Un livre qui lève le voile sur les dessous obscurs de la gestion du sport français.

Alors que attentats terroristes se multiplient, aussi bien sur le territoire français et dans le reste des pays occidentaux, de nombreux commentateurs cherchent des coupables à montrer du doigt. Mais à part « les banlieues » et ses « petits voyous »  facilement offerts en pâture parce qu'on y porte trop de barbes ou trop de voiles aux yeux de certains, peu d'analyses offrent un regard éclairant sur les terreaux discrets mais efficaces du fondamentalisme religieux et politique.

 

De l'autre côté du champ médiatique, le sport professionnel se veut porteur de valeurs d'humanisme, malgré quelques scandales financiers à la veille de l'Euro et probablement quelques affaires de dopage qui ne manqueront pas de venir animer le Tour de France 2016. Entre ces deux mondes qui n'ont visiblement rien à voir, il existe un autre univers beaucoup plus feutré juste à côté : celui de la gestion du sport français, partagée entre les fédérations et le ministère des Sports.

 

Qui sait vraiment ce qu'il s’y passe ? Pas grand monde... Dans Le sport : une faille dans la sécurité de l'Etat, Médéric Chapitaux, ancien de la gendarmerie nationale reconverti en directeur technique national pour les sports de contact, décrypte les pratiques de ce microcosme et tire la sonnette d’alarme. Il dénonce l’inculture sécuritaire des acteurs du monde sportif, l'absence de contrôle des éducateurs sportifs étrangers, la radicalisation des clubs, et les démarches antinomiques en matière de réinsertion... En quelques situations ubuesques qui servent d'exemples, l'auteur pointe des failles à combler d’urgence.

 

Par exemple, ce petit club de football du Doubs dispose d’un local associatif, comme beaucoup d'autres clubs. Mais une école coranique s’y est récemment installée à raison d’une séance hebdomadaire, ce qui interroge sur l’usage réel des bâtiments publics...

 

Autre sujet abordé dans l’ouvrage : le pouvoir et l’argent, en particulier dans les fédérations sportives, jugées trop nombreuses, dont les subventions dépendent bien souvent d’un bon-vouloir arbitraire. Cité en exemple, le statut des conseillers techniques sportifs, qui sont des fonctionnaires d’Etat détachés en fédérations et qui bénéficient souvent d’un double salaire qui ferait pâlir le licencié attaché au prix de sa cotisation.

 

C'est le monde à l’envers ? Peut-être, mais ce n’est pas tout ! Ce livre dénonce également l'idée de « réincarcération par le sport » qui permet à des détenus de valider une certification professionnelle dans le domaine sportif pendant leur séjour en prison… Mais qui les menace ensuite d’un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende s’ils sont pris à exercer les prérogatives attachées à leur diplôme, que ce soit bénévolement ou comme salarié.

 

Lieu d’éducation et de partage, le sport est aussi un espace où s’exercent de nombreuses prédations que Médéric Chapitaux propose de combattre à travers neufs actions, qu'il baptise avec humour « les 9 chantiers de l'Olympe » :

• Sécuriser la fonction d'éducateur sportif

• Sécuriser la gouvernance du sport en France

• Mettre en place un cadre juridique adapté

• Eduquer les acteurs du sport à la sécurité

• Remettre les valeurs du sport au coeur des pratiques

• Combiner sécurité financière et sûreté sportive

• Créer une "intelligence sportive" comme acteur de la sécurité

• Redéfinir les frontières du mouvement sportif

• Créer une agence de sécurité du sport

Les faits sont posés, des solutions sont proposées... Mais les décideurs accepteront-ils la remise en cause des privilèges et des féodalités ? Rien n’est moins sûr#nf#