<p>Le philosophe Fran&ccedil;ois Poiri&eacute; nous invite &agrave; fl&acirc;ner autour de dix th&egrave;mes d&eacute;laiss&eacute;s par la philosophie.</p>

Le philosophe François Poirié a décidé de nous livrer ses réflexions sur dix thèmes délaissés par la philosophie, dix thèmes de la vie courante. Ce sont ses pensées, ses rencontres, ses associations que l’on pourrait dire libres associations qu’il nous livre, comme on parle à un ami un peu comme ça vient. Ainsi, c’est avec jubilation que l’on suit François Poirié à travers ce dédale de pensées qui s’enracinent certes dans la philosophie, parfois la psychanalyse, mais surtout dans la littérature, le cinéma, la poésie, ses rencontres. Il nous parle ainsi de la promesse, la lassitude, la dette, le compliment, la grossièreté, la gêne, la négligence, la perte, l’indécision et l’enfance.

Rendre compte d’un tel ouvrage est impossible tant il est dense. On ne peut que donner envie au lecteur en montrant le parcours pris par François Poirié, par exemple, pour parler de la lassitude, partant de Stéphane Mallarmé pour arriver à son cadet Marcel Proust. Comment ? En passant par Robert Musil pour la notion de "subjectivité annulée", Robert Walser et ses microgrammes gribouillés à l’hôpital psychiatrique, Emmanuel Lévinas, Michel Leiris et son Journal, Alexis de Toqueville, Fitzgerald, Oxenstrien, François Coppée, l’Apocalypse, Beckett, Gontcharov. L’auteur nous dit que "trois mots pourraient, également, résumer le sentiment de la lassitude (impartageable, faut-il préciser ?) : "A quoi bon ?" ". Vient ensuite la peinture avec Hopper et Hotel room  puis Yves Bonnefoy. Marguerite Duras avec India Song et, bien sûr, Delphine Seyrig. Une citation de Hélène Cixous, une référence cinématographique à Alain Resnais, Antonioni, Godard, et la présence d’Anna Karina en haut de la page. Retour à la poésie avec Arthur Rimbaud, puis promenade chez Barthes, Michaux, Proust et Zola. Détour par la psychanalyse et la question du Désir, puis le Réel. Retour à Lévinas. Et enfin la philosophe et poétesse Ingeborg Bachmann puis Marcel Proust avec Albertine.

Tout cela ne prend que quelques pages, les phrases s’enchaînent comme un thème se développe à l’orchestre, variant naturellement la couleur et le timbre, sans que l’on ait à y réfléchir. On se laisse doucement bercer par les associations de François Poirié qui nous donne envie d’aller lire ou relire ses auteurs, voir ou revoir les films qu’il affectionne. A la lisière est un recueil de pensées, un cadeau que l’auteur nous fait comme on pourrait, nous aussi, l’offrir aux amis#nf#