Un nouvel ouvrage consacré au compositeur Camille Saint-Saëns et qui témoigne du regain d’intérêt pour cet « illustre inconnu » dont la production, inégale et hétéroclite, retient davantage notre attention. Une contribution à l’intérêt néanmoins limité.

Jean-Luc Caron est un spécialiste des compositeurs nordiques. Il est le fondateur et le rédacteur des « Bulletins de l’Association française Carl Nielsen ». Il collabore à diverses revues musicales et est l’auteur d’une biographie de Jean Sibelius parue chez Actes Sud / Classica en 2005. Gérard Denizeau a collaboré à la rédaction de quatre ouvrages de la même collection et est l’auteur de plusieurs livres consacrés aux beaux-arts et au thème du patrimoine.

Parfaitement conforme à l’esprit de la collection horizons, le nouveau livre de Jean-Luc Caron et de Gérard Denizeau répond à un certain nombre d’attentes pratiques. Il fournit en effet des outils utiles au non spécialiste : un catalogue chronologique des œuvres essentielles de Saint-Saëns, un tableau synoptique qui relie la musique du compositeur à un ensemble de repères musicaux présentés chronologiquement, un index des noms, une discographie sélective et une très courte bibliographie. L’ouvrage, composé d’une soixantaine de documents illustratifs (photographies, partitions, tableaux), se divise en douze chapitres qui restituent les étapes biographiques ainsi que celles de la production du maître. La construction du livre n’échappe pas à la sacro-sainte règle de « la vie et l’œuvre » dont la musicologie a du mal à se défaire malgré le dessein de regrouper les œuvres selon leur catégorie. L’ouvrage assemble de manière plutôt habile l’essentiel de ce qu’il faut retenir de la production et de la vie du musicien au prix de quelques répétitions. L’histoire apparaît en toile de fond et ses interactions avec la vie du compositeur demeurent limitées. Un soin particulier est mis à analyser les œuvres musicales jugées importantes et représentatives. Le ton y est mesuré et lucide.

L’esprit du livre n’est pas de tendre vers l’essai et l’exhaustivité. Il ne faut pas attendre de l’approche des auteurs qu’elle livre au lecteur des informations inédites et renouvelées. Son accessibilité apparaît autant comme un point fort et une limite. L’ouvrage souffre d’un certain nombre de maladresses : les coquilles y sont nombreuses, une erreur de datation de l’inauguration de la statue de Saint-Saëns à Dieppe (page 70) est finalement rectifiée à la page 144. Le soin mis à aérer l’ouvrage par les illustrations n’est pas exempt de défauts comme celui qui consiste à ne pas fournir tous les renseignements attendus. Quelle pertinence à figurer des peintures anciennes dont on n’a pas toujours l’auteur, et qui n’entrent pas dans l’esthétique de l’époque de Saint-Saëns ?

Si l’ouvrage manque, comme nous venons de le voir, d’un certain soin dans la forme, il aide incontestablement le grand public à mieux prendre connaissance du phénomène Saint-Saëns. A l’instar d’un petit manuel, il s’avère plus « efficace » que les dernières petites biographies de Philippe Majorelle et de Jacques Bonnaure. Un ouvrage en somme qui aide à la vulgarisation et qui présente le mérite de fournir une synthèse structurée et agréable à lire#nf#