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Quelle politique pour la ville aujourd'hui ? le cas du New Deal urbain
[lundi 28 mars 2011]

"Construire une ville intense et solidaire" ces mots extraits des 41 propositions de Martine Aubry nonces au Forum de la ville le 6 novembre 2010 ont lanc la nouvelle politique urbaine du Parti Socialiste. Plus quun simple regain dintrt de la gauche pour ce domaine, il sagit den faire aussi une priorit pour 2012, et de remettre la politique du logement au premier plan. La Secrtaire nationale du PS a ainsi raffirm son engagement Clamart le 16 fvrier 2011 dans son appel pour une " nouvelle politique du logement".
Entres les thmes de "rnovation urbaine" et du "mieux-vivre ensemble", quelles sont rellement ces propositions et quelle nouveaut par rapport aux prcdents plans urbains ?

Le New Deal urbain

La ligne directrice du projet repose sur lide de "rconcilier la ville et ses habitants" comme le montrent les "41 propositions pour une nouvelle socit urbaine", fruit dun travail de prs dun an avec le Laboratoire des Ides. A limage des projets urbains qui mlent la volont de fonder une nouvelle ide de la ville et des mesures pour rsoudre les crises du logement et de lintgration, on peut sinterroger sur la nouveaut dun projet dont le titre mme "New Deal" nest pas sans rappeler le fameux "Plan Marshall" quavait lanc Nicolas Sarkozy en parlant des banlieues en 2008.

Parmi les thmes de "rnovation urbaine", "crise du logement" et "mixit sociale" qui constituent les points essentiels de toute politique urbaine, les propositions reviennent sur lide de penser la ville dans sa "globalit" afin dviter les allers-retours habituels entre politique de la ville et "banlieues". Il ne sagit donc plus aujourdhui de voir la ville quartier par quartier mais de la voir comme un "tout" en alliant la fois "lconomie", "lhabitat", les "transports". Les propositions sorganisent donc autour des diffrentes fonctions de la ville : assurer un espace public "agrable et accueillant" travers une "ville durable", faciliter le dplacement et surtout rsorber le "problme de la "ghettosation"". La proposition 17 sintresse ainsi la transition "dune politique de quartiers une politique globale de la ville" travers la disparition du "zonage systmatique " au profit dun "zonage prioritaire" modulable. Cette politique "globale "veut aussi rsoudre laffrontement entre lEtat et les collectivits locales et dcentraliser les politiques urbaines  .

Cest sur ce thme que les propositions se distinguent volontairement de la politique du gouvernement en omettant de parler de la "politique scuritaire". A la place de la "dmolition des btiments "- allusion directe la politique gouvernementale-, il sagirait de "rinvestir sur le dveloppement urbain" en favorisant des partenariats avec des zones urbaines prioritaires travers une nouvelle politique de "Zones Franches urbaines Prioritaires" o le soutien de lEtat prime sur linvestissement des entreprises.
La valorisation des services publics constitue lautre point fort de ces propositions avec un renouveau en matire de services pour les habitants comme ladoption de la loi "SRU commerces et services"   qui inciterait les zones commerciales accueillir au moins 10 % de dactivits de lconomie sociale et solidaire de lartisanat et 10 % de crateurs dentreprises.
Les propositions semblent donc brasser large en accordant aussi une place au thme de la "fracture numrique", de la ville comme "lieu dinnovation " avec les 5% de cration urbaine destins encourager les projets urbains.

La priorit donne au logement


Le projet de New Deal urbain fait de la crise actuelle du logement souvent pointe du doigt une de ses priorits. "Le logement est un des sujets de proccupation majeure des franais. Nous nattendons pas 2012 pour agir partout o nous sommes. Les lus sur le terrain, font partout o ils peuvent une politique de logement social". Rappelant le rcent rapport de la fondation Abb Pierre sur le mal-logement et les 3,5 millions de franais mal logs, Martine Aubry a aussi voqu le dsengagement financier croisssant de lEtat.
On retrouve ce souci du logement dans les propositions travers notamment laugmentation des logements sociaux de 25 % au lieu de 20 % et donc un durcissement de la loi SRU  . Lautre mesure concerne les loyers et le contrle de leur augmentation : "Une famille avec enfants ne doit pas consacrer plus de 25 % de son budget ses dpenses de logement"  .

Quelle nouveaut ?

Ces propositions marquent ainsi le regain dune "volont politique" pour changer la politique de la ville, question plutt dlaisse par les politiques car trop "opaque" et relevant du domaine des "spcialistes" drivant vers le dsengagement de lEtat selon lurbaniste Emmanuel Heyraud dans son livre La politique de la ville, Matriser les dispositifs et les enjeux (Berger Levrault). Reste voir quels moyens se donne le PS pour raliser ce plan urbain. Face au bilan des annes Fadela Amara, on peut aussi se demander quelle marge de manuvre offre la politique de la ville. Le problme de ce dispositif qui relve de plusieurs ministres rside principalement dans son champ daction.

Si les projets de rnovation urbaine ne manquent pas- allant des oprations de renouvellement urbain (ORU) dans le cadre des Grands Projets de villes (GPV) dans les annes 1990 la cration de lANRU (Agence Nationale pour la rnovation urbaine) en 2003 que Jean-Louis Borloo, ministre dlgu la ville et la rnovation urbaine, avait qualifi de "chantier du sicle"  , et dont lambition tait de transformer les quartiers classs en Zones Urbaines Sensibles- on saperoit rapidement de la difficult dtre la hauteur de formules aussi ambitieuses que le "repeuplement urbain" ou "repenser la ville", face aux checs actuels.

Selon Marie-Hlne Bacqu, architecte-urbaniste et coordinatrice dun sminaire rcent sur la politique de la ville en Seine Saint-Denis, le problme actuel concerne le discours politique et sa rhtorique : "La politique de la ville depuis 2005 a approfondi deux voix qui taient dj engages et pas du tout efficaces : 1. La dmolition, 2. La politique scuritaire. Ctait une question sociale forte et pourtant aujourdhui on saperoit que tout cela ntait que des promesses. Il y a des efforts qui ont t faits certes mais ces sries doprations nont pas t menes dans le bon sens. Par exemple, sur les questions de dmolition, je ne dis pas que ce ntait pas important mais est-ce quil fallait concentrer largent l-dedans ? Ce quon voit aujourdhui, cest que la rhtorique qui sous-tendait ces procds de dmolition, portait sur "la mixit sociale" et, en fait, celle-ci sest reconfigure. De ce point de vue les rsultats de la rnovation urbaine sont trs limits." La mixit urbaine qui occupe une place dans les propositions du PS semble rester un problme majeur ds lors que lon parle de politique urbaine et complexe peut-tre traiter dans une vision "globale".

Quant au "ralisme " de la nouvelle politique urbaine du PS, Martine Aubry sappuie sur son exprience locale en tant que maire de Lille pour lgitimer son ambition  . Elle y avait mis en pratique sa politique du "care" autour du projet "Lille, ville de la solidarit" o le thme du "mieux vivre-ensemble" tait dj prsent ainsi que lengagement du citoyen comme acteur de sa ville comme le dcrit un article du journal le Monde dat de juin 2006..

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