Qui peut prétendre encore comprendre ce qui se passe en Syrie ? Vu de France, assommé par les diverses analyses journalistiques et les déclarations des politiques de tout bord et de tous pays, il semble bien difficile de s’y retrouver. Déchirant depuis plus de deux ans et demi ce pays de vingt millions d’habitants, le conflit apparaît pourtant clairement comme une épine dans le pied de la communauté internationale.

Tensions post-guerre froide, frilosité des États-Unis, crispations autour des armes chimiques, risque d’embrasement du Moyen-Orient, enjeux religieux… Tout est rassemblé pour faire de cette crise un point de basculement historique. Sans céder à un pessimisme ontologique, une phrase d’Aragon, qualifiant l’année 1913 dans son roman Les Beaux Quartiers, martèle le présent : "Il y avait comme des braises sous la cendre qui ne voulaient pas s’éteindre…"

Sur fond de sommet de l’ONU, alors que Barack Obama et François Hollande réclament respectivement une résolution "ferme" et "des mesures coercitives" de la part de l’organisation internationale, une rencontre-débat aura lieu à l’Assemblée Nationale mardi prochain, le 1er Octobre 2013, à 19h. À l’initiative de Philippe BAUMEL, député de Saône-et-Loire, membre de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale et d’Emmanuel Wallon, professeur de sociologie politique à l'Université Paris Ouest Nanterre, coordinateur de l'Appel d'Avignon à la solidarité avec le peuple syrien, cette réunion publique aura pour but de mettre sur le devant de la scène l’opposition démocratique Syrienne. Traversé par des dynamiques complexes, le conflit ne peut être réduit à une simple opposition bipolaire entre "un régime sanguinaire, et une nébuleuse djihadistes" comme l’annonce le communiqué de presse. Il s’agit au contraire d’affirmer qu’ "aucune solution politique ne saurait prévaloir si elle ne prend pas en compte les aspirations du peuple syrien et les souffrances qu’il endure depuis deux ans et demi dans sa quête de liberté."

Seront donc réunis, pour échanger sur la question, différents intervenants, issus de l’opposition syrienne, du milieu humanitaire, du monde de l’université et de la diplomatie, dont voici la liste :
• Yaihia NANAH, chef du Conseil provincial de la province libre d'Alep
• Qasem SAAD ELDINE, membre et porte-parole du haut-commandement de l'Armée syrienne libre
• Lina SHAWAF, animatrice de la radio libre syrienne Rozana
• Salam KAWAKIBI, directeur adjoint de l'Arab Reform Initiative, professeur associé à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
• Raphaël PITTI, médecin urgentiste, membre de l’Union des organisations syriennes de secours médicaux
• Jean-Pierre FILIU, professeur d'études moyen-orientales à Sciences-Po Paris

En présence de:
• Éric CHEVALLIER, Ambassadeur de France pour la Syrie
• Monzer MAKHOUS, Ambassadeur de la Syrie libre à Paris, représentant pour l'Europe de la Coalition nationale de la révolution et de l'opposition syriennes

Avec le concours de Hala KODMANI, journaliste indépendante, de retour de Syrie et une Introduction d’Élisabeth GUIGOU, ancienne ministre, présidente de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale#nf#

 

* Informations pratiques :
Réunion-débat "Les Voix de la Syrie libre", le mardi 1er octobre 2013 à 19h, Assemblée nationale, Salle Colbert, 126 rue de l'Université, Paris 7e.