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Economie

Le sens de la technique : le numérique et le calcul

Couverture ouvrage

Bruno Bachimont
Encre Marine , 192 pages

Une approche philosophique de l’écriture numérique
[vendredi 01 juillet 2011]
Un regard particulièrement intéressant et novateur sur la place de la technologie dans notre société.

Le sens de la technique: le numérique et le calcul offre à ses lecteurs une réflexion originale et pertinente sur le rôle de la technique dans la société actuelle. Enseignant chercheur en informatique et en philosophie, Bruno Bachimont réunit dans cet ouvrage cette double compétence afin de démontrer que le numérique est une évolution s’inscrivant dans le développement général de la technique.

Pour ce faire, l’auteur propose une réflexion approfondie permettant de comprendre la technique par une approche essentiellement philosophique. Il choisit délibérément de ne pas prendre parti en faveur ou en défaveur de la technique mais d’analyser sa place et son impact sur la société. Cette position l’amène ainsi à préciser en quoi la technique permet tantôt l’émancipation tantôt l’aliénation de l’Homme.
Si la lecture de cet ouvrage peut paraître parfois quelque peu ardue, c’est avec beaucoup de pédagogie que l’auteur détaille les différentes étapes de son raisonnement et amène ainsi ses lecteurs, y compris les plus novices en la matière, à progresser dans la réflexion.

Tout d’abord, il démontre en quoi la technique peut être porteuse ou destructrice de sens. En effet, l’apparition de techniques nouvelles permet à l’Homme d’envisager des actions qui semblaient jusqu’alors impossible à réaliser voire à imaginer. En effet, toute technique recherche toujours une plus grande performance tendant ainsi constamment vers son amélioration. En cela, elle ouvre de nouveaux horizons en permettant à l’Homme de se projeter dans l’avenir. Cependant, en parallèle, la technique peut conduire à l’aliénation de l’Homme. Dans la mesure où elle peut être définit comme un dispositif c'est-à-dire comme "une organisation matérielle et spatiale capable de produire et déterminer un devenir"  , l’Homme risque de voir son rôle se réduire à celui de simple exécutant. Les tâches nouvellement automatisées intègrent ainsi les actions antérieurement effectuées par des êtres humains. L’Homme n’est alors plus perçu qu’en tant que composante du dispositif ainsi établie. Le recours à des techniques nouvelles, tout en ouvrant de nouveaux horizons à l’Homme prive donc l’avenir de sens en rendant prévisibles les conséquences de l’action humaine. Il est alors essentiel qu’une autre dimension intervienne, visant à inscrire la technique dans un contexte social. Les mécanismes de fonctionnement de toute nouvelle technologie doivent ainsi être explicités afin que la technique soit porteuse de sens.

Puis, l’auteur approfondit son raisonnement en prenant l’exemple de l’écriture. Il définit cette dernière comme un dispositif permettant "d’enregistrer et de fixer sur un support un contenu de manière à commander à travers sa lecture la délivrance d’un message et la constitution d’une interprétation"  . Le corps humain devient alors le support de cette technique.
Par ailleurs, l’écriture est le mode d’acquisition et d’appropriation des connaissances. Le passage à l’écriture numérique a ainsi fait évoluer le rapport des hommes à la connaissance. En devenant essentiellement numérique, l’écriture n’est plus inscrite de la même manière, modifiant par la même la perception du message délivré. Ainsi, tandis que l’écriture graphique véhicule l’idée que la connaissance inscrite est intangible, l’écriture numérique est caractérisée par sa constante réinscription, sans que la trace de l’inscription initiale ne soit conservée. La manipulation du contenu permise par l’écriture numérique est alors définie par l’auteur comme une "pure manipulation", c'est-à-dire que le recours au numérique à des fins d’inscription des connaissances entraîne une indifférence de la technique utilisée vis-à-vis du sens du message transcrit. En cela, l’écriture numérique diffère profondément de l’écriture graphique.

Ces deux types d’écritures génèrent alors deux types de raisonnements distincts. La naissance et le développement de l’écriture graphique a permis le développement d’un raisonnement graphique, illustré par exemple par le recours à la liste et au tableau. La généralisation de l’écriture numérique a permis l’apparition d’une nouvelle forme de raisonnement, dénommée "raison computationnelle". Cette dernière ouvre la voie à de nouvelles connaissances et à de nouveaux modes de pensée tels que la pensée en réseau. Comme toute technique, cette forme de raisonnement doit être explicitée et vulgarisée afin de ne pas annihiler l’Homme. La dimension politique de la technique pourrait ensuite être prise en compte et permettre un débat collectif visant à déterminer l’avenir de notre société. Le raisonnement s’achève ainsi sur une analyse globale offrant des perspectives de réflexion particulièrement intéressantes à tous ceux qui s’intéressent aux technologies du numérique et ce, quelle que soit leur discipline..

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