Arts et Sciences (20) : déployer un art du mélange
[mardi 28 juin 2011]



Un collectif de musiciens et d’artistes sonores, Alma Fury (Claude Besnard et Vonnick Mocholi) travaille actuellement à sa production musicale en lien avec des chercheurs scientifiques. Après avoir donné des concerts, organisé des performances, et édité des Cd., ce que le groupe continue d’ailleurs à faire, il a entrepris une série de collaborations avec le monde des sciences. En 2010, il s’associe à des astrophysiciens, Philippe Zarka (directeur de recherche CNRS à l'Observatoire de Paris) et Ismaêl Cognard (astrophysicien au radiotélescope de Nançay). Ces derniers ont fourni des fichiers d'ondes lumineuses invisibles du Soleil, de Jupiter, des Pulsars, qui ont été traduits en ondes sonores. Pour 2011, Alma Fury a pris contact avec des chercheurs en neuro-sciences : Yves Tillet, chercheur en neuro-biologie à l’INRA et intervenant à l’INSERM, ainsi qu’avec Mario Borillo, directeur de recherches au CNRS et membre du comité d’organisation des Rencontres Art et Cognition.

Dans le premier cas, avec le matériau réuni, Alma Fury a élaboré une pièce sonore poétique, mêlant des sons de la nature et des sons électroniques aux sonorités venues de l'espace. L’œuvre a été diffusée en quadriphonie dans l'habitat-son, "Volume Sonore #2" (Musée des Beaux-arts, Tours, 2010). L’habitat-son désignant un lieu d’écoute construit dans ce dessein. Cette œuvre est ainsi décrite par les compositeurs : "une composition parsemée de silences, de presque rien, de nappes de chants de grillons, de transcriptions sonores du Soleil, de Jupiter, mêlées au vent, au feuillage… et se terminant par des Pulsars rythmiques". Un art du mélange, en somme, déployé en public.
Où l’on voit surtout que le travail d’Alma Fury cherche à établir des liens entre les créations humaines et les émanations du monde naturel, sous la forme du "vivant" en particulier, de ses rythmes, sons et compositions sans destination.

A chaque édition nouvelle, le groupe conçoit une architecture sonore destinée à accompagner une écoute active et tente de la placer dans un espace public. Volume Sonore #3, en octobre 2011, sera installé dans les serres du jardin Botanique de Tours. Des concerts performances clôtureront les prestations qui s’organiseront à partir de transcriptions en ondes sonores d’ondes cérébrales.
De leur travail, les deux musiciens du groupe affirment : "Nous considérons nos architectures, que nous bâtissons nous-mêmes, comme des auditoriums transitoires, mais également comme des instruments. Nous sommes ainsi facteurs d'instruments". C’est ainsi que les compositions entrelacent ce que la nature donne à entendre et ce que les hommes imaginent, dans et autour des lieux d’écoute.

Mais pour que les travaux se constituent un public, le groupe organise également des conférences sur le lieu des installations afin d'expliquer les démarches au public. Des enseignants d'art musical et plastique dans les lycées, demandent régulièrement aux musiciens de venir présenter "Volume Sonore" aux élèves et parfois élaborent un projet d'établissement autour de ce thème.

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