Il y a quelques jours, nonfiction.fr profitait d’un article du Monde 2 consacré aux think tanks pour revenir sur l’arrière boutique intellectuelle de la gauche, loin des tractations politiciennes et des ambitions personnelles. Alors que l’université d’été du Parti socialiste vient d’être lancée sur les plages de Charente-Maritime, la fondation Terra Nova réaffirme son rôle de laboratoire d’idées pour la social-démocratie en présentant un rapport qui s’engage pour l’institution d’une "primaire à la française".

Ce rapport, présidé par Olivier Duhamel  et Olivier Ferrand  et réunissant une dizaine de contributeurs aux profils variés (élus, chercheurs, magistrats…) se veut une analyse dans le temps, en s’appuyant sur les antécédents français, et dans l’espace, en présentant une étude comparée de plusieurs déclinaisons de primaires. Il revient sur les "vices d’organisation" de la précédente primaire socialiste, en 2006, trop fermée, trop tardive et trop courte, et se sert des modèles d’organisations américains, italiens et britanniques pour finalement dégager deux variantes de "primaires à la française", l’une de type présidentiel, l’autre de type parlementaire. Le premier, qui se rapproche du système américain, est davantage adapté au fonctionnement électoral français mais nécessite une réforme en profondeur du PS. Le second, inspiré de l’exemple britannique, s’accorde plus à la vie politique partisane mais cadre mal avec le régime présidentialiste français.

Quelques mois avant le congrès de Reims, la situation est persistante au sein du PS : beaucoup de prétendants , mais peu d’idées. L’ambition affichée par Terra Nova est clairement de renverser la tendance : remédier à cette crise de leadership tout en participant à la rénovation intellectuelle du Parti.


* À lire également :

- "La Gauche pense-t-elle ?" par François Quinton.

- "Gauche : des idées pour une refondation", par Frédéric Joignot, Le Monde 2, 23.08.08.

- Le dossier de nonfiction.fr sur les nouveaux think tanks français.

- Nicolas Sarkozy et les idées, une interview exclusive d’Emmanuelle Mignon. L'ancien directeur des études de l'UMP revient sur le travail intellectuel de Nicolas Sarkozy de 2002 à 2007.