonspect,
vous pouvez-désormais consulter l'analyse de la fondation Terra Nova, que nous publions.
Cordialement,

La rédaction
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joggeuse

20/06/08 15:52
Merci
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Un lecteur curieux

22/06/08 01:29
Puis-je savoir qui a rédigé cet appel ?
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Pas d'accord

23/06/08 23:13
Je ne partage pas l'unanimité enthousiaste de ces commentaires. Comme le dit votre appel bien pensant, loin de lui l'idée que les créateurs ne doivent pas toucher une juste rémunération de leur travail. Très bien. Et alors qui paye ? Que ces stupides industries culturelles qui n'ont pas été capables d'inventer de nouveaux modèles comprennent donc que le monde a changé, et qu'elles innovent. Certes....Et après ?
- Financement publicitaire ?: est-ce vraiment la panacée et le comble de la liberté de soumettre la culture à des impératifs commerciaux qui n'ont rien à voir avec l'objectif de faire partager une création.
- mécénat privé ? L'uvre dont l'existence dépend du bon vouloir de quelques initiés nantis. Ou quelques amis recrutés sur les réseaux sociaux ? Les artistes dans une démocratie ne méritent-ils pas mieux? La force d'une uvre n'est elle pas de porter un message universel, qui touche au delà d'un cercle restreint de semblables.
- subventions publiques ? La culture d'Etat d'artistes salariés par la collectivité...c'est un modèle : on en a vu les limites.
Comparer le pillage des uvres sur Internet avec les copies de cassettes d'autrefois est une erreur , car la copie numérique sur Internet permet la reproduction à l'infini entre des millions d'individus qui ne se connaissent pas. Quand on copiait un disque entre amis il y avait d'abord l'un d'entre nous qui l'avait acheté, et on partageait.
Les artistes commencent à souffrir du fait que la gratuité de leur création soit désormais admise comme une évidence par les nouvelles générations, soutenues par des intellectuels bien pensants, qui ne voient rien à redire aux prix des ipod, iphone et autres gadgets indispensables pour faire bon usage des oeuvres téléchargées à gogo.
Relisez si vous l'aviez manquée l'interview de Jean-Louis Murat dans le Monde en novembre 2007 et comment il est revenu de son premier mouvement, qui avait été de donner librement ses chansons sur Internet, face à la "goinfrerie" d'internautes sans aucun respect pour sa création.
Le projet de loi ne résoudra surement pas tout, mais arrêtez d'en faire un épouvantail liberticide, alors qu'il met en place un système d'avertissement et si le téléchargement abusif continue, une suspension de l'abonnement. Crie-t-on à l'atteinte au droit de l'homme quand on coupe le courant à ceux qui ne paie pas leur facture EDF ? Ne devrait-on pas s'émouvoir autrement plus fort que face à la simple possibilité, après avertissement , d'être suspendu d'abonnement Internet .
Je ne suis ni artiste, ni producteur de disques, juste une citoyenne exaspérée de la démagogie qui entoure ce sujet, et qui, au nom soi disant de la liberté, dévalorise et fragilise toute création culturelle, ou en fait une affaire de petites niches ou tribus, repliées sur elles-mêmes.
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Sur la publicit

24/06/08 08:27
La gratuité est démagogue. Elle ne fait que servir toujours plus de publicité, la seule source de financement possible actuellement pour financer l'ensemble des intermédiaires de la création culturelle. Elle est sur les ondes, sur les écrans, sur a toile, etc. A force de la défendre, nous en arriverons bientôt au point où les albums téléchargés sur Internet seront parsemés de publicités entre chaque chanson.... L'argument de la liberté est assez naif : les sociétés libérales actuelles ne crééent pas de liberté, mais en inventent des formes parfois très contraignantes qui nous font oublier les anciennes formes de liberté (ex: se sentait-on moins libre quand on avait pas de téléphone portable il y a 20 ans? Aujourd'hui, le téléphone portable offre une liberté qui nous lie littéralement à un objet technique et à un système capitaliste aliénant)

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