Europe

Gomorra. Dans l'empire de la camorra.

Couverture ouvrage

Roberto Saviano
Gallimard , 356 pages

Gomorra, cette Italie abhorrée
[samedi 16 aot 2008]


► COUP DE COEUR NONFICTION : 'Gomorra' de Roberto Saviano est sans aucun doute l’un des livres les plus importants jamais écrits sur la mafia napolitaine.

Certains iront jusqu’à parler d’un sacrifice. Pour avoir réalisé un travail remarquable, Robert Saviano, 28 ans, a été condamné à mort. Journaliste free-lance, très actif dans la presse italienne et sur internet, il a collaboré par le passé à des journaux comme Il Corriere del Mezzogiorno ou Il Mattino. Il travaille aujourd’hui à l’hebdomadaire L’Espresso. Jamais, jusqu’alors, il ne s’était essayé à l’écriture d’un livre. C’est, depuis l’an passé, chose faite. Avec pour résultat l'un des plus gros succès de librairie de ces dernières décennies en Italie: plus d’un million d'exemplaires vendus à ce jour. Un ouvrage devenu à son tour un best-seller en Espagne (150 000) et en Allemagne (200 000). Son adaptation cinématographique, sortie en France le 13 août 2008, a fait partie de la sélection du festival de Cannes où elle a reçue le Grand Prix. Un triomphe donc… qui n’a fait qu’amplifier les menaces de mort à son encontre. La "faute" de Roberto Saviano s’intitule Gomorra. Dans l’empire de la camorra. L’ouvrage relate l’action de la mafia napolitaine au cours de ces dernières décennies, dont il a été en partie témoin en enquêtant sur le terrain. Ce récit est fait sans autocensure, c’est-à-dire en donnant les noms de tous les parrains. Tous les noms. Une avalanche de détails, repris en boucle dans les médias, qui a ulcéré un Système habitué à l’omerta. L’auteur s’est attelé à une description minutieuse de ce monde. Tout y est dit, dans un style à fleur de peau. Ce cri "affaiblit" certes un livre tenant plus de la dénonciation d’un Napolitain ayant vu son propre père être victime de la camorra que du récit neutre d’un journaliste. L’ouvrage n’en reste pas moins exceptionnel, comme le montre l’ensemble des réactions en Italie. La mobilisation pour soutenir R. Saviano, après sa condamnation à mort par la camorra, a cependant mis un certain temps à s’opérer. Il aura fallu attendre l’intervention de grands intellectuels italiens, à commencer par celle d’Umberto Eco: "Après le cas Rushdie et celui de Robert Redeker, il semble qu'on ne puisse plus exprimer ses idées. Et si, pour Rushdie et Redeker, l'assassin pouvait venir de n'importe où, on sait qui menace Saviano. Il ne faut surtout pas l'abandonner", a déclaré l’écrivain. Les politiques ont suivi cet appel. Le journaliste, qui réside aujourd’hui à Rome, est désormais protégé, comme le sont d’ordinaire les juges anti-mafia. Tout en sachant que "la camorra a une mémoire d’éléphant et une patience illimitée"  .


A la tête du Système: les femmes

Outre cette narration exhaustive des événements, R. Saviano cherche également, d’une manière brutale, à responsabiliser son lecteur. Ce dernier est mis face à la réalité des faits: les activités de la camorra touchent chacun de nous. Selon l’écrivain, qui se base sur des enquêtes judiciaires récentes, la grande majorité des vêtements de marque italienne (à commencer par les contrefaits, plus vrais que nature, de la haute-couture) passe entre les mains du Système qui "aliment[e] le marché international de l’habillement"  . A Paris, notamment sur les Champs Elysées, à Nice ou à Lyon, de grandes boutiques de vêtements sont tenues par des mafieux napolitains. Même chose pour l’Allemagne, l’Espagne, le Royaume-Uni (où certains mafieux ont été protégés), le Canada, les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite, le Maghreb ou l’Amérique latine. En résumé: nous avons tous, un jour, donné de l’argent et consolidé la mafia napolitaine. "Chaque recoin de la planète [peut] être atteint par les entreprises, les hommes et les produits du Système", insiste Roberto Saviano  . Cette "mondialisation" ne touche pas seulement les consommateurs: elle concerne également les victimes. Ainsi, ceux qui déchargent les vêtements sur le port de Naples pour le compte de la camorra "viennent de tous les coins: Ghanéens, Ivoiriens, Chinois, Albanais, et aussi Napolitains, Calabrais et Lucaniens". C’est le libéralisme, honni par l’auteur tout au long de l’ouvrage, poussé à son paroxysme. Face à la contrefaçon, les marques auraient pu réagir promptement. C’était oublier que ces activités "favorisaient leur diffusion […] Le Système avait d’une certaine façon aidé la mode "officielle" à se développer. […] Porter plainte aurait fait perdre des milliers de débouchés commerciaux, puisque les clans géraient directement de très nombreux points de vente"  . La camorra est donc avant tout un système économique: "Les règles sont dictées et imposées par les affaires, par l’obligation de faire du profit et de vaincre la concurrence"  . Pour celle que R. Saviano décrit comme "l’organisation criminelle la plus importante d’Europe"  , la politique n’est ainsi pas primordiale car elle n’est pas le "vrai pouvoir". Elle ne rapporte rien, donc elle ne fascine pas. Ceux qui souhaitaient une description des relations de la camorra avec les élus seront dès lors déçus: s’ils concernent autant des hommes de gauche que de droite, tant les hautes sphères que les entités locales, ces liens ne sont abordés qu’épisodiquement. R. Saviano préfère s’attarder sur les différents piliers sur lesquels repose le système: outre l’habillement, la drogue, le bâtiment, les déchets, et les armes. Chacun d’entre eux permet d’accumuler des sommes colossales d’argent. Tous, dans leur fonctionnement, effraient et rendent compte de cette "vérité qui reste sur l’estomac"  .

Les femmes ont une place centrale dans cette organisation. C’est sans doute l’une des aspects les plus surprenants du livre: "Avec la transformation de la camorra au cours des dernières années, le rôle des femmes a lui aussi changé et, de simples mères ou compagnes de fortune et d’infortune, elles sont devenues de véritables cadres dirigeants, se concentrant presque exclusivement sur les activités économiques"  . Mais elles ont également pris les armes: "de chefs d’entreprise, [elles] devaient se transformer en tueuses"  . Et les assassinats de femmes ont commencé, alors qu’elles avaient été jusqu’alors toujours plus ou moins préservées des violences mafieuses. Aujourd’hui, il n’y a "plus aucune différence entre les hommes et les femmes. Plus aucun code de l’honneur"  . La camorra ne fait donc pas que s’étendre géographiquement: plus aucune catégorie sociale n’est désormais épargnée. R. Saviano affirme que si "le vrai visage du pouvoir absolu qu’exerce la camorra a des traits de plus en plus féminins, (…) les victimes de ce pouvoir, écrasées et broyées par ses chenilles, sont elles aussi des femmes"  , citant en exemple cette jeune fille de 14 ans utilisée comme bouclier par un camorriste lors d’une fusillade. Elle "était coupable d’être née à Naples"  .

La ville de Campanie est revenue au cœur de l’actualité ces derniers jours avec le lourd problème du traitement des déchets. Dans Gomorra, Roberto Saviano en parle comme d’"un cancer"  . Le Système s’est emparé du marché grâce auquel "les clans et leurs intermédiaires ont encaissé 44 milliards d’euros en quatre ans. […] Depuis la fin des années quatre-vingt-dix, les familles de la camorra sont devenues les leaders du traitement des déchets en Europe"  . Résultat: "Les campagnes autour de Naples et de Caserte sont une cartographie des ordures, le révélateur de la production industrielle italienne. En visitant décharges et carrières, on peut connaître le destin des décennies entières de bien produits en Italie"  . Les monceaux de déchets (souvent toxiques) accumulés réservent parfois des surprises: "Un de mes amis, dentiste, de son état, m’a raconté que des gamins lui avaient apporté des crânes"  . Et l’écrivain de décrire ces décharges devant lesquelles désormais la population passe en se signant, tandis que des marchés d’os humains voient le jour. Comme l’explique remarquablement bien Roberto Saviano, le traitement des déchets symbolise "la décharge sauvage"   que  le Mezzogiorno est devenu pour l’Italie du Nord. Et peu importe si la population napolitaine n’a plus d’endroit pour entasser ses propres détritus: "Tandis que les clans trouvent un peu partout de l’espace pour écouler les déchets, l’administration de la région Campanie […] n’arrive plus à se débarrasser des siens. Des déchets venus de toute l’Italie échouent illégalement en Campanie alors que les ordures qui y sont produites doivent être expédiées vers l’Allemagne en urgence, à un coût cinquante fois supérieur à celui que les clans proposent"  . Le monopole de la camorra est à l’origine des crises auxquelles l’on assiste actuellement. Et la situation semble insoluble: "pour éliminer [les déchets] qui ont été accumulés jusqu’à aujourd’hui, il faudrait cinquante-six ans". Pendant ce temps, les maladies liées à la toxicité des lieux sont en très nette augmentation, et l’agriculture sombre, ce dont profitent les mafieux en rachetant les terrains pour faire de nouvelles décharges. Quand ces dernières seront pleines, elles seront fermées et l’on y construira des logements. Le profit, toujours le profit. Et la nausée pour le lecteur devant cet hallucinant récit.


"Nous sommes là, nous serons toujours là"

Lire Gomorra, c’est donc voir le drame humain que vit la région de Naples. Les jeunes occupent à ce propos une place centrale. Tous sont fascinés par ce monde qui leur rappelle le cinéma américain, fantasme partagé par les camorristes eux-mêmes qui font construire des villas ressemblant à celle de Scarface (Mussolini ou Napoléon sont aussi pris comme exemples). Faire partie de la camorra devient dès lors le rêve absolu. Le Système en profite, "les enrôle dès qu’ils sont assez âgés pour être fidèles au clan. Ils ont de 12 à 17 ans, beaucoup sont fils ou frères d’affiliés, d’autres viennent de familles en situation difficile"  . Vient ensuite "l’éducation": "Pour les habituer à ne pas avoir peur des armes à feu, on faisait porter un gilet pare-balles à ces gamins puis on leur tirait dessus"  . Pour les clans, l’adolescent ne représente que des avantages puisqu’ "il est prêt à passer tout son temps dans la rue"  . Et ce en sachant que les jeunes "ne deviendront jamais des camorristes. Les clans ne veulent pas d’eux, ils ne veulent pas qu’ils intègrent la structure criminelle. Ils exploitent une main-d’œuvre abondante et la font travailler"  . R. Saviano nous fait ainsi la description d’une génération perdue qui fait dire à un policier: "Plus il en meurt, mieux ça vaut pour tout le monde… "  .

Il y aurait encore beaucoup à dire sur le livre du journaliste italien: les attitudes ambivalentes des médias ou des forces de l’ordre face aux actions du Système; la description des luttes intestines qui ne cessent de faire couler du sang (les épisodes relatés par l’auteur sont atroces); le fonctionnement du Système concernant la drogue ou les armes. La richesse de Gomorra semble sans fin, pour le plus grand malheur de la Campanie et de l’Italie. Le 17 septembre 2007, Roberto Saviano est retourné chez lui, à Casal di Principe, "capitale du pouvoir économique de la camorra"  , afin d’inaugurer, avec les officiels politiques, le début de l’année scolaire. En réaction à cette venue, les commerçants avaient baissé leur rideau, les balcons et les fenêtres des immeubles étaient clos. "La ville était morte" a, à cette occasion, déclaré l’écrivain. La camorra faisait ainsi sentir sa présence. Pourtant, une foule importante s’était rassemblée sur la place où il intervenait, confortant R. Saviano lorsqu’il affirme que les résistants au Système existent (comme le montre le chapitre poignant sur Don Peppino Diana, religieux assassiné pour avoir tenu tête aux clans). "Nous avons, vous avez, droit au bonheur. La force pour s’opposer au pouvoir des clans sur ce sol vient du talent de ses propres habitants: vous devez choisir de quel côté vous êtes", déclarait, ému, R. Saviano devant ces personnes présentes pour le soutenir. Pourtant, pendant ce temps, au fond de la place, une dizaine de personnes qui se définissaient comme de "jeunes entrepreneurs" applaudissaient ironiquement les discours qui se succédaient ce jour-là, répétant aux journalistes: "La camorra n’existe pas. Saviano n’a jamais reçu de menaces. Il veut seulement être élu député". Pour un reporter de La Repubblica témoin de la scène, cette présence signifiait surtout une mise au point: "Nous sommes là, nous serons toujours là".

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24 commentaires

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Jean-Marie Le Ray

05/02/08 14:46
Bonjour,

Par souci de précision, comme j'ai déjà eu l'occasion de commenter ailleurs, Gomorra n'est pas un mélange de Gomorrhe et Camorra, mais une assonance terriblement vraie dans le cas du livre de Saviano, dont le titre tire son origine d'un manifeste lié à Don Peppino Diana, un prêtre résistant assassiné par la camorra, tel que c'est raconté dans le chapitre du livre qui lui est dédié.
Cordialement,
Jean-Marie Le Ray
http://adscriptum.blogspot.com/2008/01/gomorra.html
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sfogliatella

02/06/08 12:32
Un des livres les plus bouleversants qui m'ait été donné de lire, dans toute sa cruelle réalité.

Quel courage de la part de ce journaliste.

Pourvu que cela serve à quelque chose.

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njbur

15/08/08 15:25
C'est bien d'être informé . On pourra ainsi ne pas mourir idiot . Mais que peut on faire quand on est un citoyen banal qui ne peut que prendre sa plume et écrire à son député. Un exemple . La ville de Paris est sale , pas seulement à Barbès mais dans les beaux quartiers:VIII° , Av.och, sur les quais devant la gare d'Orsay. J'écris à Delanoë . Il me fait repondre que tout va bien,que du personnel est embauché et travaille. On sait que maintenant ces emplois sont privatisaés. Alors,est ce qu'on est pas en train de prendre le chemein de Naples?(Impossible d'écrire le D.)
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vasco

28/08/08 18:24
Le poisson pourrit par la tête,comment penser une seconde que BERLUSCONI n'est pas lui même un acteur de la mafia ? A un moment dans le film,le personnage chargé de trouver des carriéres pour éliminer les déchets dit "comment faire entrer ce pays de merde dans l'Europe sans nos combines ",l'Italie entiére est contaminée.
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A.M

06/09/08 00:27
Je n'ai pas encore eu l'occasion de lire le livre, mais rien que le film laisse une sensation d'écoeurement profond.
Comme le dit Franco, le personnage qui se charge des déchets, cité dans le commentaire précédent, ses activités illicites résolvent des problèmes que d'autres ont crées, et, sans elles, l' Italie (du Nord, soulignons-le!) ne se serait jamais développée. Ce n'est que malheureusement trop vrai.
Il faut espérer que l'audace de combattre l' "omertà" de Saviano ne lui vaille pas le même sort qu'à Giovanni Falcone.
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http://www.ma-toscane.com

14/09/08 09:41
Nous venons de voir le film et nous en sommes bouleversés !!! Nous ne sommes pas sûrs de vouloir retourner à Naples...
Bravo pour le courage de ce jeune journaliste.
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bennyben

25/09/08 15:40
Ce livre me pose probleme. Je vis depuis 2 ans a Rome, vous n'avez qu'une petite vision de Naples. C'est une ville magnifique, peuple de gens formidables.
Dans le livre, on n'en voit que les mauvais cotes. C'est bien de les connaitre, mais cela me scandalise de voir des gens qui lisent le livre/le film et du coup refusent d'aller a Naples !
Croyez vous qu'on ne devrait pas voyager a Paris a cause des problemes dans les banlieues ?
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lagarce

21/10/08 18:34
BRAVO VASCO!!! tes mots me touche au plus profond de mon ame meurtri.
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gianlucca

21/10/08 18:39
VEDI NAPOLI E POI MUORIR!!
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anne josette de la Riviere

21/10/08 18:41
Faut pas déconner avec ces choses là, ça existe vraiment !!!!!
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marina

21/10/08 18:43
tu as raison anne josette.
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marina

21/10/08 18:44
tu es une femme sage. UNE VRAIE!!
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lolalilu

21/10/08 18:47
BRAVO, roberto saviano tu es un journaliste comme il en existe peu. courage!!!
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le lecteur circonspect

21/10/08 18:55
l'intérêt de poster des messages sous différents pseudos ?...
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MILENA

30/10/08 10:39
COMMENT REAGIR ?
Il faut au moins ESSAYER, sinon tout est fichu et nous ne pourrons plus nous regarder dans une glace.

1- Lire le livre et le relire pour soi car il est passionnant et dense
2- Lire le livre et le faire connaître pour les autres : l'offrir ou le prêter à ceux que l'on sait humains et concernés par les problèmes de démocratie
3- Faire savoir par tous les moyens (internet, tracs, autres ...) à la Camorra, que l'assassinat programmé de Saviano ne servirait plus à rien : Saviano a fait son devoir et c'est à la population entière de tous les pays d'Europe de se mobiliser pour relayer l'information.
4-... Il y a sûrement aussi d'autres actions à mener en sre regroupant...
Les chercher, les trouver et les mettre en place, vite.
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Aalca

01/11/08 16:19
J'ai vu le film 2 fois (c'était pour moi d'ailleurs la véritable Palme d'Or du Festival de Cannes, mais passons) et je suis en train de lire, avec retard, le livre.
Je ne suis pas Italienne, mais ce que je découvre grâce à l'implacable enquête de Roberto Saviano est tout à la fois effroyable et édifiant, sur un pays, un Système qui n'en finissent pas de se gangréner.

Qu'un pays comme l'Italie, à l'histoire politique, culturelle, artistique, si riche soit à ce point embourbé dans ce Système mafieux est tout simplement inimaginable pour la simple citoyenne que je suis.
Cette enquête minutieuse est également un grand cri de révolte, un appel à la réflexion vers les responsables d'un tel laisser-faire, qu'ils soient politiques, financiers, économiques.

Condamné à mort par les familles de la Camorra, Roberto Saviano, exilé de l'intérieur s'il en est, paie déjà fort cher son tribut à la Vérité ainsi qu'à la société italienne, coupable à mon sens de fermer les yeux devant un tel spectacle de cupidité et d'affairisme depuis si longtemps déjà.
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YVU

08/11/08 09:03
Je suis assez d'accord avec bennyben, passioné par L'Italie de part mes origines, de grasse ne jugez pas toute l'Italie et Naples que par ces mauvais côtés,le peuple italien est formidable et les napolitains le sont aussi.
Cela dit j'ai trouvé le livre de R.SAVIANO digne d'un chef d'oeuvre, écrit avec un courage remarquable, souhaitons que cela serve
à faire changer les choses,bravo à lui et bon courage.
Les grandes villes françaises sont autant gangrénées par tous les trafics en tous genres dans banlieues je pense qu'il est important de le signaler.
Que je sache la France n'est pas jugée que par ces côtés . Fort heureusement!!!!
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lion

09/11/08 15:50
Il ne s'agit pas ici de juger la population italienne mais de comprendre comment "le système" s'émancipe de toute considération citoyenne.
R. Saviano dans un entretien (arte- Metropolis) évoque cet aspect des
choses: "la majeur partie des instituts culturels italiens à l'étranger ne m'invitent pas et
cherchent à m'éviter, appelant mon éditeur, des hommes politiques parce qu'ils ne veulent pas que je diffame l'Italie à l'étranger...incroyable!".

Je suis d'accord avec Milena ci-dessous, notamment sur son pt 3: le problème est de toute manière global*.
Outre la faillite des autorités publiques italiennes qui a permis l'expansion de l'emprise de la camorra sur l'économie (malgré une lutte anti-mafia pied à pied), l'UE est concernée en premier lieu et des réponses adéquates ne se feront qu'à cette échelle, articulées avec des réponses internes. Evidemment, nous n'en sommes pas là mais ça me semble la seule perspective viable.

* global: le dernier chapitre du livre "Terre des feux" consacré au trafic des déchets est vertigineux à cet égard, exemple; "les stakeholders d'Extrême-orient ont appris de leurs collègues italiens comment négocier avec des entreprises de toute l'Europe".
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o-toh

20/11/08 12:00
c'est étrange, on dirait que tout le monde découvre aujourd'hui que l'Italie est pourrie jusqu'à l'os.C'est seulement la partie émergée de l'iceberg, parce que çà fait belle lurette que le crime organisé s'est tranquillement exporté partout dans le monde, au nez et à la barbe des braves electeurs de tous les pays où on peut voter. Bien sûr j'ai vu le film Gomorra et je suis même sorti de la salle pour aller dégueuler, non pas tant à cause des images violentes, je savais à quoi m'attendre, mais c'était juste le trop plein de dégoût, presque la honte d'être né dans ce pays-là, qu'ils osent nommer le Belpaese (Beaupays mon cul).Oui je dois dire que je suis né à Locri, en plein fief de cette autre Hydre immonde appelée N'drangheta, ou mafia calabraise, lieu de non-droit où si tu pètes de travers t'es grillé. Bien sûr de temps en temps, "ils" en arrêtent quelques uns pour faire bonne mesure, mais cette engeance-là c'est comme la mauvaise herbe tu sais bien...Moi j'en veux beaucoup aux contraire aux italiens, parce que depuis le temps qu'ils savent TOUT ce qui se passe chez eux, ils continuent à voter toujours pour les mêmes pourris qui marchent main dans la main avec ces ordures, comme l'infâme Andreotti et ses copains qui ont "régné" ainsi quarante ans en laissant proliférer avec bienveillance ce cancer qui est maintenant au stade généralisé et final pour l'Italie, à mon avis c'est fichu pour elle et avec cette grosse tâche de Berlusconi c'est le coup de grâce, ne venez pas pleurnicher les italiens, pauvres autruches frileuses que vous êtes, vous avez réussi a vous débarrasser des brigades rouges, c'est bien, vous pouvez vous rendormir maintenant, goinfrez-vous avec votre merveilleuse mozzarella à la dioxine, frimez tant que vous pouvez dans vos belles alfa rouges en balançant vos ordures par la fenêtre (sport national en Italie), vos belles fringues, de toute façon, maintenant vous avez des esclaves immigrés pour les sales boulots ( film sur le thème que je vous conseille : la Terramadre, moins violent que Gomorra, un rien poetique mais tout aussi réaliste).Vous avez sans doute oublié le temps où vous avez fui misère et fascisme pour filer aux quatre coins du monde, ( mon père c'était en Lorraine pour trimer dans la sidérurgie, mais au moins c'était du travail hônnete...J'en profite pour lui tirer mon chapeau et le remercier de m'avoir offert un avenir autre que celui de pourrir au pays... ) Je m'excuse d'être aussi violent dans mes propos, mais je suis sûr que certains ici me comprendront. Je ne renie pas mon pays d'origine, mais je n'en suis pas fier non plus,loin de là désolé. pour les nostalgiques à deux balles et les chauvins de tous pays et de toutes cultures :je vous emmerde tous. Ah oui, je voudrais dire au gros beauf que j'ai croisé l'autre jour dans mon village et qui se baladait avec un tee-shirt marqué "MAFIA" sur le devant, que je le hais et le re-hait encore...avec trois degrés dehors, il aurait au moins pu couvrir son abyssale connerie, mais nan, fier il était, le très con. Pouah, y a des jours, je prendrais bien un bateau pour le pôle sud, parmi mes frères les pingouins...Ciao a tutti voi !
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gorille

10/03/09 23:15
c'est triste j'amais je n'aurrais pensé que l'italie était une grosse poubelle....je voulais y aller en vacance....pas de chance
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angelo

13/03/09 04:31
o tho , je voudrai juste te dire une chose s est pas parce que il y a une minorité que tout le monde est pareil ;et c est la même chose ceux qui concerne le crime organisé ; c est pas pas toute l italie qui est pourri
et c est pas cette faille qui me fera change d avis sur l italie les citoyens italiens sont des gens bien honnête travailleur accueillant
et ce n ai pas la faute des italiens qui a des pourris
et une chose que je veux te dire c est plutôt toi qui me fait vomir et qui me fait honte ton pays il faut l aimé de s est bon cote et des s est mauvais cote
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O'toh

13/03/09 15:34
Angelo, hai ragione, la mafia è in minoranza e quella che subisce è la maggioranza che stà zitta e si caga sotto, questo si chiama dittatura.
Mi chiedo se almeno hai letto il libro o visto il film?

"Il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir"

Mon pays c'est là où je me sens LIBRE, libre de dire ce que je pense sans risquer ma peau, le reste c'est de la nostalgie à deux balles.Tu as le droit de dire ce que tu penses, et je ne te permets pas de me juger.
Moi je constate, c'est tout...
Ouvre les yeux bon dieu, et rends-toi à l'évidence...Si çà ne te va pas, tu peux toujours y retourner "là-bas" non ?
Et quand j'en aurai marre de la France j'irais ailleurs, parce que mon pays s'appelle le Monde, et il est vaste, et que les frontières c'est bidon, mais la connerie, elle, les survole et est universelle...

Gorille, n'aie pas peur, vas-y quand même, il y a des endroits magnifiques, juste évite Naples et sa région, çà à l'air beau, mais çà pue la Mort.
De toute façon, chaque région est différente par ses paysages et ses habitants, et le monde entier est comme çà, la France aussi à ses tares , sauf que çà se voit moins.
On avait tout pour faire un paradis de l'Italie: paysages, climat, gastronomie, culture, TOUT, pour être un modèle pour le monde.
Vous avez tout ruiné par votre je m'en foutisme et çà je vous le pardonnerai jamais

Allez, sans rancune.
Un "rital" pur souche
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francois le francais

23/05/09 18:34
merci a saviona de m'avoir fait decouvrir ce aspect de l italie. Il m'explique bp de choses et me fait passer de la fiction au reel.. Je peux faire un parrallele avec la france et notement le film la "la haine" qui montre un visage aussi insipide de notre pays.
Il m arrive de penser qu'avec les elections europeennes et la concurrence des pays emergents il faudra encore plus de volonte de courage et d'energie pour erradiquer notre gangrene.
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Falegname

18/06/10 18:47
Mon grand-père, né près de Venise, avait fui Mussolini. Il était menuisier (falegname capo) et ne faisait de tort à personne. Après un périple à travers lAutriche, la Suisse, le Luxembourg et la France, il sest retrouvé à Mont-Saint-Martin pour y travailler dans les aciéries. Là cétait très dur aussi entre les Polonais et dautres nationalités. Je passe les humiliations. On lui avait même collé létiquette de « communiste » ! Bref. Quelques temps après, il a payé un passeur pour que ma grand-mère, ma mère et mes tantes viennent le rejoindre (un oncle est né en France). Cette histoire, dont jignore tout les détails, est celle dinnombrables anonymes et nos hommes politiques de tous bords feraient bien de sen souvenir
Tout ceci pour dire que ce soit le fascisme dun Mussolini, dun Berlusconi, de la camorra, ndranghetta et toutes les autres mafias, cest du pareil au même, la mainmise sur les richesses et lasservissement du peuple. (Je noublie pas le cas particulier de lEglise).
Alors quand je vois un pays détenant 80 pour cent de la richesse culturelle européenne se recouvrir dordures et de crimes, jai peur pour nos démocraties. Le comble du cynisme est atteint quand le Cavaliere accuse Roberto Saviano dêtre celui qui facilite lexpansion de la camorra ! Il faut le faire !
Je le plains cet homme et je lui souhaite du courage. Aujourdhui, à plus de 60 ans, japprends litalien et ce nest pas avec ce que je viens de lire sur MSN qui va me rassurer. Je cite le billet adressé à Roberto Saviano «Muori tu, feccia. Fai un favore al mondo ». Alors, si il y a un combat, ce serait délever Roberto Saviano au rang de « juste parmi la nation italienne ».

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