La Convention du Patrimoine mondial de l’humanité fête cette année ses quarante ans d’existence. Signée par les pays membres de l’UNESCO en 1972, elle établissait une liste recensant les biens naturels et culturels considérés comme ayant une " valeur universelle exceptionnelle " soit, comme le stipule le texte, " une importance culturelle et/ou naturelle tellement exceptionnelle qu’elle transcende les frontières nationales et qu’elle présente le même caractère inestimable pour les générations actuelles et futures de l’ensemble de l’humanité ". Cette convention, en assimilant les biens culturels aux biens naturels, s’inscrivait dans l’émergence du paradigme du développement durable, ou de l’idée selon laquelle il est du devoir de l’homme de préserver un équilibre entre ses œuvres et son environnement naturel.

L’UNESCO ne pilote ni ne prend en charge la conservation et la restauration des biens inscrits sur la Liste du Patrimoine mondial de l’humanité. Sauf en cas de procédure d’assistance internationale, il revient en effet aux Etats signataires de mener eux-mêmes les politiques de conservation adaptées aux biens présents sur leur territoire. Par la signature du traité, les Etats partis s’engagent également à les mettre en valeur et à les transmettre aux générations futures. Les sites inscrits ne reçoivent d’autre part aucune aide financière de la part de l’UNESCO pour leur entretien, puisque le Fonds du Patrimoine mondial de l’humanité est exclusivement dédié à la sauvegarde du Patrimoine mondial en péril. L’inscription au Patrimoine mondial de l’humanité correspond donc avant tout à une reconnaissance mondiale de la valeur d’un site.

La liste du Patrimoine mondial comporte aujourd’hui 936 biens – tels que la Muraille de Chine, Le parc national de Yellowstone aux Etats Unis ou encore les Causses et les Cévennes en France - , dont 35 relevant du Patrimoine mondial en péril . Elle n’est pas figée puisqu’elle est révisée chaque année par le Comité du Patrimoine mondial, groupe de vingt et un pays membres de la Convention élus pour six ans par l’Assemblée générale des pays partis. Aidé dans son travail par le Centre du Patrimoine mondial, créé en 1992, il est le seul organe doté du pouvoir décisionnel quant aux modifications de cette liste et étudie chaque année 45 propositions. La décision d’ajouter ou de supprimer un bien de la liste du Patrimoine mondial est fondée sur un ensemble de dix critères définis par la convention elle-même. Il suffit au site de répondre à un de ces critères – comme par exemple le fait de " témoigner d’un échange d’influences considérable pendant une période donnée ou dans une aire culturelle déterminée " - pour devenir, après un vote du comité, un bien relevant du patrimoine mondial

Pour autant, il revient aux pays signataires d’identifier les biens naturels ou culturels présent sur leur territoire et de proposer au Comité leur inscription sur la liste du Patrimoine mondial. Pour ce faire, ils doivent déposer un dossier de candidature contenant des détails sur les mesures juridiques de protection orchestrées par l’Etat ainsi qu’un plan de gestion de l’entretien du site.

Bien que certaines mesures soient prises pour " favoriser l’établissement d’une Liste du patrimoine mondial représentative, équilibrée, et crédible ", notamment la limitation à deux candidatures par an et par Etat, le patrimoine mondial se caractérise encore par une surreprésentation des biens issus des pays occidentaux#nf#

 

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