Quelques semaines après la fin de la Coupe du monde de football en Afrique du Sud, les yeux se tournent vers le prochain grand événement sportif mondial, les Jeux olympiques, qui auront lieu à Londres en 2012. Un article de The Economist du 22 juillet présente dès à présent les différents enjeux politiques et économiques que représente un tel événement pour une ville comme la capitale britannique, qui accueillera les Jeux pour la troisième fois de son histoire, après 1908 et 1948.

 

L’auteur commence par une comparaison avec les Jeux de l’après-guerre, “The Austerity Olympics” de 1948 pendant lesquels les dépenses avaient été limitées au maximum : aucun nouveau stade et hébergement des athlètes dans des écoles ou des cabanes en bois. On imagine difficilement les stars d’aujourd’hui se contenter de si peu… Le gouvernement de Gordon Brown avait prévu 9,3 milliards de livres (11 milliards d’euros) pour ces Jeux, et celui de David Cameron n’est pas revenu sur cette décision. "Why pay so much for a few weeks’ sport? The answer in London is the answer anywhere: politicians in places playing host to big sporting events, above all the Olympics or the football World Cup, see the huge sums required as worthwhile investment, not frivolous consumption” [“Pourquoi payer si cher quelques semaines de sport ? La réponse de Londres est la même qu’ailleurs : les hommes politiques en place, hôtes d'événements sportifs importants, surtout les Jeux olympiques ou la Coupe du monde, voient les sommes énormes nécessaires comme un investissement valant la peine, non comme de la consommation frivole"].

 

Dans une période de rigueur économique, le budget annoncé d’un tel événement peut ainsi paraître problématique. Sur ces 9,3 milliards, près de 6.2 proviennent en effet de l’Etat  . Environ 8 miliards de livres ont été attribués à l’Olympic Delivery Authority (ODA) qui s’occupe, notamment de la construction du parc olympique  . L’ODA prépare déjà également l’après Jeux olympiques, puisque le Village olympique deviendra ensuite des logements sociaux et privés.

 

Car c’est là que réside l’un des challenges économiques importants des Jeux pour Londres : restaurer plusieurs secteurs pauvres de l’est de la ville. Selon Roger Taylor, représentant un comité du secteur, treize des quinze quartiers les plus démunis de la ville se trouvent ainsi à cet endroit : "The Olympic Park covers 290 acres of what used to be the grubby, industrial bit of town, downwind and downstream of richer nostrils farther west" ["Le parc olympique couvre 290 acres de ce qui était la partie crasseuse et industrielle de la ville, sous le vent et en aval des plus riches narines à l'ouest"].

 

La réhabilitation de cette zone devrait aussi créer de l’emploi et améliorer ainsi la vie des habitants de ces quartiers ; cependant, seul un cinquième des ouvriers travaillant sur le site y habite également, ce qui semble trop peu pour réellement mettre en valeur ces quartiers et leurs habitants.  "The 2012 Olympics are, in effect, a gamble on reviving the capital’s poorest districts” ["Les Jeux olympiques de 2012 sont, en effet, un pari sur la relance de districts les plus pauvres de la capitale"].

 

Tout comme le Mondial de football présentait un challenge, réussi selon de nombreux spécialistes, pour l’Afrique du Sud, les Jeux de la trentième olympiade de l’ère moderne, qui se tiendront du 27 juillet au 12 août 2012, soulèvent ainsi différentes questions tant économiques que politiques, et l’une des plus importantes reste la capacité des organisateurs à restaurer des quartiers défavorisés et permettre à leurs populations de tirer bénéfice de l’événement#nf#

 

* "The 2012 Olympics : The greatest sideshow on Earth", The Economist, 22 juillet 2010.