Comment tolérer l’intolérable ? Comment produire une justification des procès de Moscou au nom de la tâche historique du marxisme et de la négation nécessaire de l’individu ? Mais comment, à l’inverse, renoncer à la tentation de supprimer l’oppression et d’instaurer la justice, au nom d’une réserve académique ou d’un doute philosophique ? Quel milieu trouver, au cœur de l’histoire, entre le totalitarisme soviétique, qui sacrifie la liberté des individus sur l’autel de la justice, et l’hypocrisie libérale, qui prêche la liberté en occident mais fait de la violence et de la détresse une affaire privée, ou extérieure (coloniale) ?

Merleau-Ponty écrit que « nous n’avons pas le choix entre la pureté et la violence, mais entre différentes sortes de violence. La violence est notre lot en tant que nous sommes incarnés. Il n’y a pas même de persuasion sans séduction, c’est-à-dire en dernière analyse, sans mépris. La violence est la situation commune à tous les régimes. La vie, la discussion et le choix politique n’ont lieu que sur ce fond. Ce qui compte et dont il faut discuter, ce n’est pas la violence, c’est son sens ou son avenir » .

Comment Merleau-Ponty en est-il alors progressivement venu à trahir ses espoirs marxistes ? Quelle est la contradiction, interne à l’idéologie, qui pousse le philosophe à se retirer de tout engagement qui supposerait un sens unilatéral et évident à l’histoire ?

 

Préparé et animé par Raphaël Enthoven, assisté de Julien Tricard, en présence de Vincent Peillon et de Georges Claisse qui proposera des lectures.

« Merleau-Ponty, l’histoire et l’idéologie ? », dans le cadre du cycle « Politique de la pensée » des Bibliothèques de l’Odéon, le Samedi 13 juin 2015 à 15h à l’Odéon théâtre de l’Europe (Paris 6e), 10€.

Retrouvez toutes les informations de la rencontre sur le site du Théâtre de l’Odéon#nf#