Société

Classer, dominer. Qui sont les autres ?

Couverture ouvrage

Christine Delphy
La Fabrique , 232 pages

Où la domination s'exerce-t-elle ?
[mardi 25 novembre 2008]


Un recueil d'articles sur la question des "minorités", des rapports entre "dominants" et "dominés", qui sont plus des prises de position que des analyses.

Christine Delphy, militante féministe et sociologue au CNRS, propose ici un recueil d’articles d’origines variées ("papiers académiques pour des congrès ou des revues, interventions dans des meetings politiques, articles de journaux, auditions devant des comités gouvernementaux"), traitant du lien entre sexisme et racisme, de la parité, des mouvements homosexuels, de la loi sur le foulard islamique, de l’Afghanistan. Ils ont en commun d’être des prises de position beaucoup plus que des analyses.
   
Un deuxième point commun est que ces prises de position consistent toutes dans la défense des minorités : sexuées (femmes), sexuelles (homosexuels), raciales (gens de couleur), traitées comme des catégories homologues. Le principe, assez simple, peut se résumer ainsi : les dominants (hommes, hétérosexuels, blancs ou encore "représentants de l’organisation hétéro-patriarcale", mais aussi Occidentaux, Américains, Israéliens, Medef, opposants au port du voile) ont toujours tort ; tandis que les dominés (femmes, homosexuel(le)s, minorités ethniques, musulmanes empêchées de se voiler, "non-occidentaux" ou encore "victimes afghanes des bombardements américains") ont, bien sûr, toujours raison.

Le support théorique de cette position, explicité dans l’introduction, repose sur l’idée que toute catégorisation "à la fois dichotomique et exhaustive" (telle que homme/femme, hétérosexuel/homosexuel, blanc/couleur) implique une hiérarchisation : "l’une des catégories est forcément supérieure à l’autre et l’autre forcément inférieure à la première". L’argument ne convainc guère : les légumes se divisent en espèces à racines comestibles et espèces à feuilles comestibles sans que cela implique, que je sache, une hiérarchie entre les unes et les autres. Et puis, la récurrence d’un phénomène constaté – en l’occurrence, la hiérarchie – en fait-elle pour autant une fatalité ? Cette question délicate mériterait une discussion solide, appuyée sur les travaux des anthropologues qui en ont traité ; mais l’auteur semble ignorer le nom même de Françoise Héritier.
 
Étant donné cette disqualification, au nom de l’égalité, de toute catégorisation binaire, on attendrait que la directrice des revues Questions féministes et Nouvelles Questions féministes milite pour la suspension des différences, dans la droite ligne de la position dite "universaliste". Il n’en est rien : elle n’a pas de mots assez durs pour les tenants de cette position, qui serait "en fait une défense de l’accaparement de l’universel par une catégorie très spécifique de la population, les hommes blancs" (la conclusion s’impose : les nombreuses femmes, blanches ou de couleur, qui défendent un féminisme universaliste, ne sont que des gourdes). L’auteur s’aligne sur les positions dites "différentialistes", en se déclarant favorable aux quotas de femmes, et en refusant farouchement la loi interdisant le port du voile islamique dans les établissements scolaires - ce qui ne l’empêche pas de prétendre à un "vrai" universalisme. Mais que serait ce "vrai universalisme", qui s’accommoderait de cette injustice suprême qu’est la réduction des individus à des propriétés dont ils ne sont pas responsables (ce à quoi revient la politique des quotas ou de la parité) ? Delphy ne le dit pas, se contentant d’affirmer que "c’est l’abolition du genre et non sa consolidation qui représente le terme ultime du combat". Faut-il en conclure qu’elle ne le sait pas elle-même ?



La petite perversion du langage consistant à se dire, "en fait", plus "universaliste" que les universalistes qu’elle attaque (histoire, sans doute, d’avoir le beurre du différentialisme avec l’argent du beurre de l’universalisme) se retrouve par ailleurs dans les approximations, les sophismes, les torsions argumentatives, voire les contresens. Ainsi, l’absence de contextualisation du propos est assez gênante chez une sociologue ("chaque personne est nécessairement classée en femme ou homme, mais aussi nécessairement en non-Blanche ou Blanche, et nécessairement aussi en homosexuelle ou hétérosexuelle" : mais où, quand, comment, par qui ? Peut-être serait-il temps de commencer à faire de la sociologie). L’auteur ne se prive pas non plus d’approximations : "Les maux dont souffre ce pays sont d’abord un sexisme patent, brutal, institutionnel, omniprésent, systémique ; et un racisme patent, brutal, institutionnel, omniprésent, systémique." Or le propre du sexisme et du racisme est précisément de n’être pas institutionnel – ils sont même illégaux – mais simplement ancrés dans les mœurs et l’esprit de beaucoup de gens, au mépris des lois démocratiques. Gênantes également sont les confusions sémantiques, notamment avec l’usage abusif du terme de "caste" : l’auteur confond faiblesse de la mobilité sociale ("je tenterai de prouver cette "immobilité" sociale du groupe dit "maghrébin") et système de castes, c’est-à-dire barrières instituées et infranchissables entre catégories natives ; et elle déplore que ce mot ne soit "pas utilisé par les sociologues et les politologues, marxistes ou non, en France", sans voir que cette abstention a une excellente raison : les castes au sens strict n’ont jamais existé en France (quant au sens figuré, il est heureusement exclu par les disciplines sociologique et politologique, pour des raisons de rigueur évidentes mais qui ne semblent pas préoccuper Christine Delphy). Même un étudiant de première année, en lisant une phrase telle que "le genre, un système de castes fondé sur l’invention de sexes différents", rétablira de lui-même : la différence des sexes n’est quand même pas entièrement "inventée", sauf dans l’esprit de quelques constructivistes délirants ; et elle ne fonde pas des droits différents mais – nuance – elle engendre des discriminations de fait.

Entre misère conceptuelle ("au principe, à l’origine de l’existence des Uns et des Autres, il y a donc le pouvoir, simple, brut, tout nu, qui n’a pas à se faire ou à advenir, qui est"), généralisations paranoïaques ("la société dominante veut que les dominés gardent une identité endommagée, car c’est une des conditions de la perpétuation de l’exploitation") et mensonges ("donc on va supprimer le droit fondamental de ces jeunes filles d’être scolarisées" : or chacun sait qu’elles peuvent soit rester scolarisées sans foulard, soit suivre l’enseignement à distance, leur droit à la scolarisation – obligatoire, rappelons-le – restant intact), la pensée de Christine Delphy n’hésite devant aucun réductionnisme, surtout s’agissant des positions adverses. Ainsi, l’universel ne serait rien d’autre que "les façons de faire et d’être du groupe dominant" ; ou encore, "personne ne donne jamais aucune définition" du communautarisme (alors qu’il suffit de lire les nombreux écrits sur la question pour en trouver la définition : c’est le fait de fonder un droit sur des caractéristiques communes qui soient natives et non pas acquises). Mais sans doute faut-il ces contorsions intellectuelles, ces abus de langage et ces contre-vérités pour produire l’apparence d’une cohérence dans une position qui, tout compte fait, revient ni plus ni moins à inverser l’injustice au lieu de la supprimer (la "discrimination positive" étant, comme le reconnaît l’auteur, "ce qu’on appelle parfois discrimination inverse"), en favorisant par exemple les femmes, et non plus les hommes, en raison de leur sexe et non pas de leurs compétences (œil pour œil, dent pour dent).



Il semble qu’aux yeux de Delphy les femmes qui ne pensent pas comme elle sont soit inexistantes (elle parle "des" féministes à propos de ses propres positions, comme si celles-ci recouvraient l’ensemble du courant), soit odieusement manipulées ("les campagnes contre l’oppression des femmes dans le monde ont été instrumentalisées par les grandes puissances"), soit encore carrément "antiféministes", comme elle en accuse Élisabeth Badinter en un cocasse retournement des choses. Quant au mot de "négationniste" appliqué à cette dernière ("le camp des négationnistes, de celles et de ceux qui comme Badinter, nient l’existence actuelle, sous nos latitudes, de l’oppression des femmes"), qu’en dire, sinon qu’il relève du classique renversement pervers consistant tout d’abord à déformer la thèse adverse (Badinter ne nie évidemment pas le sexisme mais entend le combattre par d’autres moyens que le différentialisme), puis à placer une victime (potentielle) dans la position de son persécuteur ?

On se demande finalement ce que les historiens du futur pourront bien comprendre à ce paradoxe : une féministe s’oppose radicalement à la loi interdisant le port du voile islamique dans les établissements scolaires, au motif qu’elle ne serait pas anti-sexiste mais raciste (le débat sur le foulard n’ayant été qu’une "grande libération de la parole raciste") ; et elle défend la société islamique, victime des représentations erronées que s’en feraient les Occidentaux en l’imaginant "misogyne, antidémocratique, répressive, belliqueuse et cruelle" - car pour l’auteur, la polygamie n’est qu’un détail, et le sexisme islamiste n’est qu’une invention des sociétés démocratiques et de leur "stratégie coloniale".

Comment donc expliquer cette perversion de la pensée politique ? J’y vois à l’œuvre deux mécanismes principaux, qui se retrouvent dans bien d’autres domaines que celui du féminisme et, à ce titre, méritent pour finir un petit éclairage. Le premier mécanisme relève de ce vieux réflexe gauchiste qui consiste à être systématiquement contre les "dominants", quitte à oublier les "dominés" lorsqu’ils sont eux-mêmes dominés par d’autres "dominés" (ainsi, les femmes afghanes ne seraient victimes que des bombardements américains, mais pas de l’apartheid imposé par les talibans). C’est de ce type de posture que relève le déni d’un mouvement tel que "Ni Putes ni Soumises", ces femmes qui ont osé se soulever contre la domination imposée par des hommes eux-mêmes discriminés en raison de leurs origines ethniques. La première allusion – subliminale – à ce mouvement n’arrive que vingt pages avant la fin du livre : "on sent se dessiner en filigrane une vision dans laquelle la lutte contre le racisme peut entrer en contradiction avec la lutte contre le sexisme, et réciproquement" ; et il n’est explicitement mentionné que pour critiquer sa lutte pour "aider les femmes des quartiers à quitter leur milieu et leurs familles", alors qu’elles "n’imagineraient pas l’exprimer vis-à-vis d’elles-mêmes" : faut-il en conclure qu’aux yeux de Delphy, l’émancipation des femmes est une infamie ?

 
Le second mécanisme, tout aussi pervers, relève du refus de distinguer entre ces deux niveaux de rapport au monde que sont le plan des principes et le plan des faits, de la norme et du constat, des valeurs et des pratiques, de la loi et de l’expérience vécue. L’assimilation abusive du "normatif" au "fictif" ("…le caractère fictif de la règle officielle"), et le rabattement de principe de "la règle officielle" sur "la règle effective", ou encore du "sujet de droit du droit commun" (l’universel) sur "sa figure particulière" ("l’homme", bien sûr) seraient, là encore, des procédés regrettables mais pardonnables chez un étudiant ; chez un chercheur payé pour penser, ce n’est plus une erreur de raisonnement mais une faute professionnelle. Ce refus systématique de la loi, assimilée à la "domination", repose sur un déni délibéré de la spécificité et de la légitimité du niveau légal : "On décrète que pour obtenir une société égale, il faut faire comme si elle l’était. Or, faire comme si elle l’était quand elle ne l’est pas, c’est perpétuer l’inégalité." D’où cette inversion délirante, digne d’un Jacques Vergès : "Le scandale n’est pas que la règle officielle ne soit pas la règle effective mais que quelqu’un ose le dire" ; alors que ceux qui ont "dit", bien avant Delphy et ses quelques disciples, le scandale de la non-conformité entre les pratiques et les valeurs, sont les députés qui ont bataillé pour voter des lois justes, et alors même que c’est toute la dignité d’un pays démocratique que d’opposer des lois justes à des pratiques injustes - dignité que méprise et salit la réduction systématique de la loi à la pratique, du juridique au comportemental, de la norme au fait.
   
Ce déni de la différence entre le niveau des valeurs et celui des faits est d’ailleurs au principe de ce recueil de textes, qui ne proposent tout compte fait guère plus que des opinions, au demeurant si mal fondées qu’on hésite, à les lire, entre fou-rire et consternation. Aucun de ces articles n’aurait jamais pu trouver place dans une revue scientifique, même de bas niveau. C’est dire que si cette publication peut avoir un mérite, c’est celui de nous convaincre qu’il est urgent de réformer nos institutions de recherche : que le CNRS puisse laisser ses postes de recherches servir durant des décennies à de telles productions, au détriment des jeunes chercheurs brillants qui pourraient y exceller, cela seul suffit à justifier un sérieux resserrement des procédures d’évaluation.

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31 commentaires

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okaycool

25/11/08 21:29
Sans que je sache pourquoi, certains critiques et commentateurs s'appliquent a truffer leurs articles de bons mots, propos meprisants et reflexions de cafe de commerce.
Votre article n'en apparait malheureusement pas plus intelligent... On a la desagreable impression que vous n'avez pas compris grand chose du livre, ou que vous reglez des comptes.

Au final, on apprend rien, chronique inutile...
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souffle

26/11/08 16:01
entre la charge de votre rhétorique qui utilise pour elle-même les retournements pervers dont vous parlez et l'impossibilité que vous avez à faire que vos analyses retombent sur leurs pattes, entre votre difficulté à expliquer ce que vous prenez en exemple et vos conclusions successives qui semblent si peu appartenir à la même personne qu'on pourrait s'interroger sur sa cohérence intellectuelle, je me demande si vous n'avez pas un compte personnel à régler avec l'auteur de ce bouquin (que vous m'avez donné envie de lire)... dès le début ça se sent, se renifle, se hume, que dis-je ! se perspire ! habituellement je cesse de lire dès les premières lignes ce type de torchon pour ne pas être complice, mais je voulais voir jusqu'où vous iriez - ne suis pas déçue. on peut se demander où vous officiez, madame, et si vous êtes payée pour une langue assassine. si l'on accepte qu'elle s'apparente à de malheureux jets de salive.
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Franois

27/11/08 09:36
Bravo et merci pour cette critique courageuse, rigoureuse et vigoureuse.
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Bob

27/11/08 09:56
Le ton pédant de Nathalie Heinich n'arrive malheureusement pas à recouvrir la vacuité de sa pensée et sa totale méconnaissance du féminisme matérialiste.

Prétendre que Christine Delphy ne mérite pas un poste au CNRS c'est ignorer qu'il s'agit d'une des auteures les plus citées et les plus reconnues des études genres au plan international.

Le mépris jaloux de Heinich fait un peu pitié.
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Anonyme

27/11/08 18:14
C'est bête et méchant (et droitier, cf. les dernières lignes...)
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xxxxx

27/11/08 21:29
L'auteure de ce..."truc", devrait commencer par prendre quelques cours d'introduction sur le genre, ainsi elle se rendrait compte des inepties qu'elle aligne sur Delphy!!
Car ici point de critique scientifique mais un "raisonnement" creux, juste une litanie de lieux communs simplistes...
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un dbile (sans doute)

27/11/08 23:39
ben pour avoir suivi des cours sur le genre, laissez-moi vous dire que l'auteure de la critique est peut etre excessive, mais sur le fond je ne suis pas loin de penser la meme chose... Nathalie Heinich vise juste, et ca derange...
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Chat Bott

28/11/08 10:47
Critique trop facile que de décréter à la péremptoire qu\'il s\'agit d\' \"opinions\" et non d\' \"analyses\" (en fait, c\'est celui qui dit qui l\'est = qui exprime une opinion, que dis-je une opinion, une conviction passionnelle préétablie !). Et en effet, il faut avoir un parti pris bien passionnel contre un ouvrage  voire contre la personne qui a écrit cet ouvrage  pour faire de si gros contre-sens, et notamment ne pas comprendre ce qui est dit sur la division et la hiérarchie (un des thèmes principaux !). Quant à l\'opposition \"avoir raison/avoir tort\" (qui n\'apparaît nulle part dans ce livre), elle n\'est guère pertinente pour le débat en question ; au contraire, elle nous ramène \"au café du commerce\" ! La mauvaise foi d\'un commentaire se retourne contre son auteur : au lieu de nous détourner de l\'ouvrage vilipendé, elle nous incite à y aller voir de plus près. Et c\'est tant mieux !

072E6
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Sauvons l'argumentation

28/11/08 12:12
Tout ça sent furieusement l'aigreur. Le ton est odieux et prend le pas sur le reste, ce qui au final désamorce la critique. Un ton moins déplaisant, des remarques moins gratuites et mieux argumentées auraient sans doute mieux servi le propos de Nathalie Heinich... Le CNRS, c'est pas la maternelle!
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gaykitschcamp

28/11/08 15:49
c un peu ça le problème... On est pas aidé non plus ! Et pourquoi les hommes ne se réapproprieraient-ils pas le genre initié par les lgbt et confisqué récemment par les femmes. Rdvs aux conf sur genre et histoire à la bnf ?
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Rosalba

29/11/08 00:58
Un compte compte rendu critique, certes, mais parfaitement argumenté. Ce fait plaisir !
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Rosalba

29/11/08 00:59
Un compte compte rendu critique, certes, mais parfaitement argumenté.
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Halifax

29/11/08 07:07
Merci pour cette analyse, même si démolir de la sorte n'est pas toujours productif. Mais il est vrai que le discours idéologique des minorités et leur compétition victimaire fait plutôt pitié. En bref, l'homme blanc chrétien hétéro et un gros salaud de nazi... Ils sont tout en nuance. En tout cas, les éructations haineuses et hystériques d'un certain nombre d'extrémistes de gauche dans les commentaires m'ont bien fait marrer... Dès que l'on est pas d'accord avec eux, le pistolet sur la tempe n'est pas loin.
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martin dufresne

03/12/08 00:23
Heinich écrit: "la récurrence dun phénomène constaté en loccurrence, la hiérarchie en fait-elle pour autant une fatalité ? Cette question délicate mériterait une discussion solide..."
Elle mérite en tout cas mieux qu'un argument-bidon, inélégamment prêté à l'auteure. Tout le travail de Delphy - et du mouvement des femmes - témoigne de ce qu'elle ne croit PAS à une telle fatalité, contrairement aux essentialistes.
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Colombie

04/12/08 18:19
Christine Delphy est bien sur une des plus grandes gloires du feminisme francais. On peut s etonner qu une revue aussi serieuse publie un compte-rendu aussi bete sur un livre aussi intelligent !
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Sabine

18/12/08 18:22
La métaphore légumineuse résume tout l'article.

Elle est belle la science "neutre" qui frémit à la moindre "prise de position". Mais enfilez donc vos blouses blanches et courrez ventre à terre rédiger vos "expertises".

Quelle belle leçon de sociologie, du haut du potager.

Lamentable.

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Romuald

13/01/09 17:14
Mais qui prend encore au sérieux Nathalie Heinich ?
Elle n'a pas fini de nous surprendre au cours des prochaines années. Il suffit de la lire en plaçant des rires à chaque fin de phrase pour saisir toute la puissance de la pensée de cette intellectuelle parodique.
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Irne

13/01/09 17:38
Mais Pourquoi Nathalie Heinich ?
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Uzebio

13/01/09 18:55
Quelle hargne ! Quel mépris ! Cette férocité infondée (lisez le livre de Delphy et jugez par vous-même) cache sans doute quelque chose.
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Julien

13/01/09 19:25
Voilà un très mauvais compte rendu, mais un beau règlement de compte rendu.
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Murielle

14/01/09 11:05
Je pense que Nathalie Heinich a le courage de dire ce qu'elle pense des intellectuels de gauche. Elle en a fait partie, je crois, à une époque, mais a su s'en sortir et dire des choses qu'elle ne pouvait pas dire jusque-là (peut-être à cause de Bourdieu). On a une droite décomplexée au pouvoir et Nathalie Heinich a bien raison de se sentir une intellectuelle de droite décomplexée. Pourquoi un intellectuel devrait-il être forcément "de gauche" ?
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Anne

09/02/09 23:47
Enfin une vraie critique qui tranche, qui s'oppose, qui taille en pièces un discours si convenu. Un bol d'air frais, merci !
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Nadine R.

17/02/09 15:05
Arrête Anne, on t' a reconnu Nathalie.
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ophaniel

18/02/09 12:44
(règlement de) compte rendu effrayant et consternant! qui relève plus de la police de la pensée que d'une qulconque analyse ou réflexion - La censeur et procureur et inquisiteur Mme Heinich se contente (et visiblement il y a du plaisir là-dedans) d'infantiliser et d'exclure du champ de la raison son adversaire - et pourtant je suis loin d'être d'accord avec - ou convaincu par - certains aspects des positions de Mme Delphy. - comment peut-on en quelques lignes avec des arguments dérisoires de maîtresse d'école jetter le discrédit sur un chercheur et l'institution qui l'accueille? A moins qu'il ne s'agisse là que d'oeuvrer au démantèlement de cette dernière?


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Emy Anno

25/03/09 12:31
Il faudrait reprendre les arguments de Nathalie Heinich les uns après les autres... Le premier par exemple : N. Heinich tente une analogie douteuse entre d'une part la constructions des catégories (blanc/noir, homme/femme etc.) dans l'espace social et, d'autre part, la taxinomie légumière. Cette seule façon indigente (et toute rhétorique) de discréditer le livre de Delphy mériterait que l'on s'indigne de cet article. Cependant, on imagine aisément que Nathalie Heinich a trouvé plus simple d'assimiler l'espace social à celui, beaucoup moins complexe et d'une autre nature, de la taxinomie naturaliste... Et n'était que ça....
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Boogie

08/01/10 09:41
Je suis en phase avec les commentaires qui se positionnent contre cette "critique" qui est bien plus une charge vengeresse que quoi que ce soit d'autre.

je souhaitais juste, à titre d'exemple (de l'inanité de nombre de points de ce texte), et à la suite du commentaire de Emy Anno, m'arrêter sur l'exemple que donne Nathalie Heinich pour "démontrer" (oh avec quelle maestria et rigueur scientifique !) la fausseté du raisonnement selon lequel "toute catégorisation "à la fois dichotomique et exhaustive" (telle que homme/femme, hétérosexuel/homosexuel, blanc/couleur) implique une hiérarchisation : "lune des catégories est forcément supérieure à lautre et lautre forcément inférieure à la première"".

Pour s'opposer à ce postulat, Nathalie Heinich prend l'exemple des légumes :

"Largument ne convainc guère : les légumes se divisent en espèces à racines comestibles et espèces à feuilles comestibles sans que cela implique, que je sache, une hiérarchie entre les unes et les autres."

Mais où est-ce qu'on est, là ? Elle commence par ça, et conclut son texte en osant dire que le CNRS devrait virer l'auteur qu'elle critique !! Et publie un livre sur "les bêtises" en sociologie !!

Faut-il vraiment s'arrêter pour démontrer que son argument est, outre grossier et grossièrement méprisant, complètement à côté de la plaque ?

Alors soit, allons-y :

> Les légumes ne sont pas des humains (ceci devrait suffire...)

> (...mais je me permet d'ajouter que) les légumes ne se divisent pas en deux : outre les légumes-racines et les légumes-feuilles, il y a les légumes-fruits.

On le voit, la critique de Nathalie Heinich provoque un vrai débat de fond sur le livre qu'elle pilonne, et c'est dû à sa qualité analytique, sans aucun doute.



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Vous dnoncez une des pires im

25/03/17 15:31
Bravo Nathalie, vous avez entièrement raison et même, vous ne faites que parler que du sommet de l'iceberg tellement les personnes que vous pointez très justement du doigt sont certainement les pires escrocs qui soient sur cette planète, se faire passer pour des libératrices pour des oppressées "résistantes" et "justicières" quand ils/elles ne sont que de vulgaires profiteuses/profiteurs et charognardes des souffrances humaines. Elles/ils ne sont que des perverses narcissiques en roue-libre, résultat de la petite bourgeoisie perverse et inhumaine qui se déploie encore et toujours plus depuis des décennies, conséquence d'un néo-libéralisme triomphant et hégémonique.

Des escrocs qui n'ont véritablement honte de rien et qui n'ont pas la moindre once de conscience, la vérité, les faits, sont manipulés, déformés constamment par ce genre de personnes, et pour quoi ? Profiter et jouir des chaos engendrés et surtout, fantasmer dans un premier temps, l'inversion des oppressions, dans le but délirant de pouvoir-peut-être-les concrétiser dans les faits un jour.

Soyez prudente, ces gens-là sont des prédatrices/prédateurs cons-vaincus pour certaines/certains de leurs délires, elles/ils hésitent de moins en moins a recourir à la violence physique et a détruire la vie des gens dés qu'elles/ils le peuvent. On pourrait d'ailleurs résumer leur(s) dangerosité(s) à des mouvements Sectaires particulièrement Pernicieux, mais là encore, ce ne serait qu'euphémismes et sommet d'iceberg.

Le terme Social Justice Warrior est assez pertinent, et libre à chacune/chacun de se complaire dans le déni en sous-estimant leurs capacités de nuisance ainsi que leur dangerosité sans parler du gâchis comme vous l'avez très justement fait remarquer que de financer ce genre d'escrocs au détriments de brillants chercheurs/chercheuses qui elles/eux auraient réellement des travaux scientifiques a présenter, et non pas de délirantes déjections textuelles, haineuses et complètement fausses et complètement mensongères.

Merci à vous d'apporter un peu de Vérité avec ce texte.
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Les commentaires sont affligea

25/03/17 16:02
"Merci pour cette analyse, même si démolir de la sorte n'est pas toujours productif. Mais il est vrai que le discours idéologique des minorités et leur compétition victimaire fait plutôt pitié. En bref, l'homme blanc chrétien hétéro et un gros salaud de nazi... Ils sont tout en nuance. En tout cas, les éructations haineuses et hystériques d'un certain nombre d'extrémistes de gauche dans les commentaires m'ont bien fait marrer... Dès que l'on est pas d'accord avec eux, le pistolet sur la tempe n'est pas loin. "

Ce commentaire, aussi peu élaboré soit-il relève pourtant le niveau tellement l'indigence des féministes radicales est profonde, tout comme leurs haineS des hommes. "compétition victimaires" est un euphémisme, un de plus...

Nombres de féministes radicales ont participé et participent toujours de manière active au fait de galvauder complètement des adjectifs tels que "extrémistes" et "radicales". Ni la radicalité ni l'extrémisme ne sont un mal en principe.

Mais cette haine infinie de l'homme, particulièrement du mâle(aussi bien de l'adulte mâle que de l'ENFANT mâle), surtout si il est "blanc", pousse ces sois-disants "féministes" de bas étage, a dire publiquement sur leur réseaux (a)sociaux des choses telles que "les filles sont de biens meilleures élèves à l'école comme en dehors, plus performantes, plus productives, plus efficaces...", comme ca, au détours d'une conversation entres "radicales", entres utérus, comme d'autres sont entres couilles, totalement au calme de leurs convictions Délirantes, partageant avec qui veut l'entendre/le lire, une partie infime de leurs presque-psychotiques(mais assurément sectaires) "constatations" quotidiennes. Le confort et l'impunité totale résultant entres autres choses, d'un entre-sois soit disant militant alors qu'il n'est que entre-sois-sectaire... On n'est pas chez ces personnes dans l'analyse marxiste, on est purement et simplement dans l'analyse capitaliste, matriarcale et néo-libérale des classes sociales, résultat de la victoire capitaliste totale(ainsi que des nombreux foyers sous le joug du matriarcat, présents un peu partout sur la planète(mais particulièrement en occident depuis toujours, qui gangrènent un peu plus la situation), de ce capitalisme qui avale tout, digère tout et recycle tout, y compris les luttes pour l'Egalité, pour la fraternité, pour la justice sociale, économiques etc.

Tragique Tristesse...
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Commentaires parfois rvlateu

25/03/17 16:27
Un morceau de commentaire choisi, parmi d'autres mais tellement révélateur du sectarisme Chronique de ce type de personne, toutes adoratrices béâtes d'escrocs, telles que celle vous dénoncez Nathalie :

"habituellement je cesse de lire dès les premières lignes ce type de torchon pour ne pas être complice, mais je voulais voir jusqu'où vous iriez - ne suis pas déçue."


Vous voyez c'est un élément parmi d'autres de la nature profonde de ces personnes, ils/elles se nourrissent littéralement de ce type de sujets, que sont les sujets sur les inégalités pour y plaquer leurs propres névroses, elles/ils sont à la recherche de tout élément possibles et imaginables pour déverser leurs haines et leurs mépris, résultant la plupart du temps de banales névroses de petites-bourgeoises croulant sous les privilèges, sociaux, économiques, culturels, à tel point que toutes ces "Majestés"(chacun/chacune se pensant en son for-intérieur tels un/une monarque, régnant sur son royaumes de délires et de névroses, et aimant à l'occasion exercer quelques tyrannies que ce soit sur les êtres qui leur sont médiatiquement voir économiquement inférieurs)profitent à foison, et ce, quotidiennement ou presque, de pouvoir mépriser et tenter d'humilier la moindre source, de contrariété à leurs nombreux Délires haineux.

On ne contredit pas un esprit sectaire en toute impunité, c'est un des sens certains, de ce type de commentaire. Tout sera bon pour dire "je ne vous ai pas compris, je ne vous ai-dans le fond-même pas lu mais je sais que vous avez tort, car vous êtes en contradiction avec mes certitudes, qui sont pour la plupart, un des socles de mon Identité !" ;


Chez certaines personnes en effet ce type de commentaires haineux et fondamentalement ignorants, ne sont pas le fait uniquement de petits/petites bourgeois(e)s qui s'ennuient, mais bel et bien le fait de personnes qui défendent de manière sectaire, une identité sectaire, d'autant plus sectaire qu'elle est complètement Fantasmée.

Ce sont des cas assez intéressants a observer dans la mesure où, les sujets se complaisent dans une haines voir DES haines, infinies et sans cesse renouvelées, alimentées etc.

Particulièrement dans la résistance(ou plutôt l'adaptation) physique que leur organisme démontre malgré le poids de cette haine ainsi que des années, ces personnes parviennent a rester plus ou moins en bonne santé.

Malgré le très haut degré de parasitisme et de nuisance sociale, politique, économique etc que génèrent ce type de névrosé(e)s/pré-psychotiques/psychotiques/etc.

Le Triomphe de la Nuisance pourrait-on dire.
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Andr

17/08/17 14:40
Quand Christine Delphy, qui s'intéresse tant au racisme de "l'homme blanc", nous parlera aussi du racisme de l'"homme brun" dans les sociétés arabo-musulmanes (demandez aux juifs, aux chrétiens et aux noirs, même musulmans, ce qu'ils en pensent), nous la prendront un peu plus au sérieux...
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ben

14/12/17 09:32
On peut répondre à tous les points de critique, plus ou moins hypocrites, de cette recension en lisant... les travaux de Christine Delphy.

Certes l'auteure ne chronique que ce livre en particulier, qui est d'abord un recueil d'articles plus politiques que scientifiques, mais elle se base sur le terrain scientifique et balaye d'un revers de main la pensée et les propositions théoriques de Delphy comme si c'était du charlatanisme.

Lisez juste un article comme "Penser le genre : problèmes et résistances" publié en 1991, et vous comprendrez linanité des critiques de Mme Heinich.

(N.B. : cet article de 1991, tout en étant très très intéressant (d'autant plus dans son contexte historique) est parfaitement discutable pour autant, mais sur un terrain intellectuel et argumenté, pas sur le ton polémique et méprisant de cet article. Une critique scientifique et argumentée peut se trouver, par exemple, chez Priscille Touraille dans "L'indistinction sexe et genre ou l'erreur constructiviste" (2011))

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