Dans quelques semaines, les deux remuants quadragénaires Manuel Valls et Benoît Hamon vont lancer respectivement leur club de réflexion. Chacun convaincu que cette élection présidentielle vient de clore un cycle politique, ces deux leaders de la génération montante des rénovateurs ont bien l’intention de bousculer l’ordre établi du Parti Socialiste.
Tous deux issus du rocardisme, ces deux hommes incarnent aujourd’hui deux lignes opposées au Parti Socialiste. Quand le député Maire d’Evry se dit prêt à faire un bout de chemin avec la majorité si l’opposition est entendue sur des sujets « consensuels »; le député européen se place en gardien du temple et réplique : « Back to basics ».

Largement réélu député d’Evry, l’assise électorale de Manuel Valls n’est plus à prouver sur ses terres. Conseiller de l’ancien premier ministre Lionel Jospin, il n’hésite pas aujourd’hui à s'mparer de tabous qui font grincer des dents au sein de sa propre famille. Fidèle à son parti malgré la drague appuyée du président de la république, cet élu de banlieue a des convictions qui dérangent. Manuel Valls baptisera très bientôt son propre groupe de réflexion « Cercle 21, Gauche et modernité ». Défini comme un lieu extérieur au Parti Socialiste, M. Valls se donne pour objectif de « redonner une identité à la gauche, adaptée au monde ».

Récemment promu porte-parole de Parti Socialiste, Benoît Hamon jouit actuellement d’une certaine popularité. Ce Proche d’Emmanueli définit « La Forge »  comme un « arsenal de solutions » pour « lutter contre l’hégémonie culturel libéral » et un outil pour faire « la chasse aux grossièreté de la pensée médiatique et politique ». Benoît Hamon a publié en juillet le manifeste « La Forge », pour réinventer la gauche » : « Nous voulons élaborer un nouvel outil intellectuel collectif. Aujourd’hui, nous créons "La Forge" qui ne sera pas une société savante supplémentaire. "La Forge" sera une ressource et un arsenal mis au service d’un camp, la gauche. Notre ambition est la victoire de celle-ci en 2012 par la reconquête des esprits et l’affirmation de nouveaux modèles culturels ».

Dans un Parti Socialiste où les instances politiques semblent peu à peu désertées, ces contributions individuelles tendent à se multiplier. Rythmés probablement par le calendrier de rénovation de la maison rose, nous suivrons attentivement la mise en place et les premières productions studieuses de ces différents thinks tanks…