Psychologie

Le crépuscule d'une idole

Couverture ouvrage

Michel Onfray
Grasset , 624 pages

Tout contre Freud
[mercredi 28 avril 2010]


Le crépuscule d'une idole est une contribution à un genre ancien qui accompagne le mouvement freudien depuis un siècle : l'essai antifreudien. La nouveauté : servir d'arme symbolique de divulgation dans l'arène médiatique avant même la sortie du texte.

* Cet ouvrage a été publié avec l’aide du Centre national du livre.

 

Le crépuscule d'une idole est une contribution à un genre ancien qui accompagne le mouvement freudien depuis un siècle : l'essai antifreudien. Invariablement, la formule centrale se résume ainsi :
 
(i.) Freud est le père de la psychanalyse
(ii.) Or, Freud a un certain nombre de vices
(iii.) Donc la psychanalyse est sujette à caution
 
Chacun reconnaîtra immédiatement un sophisme bien connu, mais d'une redoutable efficacité dans l'arène médiatique où les réputations sont en jeu : l'argument ad hominem. L'objectif est de discréditer un discours ou une proposition en l'associant à la conduite et à la personnalité de son auteur  . Evidemment, chaque essayiste a une originalité dans sa mise en oeuvre : l'intensité du répertoire polémique, le procédé de la critique morale et surtout, l'ingrédient essentiel, la nouveauté des vices reprochés (prémisse ii.).


Freud contre Freud

Dans son ouvrage en cinq grandes parties couronnées par une bibliographie commentée de vingt pages, Michel Onfray propose une version méthodologique de cet argument : "la psychobiographie nietzschéenne" (p. 94). En pensant le corpus de Freud comme symptôme théorique de son propre corps, l'objectif est de briser une dizaine de clichés concernant la psychanalyse (p. 28). A cet égard, l'ouvrage commence sur une contradiction : l'un des premiers clichés, diffusé par les "élites intellectuelles", "l'historiographie dominante" et la "machinerie idéologique" (p.30), est le Freud philosophe du programme officiel de philosophie. Or, c'est justement le postulat majeur de son ouvrage : Freud n'est qu'un philosophe et sa philosophie le panse plutôt qu'il ne l'a pensé. Voilà Freud réduit à son autobiographie et la psychanalyse à la singularité de son géniteur  . Bref, la tautologie se veut meurtrière : la psychanalyse n'est pas une science portant sur l'universel et la vérité. C'est d'ailleurs ce qui fonde la redoutable thèse de l'auteur : "la psychanalyse (...) est une discipline vraie et juste tant qu'elle concerne Freud et personne d'autre" (p. 39). C'est la version radicale, à la lettre, de la première prémisse : mieux vaut tuer la poule dans l'oeuf.

Toute l'ambiguité de la démarche repose dans l'appel aux "armes rationnelles de l'histoire" (p.34) et le recours aux "historiens critiques" (i.e. des antifreudiens !) tout en se prétendant généalogiste. Comment le nominaliste – qui s'intéresse aux valeurs des faits – peut-il prétendre en même temps au bienfait du positivisme – qui s'intéresse aux faits supposés neutres ? Comment se dire au-delà du bien et du mal (la morale moralisatrice) et ne cesser de juger de la valeur morale des faits en moraliste ? Comment peut-on d'une main brûler un cliché, puis de l'autre en proposer un nouveau   ? En plus du lien entre vices   et concepts pro domo (e.g. la sublimation, p. 160), Michel Onfray propose en effet une lecture personnelle des incohérences morales que l'on peut exhiber à la lumière d'une comparaison entre les textes de Freud et de sa correspondance  . Logiquement, les arguments historiques ne peuvent rien objecter à cette façon de reconstruire un portrait moral. Le problème général que pose la démarche, et qui est bien dans l'air du temps, est le retour de la question morale dans le débat public. Il est donc piquant de constater combien c'est le nihiliste lui-même qui suppose l'existence d'une morale aujourd'hui bafouée : pour Michel Onfray, le philosophe se doit d'être vertueux et cohérent. Et Freud n'est pas un innocent... Les antifreudiens ne sont donc pas des historiens, mais bien des iconoclastes.


Freudocentrisme

Or, l'iconoclaste est le pendant de l'idolâtre. L'idolâtre freudien a existé, il a même constitué un obstacle épistémologique au développement de l'histoire de la médecine mentale  , mais il a disparu depuis bien longtemps. C'est à cette période aujourd'hui révolue que l'iconoclaste continue à se référer en parlant de "légende" freudienne et des odieuses nourrices qui l'ont colportée. Très sérieusement, il veut faire rire. Au nom du rationalisme, il dénonce. Mais le rationalisme prosélyte des entrepreneurs de morale qui apportent la bonne parole et traquent les nouvelles religions (conclusion iii.) n'est pas le rationalisme critique des philosophes des sciences qui s'attachent à penser la spécificité et les difficultés d'une région épistémique comme celle de la psychanalyse. Car dès lors, il conviendrait de prendre un véritable risque intellectuel en provoquant une controverse scientifique dans l’arène académique. Au lieu de quoi, à l'instar des chasseurs de superstitions, on trouve sous la plume de l'auteur des jugements sans équivoque sur la "supercherie" (p. 142), la "fantaisie personnelle" (p. 145), la "magie" (p. 265 et p. 376) du Freud "Shaman" (p. 437) exploitant un "vieux fonds irrationnel" (p. 441). Marcel Mauss, qui lisait Freud, aurait certainement été étonné de se voir ainsi embarqué (p.444) dans cette drôle d'histoire qui tombe à pic dans un contexte politique qui vante les mérites de la modernisation !

Paradoxalement, l'iconoclaste n'est pas seulement contre Freud, il est tout contre Freud. Il produit du freudocentrisme, car il a besoin de Freud en personne et uniquement de lui (prémisse i.). L'histoire de la psychanalyse sans Freud devient en effet problématique et incompréhensible ; la psychanalyse d'aujourd'hui est réduite à une religion archaïque, "survivance" de croyances absurdes auxquelles les analysants adhèrent sans distance et protégée par une armée de prêtres malveillants. Il suffit pourtant de sortir des textes et d'un passé aujourd'hui révolu pour constater le renouvellement de la psychanalyse, ses multiples rectifications et la transformation de sa pratique. Mais l'iconoclaste ne s'intéresse pas à l'aujourd'hui car il demeure un peu idolâtre pour achever sa tâche. Comment ses extrapolations abusives à l'égard de La psychanalyse pourait-elle d'ailleurs fonctionner ? Pour autant, l’iconoclaste au gant blanc n'est pas un meurtrier ni même un véritable freudicide, car il ne s'occupe que des clichés. La malédiction condamne même l'iconoclaste à dégrader indéfiniment la psychanalyse sans jamais y parvenir complètement... Pourtant, une seule balle suffirait pour liquider Freud : l'indifférence. Avec un silencieux, évidemment. Le brouhaha ne facilite pas la tâche. Et déjà, les lecteurs se hâtent sur les étalages pour redécouvrir l'oeuvre de Freud... Il faudra, un jour prochain, tout recommencer.


Une arme symbolique non conventionelle : Freud = Fraude

A défaut d'indifférence et de silencieux, il convient de noter la violence du procédé et sa nouveauté. L'essai se veut un instrument de divulgation bien avant la parution du texte. Avant d'être le contenu d'un texte, la divulgation est un message médiatique dans un contexte qui s'enflamme comme une traînée de poudre selon les règles de l'art des grands médias. De ce fait, le discours de l'auteur est une arme symbolique de destruction massive de la critique bien au-delà des freudiens : l'arène médiatique dissuade aisément la plupart des spécialistes de la question d'intervenir sereinement. Et il faut bien se demander dans quelle mesure ce type d'arme non conventionnel risque à l'avenir de proliférer... Ainsi, un message plein d'emphase circule sur les ondes, prépare soignement la sortie de l'ouvrage et provoque évidemment la polémique. Il réactive un vieux stéréotype : la psychanalyse est une idéologie bourgeoise fausse qui coûte cher. La souffrance psychique qu'elle prend en charge ne vaut pas autant que la véritable souffrance sociale. Là encore, le généalogiste se fait moraliste en invoquant une hiérarchie des valeurs. Il est même piquant de constater qu'il s'agit encore de défoncer bruyamment une porte ouverte : les freudiens sont politisés de longue date et ils sont justement les principaux promoteurs de la clinique de la souffrance au travail ou même de la clinique de la précarité en allant à la rencontre des déssafiliés... la misère (comme d'ailleurs les grands débats de société) s'invite sur le divan et les psychanalystes sortent depuis longtemps de leurs cabinets freutrés  . Mais dans ce brouhaha, qui peut encore l'entendre ?

La posture de la divulgation ("on ne nous dit pas tout !") est liée à la position objective de l'essayiste dans le champ intellectuel. Il a un impact sur la forme de l'argumentation, la portée médiatique, la durée et l'issue de la polémique. Dans ce cas, l'iconoclaste est aussi une icône du champ intellectuel dont le système d'opposition et la radicalité structure de longue date son audience. En dénonçant la psychanalyse dans les médias, il participe tout autant à "l'appareil de domination idéologique" (p. 453). En captant les rieurs, il est toujours du bon côté : le corps, le plaisir, l'existence, le populaire, le régional, la satire, la liberté, l'anti-institutionnel, etc. Or, jouer des facilités de l'existence contre les obligations de la logique, c'est pourtant amputer la philosophie de sa tension essentielle  . Tenter de doubler les freudiens sur leur gauche peut également s'avérer une conduite bien imprudente dans une conjoncture où précisément une partie de la critique sociale repose sur eux  . Mais dans l’esprit de l’auteur du Crépuscule d’une idole, le freudien tombe immanquablement du mauvais côté : n'est-il pas un parfait représentant de l'arrogance intellectuelle de cette petite élite parisienne de bourgeois peine-à-jouir se complaisant dans l'ascétisme et les discours creux ?

Le piège était presque parfait.

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30 commentaires

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londo

29/04/10 11:51
« (i.) Freud est le père de la psychanalyse
(ii.) Or, Freud a un certain nombre de vices
(iii.) Donc la psychanalyse est sujette à caution

Chacun reconnaîtra immédiatement un sophisme bien connu »

Oui, en effet, un sophisme que vous inventez vous-même d'ailleurs (ce qui est aussi un sophisme - l'homme de paille), le raisonnement étant en réalité :

(i.) Freud est le père de la psychanalyse ;
(ii.) Or, Freud a truqué un certain nombre de résultats ,
(iii.) Donc la psychanalyse est sujette à caution.
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Samuel Lz

29/04/10 12:59
Le sophisme de "l'homme de paille" consiste à présenter la position de son adversaire de façon volontairement erronée pour en faciliter la réfutation.

Pourquoi alors reprendre mon "invention" pour spécifier un "vice" (truquer des résultats) ?

Pourquoi ne pas apporter un correctif à ce qui est selon vous erroné dans le raisonnement, plutôt que dans une prémisse ?
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londo

29/04/10 13:17
« Pourquoi alors reprendre mon "invention" pour spécifier un "vice" »

sic...
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Samuel Lz

29/04/10 13:49
Les guillemets indiquent à la fois la reprise de votre reproche d'invention ("un sophisme que vous inventez vous-mêmes") et mon scepticisme à l'égard de ce reproche. Le "sic" est un jeu rhétorique divertissant qui peu d'ailleurs durer longtemps sans éclairer le lecteur sur l'essentiel de votre reproche : la véritable position cachée selon vous par "l'homme de paille". Le lecteur est en droit de vous demander des précisions.
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londo

29/04/10 14:21
Je suis sûr qu'à part vous, tout autre lecteur aura parfaitement compris, vu que je me suis exprimé clairement. Je n'ai évidemment pas repris votre invention, ni spécifier un « vice », soyons sérieux, un peu.
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Samuel Lz

29/04/10 16:13
L'essentiel, en effet, c'est la compréhension des lecteurs.

Néanmoins, sans vouloir abuser de votre temps, je serais tout à fait intéressé que vous m'expliquiez en privée (via mon courriel) ce que je suis seul à ne pas avoir bien compris.
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Axel

29/04/10 16:30
Tout a fait en accord avec le commentaire précédent.

« L'idolâtre freudien a existé, il a même constitué un obstacle épistémologique au développement de l'histoire de la médecine mentale , mais il a disparu depuis bien longtemps. »

Je n'en ai pas l'impression à lecture de ce plaidoyer Freudolâtre...
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Axel

29/04/10 16:32
N'ayant pas vu les autres contributions, je précise que mon accord allait au commentaire initial : 29/04/10 11:51 de Londo ;)
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Samuel Lz

29/04/10 16:37
En quoi ce texte est-il un "Plaidoyer freudolâtre"?
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Axel

29/04/10 16:48
Je vous ai écouté jeudi dernier dans lémission « du Grain à moudre », lors de votre débat avec Michel Onfray. Vous avez pu y exprimer votre point de vue, et dans les faits vous naviez que peu dargument à lui opposer.

Vous prenez aujourdhui une revanche à bon compte. Ce nest pas ce que jappelle une critique objective et neutre (ni un procédé très élégant).
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paulinho

30/04/10 14:15
depuis sa naissance, la psychanalyse a toujours été critiquée pour de trés bonnes ou de trés mauvaises raisons , c'est selon.
Avez-vous lu le commentaire de bernard maris , oui, oui, l'économiste, il
complète votre analyse à sa façon , rappelant quelque chose d'essentiel,
que Freud partageait aussi .....l'HUMOUR !
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paulinho

30/04/10 14:35
pardon, j'ai oublié une dernère remarque concernant la valeur accordée par "London" aux résultats. un critère, ah oui, et quel critère
qu'heureusement notre époque- pourtant dans une triste crise -,
n'a pas oublié : oui, des résultats, on en demande , on en demande !

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Michel

30/04/10 20:40
Je n'ai pas encore lu le livre d'Onfray, mais il participe du procédé récurent de ses promotions de livres : faire beaucoup de bruit médiatique en adoptant la position du censeur des vérités philosophiques. Dire la vérité pour lui ne peut être énoncé qu'hors du canal de l'enseignement officiel - vague digestion de la vérité à la marge selon Foucault - et en affirmant l'idée la plus iconoclaste possible qui fait effet de vérité parce que justement énoncée à la marge. Alors le Freud, qui est étudié dans le cadre de la notion d'inconscient pour le Baccalauréat, est admis selon Onfray par l'Institution scolaire sans critique sans doute parce qu'il sert sa "vérité". Ce qui montre que la liberté critique de l'enseignant lui a sans doute toujours été inconnue. Et là il nous fait le coup de la liberté du penseur à la marge qui va nous dire ce que les profs et l'Institution masquent sur Freud, en parallèle avec l'Instituion psychanalytique. Freud comme effet d'un pouvoir qui énonce le vrai et qu'Onfray le chevalier pourfend. Et il instrumentalise sa lecture de l'Avant-Propos du "Gai Savoir" de Nietzsche en nous faisant croire que Nietzsche, l'auteur anti-pouvoir par excellence, nous donne la clé de lecture de Freud, l'homme du pouvoir. Or s'il limite sa compréhension d'un tel texte, qui a d'autres significations quand même, à une critique biographique des oeuvres ! On retourne à la critique biographique qui semblait abolie depuis Proust et Barthes. Mais sans doute que tous les moyens sont bons pour faire de la provocation. Onfray contre le pouvoir des Institutions, mais avec le pouvoir de la Publicité. Quel choix de philosophie avons-nous à faire ?
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sergeuleski

30/04/10 20:52
Pour rebondir et prolonger...

__________

Les nouveaux vampires

***


"Mon diagnostic à votre sujet reste valide : vous souffrez bien d'une perte de substance et vous avez servi une organisation de l'existence dans laquelle vous n'aviez aucun devenir propre

- Vraiment ?

- Oui.

- Vous savez, récemment, j'ai pensé à quelque chose. Mais bon, je ne sais pas si je dois vous en parler...

- Dites toujours.

- Dernièrement, j'ai pensé aller voir un psychanalyste. Je me suis dit que je pourrais peut-être arracher un sursis, un délai supplémentaire auprès de lui...

- Ne faites pas ça malheureux ! Les psychanalystes ? Ils expliquent tout mais ils ne prouvent rien. Ce sont des avortons, des rejetons au service dune pensée totalitaire qui ne reconnaît même pas lindividu en tant quindividu : lindividu dans sa singularité et son questionnement et la pertinence de ce questionnement face aux réalités d'un monde cadenassé.

- Auprès de lui, je ferai le forcing. Il paraît que ça marche : la parole, la confession, lintrospection, ça occupe et ça libère aussi. Et puis, se souvenir, cest oublier... tout !

- Ecoutez-moi ! Devant eux, tout oiseau se retrouve déplumé. Ils vous écoutent et se taisent pour mieux vous évaluer, obséquieux et condescendants. Vous vous découvrez, vous baissez votre garde et hop ! Une fois désarmé, à poil et le dos tourné, le verdict tombe. À leurs oreilles, toutes les expériences se valent. Cest le même diagnostic et ce, pour tout le monde. Linterprétation du monde cest leur dada, leur domaine exclusif, leur chasse gardée. Si vous souhaitez savoir qui vous êtes et comprendre le monde qui vous entoure, ne foutez pas les pieds chez les psychanalystes. Ils ne vous apporteront quune analyse de psychanalyste et comme vous nêtes pas psychanalyste, vous ne serez pas plus avancé. Dites-vous bien une chose : ce que nous sommes... en dehors de notre désir irrésistible de vouloir coucher et sodomiser nos mères, nos pères, nos frères et surs, nos animaux de compagnie et la planète tout entière, en attendant de pouvoir les trucider tous, autant quils sont, ce que nous sommes... devrait être le fruit d'un affranchissement total car lhomme qui souffre nest pas seulement un homme qui souffre parce quil fait fausse route et que les profondeurs de son esprit recèlent détranges pulsions capables de le conduire dans lerreur et le fourvoiement ; pulsions que seuls les psychanalystes ont la prétention de rendre intelligibles. Lhomme qui souffre cest aussi un homme que lon fait souffrir. Le cauchemar, c'est pas maman, papa, la bonne et Dieu sait qui d'autre ! Le cauchemar, c'est cette société sans fraternité, cette société à la compassion sélective et intermittente, comme au spectacle. On peut être sûr dune chose : la psychanalyse ne fait du bien qu'aux psychanalystes. La psychanalyse ne soigne que les psys. Il faut voir comme ils en redemandent... et ils sont bien les seuls.

- Bon. Disons que je n'ai rien dit. Et puis, je n'ai même pas commencé les démarches. C'était juste une idée. Inutile de vous agiter.
- Privée de ses génies et de ses apprentis sorciers surréalistes, la psychanalyse n'est servie que par des voyeurs sans talent, des pompeurs dexpériences, doxygène et de salive. Ils vous assèchent lentement car ils nen ont jamais assez. Si vous cessez de leur parler, je crois, quils meurent. Oui ! Monsieur ! Un psychanalyste qui na plus de patients meurt vidé de son sang parce que son sang... cest votre sang ! Ce sont des sangsues qui se font passer pour des ventouses médicinales. Les nouveaux vampires de nos sociétés déboussolées, ce sont eux ! Alors... si vous refusez de vivre, devenez psychanalyste ! Et vos patients qui... eux... ont pris tous les risques... vos patients vous diront tout ce que vous avez besoin de savoir. Pas étonnant qu'ils aient si peur de l'évaluation et du regard des autres tous ces psys défroqués : une peur viscérale de se confronter à la réalité. Plus ignorant quun psy, vous ne trouverez pas car avec eux, celui qui sait nest pas celui qui fait mais... celui qui regarde faire. Ils ont dans leur analyse, le recul de ceux qui, immobiles et morts de trouille, refuseront toujours de vivre car, vivre c'est aussi et surtout, prendre le risque de ne jamais pouvoir oublier tout ce dont on ne souhaite pas se souvenir. Et ça, ça ne leur a pas échappé, tout conscients qu'ils sont... eux !"



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un exangue

30/04/10 23:05
Qu'est-ce qu'il lui a pris au Michel? Je partage le sentiment (et l'argumentation) de BHL, dont je ne suis habituellement pas un fan, dans son commentaire dans Le Point. Quelqu'un a écrit que son livre relevait du genre "Je vais vous expliquer pourquoi la philosophie est une imposture à partir de la pauvre vie de St Augustin". Quant aux fossoyeurs de la psychanalyse, ils n'ont pas de questions sur leur véhémence, donc je n'ai rien à leur dire. Je constate quotidiennement que le nombre de déprimés augmente, que des enfants en bas âge sont de plus en plus nombreux à être "ritalinés", que coaching a probablement un chiffre d'affaire supérieur aux honoraires de psychanalyste, qu'une nouvelle mouture du DSM va encore nous étendre le nombre de "troubles comportementaux", à la grande satisfaction des labos pharmaceutiques, que chaque année apporte sa thérapie miracle - validée scientifiquement, excusez du peu - d'outre atlantique. TCC dites vous, cela me fait penser à Jean Rostand qui disait: "pour marcher au pas une moelle épinière suffit".
Une dernière constatation: Onfray est le porte-parole de l'hédoniste, peut-être. Mais alors pourquoi ne donne t-il pas l'image d'une joie de vivre rayonnante?
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ggmaths

01/05/10 10:16
Petite remarque : Onfray publie un livre tous les 90 jours depuis 2008 (visite son site)...Pourquoi en parle-t-on autant alors qu'il est évident que son travail manque de profondeur, d'objectivité? Onfray nous invite à l'hédonisme mais ses journées sont si longues qu'il peut lire , réfléchir et écrire des dizaines de pages par jours, tout en profitant de la vie... Onfray est-il lui-même cohérent?
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baal

01/05/10 11:51
Le nouvel étouffe-chrétien dOnfray est accablant pour son auteur et pour ce quil dit du niveau du débat intellectuel en France. Etre obligé de se positionner par rapport à ça, voir la Une de grands journaux (Libération) participer au lancement de ce livre vain ! (comment Libération peut ensuite continuer à se réclamer de Foucault, Deleuze ou Derrida ?)
Je pense que larticle de Nonfiction nest nullement « freudolâtre » et quil sattaque à Onfray de la bonne manière : le degré zéro de la réflexion épistémologique qui caractérise cet auteur, ce curieux mélange de posture démystificatrice et de naïveté positiviste. Dieu sait que la psychanalyse pose dinnombrables questions épistémologiques. Onfray nen aborde, nen voit aucune. On lira plutôt Pierre-Henri Castel, A quoi résiste la psychanalyse ? (PUF).
Lautre manière de sattaquer à Onfray, qui devient franchement envahissant, cest de dégonfler limposture intellectuelle et médiatique que constituent le personnage (son côté populiste, sa démagogie anti-universitaire, son rappel constant de ses origines modestes, , et pendant ce temps, le portefeuille qui gonfle, qui gonfle) et sa production prolifique. A quand sur Onfray léquivalent des livres parus sur BHL ?
France-Culture nous inflige chaque été depuis des années, tous les jours pendant un mois, les cours dOnfray à son « université populaire » : rien de mieux pour prendre la mesure de lenvergure intellectuelle de celui qui veut remettre à leur place Platon, saint Paul, Kant et Freud : un ramassis de lieux communs (toujours présentés comme des découvertes, des scoops), une naïveté herméneutique confondante, un aveuglement philologique consternant (un peu gênant pour ce tenant du « retour aux textes», quOnfray est toujours le seul à avoir réellement lus), le tout prononcé sur un ton dautorité devant un public de non philosophes dont il obtient à volonté des rires faciles par des piques adressés à linstitution universitaire ou à la grande traditition philosophique. « Kant nétait jamais sorti de Koenigsberg ! Ouaf, ouaf, ouaf. Tout porte à penser quil était puceau (sic) Ouaf, ouaf, ouaf. »
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Michelon Frais

01/05/10 14:43
Tout au long des dix années et plus de l'Université populaire de Caen j'ai entendu MO se référer quasi systématiquement à l'outil analytique pour étayer les propositions offertes à la méditation de sont auditoire (MO y reconnaît là peut-être la prévalence du sujet dans l'approche analytique...?). La psychanalyse a tout à gagner, dans le rapport frontal avec les ambivalentes théories comportementalistes de ces dernières années, en opérant, sur le mode pénélopien, une déconstruction et une critique de Freud et du (des) freudisme(s). La psychanalyse est un socle solide et plus elle sera "malmenée" plus elle nous permettra d'accéder à une meilleur connaissance de soi et du monde (sculpture esquissée par O.). Je crains deviner nonobstant dans le ton de vos commentaires comme une vague (de) condescendance agacée envers celui qui c'est écarté de la Doxa universitaire pour rendre la démarche philosophique compréhensible, accessible à tout un chacun souhaitant en découvrir les richesses. Pour ma part, je termine l'étude de "Quelle philosophie pour demain" de Marcel Conche dont Raphaël Enthoven-le-satané-platonicien m'a communiqué le désir de lecture pour bientôt ouvrir avec une belle impatience le bouquin de Mr. Onfray-le-sacré-matérialiste-hédoniste qui m'attend sur la table de chevet! Pour terminer je tiens à dire combien le soutien de Michel Onfray (toute distance critique sans cesse maintenue) à l'entreprise indispensable et foutraque de Siné-Hebdo qui vient de s'achever, hélas, cette semaine, m'a aidé en ces temps douloureux de tourmentes incessantes (je suis libraire indépendant en première ligne des coups portés à la pensée critique et non à l'abri d'une confortable carrière). Enfin, le succès médiatique de Michel Onfray n'a rien à voir avec celui, bien plus relatif ce disant, que celui de BHL.
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@Michelon Frais

01/05/10 18:45
Dix ans chez Onfray ! A ce tarif-là vous auriez mieux fait de faire une analyse...
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JC

02/05/10 19:10
Je suis toujous surpris à la fois de la vivacité des réactions suscitées par les remises en cause de la psychanalyse (voir par exemple les réponses à l'article dans "la recherche", ou les réactions sur le blog de JM Abrassart http://scepticismescientifique.blogspot.com/2009/10/michel-onfray-denonce-la-psychanalyse.html), et de l'incompréhension entre leur deux visions du monde. Dans ces débats, on se permet toutes les attaques. Elle reste rarement dans le seul domaine objectif. En définitive, on s'apperçoit que les antis et les pours sont dans l'incompréhension car ils partagent peu d'éléments de "discours", qu'ils ont des notions différentes de la rationnalité, et pour la psychanalyse, souvent une rationnalité toute relative...
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Komintern

03/05/10 16:39
Je suis surpris de la virulence des propos ici.
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pikasso02

16/05/10 19:06
Avec Freud, des écrivains peuvent proposer des idées nouvelles concernant cet homme qui joua un rôle important au 20ème siècle. Bravo! Pourquoi avec Pablo Picasso, qui joua un rôle tout aussi important, est-il impossible de faire connaître une découverte, preuves à l'appui, concernant une technique qu'il utilisa pour élaborer ses oeuvres? Comment expliquer que personnes n'accepte cette idée possible? J'ai décidé de vous donner les preuves en essayant d'être le plus clair sur http://voirenfinpicasso.blogspot.com/. Je démontre que la première oeuvre construite avec cette technique, est "Les Demoiselles d'Avignon". Tout ce qui allait suivre, est élaboré avec cette technique. Merci à Freud et à Michel Onfray. Espère des réactions.
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sissa

19/05/10 16:28
L'argument fondamental de l'article, c'est d'expliquer que s'attaquer à Freud, cela ne dit rien sur la validité de la psychanalyse, de la même manière que de s'en prendre au personnage d'Einstein ne pourrait en rien réfuter la relativité.
En règle générale, l'attaque ad hominem n'a évidemment rien aucune valeur.
Cependant, pour ce qui est du travail du médecin autrichien, deux particularités se dégagent. La première, c'est que la psychanalyse est censée permettre une transformation de l'individu grâce à l'exploration de son inconscient. On en droit de se demander alors quel a été son effet sur Freud lui-même.
La deuxième chose, c'est le caractère unique et non reproductible de la découverte de l'inconscient. Le seul témoin que nous avons de cette découverte, c'est Freud lui-même. Il se trouve alors que s'interroger sur la fiabilité du témoin est alors tout à fait pertinent.
Au final, il y a aussi un autre point essentiel concernant la critique historique, c'est la façon dont Freud s'est isolé de la communauté scientifique en repliant la psychanalyse sur elle-même et en excluant les dissidents. Cette attitude sectaire relève d'une méthodologie douteuse, et il ne me semble pas qu'une rupture avec ces méthodes ait eu lieu depuis.
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Au point

24/05/10 19:07
@Sissa et alii.

"L'argument fondamental de l'article... ". Il ne semble pas que vous avez moins lu ce qui est écrit que ce que vous avez voulu entendre. L'article dit que la critique faite par Onfray est primo, orientée et non objective, sans nuances donc, secundo orientée par une ambition d'une nouvelle morale se présentant comme amorale, "nietzschéenne", autant dire une obscurité qui se veut solaire.

"... la psychanalyse est censée permettre une transformation..." Nullement. Si c'était le cas, la psychanalyse ressemblerait effectivement au fantasme qu'en a Onfray et d'autres. Ce serait une nouvelle secte, une nouvelle église d'un homme transformé. La demande du psychanalysant est différente et personnelle à chaque fois mais elle s'adresse à un psychanalyste, et non à un prêtre ou un moraliste, par ce qu'elle procède d'un besoin d'aller mieux, c'est à dire bien souvent d'éviter tout simplement la mort, avec une ambition modeste de pouvoir travailler et aimer. Le psychanalysant ne se transforme pas, il arrive simplement à vivre en aménageant sa vie avec ce qu'il est près à envisager, ou à refouler, des causes qui détermient sa vie, en acceptant de considérer de ces causes ce qui procède de la logique de son propre désir: "Quelle part prends tu au mal dont tu te plains ?".

"... le caractère unique et non reproductible de la découverte de l'inconscient. Le seul témoin que nous avons de cette découverte, c'est Freud lui-même..." Encore un fantasme sur la psycahanlyse. Freud n'a jamais, à proprement dit, revendiqué la découverte de l'insconscient. Ce qu'il a inventé, c'est le mécanisme du fonctionnment de l'inconscient, le refoulement, et parallèllement la forclusion, chose parfaitement observée avec toutes les conditons de reproductibilité que vous voulez.

C'est facile de médire des psychanlystes, d'autant qu'un certain nombres ne s'est pas montré toujours très honnête, comme dans toute communauté scientifique. Il y a beaucoup de querelles d'écoles à ce sujet. Chacun se croit autorisé à critiquer la psychanalyse mais personne ne critique les théories de sismologie utilisées dans le génie civile. Pourtant, la question est autrement plus technique et complexe. Quant vous aurez étudié la sismologie, vous serez peut être amener à vous prononcer sur celle ci. Quant vous aurez appris ce que c'est qu'une "verwerfung", un déclenchement, un barrage, un phénomène élémentaire, une répétition névrotique, une astasie abasie, un point de jouïssance, etc. vous serez peut être amené à vous prononcer sur la validité de la théorie, et vous apporterez votre contribution.

La critique d'Onfray a autant d'intérêt que celle qu'il ne manquera pas de formuler bientôt sur les équations de Fourrier utilisées dans les constructions en béton. Mais comme son livre répond à un fantasme vulgaire de la psychanalyse, il (ou plutôt son équipe de nègres) fait un succès de librairie.
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frdm.fr

01/06/10 19:23
À propos de laffaire Onfreud :
http://www.facebook.com/notes/psychanalogie/en-realite-michel-onfray-veut-sauver-la-psychanalyse-contre-freud-et-les-psychan/391038327884
= http://goo.gl/srst
Où lon découvre dans les propos de M. Onfray dans la presse et à la télévision quil cherche à substituer à la psychanalyse dite « freudienne » une « psychothérapie pour aujourdhui », « psychanalyse post-freudienne », consistant en la « méditation philosophique », substituée par supersessionisme. Et que pour cela, il cherche à ridiculiser la règle fondamentale, la « loi » de la psychanalyse, qui consiste du côté du patient à dire tout ce qui vient à lesprit (« association libre »). Et que dans ces conditions, le livre de M. Onfray cherchant à ridiculiser Freud nest quun moyen de parvenir à ses fins quil révèle par ailleurs : « je souhaite dire que jaimerais que ce livre soit aussi et surtout loccasion de penser une psychothérapie pour aujourdhui », in article de M. Onfray publié sur le site du Monde le 7 mai 2010. Où lon découvre que tout ceci est motivé par la phobie de la notion freudienne selon laquelle la « normalité » nexiste pas, et quil ny a quune différence de degré, et non de nature, entre les « normaux » et « ceux qui ne le sont pas », et que M. Onfray estime cela scandaleux et tient à une frontière nette entre les deux, afin de pouvoir se placer devinez dans quelle catégorie : voilà toute laffaire. Voilà ce quy trouvent ceux qui soutiennent M. Onfray dans son ambition.
Sommaire
des extraits de larticle de M. Onfray paru sur le site du Monde le 7 mai 2010 (mais non paru dans lédition papier)
un premier commentaire de larticle de M. Onfray paru sur le site du Monde le 7 mai 2010
des extraits du Dossier publié par Le Monde, sur site le 7 mai 2010 et dans lédition papier le 8 mai 2010 : deux articles parmi ceux du dossier
les liens vers les enregistrements vidéo de la prestation de M. Onfray lors de lémission télévisée de Laurent Ruquier le samedi 8 mai 2010
la transcription et le bref commentaire des passages estimés essentiels de la prestation télévisée précitée de M. Onfray le 8 mai 2010
le lien vers le blog de M. Onfray quil consacre à son livre et les suites de celui-ci notamment dans les médias : essentiel pour mieux apprécier la mentalité de M. Onfray
addition sur la notion de science et si la psychanalyse est une science
le lien vers le blog dEmmanuel Fleury quil consacre à laffaire Onfray et notamment liste la plus complète des liens vers les articles relatifs à cette affaire.
Voir http://www.facebook.com/notes/psychanalogie/en-realite-michel-onfray-veut-sauver-la-psychanalyse-contre-freud-et-les-psychan/391038327884
= http://goo.gl/srst
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http://psychanalogie.fr
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Malaguarnera

28/06/10 15:18
J'annonce la parution aux éditions ILV-Edition de mon ouvrage en réponse à M. Onfray : Critique du Crépuscule d'une idole de M. Onfray.
Voici la présentation de l'ouvrage :

Après quelques jours de la parution du Crépuscule dune idole. Laffabulation freudienne de M. Onfray, Serafino Malaguarnera (psychologue clinicien et psychanalyste, auteur de plusieurs écrits et ouvrages), a réagi avec deux vidéos où il a présenté une critique serrée de ce brûlot. Après quelques semaines, Serafino Malaguarnera nous propose un ouvrage (paru aux éditions ILV-Edition), conçu comme une partition en quatre mouvements, qui démantèle dune manière plus articulée, systématique et serrée louvrage de M. Onfray. Dans le prélude, lauteur nous situe, avec un peu dhumour, le Crépuscule dune idole sur un axe historique et critique sous forme allégorique. Dans le premier et deuxième temps, les points majeurs des critiques qui lui ont été avancés sont déployés avec précision. Dans le troisième temps, lauteur nous offre un commentaire critique sous forme de dialogue, percutant, serré, facile à lire des thèses sur lesquelles est bâti le Crépuscule dune idole et des quatre premiers chapitres. En évitant toute démarche ad hominem, Serafino Malaguarnera préfère empoigner les outils propres à largumentation : la logique et la dialectique.
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Iohanson

08/08/10 19:01
LE POINT DE VUE DE NIETZSCHE SUR ONFRAY:
Dévot inconditionnel de Nietzsche et fiévreux déboulonneur de la statue de Freud, monsieur Onfray se réclame de la préface au "Gai Savoir" pour légitimer son rôle de pourfendeur de l'imposture et dévoileur d'illusions. Sa soit-disant méthode (jamais discutée, posée comme postulat infaillible selon le seul argument d'autorité) se justifie - bien hâtivement - de quelques affirmations du philosophe de Weimar, qu'Onfray présente sans vergogne comme un nouveau "discours de la méthode", alors qu'en aucun cas Nietzsche - bien trop subtil pour un tel usage de la généralisation - n'y parle de méthode. Mais à propos de statues, monsieur Onfray aurait du lire la préface en entier, avant de se lancer en telle croisade, cela lui aurait évité de se tromper lourdement d'enjeu, et de se rendre philosophiquement ridicule:

"... on aura de la peine à nous retrouver sur les traces de ces jeunes Égyptiens qui la nuit rendent les temples peu sûrs, qui embrassent les statues et veulent absolument dévoiler, découvrir, mettre en pleine lumière ce qui, pour de bonnes raisons, est tenu caché. Non, nous ne trouvons plus de plaisir à cette chose de mauvais goût, la volonté de vérité, de la « vérité à tout prix », cette folie de jeune homme dans lamour de la vérité : nous avons trop dexpérience pour cela, nous sommes trop sérieux, trop gais, trop éprouvés par le feu, trop profonds" F.Nietzsche
pour en savoir plus: http://www.lepost.fr/article/2010/08/04/2174683_si-onfray-avait-lu-nietzsche.html
aisi que: http://www.lepost.fr/article/2010/08/06/2176812_de-la-soit-disant-methode-de-michel-onfray.html

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victor yerly

14/08/10 10:49
TD : dégonflement de polémiques : Freud et Onfray

Pour les brides que nous avons (daigné) écouter des discours critiques adressées à monsieur Freud par monsieur Onfray, nous avons surtout compris quils sont ceux dun homme doté dune conscience de la fin du XXe siècle (soit bénéficiant des différents acquis intellectuels, psychiques et historiques obtenus au cours du XXe siècle dont laventure psychanalytique fait partie) regardant les écrits non scientifiques dun homme doté dune conscience du XIXe siècle. Les discours de monsieur Onfray oublie donc « doù » écrivait monsieur Freud et notamment lorsquà ses amis. Monsieur Onfray néglige lhétéronomie du langage et ses ambiguïtés quant à lusage. Ambiguïtés et difficultés sur lesquelles nen finit pas de s « achever » le XXe siècle. Par ailleurs monsieur Onfray oublie dans ses discours le principal soit lintérêt de la psychanalyse réside non pas dans ses théories mais dans sa pratique à savoir lexpérience de la cure. « Pratiquer » la psychanalyse cest surtout comprendre combien cela est idiot. Pratique dont il serait peut-être possible de discuter au XXIe siècle de ladéquation puisque le contexte a largement été modifié (moeurs, etc..) et quainsi peut-être cette « technique de travail » est peut-être épuisée ou aurait atteint ses limites cependant nous nexerçons point dans les cabinets de psychanalystes et cest sans doute à eux de savoir si cela continue dy travailler . Pour ce que nous en savons, certains psychanalystes saccordaient à dire quil ne comprenaient plus ce que leurs patients disaient vers lan 2000, nous ne savons pas ce quil en est en lan 2010, cependant sommes davis de penser quil y aurait lieu douvrir des débats sur les phénomènes dexploitation psychique pour parvenir enfin au XXIe siècle et sur les sujets de savoir comment se gouvernent des individus libres et conscients afin de vivre sur une même planète sans trop se « bouffer » et se marcher sur les pieds les uns les autres sur une même planète.

Plus d'infos : http://blogs.myspace.com/manuelle.yerly

Pub : http://www.dailymotion.com/video/xeffke_debord-reenactement-iv_creation
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David

27/12/10 17:23
À monsieur Lézé:

Loin de présenter Freud comme le père de la psychanalyse Michel Onfray montre, notamment dans son "Apostille", que la psychanalyse n'est pas seulement représenté par Freud et que ce dernier a tenté d'imposer sa psychanalyse au détriment de nombreuses autres (dans le "Crépuscule" il cite d'ailleurs l'intervention de Freud à la Clark University en 1909 où celui-ci affirme que c'est Breuer et non lui qui invente la psychanalyse), Onfray ne pense donc pas du tout que "'histoire de la psychanalyse sans Freud devient en effet problématique et incompréhensible" et il suffit l'interview qu'il a accordé au matin.ch pour s'en rendre compte "L'inconscient existe avant Freud, pendant Freud, après Freud, sans Freud... ". L'argumentaire ne se base seulement sur des quelconques "vices" (dont vous ne donnez pas vraiment d'exemple) mais également sur la clinique de ce dernier (voir le chapitre accablant, auquel quasiment tout le monde garde la silence, "Une abondance de guérisons de papier") et sur sa méthodologie ! De long en large de la première page de votre article vous ne donnez aucun exemple des jugements dits "moraux" qu'Onfray écrit dans son livre.
"les arguments historiques ne peuvent rien objecter à cette façon de reconstruire un portrait moral." J'aimerais bien savoir quels arguments historiques avez-vous lu dans les diatribes des objecteurs d'Onfray. Pour ma part j'ai surtout vu (et une bonne partie des commentaires suivant votre article en sont la preuve) des insultes, des diffamations (sur quel base "Au point" se permet-il de dire qu'Onfray n'aurait pas écrit son livre autrement que sur celle du ressentiment et du mépris ? Une preuve de plus que la haine aura été du côté des défenseurs de Freud dans cette polémique) et des attaques ad hominem (pourquoi vous omettez celles qui ont été lancés contre Onfray et préférez vous focalisez sur celles qu'aurait écrites le philosophe sans donner d'exemples ?).

"L'idolâtre freudien a existé (...) mais il a disparu depuis bien longtemps".
Permettez-moi de douter d'une telle affirmation au regard de toute la haine versée contre Onfray AVANT MÊME la parution de son livre. Au nom de quoi tout ce déchaînement a-t-il été fait si ce n'est, entre autres, au nom de l'idolâtrie, certains objectant en arguant du "génie de Freud". Paradoxalement en niant l'existence du "freudolâtre" vous contribuez à perpétuer son existence.

"le discours de l'auteur est une arme symbolique de destruction massive de la critique bien au-delà des freudiens : l'arène médiatique dissuade aisément la plupart des spécialistes de la question d'intervenir sereinement. "
Là encore on fait impasse sur la haine contre Onfray qui a enterré la critique au profit de l'attaque ad hominem, le persiflage et l'insulte. C'est avec raison que le philosophe avait affirmé à "L'Hebdo": "il ny aura pas de débats violents: il y aura des attaques violentes! Les défenseurs de Freud ne débattent pas. Ils insultent. Ils agressent." En parlant de la médiatisation vous oubliez que la réplique médiatique des freudiens ne s'est pas fait attendre comme l'écrit Jacques Van Rillaer dans le texte dont j'ai posté le lien dans un autre commentaire (le voilà d'ailleurs http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1424) : "En fait, louvrage dOnfray a manifestement mis E. Roudinesco hors delle. Avant même sa parution, elle a utilisé, comme elle lécrit, « la puissance [Soulignons le mot "puissance" !] des réseaux dinternautes pour combattre » ce quelle appelle « une littérature de caniveau » (sic, p. 8)."

" En dénonçant la psychanalyse dans les médias, il participe tout autant à "l'appareil de domination idéologique" (p. 453)."
Ah bon ? Les anti-freudiens ont-ils à leur botte la grande majorité des médias ? Leur critiques sont-elles uniquement motivés la "domination idéologique" ? Je pense plutôt le contraire pour la première question et que la "domination idéologique" se trouve du côté des freudiens, encore pour preuve les réactions face à l'ouvrage. France Culture a, d'ailleurs dû, du consacré trois émissions pour Freud tant les conférences d'Onfray ont fait grincer des dents (il y a celle l'émission de Raphael Enthoven, celle où est intervenu Elisabeth Roudinesco et l'autre plus récente où est intervenu Roland Gori).

"les freudiens sont politisés de longue date et ils sont justement les principaux promoteurs de la clinique de la souffrance au travail ou même de la clinique de la précarité en allant à la rencontre des déssafiliés... la misère (comme d'ailleurs les grands débats de société) s'invite sur le divan et les psychanalystes sortent depuis longtemps de leurs cabinets freutrés"
Je me rappelle que dans les première pages de l'"Apostille" qu'Onfray écrit: "Je n'ai pas utilisé les nombreuses informations qui mon été
données, à la faveur de la parution de mon livre, par d'anciens
patients sur le comportement délinquant et délictuel de certains
analystes très en vue à Paris, et très impliqués dans la polémique à
mon égard, qui utilisent le divan d'un façon susceptible de les
conduire en correctionnelle si les victimes osaient parler" On comprend qu'il n'ait pas parler puisqu'une documentation existe à ce sujet et parmi cette dernière il y a l'ouvrage "Les marchands d'illusions" de Marie-Jeanne Marti dont on peut consulter des pages sur google books. La charge est si forte que Robert Wilcocks écrit: "En finir une fois pour toutes avec la psychanalyse? Telle semble être l'ambition de Mme Marti" si en effet le livre critique également les psychologues et psychiatres les psychanalystes s'en sortent très mal à la vue de ces lignes de la page 11:
"Je me suis alors posée la question de savoir à quoi servaient la plupart des psys puisque la plupart des gens que je rencontrai et qui y étaient ou en sortaient ne connaissaient pas d'amélioration ou même s'aggravaient. Je me suis rendue compte que beaucoup de psys eux-mêmes se moquaient éperdument de savoir si leurs patiens s'amélioraient, qu'ils étaient plus attentifs à respecter le protocole de cure, à être conforme aux préceptes des instances dirigeantes de leur association de tutelle ou à parader dans les médias. Pour preuve, le succès remporté par le livre "Guérir" de David Servan Schreiber, sous titré "Guérir sans médicaments ni psychanalyse". Si un tel titre a tant séduit, c'est que la guérison reste rare...(...) J'en ai donc conclu, et c'est ce qui m'a poussé à faire ce travail, que la fonction de psy ne se situati pas dans le champ de la santé mais bien dans celui du contrôle social. Mon entretien avec Samuel Lézé, anthropologue, m'en a définitivement convaincue. Pourtant, ses travaux ne portent que sur une frange, certe dominante et très influente en France, des psys: les psychanalystes. Sachant que les psychanalystes se repartissent eux mêmes en plusieurs courants de pensée souvent très opposés et qu'ils appartiennent parfois aussi au conseil en tant que psychiatres, cumulant les deux fonctions. Tout dans la façon de se comporter, indique que cette profession détient en France un grand pouvoir à l'instar du clergé autrefois: opacité des propos, refus de communiquer sur ses propres pratiques mais surtout, refus de considérer le patient autrement qu'à travers le prisme de leur "chapelle". Le monde des psys, et plus particulièrement celui des psychanalystes est un monde clos, loin des réalités du quotidien des patients. Ces praticiens veillent jalousement à protéger leur science, leur pré carré, leurs rituels. (...) [le travail de Liliane Sichler] montre à quel point les "psys" ont pris depuis une trentaine d'années, le contrôle de la pensée de nos contemporains."
À la vue de ces lignes et aussi des autres pages du livre (auquel vous avez apporté votre contribution) on se demande vraiment si les freudiens sont les "principaux promoteurs de la clinique de la souffrance au travail"... Remarquons que ce livre parle d'un situation en France et qu'il édité par un éditeur......belge ce qui me fait dire que les éditeurs français que l'auteur a dû consulter n'ont pas accepté l'ouvrage.
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Van Rillaer

17/11/14 12:06
Mme Roudinesco vient de produire une épaisse biographie de Freud (à peine un peu moins volumineuse que celel de Michel Onfray). Elle dit avoir eu lambition de réponde aux calomnies diffusées notamment par Onfray. A lire soigneusement ce quelle y écrit sur Onfray, on constate quelle na rien de substantiel à répliquer.
Pour une analyse détaillée et soigneuse de louvrage de Mme Roudinesco sur FREUD :
http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2368#par12
On y trouve de nombreuses erreurs dinformation, mais surtout des faits essentiels passés sous silence pour comprendre Freud, notamment : ses mensonges sur ses thérapies et ses désillusions croissantes sur lefficacité de sa méthode.

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