Quelque part en Isère, à une vingtaine de kilomètres de Grenoble, les habitants ont organisé leurs rencontres philosophiques. Une des organisatrices, Evelyne Buissière, professeure de philosophie, me présente d’abord Uriage pour la beauté de son cadre. La pensée entretient un rapport étroit avec le beau. La beauté des paysages, les montagnes autour, cela a quelque chose de magique. La montagne magique de Thomas Mann, me vient soudain à l’esprit. Thierry Ménissier est à l’origine du projet, et a soutenu la dynamique.

C’est une association qui collabore aussi au projet : la Société alpine de philosophie.

« La société alpine de philosophie est une association loi de 1901 dédiée à la diffusion et à la pratique du savoir philosophique. Elle fut fondée au début des années 1950 par le philosophe Théodore Ruyssen (né à Chinon en 1868, décédé à Grenoble en 1967), grand spécialiste de Kant, promoteur de la paix entre les nations,et militant pacifiste de la Société des Nations. L'association est traditionnellement liée au Département de philosophie de l'Université Pierre Mendès France - Grenoble 2. Les diverses tendances de la philosophie telle qu'elle est pratiquée aujourd'hui s'y expriment, et notre association assume cet éclectisme comme le symbole de la liberté de penser. Elle se nourrit de la participation active de ses adhérents aux diverses manifestations organisées chaque année, telles que séminaires, rencontres d'auteurs, ateliers philosophiques. » 

Au programme, cette année, de ces rencontres qui ne se veulent pas « universitaires » ou « académiques », la violence. Ce sont les sixièmes rencontres qui se sont tenues en octobre 2015. Les rencontres présentent ainsi leur démarche  : convier la Cité à réfléchir sur ses préoccupations majeures, avec le recul et la patience du concept. C'est fidèles à cette ligne directrice que les Rencontres Philosophiques d'Uriage ont retenu pour la sixième édition, qui aura lieu les 9, 10 et 11 octobre 2015, le thème de la Violence.

L'actualité récente, en France et dans le monde, bouscule en effet des catégories de pensée que l'on croyait stables, et nous laisse parfois désemparés, percevant cette violence contemporaine comme pouvant mettre en péril l'existence individuelle et sociale. Examiner cette nouvelle donne, avec l'aide d'auteurs, philosophes ou experts d'autres savoirs, et développer notre aptitude à juger et agir, telle est donc l'ambition de ces Rencontres 2015.

Prendre le temps de comprendre, faire de l’actualité une sorte d’inactuel à penser, se détacher des idées toutes faites, voilà qui rejoint un paysage où le temps reste suspendu à l’attente, le désir de la réflexion. Au programme il y eut une conférence: « Une violence sans fin? » De Michaël Foessel, un débat contradictoire: « La violence est-elle féconde? Apporte-t-elle quelque chose à l'humanité? », avec Laurent Bègue et Michel Terestchenko, animé par Thierry Ménissier. Les enfants avaient rendez-vous au Ciné brioche pour y voir « Max et les maximonstres », de Spike Jonze. Un Grand témoin aussi : « Jeanne Allaire, témoignage d'une rescapée du génocide Tutsi ».

Les conférences sont disponibles sur le site des Rencontres. Mais après les Rencontres, on continue. La philosophie a ses quartiers à Uriage#nf#