<p>Une anthologie de textes d'&eacute;cologie politique trop marqu&eacute;e par les partis pris th&eacute;oriques du ma&icirc;tre d'oeuvre de l'ouvrage.</p>

Il est devenu banal de souligner à quel point la délimitation d’une discipline ou, plus généralement, d’un champ de recherche soulève par nature toutes sortes de difficultés insolubles. En admettant que la distinction entre les "sciences de l’esprit" et les "sciences de la nature" puisse recevoir un sens précis, et qu’il soit possible de produire des critères de démarcation épistémologiques satisfaisants – ce qui est loin d’aller de soi –, il reste qu’il devient extrêmement malaisé, au sein de chacune de ces deux moitiés du globus intellectus, de tracer des frontières étanches entre les différents corps de savoir susceptibles d’y être constitués. Il est encore plus difficile de comprendre pour quelles raisons, au fond, nous devrions chercher à toute force à cartographier l’espace que la pensée est susceptible de couvrir, comme s’il s’agissait d’interdire à un discours d’entrer en communication avec un autre type de discours, d’échapper au péril d’une hybridation interdisciplinaire qui serait, dans l’ordre intellectuel, aussi infâme et ignoble que l’est, dans l’ordre naturel, la consanguinité parentale.

Parmi les difficultés que rencontre la tentative visant à "produire du discontinu avec du continu", comme le disait Pierre Bourdieu, une attention toute particulière mérite d’être réservée à l’appellation qui est donnée à telle ou telle discipline ou entreprise intellectuelle. Et sans doute convient-il sur ce point de ne pas se laisser abuser par des étiquettes, des appellations ou des labels qui n’ont la plupart du temps de valeur que journalistique. Ainsi, quel nom convient-il de donner à l’ensemble des réflexions qu’inspire partout dans le monde la pensée des origines ultimes et des implications sociales, politiques, économiques et morales de la crise environnementale contemporaine ?

Le nom de "philosophie de l’environnement" pourrait-il faire l’affaire ? Il le semble bien, du moins en France, où cette appellation académique est en passe de s’imposer définitivement. Mais le choix du mot d’"environnement" n’est-il pas malheureux en ce qu’il suggère l’idée de quelque chose qui "environne" un sujet supposé central ? Quid alors du mot d’écologie lui-même, qui a le grand mérite de donner à entendre le beau mot grec d’"oïkos", signifiant la demeure, la maisonnée – notre maison-Terre qui, selon une formule présidentielle désormais bien connue, "brûle", tandis que "nous regardons ailleurs" ? Mais le mot a déjà un emploi : il sert à désigner une démarche scientifique, dont la délimitation exacte, au sein même de son champ d’appartenance, se révèle de surcroît extrêmement problématique. Qu’à cela ne tienne, dira-t-on ! Conservons le mot "oïkos", et ajoutons-lui le suffixe " -sophie" pour indiquer qu’il s’agit d’une entreprise dont la "scientificité" n’est pas du même type que celle des sciences de la nature. Solution ingénieuse, certes, qui sera celle que retiendront Arne Naess et Félix Guattari indépendamment l’un de l’autre – dont le principal défaut est toutefois qu’elle conduit à forger un néologisme peu intelligible, voire égarant, qui invite à ranger l’écosophie dans le même rayon de spiritualité vaseuse que les divagations théosophiques. Quant au choix du syntagme d’"éthique environnementale", qui a été massivement retenu dans les pays anglo-saxons depuis le courant des années 1970, il n’est guère plus heureux, en ce qu’il se révèle incapable de bien mettre en lumière la complexité du discours que tiennent les éthiciens de l’environnement, que l’on réduit trop souvent à un discours moral, voire moralisateur.

Que l’on ne s’y trompe pas : le risque encouru est de voir se clôturer sur lui-même un champ de recherche en voie de constitution, que l’on voudrait hâtivement unifier autour de quelques grandes problématiques fédératrices, en décrétant de haut les conditions sous lesquelles il est possible d’y produire un discours pertinent. Si nul ne sait ce que peut un environnement, comme le disait naguère Bruno Latour  , nous pourrions ajouter que, pour cette raison même, nul ne sait davantage ce que peut être aujourd’hui une philosophie de l’environnement.

C’est pourquoi il nous paraît souhaitable de travailler à libérer un espace d’interlocution entre les différents discours, élaborés sur le vieux continent comme ailleurs, prenant pour objet les relations de l’homme à la nature (et examinant ces relations sous de multiples angles : métaphysique, social, politique, anthropologique, historique, etc.), en évitant autant que faire se peut de fixer trop rapidement la date exacte à partir de laquelle est censée s’inaugurer la réflexion écologique, d’arrêter de manière trop péremptoire la liste de ceux qui sont censés lui avoir apporté une contribution significative et de déterminer d’autorité les problématiques qui sont censées être les seules pertinentes. Il ne s’agit nullement par là de renoncer à défendre des options théoriques personnelles, de renoncer à discriminer, pour ainsi dire, entre le bon grain et l’ivraie de la pensée environnementale, mais de se méfier de soi-même en croyant un peu (trop) vite avoir compris ce que peut être une philosophie de l’environnement. 

Il nous semble que le défaut principal du livre publié sous la direction d’Emilie Hache, dont il va être question ci-après, tient précisément à ce qu’il témoigne d’une hâte de ce genre dans sa tentative de délimitation et de présentation de l’écologie politique contemporaine. L’essentiel des critiques que nous lui adresserons porteront directement sur les partis pris théoriques et méthodologiques qui ont présidé à l’élaboration du volume.

Ecologie politique versus éthique environnementale

L’ouvrage regroupe une quinzaine d’articles, essentiellement de langue anglaise, dont la rédaction s’étend de la fin des années 1980 à la fin des années 2000, pour la plupart inédits en français, développant selon une approche originale un questionnement relevant de l’écologie politique. Parmi cet ensemble de textes, certains sont devenus des classiques de la philosophie de l’environnement, pour avoir été maintes fois discutés, analysés, critiqués, reproduits dans d’innombrables anthologies dans les pays anglo-américains (ainsi de l’article de R. Guha, "Environnementalisme radical et préservation de la nature sauvage : une critique de la périphérie" datant de 1989) ; d’autres, moins connus, constituent depuis leur publication des textes de référence (tels que ceux de G. Di Chiro, M. Bookchin, W. Cronon, M. Davis) que l’on se réjouit de savoir enfin disponibles en français.

L’ensemble des textes réunis est divisé en quatre sections, de tailles égales, respectivement intitulées "Conflits de monde", "Reclaiming Democracy", "Expérimenter de nouvelles cohabitations" et "Milieux. Habiter un monde au bord du gouffre", dédiées à l’examen d’une problématique de l’écologie politique. Chaque section est précédée d’une introduction du maître d’œuvre de l’ouvrage, lequel signe également une Introduction générale au volume – la tâche de traduction des textes étant, quant à elle, confiée à Cyril Le Roy. L’ambition générale du livre est, à en croire la quatrième de couverture, de dresser "une première cartographie des points nodaux de l’écologie politique".

Or, dès l’Introduction générale, intitulée "Quel est l’objet de l’écologie ?", le ton est donné : cette cartographie, censée présenter "les questionnements fondamentaux de l’écologie politique comme sa très grande diversité", laissera en dehors de son tracé les questionnements élaborés par les théoriciens d’éthique environnementale comme étant sans pertinence sur le plan politique. La première (mauvaise) surprise que réserve la lecture de l’ouvrage tient donc à ce que l’on découvre que le maître d’œuvre de l’ouvrage va s’employer tout du long à jouer l’écologie politique contre l’éthique environnementale, en resserrant ainsi l’espace des possibles autour de quelques problématiques considérées comme étant les seules dignes de figurer au registre de l’écologie politique.

Pareille fin de non-recevoir ne peut être opposée aux questionnements développés en éthique environnementale que si ces derniers sont méconnus dans leur portée véritable et leur réelle diversité. Il suffira ici de citer Emilie Hache : "Les philosophes environnementaux américains se sont, sinon exclusivement, du moins principalement attachés à débattre de la valeur de la nature"   ; "le programme de l’éthique environnementale" consiste à déterminer les conditions que doit satisfaire un être pour faire l’objet d’une considération morale   ; les autres problèmes posés par la crise écologique, tout aussi urgents et cruciaux, y sont "laissés de côté" ou "abordés de manière secondaire"   ; les théoriciens d’éthique environnementale "se rejoignent sur ce que la nature ne désigne pas"   ; il n’y est question que de la nature au sens de la nature "sauvage"   ; etc. Disons-le nettement : quinze ans après la diffusion assez large des problématiques développées en éthique environnementale, pareille méconnaissance nous paraît stupéfiante. Emilie Hache écrase toutes les différences et réduit la diversité de la pensée d’éthique environnementale à un idéal-type de sa fabrication, en s’aveuglant sur l’histoire de l’élaboration et de l’évolution du questionnement qui y a été développé, et en ignorant les multiples tensions qui parcourent ce champ de recherche. L’éthique environnementale n’est pas du tout un courant philosophique homogène  - aussi la désignation récurrente d’un environnementalisme américain "mainstream"   nous apparaît-elle, si ce n’est franchement égarante, du moins bien peu pertinente. Il s’agit bien plutôt d’une nébuleuse en expansion permanente traversée par de nombreuses tendances de sens opposées, en compétition les unes avec les autres. L’on ne trouvera pas une seule proposition qui n’ait fait l’objet d’une critique et d’une contestation à l’intérieur même de ce domaine de recherche.

Paradoxalement, Emilie Hache n’ignore pas l’existence de ces débats incessants portant sur la définition du programme d’une éthique environnementale, sur la détermination de son objet, sur la limitation de ses ambitions, etc., mais pour on ne sait quelle raison, elle tient absolument à les situer en dehors du courant d’éthique environnementale plutôt qu’en son sein même. Alors même que les théoriciens d’éthique environnementale n’ont cessé de s’interroger, depuis la formation de ce domaine de recherche, sur le point de savoir si les concepts de "nature" et de "nature sauvage" étaient plus et autre chose que le résultat de constructions sociales, politiques et linguistiques fluctuantes (questionnement qui a donné lieu à un nombre impressionnant de publications, dont les plus marquantes ont été recueillies dans deux forts volumes codirigés par l’un des principaux penseurs d’éthique environnementale : J. Baird Callicott), il faudrait, à en croire Emilie Hache, que cette interrogation leur soit étrangère et qu’elle leur provienne de l’extérieur sous la forme d’une objection fragilisant l’entreprise même d’une éthique environnementale.

La même chose pourrait être dite de la critique massive dénonçant l’absence de tout questionnement relevant de la justice environnementale au sein du courant d’éthique environnementale. Alors même qu’il serait loisible de montrer, ainsi que nous nous y sommes essayé ailleurs, que le questionnement proprement politique a, depuis le début et jusqu’aujourd’hui, joué un rôle constitutif dans le développement de la réflexion en éthique environnementale, Emilie Hache entend situer l’interrogation portant sur les problème de santé liés à la pollution comme aux modes d’urbanisation des plus pauvres, sur l’avenir des populations indigènes, sur les réfugiés climatiques, etc. , dans les marges de ce domaine de recherche – comme si le questionnement politique figurait le continent englouti de l’éthique environnementale.   

En vérité, il nous semble que le tort principal de l’éthique environnementale aux yeux d’Emilie Hache ne tient pas au prétendu oubli de la chose politique, ni même au geste de séparation des différentes dimensions des problèmes posés par la crise écologique (en particulier sociaux et environnementaux), qu’à l’organisation même du discours qu’élaborent certains théoriciens d’éthique environnementale, pour lesquels les problèmes de politique et de justice environnementales apparaissent subordonnés à d’autres problèmes (d’ordre axiologique, métaphysique, etc.) – non pas en ce sens où ils seraient secondaires ou accessoires, mais en ce sens où ils ne sont susceptibles de recevoir de signification précise et de solution qu’en vertu de la relation qu’ils soutiennent avec les autres composantes et les autres décisions théoriques d’une philosophie de l’environnement. Autrement dit, pour un certain nombre de théoriciens d’éthique environnementale, l’écologie politique est et doit demeurer une subdivision ou un secteur de la philosophie de l’environnement, et non pas son foyer. L’écologie politique n’a aucun titre à prétendre définir le centre d’une réflexion se donnant pour objet la crise environnementale et, plus largement, la relation de l’homme à la nature.

En ce sens, la critique qu’Emilie Hache adresse au courant d’éthique environnementale considérée dans son ensemble nous fait irrésistiblement songer au passage désopilant que nul lecteur du Gorgias de Platon n’aura oublié, dans lequel Calliclès, à bout d’arguments, finit par tancer vertement Socrate en lui reprochant de s’adonner encore à son âge, tel un vieillard libidineux, à ce vice impuni qu’est la philosophie plutôt que d’aborder de plus grandes questions –entendez, les questions politiques. La philosophie, oui, bien sûr, c’est une chose charmante, concède Calliclès, à condition toutefois de s’y attacher modérément, quand on est jeune ; mais si on passe plus de temps qu’il ne faut à philosopher, alors elle est "une ruine pour l’homme". Le philosophe qui philosophaille à perte de vue, sans réussir à se débarrasser de cette vilaine manie une fois parvenu à l’âge d’homme, "ne mérite que des coups". Cet homme, aussi doué soit-il, ne pourra jamais être autre chose qu’un "sous-homme", qui cherche à fuir le centre de la cité, la place des débats publics ; il passera sa vie à chuchoter dans son coin avec trois ou quatre jeunes gens, sans jamais proférer la moindre parole libre, décisive, efficace   Sous couvert de dénoncer le peu d’intérêt pour la chose politique, c’est en fait la spécificité même d’un certaine pratique de la philosophie qui est dénoncée.

De la politique avant tout chose, et pour cela préfère Latour

En y regardant de plus près, il apparaît assez vite que la charge politique menée contre l’éthique environnementale est en fait entièrement commandée par un parti pris théorique dont Emilie Hache ne fait d’ailleurs pas mystère (et dont les lecteurs de son précédent ouvrage   sont déjà bien informés) : à savoir l’adoption d’une perspective inspirée par les idées de Bruno Latour. Aussi est-ce sans grande surprise que l’on peut lire, dès l’introduction du premier chapitre, que l’ouvrage de ce dernier intitulé Politiques de la nature  , est censé être considéré aujourd’hui "comme l’un des grands textes de philosophie politique du XXe siècle"   – au nom d’on ne sait quel consensus introuvable. Il est, de ce point de vue, hautement significatif que l’anthologie s’ouvre par un texte de Bruno Latour, initialement paru en anglais en 2004 et traduit en français en 2007 : c’est bel et bien en référence aux problématiques développées par Latour, et aux thèses qu’il défend, que bon nombre de textes recueillis dans le volume demanderont à être lus.

Ainsi en est-il de l’article de Vinciane Despret, dans lequel est posée la question des "conditions sous lesquelles celui qui interroge peut se déclarer autorisé par celui qui l’interroge à dire telle ou telle chose en son nom"  , conformément au concept de "porte-parole" élaborée par Latour dans ses Politiques de la nature. Ainsi en est-il du texte de Donna Haraway qui s’interroge sur les conditions de fabrication de la nature en laboratoire, et sur le partage qui s’y exerce entre humains et non humains, conformément aux interrogations latouriennes (quoique, cette fois-ci indépendamment d’elles) sur la pratique de la science et sur la façon dont se détermine "le commun d’un monde commun à construire" .

De manière plus générale, le choix même de certains textes, qui ne doivent strictement rien à Bruno Latour dans leur inspiration, ne s’explique au final que par leur convergence avec les idées que ce dernier défend ou par le soutien qu’ils peuvent lui apporter. Ainsi la critique du concept de wilderness, dont nous avons dit qu’elle n’avait cessé d’être alimentée par les théoriciens d’éthique environnementale eux-mêmes, vaut-elle surtout en ceci qu’elle permet de brouiller la frontière trop rapidement tracée entre ce qui relève de la nature et ce qui relève de la culture, et qu’elle autorise du même coup à poser la question de savoir comment rendre possible la cohabitation "cosmopolitique" entre des êtres  partageant un même "fond commun" .

L’anthologie, dans son ensemble comme dans son détail, nous semble présenter le grand inconvénient de n’être pas représentative de l’écologie politique telle que ce domaine de recherche a pu se développer dans de multiples directions depuis plusieurs décennies, et d’accorder une place prépondérante, si ce n’est exclusive, à certaines problématiques entrant en consonance avec les partis pris théoriques adoptés par le maître d’oeuvre de l'ouvrage. Il est bien évident qu’aucune anthologie, quelle qu’en soit la longueur, ne peut prétendre réellement proposer un tour d’horizon exhaustif de la thématique qu’elle examine : force est de faire un choix, et de choisir dans ses préférences. Mais la sélection effectuée cesse d’être légitime lorsqu’elle emporte avec soi l’exclusion de problématiques majeures de l’écologie politique, telles que celles qui relèvent de la démocratie écologique, du développement durable, du principe de précaution, de la responsabilité intergénérationnelle, du droit environnemental, de la décroissance, etc., dont il n’est pour ainsi dire jamais question et auquel aucun texte n’est spécifiquement dédié, à telle enseigne que l’on en vient à se demander si le titre donné au recueil n’est tout simplement pas abusif.

Ces lacunes sont d’autant plus regrettables que les textes qui ont été sélectionnés apparaissent parfois étrangement redondants (ainsi l’article de R. Guha et J. Martinez-Alier dans le premier chapitre dont le propos se retrouve dans ses grandes lignes dans l’article de R. Guha dans le second chapitre, et est également contenu dans l’excellent article de G. Di Chiro qui est l’un des plus riches du volume). Les articles recueillis dans le quatrième chapitre se recoupent également dans une large mesure, et semblent développer un même propos à plusieurs voix (lequel relève d’ailleurs beaucoup plus de l’histoire environnementale que de l’écologie politique – mais la même chose pourrait être dite des articles du troisième chapitre dont l’appartenance à l’écologie politique est pour le moins problématique). En outre, dans la mesure où la place manque et qu’il est nécessaire de laisser de côté un certain nombre de textes qui auraient pu figurer dans l’anthologie, pourquoi retenir des textes aisément accessibles depuis longtemps sur Internet (comme c’est le cas de la Déclaration finale de Cochabamba, à laquelle il aurait pu suffire de faire une référence dans une note en bas de page, en donnant l’adresse d’un site Internet où elle peut être lue : par exemple celui-ci, http://cadtm.org/Declaration-finale-de-Cochabamba), ou de moindre portée théorique par rapport à certains autres (comme c’est le cas de l’article, trop anecdotique, dédié à la chasse à la baleine au Japon) ?

Le maître d’œuvre de l’ouvrage a certes la prudence de prévenir, dans les dernières lignes  de l’Introduction générale, que "le choix des textes présentés ici n’est évidemment pas exhaustif et appelle la publication d’autres volumes" – notamment, est-il précisé, "d’histoire de l’environnement ou d’écoféminisme"  . L’on notera qu’il n’est nullement question d’un autre volume dédié à l’écologie politique, comme si celui-ci remplissait pleinement son rôle. Pour notre part, nous appelons de nos vœux la publication d’un autre volume consacré à l’écologie politique qui ne fasse pas purement et simplement l’impasse sur la plupart des problématiques majeures de ce domaine de réflexion, et qui ménage un espace d’interlocution constitué par les regards croisés des divers penseurs de l’écologie considérés dans leurs différences mêmes – espace qui, du seul fait de sa structure pluraliste, constitue déjà en soi une condition du politique#nf#