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Histoire

La loi du sang: Penser et agir en nazi

Couverture ouvrage

Johann Chapoutot
Gallimard , 576 pages

Prendre les nazis au sérieux
[vendredi 06 fvrier 2015]


Une plongée dans l’univers mental du national-socialisme.

Face à l’horreur des crimes du IIIe Reich, un réflexe a dominé pendant de longues années dans le sens commun comme dans une partie de la littérature scientifique : rejeter le national-socialisme vers la déviance, la perversion ou l’irrationalité. Cela passait, pour les hiérarques du régime, par une peinture grotesque de leurs tares, une psychologisation tendancielle, qui se retrouve sous une forme populaire et réussie chez un Robert Merle  ou un Dino Buzzati , mais qui contribue à dépolitiser les parcours de ces hommes. 

Du point de vue de la pensée nazie, l’anathème est restée presque entière : « pensée nazie » reste, encore aujourd’hui, un oxymore. Or, sans chercher le moins du monde à normaliser le nazisme, ce rejet dans la déviance n’aide pas à comprendre ce phénomène qui a conduit à la mort de millions de personnes. Les nationaux-socialistes, quand ils commirent leurs crimes, utilisaient un répertoire théorique censé justifier leurs actes, toute une série de « discours normatifs » . Il est confortable de se dire que le IIIe Reich était une barbarie pure ; il est plus intéressant, quoique moins rassurant, de comprendre qu’il existait une véritable « conception du monde » nazie, qui justifiait et assumait le crime. C’est à disséquer cette « conception du monde » que s’est employé l’historien Johann Chapoutot.

Il existait déjà des ouvrages sur la question. Disponible en français, le court essai d’Eberhard Jäckel de 1969, Hitler idéologue, faisait le point sur les deux piliers de l’idéologie nazie : la conquête d’un espace vital à l’Est pour la race aryenne ; l’exclusion de la population juive de cet espace. Plus récemment, Christian Ingrao a bien montré, à propos des officines de répression comme le Sicherheitsdienst de la S.S., que les responsables de l’extermination à l’Est pouvaient être considérés comme des intellectuels, pour beaucoup juristes. 

Johann Chapoutot, instruit de son étude sur la perception nazie de l’Antiquité  qu’il avait étudiée en thèse de doctorat, produit une démarche différente et novatrice : à partir de l’étude de 1 200 ouvrages , il s’intéresse, en « historien des idées » , à toute une littérature grise, celle des juristes, des historiens, des géographes, des archéologues nazis. Reconstituer la norme nazie, tel est l’objectif de ce livre qui est un manifeste historiographique : car pour faire une histoire des idées nazies, il faut déjà accorder qu’il y eut des idées. L’auteur s’en justifie comme suit : les nazis n’étaient pas des fous  et leurs crimes revêtaient pour eux « sens et valeur » . Le terme est répété à plusieurs reprises, il faut prendre les nazis « au sérieux » . L’introduction est donc volontiers militante : il est temps de considérer que les nazis n’étaient pas inhumains, et de se pencher sur le sens que revêtaient pour eux leurs propres actes – aussi innommables qu’ils aient été. L’auteur défend, en creux, une « visée compréhensive » 

Procréer, combattre, régner

Le parti-pris méthodologique de l’ouvrage peut surprendre. En effet, il s’agit d’une plongée totale dans le logos nazi. Il y a d’abord peu de références à l’historiographie : l’ouvrage est tourné vers les sources, leur exposition, leur mise en cohérence, voire en système. Les citations sont, de ce fait, très nombreuses, et donnent au public français un accès bienvenu à des textes qui sortent des sentiers souvent bien rebattus des auteurs les plus cités – Hitler le premier. Plus surprenant, une bonne partie de l’ouvrage est écrit au discours indirect libre. La visée est claire : proposer une compréhension immersive de la normativité nazie. On retrouve cette démarche dans le sous-titre même du livre : « Penser et agir en nazi ».

Ce qui permet à l’auteur de mettre en cohérence son corpus, c’est la répétition, dans tous les ouvrages qu’il a étudiés, de la même question lancinante : « comment agir pour éviter que l’Allemagne ne meure ? ». C’est le point de départ de la pensée nazie. La réponse tient dans les trois grandes parties de l’ouvrage : procréer, combattre, régner. Cette conception du monde a pour elle sa simplicité et sa cohérence : elle est une lecture biologique du réel, tout imprégnée de darwinisme social. Le seul objectif des nazis est de défendre la race allemande : pour ce faire, il faut sortir de l’état d’urgence dans lequel elle se trouve, et l’auteur livre ici une très fine analyse du terme allemand Not . Quel est cet état d’urgence ? C’est d’abord celui d’un peuple, d’une « race », dont le territoire n’a jamais suffi à réellement combler les besoins les plus simples, alimentaires. Issu du vieux discours colonial sur la « surpopulation » allemande, il retrouve l’idée d’une conquête de l’espace vital pour subvenir aux besoins du peuple allemand. Cependant, on perçoit, dans l’ouvrage de Johann Chapoutot, l’importance du traumatisme de la Grande Guerre : les centaines de milliers de morts de la famine liés au blocus ont rendu très concrète cette peur de la disparition, pour une génération qui a été massivement exposée aux conséquences du conflit mondial. Il faut donc conquérir un sol, Boden, pour permettre une colonisation agricole à l’Est.

Mais il ne suffit pas de conquérir, les nazis veulent aussi affermir la race elle-même, par un double processus : permettre aux représentants de la race aryenne de se multiplier ; empêcher les ennemis de la race aryenne de le faire. Ces ennemis, ce sont évidemment les Juifs. La détestation des nationaux-socialistes envers le judaïsme se lit jusque dans les moindres détails normatifs. Mais cet antisémitisme s’insère, finalement, dans une biologisation encore plus large, où les Slaves, entre autres, doivent servir d’esclaves à l’Est, ou disparaître. Cette lecture faussée et pseudo-scientifique du sang, Blut, irrigue véritablement l’ensemble des décisions normatives. 

C’est peut-être là l’un des acquis les plus intéressants du livre : il montre, à travers toute cette littérature grise, que le crime nazi prenait sens dans une certaine temporalité. Comment justifier l’extermination de femmes et d’enfants juifs ? Les nazis étaient persuadés que s’ils ne menaient pas jusqu’au bout cette guerre – qu’ils envisageaient comme telle, puisqu’ils considéraient que les Juifs menaient un combat contre les Germains depuis des milliers d’années – les peuples qu’ils exterminaient se vengeraient et anéantiraient à leur tour le peuple allemand. Le génocide, en somme, était une décision préventive, qui encourageait un cercle de radicalisation sans fin. Himmler et les S.S. s’employèrent, à tout le moins, à le marteler. On ressent, confronté à cette pensée, un certain vertige : Hannah Arendt disait que les nazis « pensaient en siècles ». Mais à l’échelle des siècles, dans la vision nazie, il n’existe plus d’humains ou d’individus qui vaillent, uniquement des races, qui se battent pour accéder aux ressources. Si on n’extermine pas, on est exterminé. La logique, toute basique qu’elle soit, fournissait aux acteurs un répertoire de justification. 

Dégermaniser le génocide ?

L’auteur ne postule pas que ces théories nationales-socialistes ont conduit aux actes, ni que le lien entre pensée et pratiques serait mécanique. De même, il ne tente pas de s’interroger sur la réception de ces œuvres, considérant cependant qu’avec les acquis actuels de l’historiographique – on pense au livre Soldats de Sönke Neitzel et Harald Welzer – on peut légitimement conclure que ces « idées atteignirent leur cible » . Ce faisant, il montre que cette lecture drastique et très simplificatrice du monde social – tout est racial, et tout est juste pour défendre la race – offrait des « repères clairs, tangibles et aisément compréhensibles »  à des « contemporains égarés » . On sent, en filigrane, et notamment dans l’analyse du traité de Versailles, la puissance de cette « angoisse eschatologique », telle que l’a définie Christian Ingrao, celle de la disparition totale de l’Allemagne en 1918-1919, au moment où le pays, coup sur coup, perdit la guerre, la monarchie, une bonne partie de son territoire et de sa population. Il serait intéressant d’étudier plus en finesse cette période de la sortie de guerre comme matrice, pour toute la génération des architectes de la domination nazie, d’une angoisse jamais disparue ; il serait tout aussi intéressant de comprendre comment la réponse biologique à cette angoisse s’est lentement imposée au sein de ces cadres. S’agissait-il là d’un phénomène purement allemand ? 

Johann Chapoutot propose, en début d’ouvrage, des pistes de révision, pour expliquer que cette pensée nazie n’est en rien originale, mais récupère un fond commun européen . Comme il l’a fait dans sa récente synthèse sur l’histoire de l’Allemagne contemporaine , il bat en brèche l’idée d’un Sonderweg – cette « voie particulière allemande » – qui aurait conduit au nazisme. Mais dans la mesure où La loi du sang étudie en soi et pour soi la conception du monde nazi, sans réellement la comparer avec d’autres phénomènes européens ou d’autres tendances politiques, l’auteur ne peut que rapidement résumer : les nazis ont « densifié, ramassé, radicalisé »  ce fond d’idées de l’Europe de l’époque. En ce sens, ce sont peut-être moins les idées qui sont originales, que le contexte spécifiquement allemand de la République de Weimar, qui a donné un terrain favorable à cette radicalité et à sa victoire.

L’ouvrage, fondé sur une très solide culture juridique, grecque et latine, permet donc de comprendre que le nazisme n’était pas simplement l’expression de la force et du fait contre le droit ; il se pensait comme une loi, une loi de la vie, une forme de biocratie au service de la race, bien plus légitime que celle des puissances occidentales. Il est trop simple de rejeter ces idées extrémistes dans l’inhumain : elles trouvèrent, à l’époque, un public certain.

 

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35 commentaires

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Franois Delpla

22/02/15 12:52
L'ouvrage de Chapoutot est plus une banque de données (ô combien précieuse) qu'un livre d'histoire, dans la mesure où il n'explique absolument pas comment un fonds idéologique que lui-même qualifie d'européen et qui, en matière par exemple d'antijudaïsme, prend racine quelques millénaires plus tôt, a pu se cristalliser dans le projet guerrier le plus vaste et le dispositif meurtrier le plus systématique en un moment et en un pays précis.

Le traumatisme de la défaite et de la sortie de guerre ne fait pas ici l'affaire, car quinze ans plus tard, et malgré la nouvelle épreuve qu'était la crise "de 29", plus personne ne pouvait craindre que l'étranger fût en train de tuer l'Allemagne.

Je propose pour ma part une piste : non pas une folie collective, mais une psychose déclenchée dans l'esprit d'un individu nommé Adolf Hitler. Là se forme un fantasme : "ce sera nous ou eux". Hitler met au service de ce fantasme un génie manoeuvrier et organisationnel longtemps inaperçu, dont la description va probablement mobiliser les historiens pendant quelques années, et peut-être quelques décennies.
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Franois Delpla

22/02/15 17:55
Une page sur les derniers écrits de Johann Chapoutot : http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=11&id=64
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Franois Delpla

24/02/15 08:59
eh bien Nicolas ?

Quand on écrit sur un espace interactif, il faut être prêt à répondre.
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Nicolas Patin

24/02/15 14:02
Cher M. Delpla,

Espace interactif, certes, mais qui demande tout de même un temps de réaction !

Je connais vos travaux sur Hitler. Simplement, si Hitler a évidemment un rôle central, je trouve, pour ma part, que ce qui est intéressant, ce sont les forces sociales qui l'ont porté au pouvoir (et maintenu). En somme, ce qu'Hitler nous apprend sur la société allemande.

Dans ce cadre, le livre de Johann Chapoutot est bien plus qu'une banque de données, car il nous permet, justement, de sortir d'une vision focalisée sur Hitler, pour comprendre la percolation des catégories de pensée au sein d'une élite, et au-delà.

Bien à vous,

Nicolas
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Franois Delpla

25/02/15 06:55
Bonjour et merci pour cette sportivité.


"Je connais vos travaux sur Hitler."

Parfait !
Je précise pour le profane, ou le pressé qui répugne à cliquer de site en site http://www.delpla.org :
-Hitler, seule bio française, Grasset 1999, réédition poche actualisée Pascal Galodé 2013;
-Les Tentatrices du diable, sur son lien aux Allemandes, L'Archipel 2005, poche en vue cette année;
-Churchill et Hitler, Le Rocher 2012, Tempus 2013;
-Hitler 30 janvier 1933, Pascal Galodé, janvier 2013

Mais
je viens précisément de commettre, à peu près en même temps que Chapoutot, un livre général sur le Troisième Reich (chez Perrin). Une conjonction rare en français... mais pour l'instant le seul organe qui nous ait chroniqués ensemble est un site catalan http://mitrophane.vefblog.net/108.html !

Vous ne me répondez pas sur l'essentiel : l'absence, chez Chapoutot, d'une explication de la cristallisation en Allemagne à un moment précis, pour servir de carburant à un projet politique opiniâtre, d'une foule d'idées irrationnelles qui traînaient dans des cerveaux européens d'horizons divers.

C'est ici que le rôle d'Adolf Hitler, et d'une psychose individuelle surgie (ou"déclenchée", comme disent les psys) fin 1918, fournit une explication. Elle est, à ce jour, sans rivale et la preuve par Chapoutot, de ce point de vue, éclatante. Cette explication n'économise nullement, bien au contraire, une analyse des processus par lesquels cette folie met en branle des forces immenses, en Allemagne et ailleurs.

De ce point de vue, il s'agit de rompre avec un demi-siècle d'erreurs et d'approximations dites fonctionnalistes et ceux qui actuellement reculent devront faire plus d'efforts pour sauter !

Or Chapoutot, dans sa conclusion, éprouve le besoin de préciser qu'il n'est pas "intentionnaliste" et de s'incliner, après tant d'autres, devant le fonctionnalisme. Il ne saurait mieux baliser la limite de son travail.

Mais lui-même, à l'âge d'Internet, va devoir engager le dialogue sur ces matières. Je ne dois tout de même pas être le seul à le lui demander, avec toute la politesse et la patience requises.
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Nicolas Patin

25/02/15 09:33
Cher M. Delpla,

Les explications historiques ne sont pas censées êtres exclusives les unes des autres. Ce que vous décrivez n'est tout simplement pas l'objet du livre de Johann Chapoutot, qui propose une perspective d'histoire des idées novatrices.

Par rapport à vos arguments, et à cette "cristallisation" des succès nazis du début des années 1930, l'explication psychologique m'intéresse moins que l'explication politique. Et encore une fois, sans minorer la place d'Hitler dans le dispositif, si je veux faire un raisonnement basique et, de ce fait, insuffisant : Hitler était déjà comme vous le décrivez en 1928, et le parti nazi obtenait 2,6% des voix aux élections législatives. Sans la crise de 1929 et l'intrication des effets sociaux et politiques, pas de victoire nazie. C'est évidemment réducteur, mais je suis vraiment sceptique sur une explication qui serait trop centrée sur Hitler. Je pense que nous sommes, au font, d'accord sur l'équilibre à tenir entre facteurs sociaux/politiques et généraux, et la place d'Hitler.

Enfin, sur la question intentionnaliste / fonctionnaliste, je ne vois pas ce que cela a à voir avec notre débat : outre le fait que ces dénominations sont réservées à la question de la "Solution finale" et de la politique antisémite, et pas à toute la politique du IIIe Reich, j'ai toujours considéré qu'il s'agissait d'étiquettes qui généralisaient. Nous ne sommes pas là pour dresser des typologies d'historiens selon des catégories pré-construites. Par ailleurs, si "intentionnalistes" signifie considérer qu'il y a, chez les nazis, "intention de tout temps d'assassiner totalement les Juifs d'Europe", alors, le long débat sur le "processus de décision" du génocide a prouvé, et ceci depuis des années, que s'il y avait toujours eu, chez les nazis, volonté de se débarrasser des Juifs, le moyen le plus radical (l'assassinat) n'est apparu que très tardivement dans un répertoire d'action plus large (persécution, immigration, déportation). En ce sens, le coeur de l'explication "intentionnaliste" concernant la "Solution finale", s'est révélée, et depuis longtemps, faux. J'ai l'impression que ce débat est très ancien, et a largement perdu de son intérêt aujourd'hui.

Bien à vous

N. Patin
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Franois Delpla

25/02/15 10:11
Faute de temps je réponds sur un seul point, non le plus central : l'une des grandes supériorités de Hitler sur les hommes politiques qu'il affronte réside dans sa capacité de tirer les leçons de ses erreurs et autres impasses. Ainsi le 2,6 % de 1928 est un formidable levier et la crise de 29 tout au plus un contexte favorable (je n'ai pas souvent lu d'analyses sur ce qui aurait empêché les nazis de parvenir au pouvoir en cas de maintien de la prospérité : connaissez-vous fût-ce un seul historien qui se pose la question ?).

J'étudie cette affaire par le menu dans le livre sur la prise du pouvoir référencé ci-dessous.
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Franois Delpla

25/02/15 16:56
J'ai développé ailleurs http://blogs.mediapart.fr/blog/francois-delpla/250215/bas-lantinazisme-primaire une argumentation à partir des cas de Carl Schmitt et de Martin Heidegger.
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Franois Delpla

26/02/15 07:27
Je ne voudrais pas monopoliser le crachoir, aussi donné-je la parole à Chapoutot (et, plus tard dans la journée, à Christian Ingrao) :
"Tout fut fait, dans la propagande du Parti nazi, puis, à partir de 1933, de lÉtat, pour faire du Führer un homme providentiel, héros et sauveur doté de toutes les vertus. Hitler lui-même ne manquait pas de faire référence à la Providence et à un très haut qui, non content de lavoir fait parvenir au pouvoir, le protégeait si visiblement contre ennemis et attentats. Une lecture plus attentive de ses propos montre, cependant, quil ne croyait lui-même guère à tout cela et que ce mystique apparent était, fondamentalement, un positiviste de la nature et de ses lois, le déterminisme biologique tenant lieu de cette grande force cosmologique quil invoquait parfois ou de cette Providence dont linvocation nimbait son pouvoir dune mystérieuse et séduisante aura."
Ces lignes de 2010 (référence http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=11&id=64 ) situent bien le problème, et la différence entre les deux livres français de 2014 sur le nazisme.
Bien sûr que Hitler y croit, à sa Providence (elle est donc censée guider toute l'entreprise). Kershaw est d'ailleurs beaucoup plus prudent que Chapoutot sur le sujet.
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Franois Delpla

26/02/15 09:37
Ingrao donc (L'Histoire, novembre 2014 http://www.histoire.presse.fr/livres/tete-nazis-01-11-2014-118183 ) :

"Ce très beau livre appelle une discussion notamment sur la question du continuum entre discours et pratiques, sur le statut des contre-exemples, sur l'articulation des impératifs catégoriques entre eux, et enfin sur le statut des sources et l'inscription et la circulation sociales."

Voilà qui converge dangereusement avec mon diagnostic d'une "précieuse banque de données".

Maintenant, il faudrait s'expliquer plus avant, descendre Chapoutot de sa niche, jauger vraiment son apport et, surtout, affiner nos vues sur Hitler et son pouvoir, en délaissant les ruines encore fumantes du fonctionnalisme.

Entre parenthèses, cette idéologie était loin de n'inspirer que des dissertations sur la décision du judéocide, comme en témoigne son concept central : elle voyait dans l'Etat nazi une "polycratie".

Mon propre livre, plus soucieux des faits que des théories, critique brièvement cette position et son pionnier, Franz Neumann, p. 46-47.
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Franois Delpla

01/03/15 07:41
Le dialogue a l'air de tourner court.
Esprit de chapelle, quand tu nous tiens...
Triste.
Pour Clio.

Je signale au passage que Pierre-François Burger, qui s'en prend non seulement à votre humble serviteur, mais à Ian Kershaw, sur Nonfiction et en d'autres lieux http://www.slate.fr/story/98055/persistances-mythe-hitler , joue encore moins le jeu de l'interactivité.
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Nicolas Patin

02/03/15 17:38
Cher M. Delpla,

"Le jeu de l'interactivité" nécessite, comme je l'ai déjà souligné, un minimum de temps. Quant à dénoncer un "esprit de chapelle", je ne crois pas qu'il soit en cause ici.

Que notre débat porte sur la place d'Hitler dans le dispositif général, c'est une chose. Mais très souvent, vous utilisez la distinction internationaliste / fonctionnaliste comme une réalité intangible, trop heureux, comme vous l'écrivez, d'observer "les ruines encore fumantes du fonctionnalisme" ou de parler au passé du fait que cette "idéologie" fonctionnaliste - un bien grand mot - "voyait dans l'État nazi une 'polycratie'".

Si être fonctionnaliste, c'est voir dans l'État nazi une polycratie, alors j'accepte l'étiquette (si c'est cela l'objectif final de notre débat). Pour avoir travaillé sur Goebbels, il est aisé de voir cette polycratie à l'oeuvre, dans les conflits qui opposent systématiquement le ministre de la propagande à Bernhard Rust, Otto Dietrich, Hermann Goering, et bien d'autres. Hitler en est l'arbitre et cela ne remet pas en cause son charisme politique, et la manière dont ce charisme organise le "travail en direction du Führer" et la "radicalisation cumulative", sans que ces deux notions soient à mes yeux totalement satisfaisantes pour comprendre le IIIe Reich dans son ensemble.

En lisant récemment la nouvelle réédition de S. Haffner (Considérations sur Hitler), je ne suis toujours pas convaincu : Hitler est central, certes. Peut-être d'ailleurs plus dans le mouvement nazi que dans le régime. "Maître du IIIe Reich" ou "dictateur faible", comme l'écrivait Kershaw - les termes du débat ne sont pas satisfaisants. Je ne refuse donc pas de débattre : c'est simplement que la distinction universitaire entre intention et fonction me semble moins intéressante que de comprendre la nature du pouvoir hitlérien, d'une part, mais surtout la mise en place locale du pouvoir nazi, d'autre part. Affaire de goût personnel.

À suivre...

Bien à vous

Nicolas Patin
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Franois Delpla

03/03/15 09:11
Ouf !

je manque moi-même de temps aujourd'hui.

à ce soir !
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Franois Delpla

04/03/15 05:39
Foin des distinctions académiques entre intention et fonction ! Il existe simplement, sous le nom de fonctionnalisme, une façon d'aborder le nazisme, écrasant tout sur son passage entre 1970 et 1990, après une gestation conquérante depuis 1960 et avant une agonie interminable qui dure encore. "Polycratie" est son maître mot, "intentionnalisme" l'ennemi construit par elle pour plus de commodité (il permet de glisser plus ou moins adroitement sous les pieds du débatteur d'en face une peau de banane : il croit que "tout est dans Mein Kampf").
Eh bien non, le nazisme n'est pas une polycratie, ni au niveau du parti ni à celui de l'Etat. Une distinction d'ailleurs malaisée ! Certes il n'y a pas la même identification du parti à l'Etat qu'en régime stalinien, et il ne faut pas se lasser de le répéter, tant la théorie de guerre froide du "totalitarisme" a laissé de traces.
Mais justement : derrière beaucoup de complexité de façade et d'instances tirant apparemment à hue et à dia (dans le parti moins que dans l'Etat ? il serait intéressant que vous le démontriez), le régime est terriblement un -et, pour parler franglais, Hun ! (c'est-à-dire allemand -mais une variété d'Allemagne extrême et point du tout fatale) !
C'est une formidable machine de guerre, soumise comme telle à une autorité unique, et de ce point de vue les divisions ne sont que ruses.
Il n'y a qu'à voir comme le citron Schacht est jeté en deux temps et avec une précision millimétrique lorsqu'il a fourni les finances truquées et l'économie autarcique requises, à des fins pacifiques croyait-il.
Quant à vous, j'espère que vous avez gagné une lutte interne pour être celui des spécialistes de Nonfiction qui chroniquera mon Histoire du Troisième Reich, parue en même temps que le livre dont nous débattons, et assez complémentaire.
Aperçu des recensions déjà parues : http://www.delpla.org/site/articles/articles.php?cat=18&id=78 .
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Franois Delpla

08/03/15 06:19
Un internaute http://www.livresdeguerre.net/forum/contribution.php?index=55966 ayant remarqué (gentiment) que j'en faisais des tonnes, ces derniers temps, pour la promotion de mon dernier livre, voici ce que je viens de lui répondre et qui a toute sa place ici :

"J'ai effectivement mis la pédale un peu plus douce sur l'écriture (quoique Hitler et Pétain avance d'un bon pas) et m'investis dans la promotion de ce Troisième Reich comme dans celle de tous ses prédécesseurs réunis.

Il se trouve que pour l'instant il n'a pas plus de presse que les précédents, c'est-à-dire qu'il en a un peu [http://www.delpla.org/site/articles/articles-18-78+florilege-des-critiques-avec-quelques-remarqu.php] ... ce qui, étant donné son sujet et son éditeur, pourrait laisser perplexe. Mais je ne le suis pas et, je pense, les vieux lecteurs de ce site non plus.

J'affirme nettement des choses nouvelles. Or d'une part on a tendance à croire que sur un sujet pareil tout a été dit et d'autre part un certain nombre de spécialistes bien en cour ne disent pas les mêmes choses que moi, ou pas aussi nettement.

Voilà qui justifie un effort particulier voire une pause relative. Elle est destinée d'une part à mettre en débat les questions fondamentales dont les réponses restent floues ou manifestement fausses (Hitler antisémite avant ou après la PGM ? sa guerre contre la France et l'Angleterre est-elle voulue ou résulte-t-elle d'un faux calcul ? visait-il une domination mondiale ou européenne ? sans Churchill, ou si Chamberlain avait gouverné dix jours de plus, la Grande-Bretagne aurait-elle été pareillement l'âme de la résistance ?). D'autre part à battre le rappel des historiens qui ont récemment fait bouger les lignes, même si des désaccords subsistent : un Costagliola [http://www.delpla.org/site/articles/articles-11-74+le-darlan-de-bernard-costagliola.php] , un Chapoutot [http://www.delpla.org/site/articles/articles-11-64+johann-chapoutot-publie-un-livre-important.php] ...

J'écrivais en 1993 dans l'introduction de Churchill et les Français : "un séisme historiographique est en cours, que le présent livre vise à la fois à présenter et à poursuivre".

La seule différence entre mon opinion d'alors et celle d'aujourd'hui est qu'à l'image du séisme il convient peut-être de substituer celle d'un mouvement géologique d'ampleur, mais assez lent.

Tout de même, les signes d'un changement profond de perspective s'accumulent. "
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Franois Delpla

11/03/15 10:58
Un article sur les questions générales soulevées par cette affaire :

http://www.athena-vostok.com/a-propos-d-hitler-du-nazisme-et-des-blocages
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Anonyme

15/03/15 09:40
"Que notre débat porte sur la place d'Hitler dans le dispositif général, c'est une chose. Mais très souvent, vous utilisez la distinction internationaliste / fonctionnaliste comme une réalité intangible, trop heureux, comme vous l'écrivez, d'observer "les ruines encore fumantes du fonctionnalisme" ou de parler au passé du fait que cette "idéologie" fonctionnaliste - un bien grand mot - "voyait dans l'État nazi une 'polycratie'".
"

dit Nicolas Patin dans une de ses réponses. Or il est question ici d'un livre, et non de ce que je "fais souvent". Encore une fois, c'est l'auteur lui-même qui, dans une conclusion en forme de repentir, semble prendre peur devant ses propres découvertes, éprouve le besoin de répondre préventivement à un reproche d'intentionnalisme et ouvre, sans dire le mot, le parapluie du fonctionnalisme : l'idéologie dont il a en 500 pages démonté les rouages n'est qu'une condition de possibilité de la Shoah mais celle-ci aurait de tout autres causes, sagement fonctionnelles !

C'est là-dessus qu'il faut prendre position et non sur mes propres travaux (qui n'ont pas été commentés sur Nonfiction depuis plus de cinq ans; si mon dernier livre l'était, je ne manquerais, pas quant à moi, de répondre aux remarques des commentateurs).

Chapoutot est jeune, nous devons tous l'encourager à aller de l'avant !
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Franois Delpla

28/03/15 15:41
" vous utilisez la distinction internationaliste / fonctionnaliste comme une réalité intangible, "

Dès son titre, ma dernière lettre d'information dément !
http://www.livresdeguerre.net/forum/contribution.php?index=56017
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Franois Delpla

11/04/15 15:32
Je me perds en conjectures pour expliquer le silence de Nicolas Patin, depuis bientôt six semaines.
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Franois Delpla

30/04/15 09:53
Qui peut concevoir une histoire sans débat ?

Pour ma part je ne pus pas mais il semblerait que dans votre lit vous pussiez !
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Luc Nemeth

06/10/15 13:37
le nommé Delpla ne manque pas de culot d'en appeler ci-dessous au... "débat" après avoir osé, après qu'il a été pris en flagrant délit d'ignorance et de malhonnêté sur ce site, rejouer le match sur son propre site, sous la forme de propagation d'informations mensongères et dont il a refusé la rectification malgré la mise en demeure qui lui a été adressée : ce type, est sordide.
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Franois Delpla

18/11/15 09:58
Il est regrettable que ce débat dorme et ce n'est hélas pas l'intervention de Luc Nemeth, portant sur un tout autre livre en termes vagues même si sa conclusion est précise, qui est de nature à le relancer.

Je signale néanmoins, comme on lance une bouteille à la mer, que le débat actuel sur la réédition de Mein Kampf est animé dans les médias, notamment et notablement, par l'auteur de La loi du sang, et qu'il accentue à cette occasion le défaut que j'ai signalé. Il confectionne une école "hitléro-centriste" sur mesures pour taper dessus et, emporté par son élan, il ne se contente pas de dire que "tout n'est pas dans MK", il en vient à suggérer que presque rien n'y est. Cf. http://www.delpla.org/site/articles/articles-11-64+johann-chapoutot-publie-un-livre-important.php
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LN

20/11/15 16:00
???
ce le nommé Delpla appelle mon intervention ne porte pas sur un... livre, mais sur ses comportements de voyou-du-web : c'est à ce titre, et pour violation de la Loi Informatique et Libertés, qu'il a fait l'objet d'une plainte.
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Franois Delpla

13/12/15 15:56
Tu n'as jamais déposé de plainte bien que tu l'aies annoncé, puis aies dit l'avoir fait.
Mes excuses au site, je sais bien que ceci n'a rien à voir avec l'objet du fil, aussi marqué-je le plus sobrement possible mon désaccord avec un propos diffamatoire.

Chapoutot donc, et son livre. Il y a du nouveau ! L'universitaire a pris fait et cause en octobre dernier, dans différentes tribunes, contre la réédition de Mein Kampf. Son moindre argument n'était pas que les documents recensés dans son livre étaient "plus centraux" que la Bible nazie.

Ce faisant, à mon avis, il démonétise ces documents et son propre livre. Car les proses des médecins, philosophes, historiens, juristes, etc. enrôlés par le nazisme procèdent de Mein Kampf et sont dans son champ gravitationnel. Et si dans La loi du sang J. Chapoutot ne le fait pas assez sentir, comme je l'ai déjà relevé, nulle part dans cet ouvrage il ne leur attribue autant d'autonomie qu'il ne le fait dans ces interventions récentes. Il pousse lui-même la logique de son livre jusqu'à l'absurde, et risque de dissuader les lecteurs de ces tribunes de le lire. Ce serait fort regrettable.
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Franois Delpla

20/12/15 10:05
Un bref exemple des limites méthodologiques du livre que nous examinons : p. 114 il cite un livre de l'eugéniste Fritz Lenz, paru en 1933; plus précisément, Chapoutot reproduit longuement un texte que Lenz cite lui-même et dit avoir écrit "dans les tranchées" en 1917. Ces lignes exaltent la "race" mais ni l'Aryen ni le Juif n'y sont nommés : déjà fort engagé dans le mouvement eugéniste avant 1914, le jeune médecin était alors sans doute très éloigné du bric-à-brac aryosophique, et peut-être aussi de l'antisémitisme. Il serait intéressant de retracer le processus qui a conduit Fritz Lenz, à partir de l'un de ses éléments, à souscrire à l'ensemble de la doctrine nazie.

Il conviendrait en particulier de départager les influences respectives, dans cette évolution, de l'expérience guerrière et de l'adhésion au nazisme.

Mais la question n'est même pas posée.
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luc nemeth

20/12/15 15:18
!!!
(je ne m'abaisserai pas à répondre au sordide menteur delpla mais confirme avoir déposé contre lui une plainte dont le n° de référence est à la disposition de qui le souhaite)
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Franois Delpla

22/12/15 08:34
Encore ! mais c'est pire que le sparadrap du capitaine Haddock !
Faudra-t-il que je publie à ta place ton e-mail pour que le lecteur puisse donner suite à ton offre de preuve ?!
Mais puisqu'il faut je précise : tu n'as pas porté plainte, mais demandé à la CNIL de me faire modifier mon site en arguant que je laissais tes courriers sans réponse. Il m'a suffi de contredire cela et de tenir nos échanges à disposition de ladite CNIL pour qu'elle te renvoie dans tes buts.
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Anonyme

22/12/15 11:54
le staligaud, perd son temps.
ce ne sera pas : "ma parole, contre la sienne".
je maintiens toutefois, puisqu'il se livre ici encore à des mensonges peu dignes d'un historien : que c'est bien une plainte, qui a été déposée contre lui auprès de la CNIL. Et qu'elle l'a été pour violation de la Loi Informatique et Libertés.

Aussi , je propose que l'article soit rebaptisé : FAUT-IL PRENDRE FRANCOIS DELPLA, AU SERIEUX ?
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Franois Delpla

22/12/15 15:39
ce ne sera pas : "ma parole, contre la sienne".

Là-dessus, tout à fait d'accord, puisqu'il y a des écrits !
Quant à moi, je tiens une documentation à disposition tout comme toi mais de façon moins platonique, puisque j'indique aux personnes intéressées comment me joindre : http://www.delpla.org .
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LN

22/12/15 18:33
(il va de soi que sur tout autre site j'aurais confondu ce divagateur une fois pour toutes et ce en affichant le texte de la mise en demeure, laissée sans réponse et qui lui a valu une plainte auprès de la CNIL. Je ne le ferai pas ici -sauf demande des modérateurs- puisque c'est SUR CE SITE qu'a eu lieu la seule discussion que j'ai jamais eue avec l'intéressé, en... février 2010, dans un fil intitulé "Claude Lanzmann contre Yannick Haenel, suite et fin". Les internautes qui auraient connaissance du compte-rendu qu'il en a donné ensuite, inconsolable qu'il en était resté, sur le site dont il donne la référence ci-dessous, sont à même de constater ce qui tient lieu de "dignité" à ce truqueur sordide)
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Franois Delpla

22/12/15 19:13
"il va de soi que sur tout autre site j'aurais confondu ce divagateur une fois pour toutes et ce en affichant le texte de la mise en demeure"
Ah bon ? tu m'as pourtant harcelé sur bien des sites et n'as rien affiché du tout !
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LN

23/12/15 12:05
(je confirme n'avoir jamais eu avec ce truqueur sordide qu'une seule discussion de type historien, sur ce site et en février 2010 : le tutoiement ne fat ici que trahir le staligaud)
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PH Ortiz

24/12/15 01:14
Bonjour,

Merci, désormais, de bien vouloir laisser cet espace à la discussion portant sur les enjeux de l'ouvrage concerné et aux questions qu'il aborde directement.

Cordialement,

Pierre-Henri Ortiz
pour la rédaction
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Luc Nemeth

24/12/15 12:28
(@PH Ortiz)
Libre à vous : de renvoyer les deux parties dos-à-dos.
Mais votre rappel à la "déontologie" serait plus crédible si pas plus tard que le 22/12/15 à 15:39 votre site n'avait toléré que le nauséabond delpla, auteur de menteries que vous étiez à même de constater, n'avait ici indiqué... comment le joindre, à une adresse-mail où il en rajoute encore une louche.
Quoi qu'il en soit, soyez sans crainte, je ne vous dérangerai plus.
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Franois Delpla

27/12/15 11:06
Le premier anniversaire de son livre, en l'automne 2015, a vu Chapoutot intervenir non seulement sur la réédition de Mein Kampf (comme signalé ci-dessous) mais sur le dernier livre de Timothy Snyder :
http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/10/16/panique-ecologique-et-quete-nazi-de-l-espace-vital-sont-legitimement-comparables_4790787_3232.html#xY33Xqohj65wZE6D.99

Le point de vue de Richard Evans : http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/10/16/l-imperialisme-ecologique-n-explique-pas-la-shoah_4790831_3232.html

J.Chapoutot me semble non seulement s'enferrer dans le fonctionnalisme, mais le faire désormais d'une façon régressive par rapport à son propre livre. Réduire la Shoah à la quête de l'espace vital, elle-même déterminée par la crainte de la famine, c'est vraiment négliger beaucoup l'influence de la folie nazie... qu'on la regarde comme individuelle ou comme collective !
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