Le débat fait rage dans le monde de la recherche.

Réformer le système actuel est une nécessité première, cela tout le monde s'accorde à le dire. Hier, lors d'une visite à l'université Paris-Sud d'Orsay dans le laboratoire d'Albert Fert, qui a obtenu le prix Nobel de physique en 2007 pour ses recherches sur la magnétorésistance géante , Nicolas Sarkozy annonçait une réforme radicale de la recherche, qui lui promet un de ces affrontements avec les chercheurs, dont il veut se charger d'administrer le travail et la vie. Pour lui notamment, les grands organismes actuels de la recherche ne feront plus, à terme, que "mettre en œuvre la politique scientifique que le gouvernement leur aura confiée" .

Or l'indépendance politique des organismes de recherche est au coeur des quatre principes pour une réforme de la recherche qu'énoncent aujourd'hui dans le Monde un collectif de chercheurs, divers du point de vue de leurs "appartenances disciplinaires" ainsi que de leurs "convictions politiques, en totale indépendance vis-à-vis du pouvoir ou des partis" .

Outre l'indépendance politique, ils prônent l'élitisme scientifique (autre façon pour la recherche de se déclarer indépendante, puisqu'il s'agit pour elle de ne se faire commander que par l'exigence scientifique, par une élite choisie, et non par la démocratie, qui ne peut être au fait des dernières avancées et des développements à envisager), et la revalorisation de la recherche en France, à travers d'une part la compétitivité des salaires vis-à-vis notamment de l'étranger, et d'autre part un système d'évaluation constant, chargé de repérer au plus vite les meilleurs éléments pour y accorder la grille des salaires. Pour eux, tout projet de réforme doit passer par là.

> voir leur communiqué.
> voir la réaction du collectif Sauver la recherche aux décalartions du Président.

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crédit photo : spierzchala/flickr.com