Psychologie

Imaginons. Le visible et l'inconscient

Couverture ouvrage

Domenico Chianese Andreina Fontana
Ithaque , 176 pages

Imaginer, à la croisée des chemins
[lundi 28 mars 2016]
Un ouvrage raffiné qui part à la recherche du statut de l'image en psychanalyse mais bascule, par moments, dans la confusion.   

* Cette critique est suivie d'une réponse des auteurs, Domenicho Chianese et Andreina Fontana. Vous pouvez également télécharger une version audio de cette réponse.

 

Ce livre, qui se consacre à une quête du statut de l'image, arbore une forme particulièrement élaborée, nourrie d'illustrations et de photographies ayant fait l'objet d'un travail minutieux de la part de l'éditeur. Mais son contenu théorique pose un certain nombre de difficultés.

Le statut de l'image en psychanalyse n'est pas quelque chose qui va de soi. Bien que l'interprétation du rêve ait été dès les débuts de la discipline l'organon central permettant de déchiffrer l'inconscient, la sensorialité du rêve a eu tendance à être oubliée, au profit du récit de rêve qui constitue le matériau essentiel pour le clinicien. L'apprenti psychanalyste, bercé par le discours freudo-lacanien hexagonal, aura pu contracter une méfiance vis-à-vis de l'imaginaire réputé faire obstacle à la cure en prenant le pas sur le symbolique. L'imaginaire ne se réduit pas à des images ni à l'imagination et joue un rôle essentiel dans la perception que le sujet a de son corps. Toutefois, Lacan estimait avoir peu de choses à dire sur le statut de la production psychique du rêve en termes d'images. C'est donc avec une certaine forme de décentrement que nous pouvons accueillir la lecture de Imaginons, ouvrage de Domenico Chianese et Andreina Fontana, membres de la Société psychanalytique italienne, qui se proposent de renouveler nos interrogations sur l'image en psychanalyse.

 

Un livre à la forme particulière

Que l'on soit cependant bien averti du fait qu'il ne s'agit pas ici d'un traité reprenant des points conceptuels les plus pointus de la théorie psychanalytique ou d'un grand exposé de vignettes cliniques. Les auteurs ont choisi résolument de disserter sous la forme d'un voyage psychique qui nous invite à méditer avec eux en se laissant aller à une forme d'association libre. On est par exemple conviés aux portes d'une cour dans laquelle joue un enfant pour plonger par la suite dans les cavernes de la pensée archaïque.

On sent Chianese et Fontana pénétrés d'une grande érudition en matière d'histoire du mouvement psychanalytique, les diverses correspondances des pères fondateurs ayant été soigneusement parcourues. Les auteurs restent ainsi ouverts à d'autres courants que le courant Freudien (la Dasein analyse de Biswanger) tout en étant imprégnés d'un  intérêt profond et sincère pour les arts plastiques. Dans le chapitre 2, l'accent est mis sur l'itinéraire complexe et tortueux d'Aby Warburg, historien de l'art et patient de Ludwig Biswanger. Plus loin, dans le chapitre 3, une longue perspective biographique rend hommage au rapport de Freud avec les images.  Le mot d'ordre éthique, la finalité visée par le travail psychanalytique, se retrouvent dans ce passage qui précise la place et la fonction de l'image :

« Ils [ces mots] nous aident à décrire cet « espace intermédiaire » qui se crée entre les deux protagonistes d'une analyse ; c'est un espace dans lequel l'image ne devrait jamais se décliner en tant que pur concept, où le symbole devrait se nourrir de la vitalité de l'image, où le pathos, les passions du corps, qui ne prennent pas la voie de l'action, devraient aller nourrir le langage et la pensée – un "espace potentiel", en somme, jamais déterminé, une combinaison de ce qui, de fait, n'est pas combinable. »

 

Des présupposés parfois problématiques

Mais dans cette perspective archéologique originale, un certain nombre de prémisses posent toutefois des problèmes importants et mettent en difficulté la narration proposée par les auteurs  Par exemple, il est écrit : 

« "Voir donne forme" écrit le psychanalyste Kenneth Wright dans un beau livre, Vision and separation, [...]. Cette capacité à voir ; à reconnaître et à donner du sens aux formes est une caractéristique humaine. On la retrouve chez les peuples "primitifs", chez les enfants (comme celui de la "camionnette", par exemple) et chez les artistes : de Léonard de Vinci (attiré par les formes que prenait la moisissure sur les murs) à Max Ernst. » 

Ce parti pris de la dimension archaïque n'est pas isolé dans ce passage, mais se retrouve comme un postulat implicite, voire un cliché, dans les chapitres suivants. Il nous semble pourtant nécessaire d'interroger ce qui le fonde. Pour cela, nul besoin de se mettre au fait des childhood studies les plus récentes ni de l'anthropologie de l'enfance en général. Les auteurs, si enclins à se référer, à Maurice Merleau-Ponty pour nourrir pertinemment leur réflexion, auraient pu convoquer également Claude Lévi-Strauss, d'ailleurs contemporain du philosophe français. 

Celui-ci écrivait dans Les structures élémentaires de la parenté :

 « Admettons, une fois pour toutes, qu'un enfant n'est pas un adulte ; mais restons fidèle à cette affirmation et n'allons pas, de façon insidieuse, et comme tant de psychologues et de psychiatres semblent l'avoir fait ; la démentir en insinuant que la pensée de l'enfant civilisé ressemble à celle de l'adulte primitif, ou celle de l'enfant normal à celle de l'adulte aliéné. Tout enquêteur sur le terrain, ayant acquis une expérience concrète des enfants primitifs, sera sans doute d'accord avec nous pour considérer que la proposition inverse serait plus près de la vérité, et que les enfants primitifs témoignent à beaucoup d'égards d'un esprit plus mûr et plus positif que les nôtres, et qui les rapproche d'avantage de l'adulte civilisé. » 

En effet, le rapprochement entre primitif et infantile est tout sauf un « donné » ou une évidence.  La relation entre psychanalyse et anthropologie n’est pas quelque chose qui va de soi, et mériterait de plus amples développements .

Le même type de critique peut être adressé aux auteurs en ce qui concerne l'usage qu'ils font des références philosophiques. Ils écrivent par exemple :

« De centre symbolique rayonnant dans les communautés primitives, le corps chez Platon, devient le "mal", la "folie", le négatif de la vérité. L'idée platonicienne est désincarnée, immuable, éternelle. Quand on relie l'idée immuable à la vérité, on établit une véritable démarcation (métaphysique) entre l'idéal et le sensible, l'âme et le corps, le vrai et le faux, le bien et le mal. » 

La pensée de Platon est plus complexe que ce résumé. Aussi serait-il souhaitable de passer outre la vulgate du texte platonicien pour plutôt considérer son  évolution . Ainsi, comment comprendre l'accent mis par Platon sur le soin à donner au corps dans le Timée (Timée 88B- 89d) ? Comment comprendre également le rôle joué par le démiurge dans la « participation » des idées au sensible lors de la création du cosmos, dans ce qui est un des grands mythes platoniciens ? 

Le livre s'annonce comme une élégante méditation, mais son parti pris imaginatif ne devrait pas dispenser les auteurs d'interroger les prémisses de leur réflexion, qui, faute de cela, tend à basculer dans l'amphibologie. L’imagination  finit par nous donner, à certains moments du livre, un sentiment de confusion  quand elle aurait pu déboucher sur une authentique inventivité.   

Imaginons ravira, de par son ouverture, les lecteurs formés aux disciplines artistiques (théâtre, arts plastiques, cinéma) qui seraient désireux de trouver dans la pensée psychanalytique une source d'émulation, de réflexion, et de voir ce que peut être une illustration du « travail de la culture » en psychanalyse dans son sens le plus noble. Il peut intéresser le clinicien à la condition que celui-ci soit en mesure d’intégrer cette cogitation à la croisée des chemins, dans son propre travail psychique, dans ses propres rêveries. Ce type d'élaboration post-bionienne, incarnée notamment par Antonino Ferro, et à laquelle Imaginons tente de fournir un matériau, reste malheureusement loin des habitudes d’une grande majorité des cliniciens hexagonaux.

 

 

 

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Réponse de Domenicho Chianese et Andreina Fontana à Gilles Deles

* Ce texte est également disponible en version audio.

 

Le commentaire de Gilles Deles sur Imaginons mélange louanges et reproches. Examinons plutôt les reproches, puisqu’ils offrent toujours la possibilité d’ouvrir des dialogues fructueux.

Imaginons « ravira les lecteurs » mais, soutient le critique, les propositions théoriques de l’ouvrage ne sont pas claires.  Or comme le suggère Gilles Deles lui-même, ce livre a ses caractéristiques et son style propres, et nous sommes heureux que cela ne soit pas autrement. En l’écrivant, nous ne voulions justement pas manier des définitions de concepts de base de la psychanalyse à la recherche d’une sorte de clarification théorico-clinique, et encore moins trouver, voire « construire », un quelconque système théorique dans un domaine aussi complexe que celui des images. Même si nous avons fait longtemps partie, en Italie, d’un groupe « historique » de recherches sur l’épistémologie de la psychanalyse, et avons souvent publié dans ce contexte, notre intention avec Imaginons  était tout autre. Freud disait que le méthodologue est comme un homme qui, à force d’essuyer ses lunettes pour mieux voir, finit par ne plus rien discerner. L’entreprise théorique et épistémologique a ses limites : elle concerne le passé d’une discipline, réorganise ce qui a été, a une fonction conservatrice et non pas « divinatoire », pour parler comme Nietzsche. La vie est un devenir, la culture et la psychanalyse aussi, et c’est le devenir qui nous intéresse.

Mais, pour reprendre l’aspect théorique de la discussion, notre lecture de Platon serait, selon Gilles Deles, réductrice. Or il va de soi que nous ne pouvions ni ne voulions être exhaustifs ; nous ne restons pas moins convaincus que, pour Platon, le corps est bien « folie », « mal », « tombeau » de l'âme, comme il le répète à maints endroits. Aristote, nous le savons, a ironisé ces visions de Platon, et les interprétations de Platon que nous reprenons à notre compte dans notre travail se fondent sur les études de philosophes aussi autorisés que Roberto Finelli, Remo Bodei, ou encore Giorgio Colli, l'un des plus grands penseurs italiens, auteur de La Naissance de la philosophie, livre dont nous savons qu’il a été traduit en France. Mais surtout… qui peut prétendre avoir le dernier mot sur Platon ?

Quoi qu’il en soit, ce ne sont pas les brèves remarques de Gilles Deles sur notre approche de Platon qui nous ont le plus intrigués, mais bien cette phrase de son article : « Ce parti pris de la dimension archaïque n'est pas isolé dans ce passage, mais se retrouve comme un postulat implicite, voire un cliché, dans les chapitres suivants. » Voilà le principal reproche de Gilles Deles et, en fait… il nous est incompréhensible ! Nous avons toujours critiqué, même chez Freud, toute équivalence entre les enfants, les « primitifs » et les névrosés ; puis, comment soutenir cette supposée équivalence, ce « cliché », alors même que nous avons étudié le travail de Warburg ? La critique que nous adresse Gilles Deles s’appuie sur ce passage d’Imaginons (p. 18) :

« “Voir donne forme”, écrit le psychanalyste Kenneth Wright dans un beau livre, Vision and Separation […]. Cette capacité à voir, à reconnaître et à donner du sens aux formes est une caractéristique humaine. On la retrouve chez les peuples “primitifs”, chez les enfants (comme celui de la “camionnette”, par exemple) et chez les artistes : de Léonard de Vinci (attiré par les formes que prenait la moisissure sur les murs) à Max Ernst. » Or cette phrase ne légitime pas les arguments de Gilles Deles.

Commençons par Léonard : « Non ti sia grave il fermarti alcuna volta a vedere nelle macchie de muri, e nella cenere del fuoco, o nuvoli od altri simili luoghi, ne quali tu troverai invenzioni danimali e duomini e cose mostruose, come di diavoli e simili cose… » Puis pensons à Klee et à sa fascination infantile pour les formes dessinées par les veines du marbre sur les tables du restaurant de son oncle. Les exemples, on le sait, sont nombreux, nos souvenirs personnels en constituant, du reste, une source presque inépuisable. Et rien de cela n’a à voir avec une supposée dimension « archaïque », fût-elle implicite ; ces phénomènes relèvent plutôt de ce que nous pourrions appeler l’aisthesis, présente chez tous les êtres humains. Dans son grand ouvrage, L'Art comme expérience, John Dewey explique le sens de l'art dans l’expérience humaine à partir de la perception, comme un « commerce actif et alerte avec le monde » – l'expérience serait le medium d’une interaction continue entre la « créature vivante » (le système-organisme) et l'environnement, une dimension d'échange génétiquement antérieure à la formation d'une subjectivité auto-réfléchissante. Ce qui permet de placer les trois concepts clés de la théorie de la réception de Jauss – poiesis, aisthesis, katharsis – dans le bon ordre du point de vue génétique-évolutif ou logique-conceptuel, en mettant l'accent principal sur l’aisthesis, qui précède la poiesis et se fonde sur la dynamique de la perception constitutive de toute expérience du monde : « Voir donne forme » !

En outre, tout ce que nous avons dit s’appuie sur de nombreuses recherches récentes dans le domaine des cultures visuelles, de l'anthropologie, de la langue, de l'enfance, des recherches que, selon Gilles Deles, nous aurions négligées. Mais comment tout aborder, tout citer, en un seul ouvrage ? Imaginons est un livre qui a été précédé de bien d'autres, et auquel d'autres encore feront suite  – par exemple, Per un sapere dei sensi, dont la thématique peut être illustrée en commençant toujours avec les paroles de Léonard : “La vostra lingua sarà paralizzata dalla sete e il vostro corpo prostrato dal sonno, prima che voi possiate rappresentare a parole ciò che il pittore vi mostra in un istante” (« Votre langue sera paralysée par la soif et votre corps prostré de sommeil, avant même que vous n'ayez été en mesure de représenter avec des mots ce qu’en un instant le peintre montre. ») Ces mots de Léonard nous font à penser à l’autonomie signifiante des images : « Ce que l'image représente est son sens », dirait Wittgenstein. Selon des auteurs comme Edelman (1993), Lakoff M. Johnson (1998) et A. Damasio (2012), il est indéniable que nous pensons par images. À propos du lien entre les images et les mots, nos esprits se mettent à créer des images mentales dès la première syllabe d'un mot, soit au deux-cent millième de seconde. Sur la question du langage, on remarque les recherches de Tomasello (2008), qui font dériver le langage, autant du point de vue phylogénétique qu’ontogénétique, des gestes qui montrent (déictiques) et des gestes qui imitent (iconiques) – ce qui, selon Habermas, « pose la question de l'origine du langage sur de nouvelles bases ». Selon Pascual-Leone (2006) c'est l’« esprit symbolique » qui « invente la langue comme un instrument de la pensée » ; pour Bergen (2013), la pensée vient évolutivement avant le langage, le sens avant le mot. Selon l'anthropologue Dissanayake (2008), que ce soit sous l’aspect phylogénétique ou ontogénétique, le langage naît des jeux de fiction entre l’adulte et l’enfant, « du chant et de la danse ». En résumé, pour tous les auteurs cités, le langage serait l'une des manifestations de l’aptitude humaine à créer des symboles, mais n’en serait pas la cause. À la lumière de ces recherches, il nous semble devoir reconsidérer la relation entre la parole et le « symbolique » dans le sens de Lacan (dans l’« Appendice » à La Violence de l’interprétation, Piera Aulagnier envisage déjà de manière très critique ce supposé lien parole-symbolique).

Il serait curieux de savoir si et comment toutes ces recherches récentes, auxquelles Gilles Deles semble faire appel, ont affecté, ont peu ou prou fait leur chemin dans le « discours freudo-lacanien hexagonal », puis, si et à quel point ces discours ont pu changer à leur contact. De notre côté, nous sommes foncièrement optimistes ; par exemple, nous connaissons et tenons en haute estime les recherches menées en France dans le domaine des images par Sara et Cesar Botella, psychanalystes avec qui nous avons partagé de nombreuses et très intenses réunions scientifiques.

Nous l'avons dit, nous sommes intéressés par le devenir de la psychanalyse ; plus d'un siècle est passé et, sur les traces de Freud, nous poursuivons nos explorations – nous travaillons, nous fantasmons, nous suivons différentes séquences en séance : celles dictées par les paroles, auxquelles s’ajoutent celles des sens, du corps, des images, les séquences sonores, rythmiques, relationnelles. Nous écoutons avec nos yeux, voyons avec les paroles, méditons avec les sens. Cela se superpose devant nos « yeux », et nous « voyons » simultanément des strates et des plans émanantdes structures inconscientes qui peuvent être traversées par des tensions et ont des buts divers. Même si les associations libres font résonner de longues lignes de sens, elles sont aussi des « choses en soi », des objets « présentationnels » se ramifiant dans la séance, se reliant les uns aux autres, « à la recherche d’un monde complètement différent de l’ordre sémantique » (Bollas, 2013). Avec la libre association de la parole va donc de pair la libre séquence des images, un mouvement d'images qui culmine dans une autre image. L'inconscient est une matrice des différents domaines de la signification, ses sources sont réparties ici et là, disséminées au long du chemin de notre vie. Bollas (2013) avance avec justesse : « La vieille idée que la vie mentale est “inconsciemment déterminée” est réductrice et réactionnaire. Elle élimine de nombreux facteurs internes et externes qui contribuent à notre vie inconsciente. » Du reste, Freud écrivait en 1915 : « L'inconscient n’est pas un organe vestigial, il est vivant, capable de développement, de collaboration […] il se laisse façonner par les événements de l'existence. » C’est sur cette base que la cure est possible, et à condition que l’analyste sache s’impliquer, participer, collaborer avec le patient dans une « co-production du vivant » (Racamier, 1989).

En parlant de « vivant », notons que ce concept apparaît dans les moments clés, dans les croisements de la culture.  Pensons au Discours vivant, ce titre d’un livre qu’écrit André Green, en 1972, lorsqu’il se détache du « discours » de Lacan au nom des émotions et des affects. Pensons à l’importance de la notion de « vivant » dans la pensée philosophique italienne. Pensiero vivente est le titre de l'excellent livre que Roberto Esposito (2010) a consacré à la pensée philosophique italienne qui, complexe et variée, va de Bruno à Pasolini, en passant par Vico et Leopardi, jusqu’à Gramsci. La philosophie italienne connaît aujourd’hui un succès croissant en dehors de ses frontières ; à la différence des cultures caractérisées par les enquêtes autour du sujet, de l'épistémologie, du langage, elle apparaît, dès le début, exposée aux conflits et à l'expérience des événements mondains, en plaçant en son centre, par-delà toute définition préétablie, la catégorie de « vie » – et c’est justement cette matière dense et opaque difficilement réductible à l'ordre formel de la représentation qui pousse la pensée italienne vers une profonde affinité avec les traits constitutifs de notre temps.

En évoquant la tradition psychanalytique et philosophique italienne nous n’avons aucune prétention hégémonique, éclairés que nous sommes par Lyotard, pour qui « une tradition n’est pas la tradition. » La confrontation entre les cultures et les savoirs est enrichissante s’il y a un respect mutuel et une « humilité » qui n’est pas seulement une valeur morale mais plutôt une valeur méthodologique.

Nous concluons en remerciant Gilles Deles, avec le souhait et l’espoir que de notre confrontation puissent naître des choses. Car, pour passer de Giles Deles à Gilles Deleuze, on pourrait dire, avec le dernier, qu’une pensée « contre » n’est pas une véritable pensée : la pensée véritable est celle qui « fait naître des choses »…

 

 

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