L’accélération possible de la guerre civile va-t-elle épargner le patrimoine historique exceptionnel de la Syrie ? Dans un article très complet pour Slate, Xavier Baron rappelle que ses six mille sites archéologiques hérités des civilisations babylonienne, assyrienne, hittite, phénicienne, grecque, romaine, byzantine, sassanide, perse, arabe, omeyyade, croisée et ottomane font du patrimoine syrien un des plus riches du monde. La Syrie compte six sites inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco : les villes anciennes d’Alep, Bosra et Damas, le site de Palmyre, les deux châteaux du krak des chevaliers et de la forteresse de Saladin, et les villages antiques du nord-ouest de la Syrie.

Des bombardements auraient atteint Bosra, le krak des chevaliers, occupé par des rebelles, et la quarantaine de villages situés dans le massif calcaire à l’ouest d’Alep. Xavier Baron rapporte des échanges de tirs à Palmyre et des pillages à Apamée. L’association "Le patrimoine archéologique en danger" s’emploie aussi à rassembler le plus d’informations possible sur les dégâts causés par les combats sur sa page Facebook.

Quand nous savons les difficultés que rencontraient les archéologues internationaux pour travailler sereinement à la préservation de ces sites avant le début de la révolution, ces craintes de dommages irréparables ne peuvent que nous inquiéter#nf#

* Lire l’article de Xavier Baron, "En Syrie le patrimoine meurt aussi", Slate, 10 juillet 2012.
 

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