ENTRETIEN - Sophie Caillat et Amélie Petit, éditrices numériques
[samedi 21 mars 2015]



Sophie Caillat, journaliste, et Amélie Petit, éditrice, ont lancé leur maison d'édition numérique, Premier parallèle, spécialisée dans les témoignages, essais et documents. Leurs premiers titres sont sortis le 10 mars. Entretien avec Sophie Caillat et Amélie Petit

Nonfiction - Comment est né Premier Parallèle ?

Sophie Caillat / Amélie Petit- Ce projet est né d'une rencontre entre une éditrice venue du monde du papier, Amélie Petit, et une journaliste baignée dans le numérique. Nous avions travaillé ensemble sur un livre consacré à l'écologie. On s'est dit qu'il y avait un espace pour créer une maison d'édition consacrée à des ouvrages numériques de nonfiction : des témoignages, des essais, des enquêtes. Notre envie est de créer un espace d'émulation où des textes de toutes tailles à des prix accessibles éclairent l'époque. Nos premiers ouvrages reflètent ce projet : Faïza Zerouala donne la parole aux femmes voilées (Des voix derrière le voile) ; Camille Polloni raconte l'apprentissage de la liberté d'un détenu dans La lente évasion ; enfin Götz Hamann, Khue Pham et Heinrich Wefing enquêtent sur Google (The United States of Google)… D'autres livres à venir seront consacrés au fanatisme (Gérard Haddad), aux prostituées et au regard qu'on leur porte (Elles, de Sophie Bouillon), à l'écologie, etc.

Quels avantages apporte le numérique dans le monde de l'édition ?

Le numérique permet d'être très réactif. Il permet aussi de prendre plus de risques, d'être plus souple d'un point de vue éditorial. Nous ne dépendons pas d'un grand réseau de distributeurs et de commerciaux. Les livres sont lisibles sur notre site et sur toutes les plateformes de téléchargement. Nous sommes persuadées que le numérique et le papier sont complémentaires, et nous souhaitons travailler main dans la main avec les libraires. C'est pourquoi nous vendons aussi des cartes-livres en librairie (qui permettent de télécharger le livre sur tous les supports numériques). Nous travaillons avec E-Fractions, une plateforme consacrée à la diffusion de livres numériques de plusieurs éditeurs indépendants. Nous sommes convaincues que le marché va se développer. Pour l'instant, l'offre est encore très limitée, entre l'auto-édition et les éditeurs traditionnels, qui maintiennent des prix élevés. Faire payer plus de 10 euros un livre en version numérique, c'est trop.

Comment établissez-vous le prix des ouvrages ?

Nos prix s'échelonnent entre 2, 99 euros et 5, 99 euros, en fonction de la longueur, notamment. Les livres sont donc très accessibles. Nous publions aussi des livres papier, avec une distribution en librairie (via la générale Librest, sur le site lalibrairie.com), entre 6,5 euros et 15 euros. Nous avons beaucoup travaillé sur les contrats des auteurs : le modèle est nouveau. Et, si les prix sont petits, la part qui revient aux auteurs est bien plus grande que dans l'édition traditionnelle. Nous comptons, pour le moment, publier environ quinze livres par an, pour prendre le temps de les faire exister individuellement.

Plus d'infos sur le site de Premier Parallèle

 

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