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La Révolution ne sera pas télévisée
[jeudi 04 octobre 2007]
Dans La Révolution ne sera pas télévisée, Joe Trippi, directeur de la campagne web d'Howard Dean, décrit l'un des futurs possibles de la politique.

C’est un livre américain, qui vient de sortir en poche, et qui raconte la première grande campagne politique menée sur Internet. C’était aux États-Unis en 2004, Howard Dean, le candidat démocrate aux Primaires a lancé sa campagne sur le web. Joe Trippi, qui signe le livre, fut l’architecte de cette campagne.

600.000 militants sur le terrain pour Howard Dean, ce fut le pari des Démocrates qui le soutenaient : un pari gagné. Comment cela a-t-il été possible : grâce au Web ! Donner aux gens des responsabilités sur le terrain, voilà la clé du succès explique Joe Trippi dans son livre. Et au fond, il n’y parle pas seulement d’Internet, mais d’abord de démocratie.

Ce fut une campagne à partir du terrain, explique Joe Trippi, l’inverse d’une campagne « top-down » (du haut vers le bas), non pas une campagne « croyez-moi-sur-parole-je-sais-quelle-est-la-merde-la-meilleure-pour-vous », écrit-il, ce fut une campagne « bottom-up » (du bas vers le haut). Pour la première fois, ce ne furent pas les industries culturelles, ni l’Amérique « corporate », ni l’État qui ont décidé : ce fut décentralisé, ce furent les gens, ce fut le peuple américain.

Lisant à la fois Newsweek et Wired, Joe Trippi raconte son histoire et cette campagne. C’est pas toujours bien écrit, souvent mégalo, égocentrique, bref très américain et très « self centered » (auto-centré). Tout y est dit à la première personne, mais tout y est dit quand même. Techniques, finances, management, politique : grandeurs et misères d’Internet.

Reste une question : si la campagne Internet a réussi, Howard Dean a perdu les primaires et ce fut John Kerry qui affronta George Bush en 2004 – avec le succès que l’on sait. Internet fut vite oublié dans la bataille et c’est l’Amérique « corporate », « top down » qui finalement l’a emporté. L’auteur est philosophe : « pour la première fois dans l’histoire américaine, un candidat a perdu mais sa campagne a gagné ». Plus loin, il écrit aussi : « Mon livre raconte ce que nous avons bien fait, ce que nous avons raté, et les leçons que nous avons apprises et qui peuvent être réutilisés partout ».

Le candidat noir démocrate Barack Obama a compris la leçon, lui qui devance Hilary Clinton sur Internet à défaut de la devancer dans les primaires de 2008.  Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal aussi ont retenu le message, tous deux ont d’ailleurs menés une campagne Internet agile, « bottom-up » et de terrain, qui est, d’une certaine façon, l’héritière de celle de Joe Trippi et d’Howard Dean.



La Révolution ne sera pas télévisée de Joe Trippi, est publié chez HarperCollins (malheureusement non traduit en français).

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