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Le "printemps russe" vu par le CERI
[dimanche 04 mars 2012]

Le Centre d’Études et de Recherches Internationales (CERI) a publié en février 2012 un dossier intitulé À l'est, du nouveau. Les élections 2011-2012 en Russie à l'heure du printemps russe. Les auteurs y analysent les mouvements de protestation liés aux élections législatives de décembre 2011 et aux élections présidentielles qui auront lieu le 4 mars 2012. Tous tendent à montrer que la société civile russe, souvent vue comme apathique par les observateurs occidentaux, est en réalité active, même si cela ne passe pas forcément par le soutien à telle ou telle mouvance politique. Ils explorent, notamment, le rôle d'Internet et celui du changement de génération (l'arrivée à l'âge adulte de jeunes n'ayant pas connu le régime soviétique) dans ce qui pourrait être "une "entrée en politique" de la société civile russe".

 

Cette étude, fort intéressante, en rappelle d'autres, celles de chercheurs tels Moshe Lewin, Alexis Berelowitch et Michel Wieviorka à propos de la société soviétique des années 1980. Déjà, ils remettaient en question l'idée d'une société soviétique immuable brusquement mise en branle par la perestroïka, montraient que la présence de "sous-cultures" avaient permis l'émergence du débat et l'essor des mouvements "informels", c'est-à-dire, pour simplifier, de ces mouvements qui relevaient d'une activité associatives mais n'étaient pas officiellement autorisés. 

 

Sans vouloir comparer la situation actuelle à celle de la fin de l'URSS  , ce parallèle permet de souligner que l'on a trop vite tendance à voir chez les Russes un manque d'intérêt pour la politique, en oubliant que le souci de la "chose commune" peut également passer par d'autres canaux, tels un engagement dans la vie culturelle, dans la défense du patrimoine ou de l'environnement (comme cela a été le cas lors de la perestroïka), qui conduit de façon épisodique à des manifestations d'ordre politique. Dans le cas des récentes manifestations, il s'agit bien de revendications politiques, mais, on peut, avec Françoise Daucé, souligner « la difficile incarnation politique de la société civile russe », les opposants se retrouvant plus dans l'exigence d'élections justes que dans le soutien à tel ou tel parti.

 
 
 

* À  lire aussi :

 

- Moshe Lewin, La grande mutation soviétique, 1990.

 

- Alexis Berelowitch et Michel Wieviorka, Les Russes d'en bas. Enquête sur la Russie post-communiste, Annales. Histoire, Sciences Sociales, 1997, vol. 52, n° 3.  

 
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