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Michel Vauzelle et Olivier Ferrand débattent des primaires socialistes
[vendredi 25 mars 2011]

Quelle valeur donner aux primaires aujourd’hui ?

 

Suite aux résultats du premier tour des élections cantonales, la situation était pour le moins propice à une interrogation critique sur le sens des primaires pour le socialiste Michel Vauzelle et le promoteur des primaires à la française, Olivier Ferrand. Invité par le think tank Terra Nova lundi 21 mars, Michel Vauzelle a débattu au théâtre Dejazet sur la possibilité d’une alternative aux primaires face à la "catastrophe",  selon ses mots, de la situation actuelle. Il est revenu sur sa pétition lancée au début du mois qui a recueilli actuellement 18 000 signatures appelant à la fin des primaires pour revenir à une réflexion sur la candidature unique. 

 

Plus qu’un simple appel, le cri d’alarme résonnait étrangement dans le théâtre où se tenait la conférence. Michel Vauzelle pousse à s’interroger vraiment sur les problèmes du PS en vue des présidentielles. S’il a admis que certains trouveraient peut-être sa démarche "trop sentimentale ou trop naïve", celle-ci a le mérite de questionner le fonctionnement des primaires. En effet, une fois que le modèle a été étudié et importé en France, que faire surtout quand la situation politique change et que l’échéance des primaires est fixée pour octobre 2011 ? Face à lui, Olivier Ferrand, directeur de Terra Nova, qui avait coécrit avec un groupe de chercheurs et universitaires le rapport "Pour une primaire à la Française", a débattu de l’élan nouveau dont le PS aurait besoin pour faire réussir ses primaires. Plus qu’un simple appel, la remise en question était donc aussi l’occasion de redéfinir le concept des primaires et son apport nouveau au corps électoral français.

 

Crise de leadership et division

 

"La primaire a été conçue pour surmonter la fragmentation de la gauche" a déclaré Olivier Ferrand insistant sur ce risque de fragmentation au regard de l’évolution du paysage politique dont le premier tour des élections cantonales a montré les grandes tendances et la percée du Front National. Le problème qui se pose donc aujourd’hui est l’élimination du Parti socialiste au second tour avec la montée de Marine Le Pen mais aussi les divisions internes au Parti qui écartent d’emblée la candidature potentielle de Strauss-Kahn avec la fameuse phrase "Si tu es à la tête d’une institution libérale, tu ne peux pas être de gauche."

 

Le rapport de Terra Nova avait mis en valeur la "crise de leadership"au sein de la gauche française depuis Lionel Jospin, due à un problème de sélection entre les candidats. En revenant sur les défauts de la première primaire de 2006 comme le caractère fermé de l’accès à la candidature qui "limite l’accès à la candidature aux personnalités les plus établies et empêche tout renouvellement », le rapport montrait aussi comment la Primaire faisait émerger un nouveau corps électoral : les sympathisants viendraient s’ajouter aux militants. "Les exemples étrangers tendent à montrer que les primaires ouvertes ne préfigurent pas la mort, mais la transformation du militantisme en vie partisane ». Si le militant n’est plus le seul à désigner, il a d’autres rôles : l’organisation de la primaire et la mission de porte-parole du candidat. Si aujourd’hui les primaires socialistes sont "ouvertes », reste encore le problème de l’aspect "compétitif"qu’elles entretiennent entre les candidats du PS.

 

Pour Michel Vauzelle qui avait fustigé le principe des primaires dans son appel, le propos est aujourd’hui plus nuancé. Le député s’appuie surtout sur son expérience locale et la crise que connaît sa région : "on me dit partout qu’on ne veut plus de la politique de Sarkozy. Il faut donc proposer une alternative solide à la politique de la droite et un porte-parole rapidement."Le problème selon lui tient de la division de la gauche qui fausse le débat sur les primaires. 

 

Le Congrès de Reims reste marquant pour le député qui le qualifie de "désastre politique et médiatique". L’idée de Michel Vauzelle est de réduire avant tout les forces compétitives de la gauche en revenant à un système à l’ancienne avec de vraies réflexions en commun. Pour lui, l’un des éléments clefs serait la réunification derrière le vainqueur d’où la difficulté d’attendre des échéances qui sont trop éloignées par rapport au contexte actuel. Toute la difficulté reposera sur la "médiatisation"qui sera faite autour des primaires et du candidat qui émergera. La "peoplisation"des rapports de force au PS ayant déjà joué en sa défaveur.

 

Quelles solutions ? 

 

Il faut donc redéfinir selon Olivier Ferrand les dynamiques politiques qui ont fondé les primaires, la dynamique militante à travers les citoyens qui vont voter et les sympathisants qui vont devenir des militants. "Il faut réellement recréer un parti de masse". A cela s’ajoute une dynamique personnelle qui doit animer chacun des partisans des primaires. Selon Alain Bergounioux historien et politologue qui a participé au rapport de Terra Nova, "Ce n'est pas une question d'organisation. C’est une question de principe: faut-il ouvrir oui ou non, le choix du candidat socialiste à l’élection présidentielle à un large électorat ? Revenir à une désignation dans un congrès n’effacerait pas les rivalités et ne donnerait pas nécessairement un résultat incontestable. Le parti ne perd pas son rôle, il est l’organisateur et peut élargir fortement le cercle de ses sympathisants. Ensuite, le succès dépend surtout de la responsabilité des acteurs.”

Olivier Ferrand est aussi revenu sur deux exemples qui montrent l’apport démocratique des primaires : celle de Georgios Papandréou qui avait inauguré la première primaire socialiste en Europe. Sa légitimité venait non pas du parti qui était "corrompu" mais des citoyens qui l’avaient porté au pouvoir. Pour Olivier Ferrand l’importance de la Primaire se situe dans la "jubilation participative" qu’instaure ce droit nouveau. Son autre exemple relève d’une expérience plus locale quand il était Maire adjoint du 3e arrondissement de Paris, celle du carreau du temple où,  pour un projet architectural, un tiers des personnes du quartier s’étaient déplacées pour voter. Cette anecdote sert ainsi à démontrer que la démocratie participative doit être partout et c’est sur cette note d’optimisme qu’Olivier Ferrand a clos le débat.

 
A lire également sur nonfiction.fr :
 

-Michel Vauzelle lance l'assaut contre les primaires par Lilia Blaise

 
Pour aller plus loin :
 

-Le dossier Terra Nova sur les primaires 

 

-L'appel de Michel Vauzelle sur le site pour un nouveau front républicain.

 
 
 

 

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