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Histoire

Clichés de Bosnie (Bosanska slika)

Couverture ouvrage

Franois Ravard Aurlien Ducoudray
Futuropolis , 232 pages

Clichés de Bosnie
[samedi 22 fvrier 2014]


Un périple en Bosnie qui porte encore les cicatrices de la guerre. Un passé au coeur de la révolte actuelle.

En 2002, Aurélien Ducoudray décide de rompre son quotidien de photographe d’un petit journal de province en accompagnant un convoi humanitaire de Limoges jusqu’en Bosnie. En 2013, il raconte dans Clichés de Bosnie, bande dessinée illustrée par François Ravard à partir des photos d’Aurélien mais aussi de ses propres croquis, ce périple et ses diverses péripéties dans un pays encore marqué par des années de guerre. Le livre a été publié par Futuropolis en partenariat avec Amnesty International.

Récit d’un convoi humanitaire

Aurélien Ducoudray raconte tout d’abord comment il s’est trouvé embarqué dans cette aventure. Ayant appris par hasard le départ du convoi, il se renseigne sur l’association, JDA Evasion, et se retrouve "embauché" pour remplacer un volontaire souffrant du dos.

"Vous avez le permis, un passeport en règle et 15 jours à perdre ?

- Euh… j’sais pas…

- Ah ben faut savoir… Moi j’emmène pas les indécis !

- Euh… pour aller en Bosnie ?

- Ben oui, pas pour t’inviter chez moi !

- Ben… Oui d’accord…

- Et ben voilà ! Bienvenue dans l’équipe !"
 
JDA Evasion est une association caritative, menée par la dynamique Arlette, qui se rend chaque année dans des camps de réfugiés en Bosnie pour y distribuer couvertures, médicaments, aliments, vêtements, machine à laver…, etc. De Limoges à Tuzla, le convoi (composé de deux voitures et un camion parti plus tôt) doit parcourir près de 2 000 kilomètres et traverser quatre frontières, le tout en cinquante-six heures de route. Et ensuite, aller dans les différents camps de réfugiés y distribuer le contenu du convoi, en espérant éviter au maximum les problèmes de douane et les mafias locales.
 
Aurélien Ducoudray partage avec le lecteur son ignorance de la situation et de l’histoire de la Bosnie (et plus généralement de l’ancienne Yougoslavie) en montrant ses questionnements, ses étonnements et en résumant sommairement les origines de la guerre civile en 1992, les conflits géographiques et ethniques entre Serbes, Croates, Bosniaques   et les massacres et atrocités commis dans cette période (notamment à Srebrenica).
 
Rompre les clichés ?
 
Ce témoignage illustré comporte de nombreux intérêts. S’il est loin d’être un ouvrage historique explicatif et exhaustif, il présente le grand intérêt de montrer (par le récit comme par l’image), simplement et clairement, les effets de la guerre sur une population divisée à travers les rencontres avec ces victimes de guerre et leurs enfants. Est ainsi illustré le plaisir de Racim devant la machine à laver que lui apporte le convoi : cherchant à mettre un nom sur des centaines de cadavres entassées dans un tunnel ou dans des fosses, il doit souvent se contenter des vêtements comme seul indice. D’où la machine à laver…
 
Face à un conflit récent mais déjà en grande partie oublié en France, cette bande dessinée permet d’avoir une première image, ou une nouvelle image, souvent loin des clichés que le lecteur peut avoir. Grâce aux images (aux dessins mais aussi aux photographies présentées à la fin du livre), il peut voir la réaction des uns et des autres à l’arrivée du convoi : enfants ravis d’avoir quelques bonbons, commençant d’emblée une partie de football avec le nouveau ballon, femmes se disputant pour une table. Les auteurs alternent les passages comiques et ceux plus tristes, rendant bien compte des émotions rencontrées dans ce pays encore touché par les effets d’une guerre fratricide.
 
Est-ce suffisant pour comprendre la situation dans la région ? Non. Mais le livre permet de comprendre que les situations ne sont jamais aussi simples qu’elles peuvent paraître. Aurélien Ducoudray a voulu partager son expérience, dix ans après, parce qu’à son retour, ses photos n’ont pas rencontré d’intérêt massif. La réaction de son rédacteur en chef en est un bon symbole : après lui avoir promis seize pages de reportage et la Une du journal, sans toutefois lui financer ni le voyage ni les pellicules nécessaires, il ne lui concède finalement que deux pages, sans présence en Une. La faute à une visite présidentielle et au Mondial de foot….

*À lire également sur Nonfiction.fr :

Mémoire et oubli en ex-Yougoslavie


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