Histoire

Le cas Bernard Faÿ. Du Collège de France à l'indignité nationale

Couverture ouvrage

Antoine Compagnon
Gallimard , 208 pages

Un esthète à Vichy
[mercredi 06 janvier 2010]


Antoine Compagnon revient sur le parcours de Bernard Faÿ, intellectuel politiquement conservateur et esthétiquement avant-gardiste.

Il est des personnes que des chercheurs travaillant sur des thématiques très différentes rencontrent, tant leur influence s'est déployée dans des directions diverses. Il faut parfois bien des années avant de se rendre compte qu'un personnage qui semble de second rang dans plusieurs domaines devient tout à fait intéressant pour peu que l'on rassemble les pièces du puzzle. C'est pourquoi, alors qu'il était quasi inconnu des non-spécialistes il y a quelques années et que les sources à son sujet étaient rares, Bernard Faÿ semble faire l'objet d'une attention nouvelle. Antoine Compagnon nous propose ici sa première véritable biographie. Sujet de choix et portrait d'un homme aussi énigmatique que fascinant. Comment donc cet individu, élu au Collège de France à moins de 40 ans, cet excellent connaisseur des Etats-Unis, cet ami des plus grands artistes de l'Entre-deux-guerres avait-il pu trouver son compte dans la politique de Vichy et se lancer dans une lutte contre les franc-maçons relevant presque de la paranoïa ? Sans la guerre, Faÿ serait-il resté ce qu'il était sans doute : un intellectuel politiquement conservateur et esthétiquement avant-gardiste ?

Né en 1893, dans une famille de la haute bourgeoisie parisienne (son père est notaire rue Saint-Florentin et deux de ses oncles maternels Rivière deviendront archevêques), Bernard Faÿ obtient l'agrégation de lettres en 1914 et s'engage immédiatement comme ambulancier de la Croix-Rouge aux armées, il obtient la Croix de guerre bien qu'il ait été réformé en raison d'une maladie infantile qui l’a laissé boîteux. Il poursuit ses études à Harvard après guerre et soutient en 1925 en Sorbonne sa thèse sur l'esprit révolutionnaire en France et aux Etats-Unis à la fin du XVIIIe siècle. Elle est aussitôt publiée en France et traduite aux Etats-Unis, où il obtient ensuite de beaux succès avec ses biographies de Benjamin Franklin et de Washington. Il devient surtout un bon spécialiste de l'Amérique contemporaine, qu'il défend alors que l'anti-américanisme fleurit en France.

Il fréquente alors le Tout-Paris littéraire et mondain. Ayant rencontré Proust en 1921, il est l'un des premiers à faire travailler ses étudiants de l'université Columbia sur son oeuvre. Par ses goûts et ses fréquentations, Bernard Faÿ se trouve à la pointe de la modernité esthétique. Grâce à son frère Emmanuel, proche des Dadas et mort dès 1923, il fréquente André Gide et quand il fonde un prix littéraire en 1923, c'est avec Giraudoux, Cocteau, Lacretelle, Morand et Larbaud. Auteur d'un Panorama de la littérature contemporaine en 1925, il écrit également un recueil de nouvelles loué par Gide et traduit des romans de l'américain, sympathisant avec plusieurs auteurs de ce pays. La plus connue est Gertrude Stein : leur amitié vivra jusqu'à la mort de cette dernière.

Sitôt sa thèse soutenue, Faÿ est chargé de cours, puis professeur, à la faculté des Lettres de Clermont-Ferrand. Mais surtout, dès 1932, il est élu à une chaire de civilisation américaine au Collège de France. Ses cours portent aussi bien sur le XVIIIe siècle – il prépare des livres sur Vergennes  et sur La franc-maçonnerie et la révolution intellectuelle au XVIIIe siècle  – que sur la littérature contemporaine. Il donne cet enseignement jusqu'à sa nomination à la tête de la BN en 1940. Malgré des chicanes d'un certain nombre de ses collègues avec qui les relations se sont tendues, il demeure néanmoins titulaire de sa chaire jusqu'à sa suspension (1944) puis sa révocation (1946).

À la fois universitaire reconnu, proche des intellectuels importants, vulgarisateur habile, il est une des personnes en vue de la fin des années 1930, en France et aux Etats-Unis. Gertrude Stein assure en 1937 qu'il sera un jour élu à l'Académie française.

Faÿ est nommé à la tête de la Bibliothèque Nationale en remplacement de Julien Cain au début du mois d'août 1940. Martine Poulain ayant déjà consacré plus de 50 pages de son excellent livre sur les bibliothèques sous la Seconde Guerre mondiale  , Compagnon ne s'y attarde pas. Faÿ ne considère nullement son poste comme une sinécure. Bien au contraire, il fait preuve d'une grande ambition et d'une singulière activité, qui bénéficie du fait qu'il conserve l'oreille de Pétain, dont il applique la politique à la BN. Il crée ainsi des nouveaux départements, effectue des travaux de restauration et d'agrandissement, réforme le dépôt légal. Surtout, il veut faire de la BN le centre d'un réseau des bibliothèques françaises, son administrateur devant devenir directeur des Bibliothèques de France et de la Lecture publique au secrétariat d'Etat à l'Education nationale. Programme qui sera réalisé à la Libération par son successeur (qui est aussi son prédecesseur), Julien Cain – que Faÿ estime et en faveur duquel il serait intervenu après son arrestation. Dans ce qui relève de l'administration pure, Vichy ne constitue pas vraiment une solution de continuité.

L'auteur consacre en revanche un chapitre entier (ch. V) au rôle de chargé d'affaires pour les questions maçonniques de Bernard Faÿ. Antoine Compagnon souligne combien son action pendant la guerre est surprenante au regard des analyses que l'on peut trouver dans les ouvrages plus anciens de Faÿ, tels que La Franc-maçonnerie et la révolution intellectuelle du XVIIIe siècle (1935). Ce n'est qu'après la Défaite que son jugement semble évoluer, appuyant sur le rôle secret et nocif des maçons  sur la société. Pétain le charge le 12 novembre 1940 d'inventorier les archives maçonniques confisquées dans les loges, bientôt regroupées dans un Musée des sociétés secrètes. Jusqu'à 300 personnes travaillent au dépouillement des documents afin de produire une propagande anti-maçonnique (les Documents maçonniques à partir de 1941) et d'établir 64 000 fiches qui servent à exclure 3000 maçons de la fonction publique. Ces menées durent cependant peu car dès le printemps 1942, Laval, qui y est hostile, s'oppose à la répression.

À la Libération, Bernard Faÿ est jugé (novembre-décembre 1946). Il échappe à la peine de mort et est condamné aux travaux forcés à perpétuité et à la dégradation nationale. Grâcié en 1959, il vit une retraite studieuse entre Paris et sa maison de campagne de Luceau, publiant un livre tous les deux ans (souvent chez Perrin) et des chroniques dans Aspects de la France, l'hebdomadaire de l'Action française. Les livres qu'il publie alors sont plus grands publics : en dehors des ouvrages historiques, il développe une pensée réactionnaire et prend position contre Vatican II. Il rédige également des livres plus personnels, dont ce qu'Antoine Compagnon qualifie de Mémoires, et meurt en 1978.

Le livre est curieusement écrit à la première personne, faisant de l'ouvrage une sorte de quête initiatique : Antoine Compagnon, tout comme Faÿ professeur à Columbia puis au Collège de France, semble voir une sorte de double dans l'américaniste. Un double obscure dont on chercherait à comprendre pourquoi il a « mal tourné » alors qu'il avait « tout pour réussir ».
Cela donne au livre une couleur particulière que l'on pourra ou pas apprécier. Antoine Compagnon reconnaît en tout cas lui-même qu'il ne s'agit nullement de la somme définitive que l'on peut attendre sur un personnage aussi complexe et dont l'activité s'est déployée dans autant de domaines que Bernard Faÿ  ). Au delà de ce regret, il est assez surprenant de lire l'auteur nous faire part de ses observations personnelles sur Pétain. Quand on lit que c'est un « mystère impossible à comprendre après coup que cette ferveur aveugle pour un vieux militaire sans grande épaisseur » (p. 132), le lecteur est certes très heureux d'apprendre qu'Antoine Compagnon n'est pas pétainiste mais cela ne relève guère du travail d'historien.
Encore ces choix stylistiques ne seraient-ils gênants s'ils ne possédaient une influence sur le fond.

À force de personnaliser le propos, l'auteur se laisse parfois prendre à une approche sentimentaliste ou romantique. Compagnon reproche à Faÿ d'avoir « abandonné tout sentiment d'humanité » (p. 135) ou nous assure qu' « il est devenu difficile de se laisser attendrir » (p. 193), comme s'il s'agissait de rejuger Bernard Faÿ avec soixante ans de recul et non d'analyser un parcours, loin des jugements moraux !

Le problème se situe certainement dans la définition du projet. Quelques phrases ambiguës (p. 194) laissent à penser que le livre trouve son origine dans une recension des deux ouvrages de Malcolm (sur Gertrude Stein) et Goulemot (livre personnel sur son rapport aux bibliothèques), qui aurait amené Antoine Compagnon à creuser son sujet jusqu'à en faire un livre tout entier. C'est sans doute ce qui explique l'étrange manière de reprendre les travaux de Goulemot et de Malcolm pour ensuite les commenter, mais sans toujours toutefois apporter du nouveau. Et quand la question est bien traitée par ailleurs – souvent par Martine Poulain – il passe rapidement afin d'éviter de faire doublon. C'est peut-être cette difficulté à se situer par rapport aux données déjà connues qui rend ce Cas Bernard Faÿ trop impressionniste.

La solution aurait pu résider dans un dépouillement sinon exhaustif du moins extensif des sources primaires. Compagnon n'a pas consulté la riche correspondance de Bernard Faÿ pourtant conservée chez un descendant qu'il a rencontré – et ses séjours dans les archives semblent rapides. Cela ne signifie pas que le livre soit mal informé – Antoine Compagnon a notamment pris la peine de lire une grande partie de l'immense production historique et littéraire de son biographé – mais le recours aux uniques sources imprimées laisse un peu le lecteur sur sa faim. Surtout quand l'auteur avoue que sa documentation est insuffisante pour répondre aux questions qu'il se pose (par exemple p. 103). Mais de manière plus générale, il semble difficile d'affirmer que l'ensemble de la pensée de Faÿ apparaisse dans les articles qu'il donne à nombreux journaux : si la crainte du communisme, le conservatisme, le catholicisme sont bien présents, les contradictions de ses prises de position sont évidentes dans les détails.

Au delà des problèmes de documentation et d'information du livre – on peut bien sûr comme dans tous les ouvrages relever quelques oublis qui auraient gagnés à être pris en compte (la mort de son neveu Dominique dans le sabordage de la flotte française, tué par un obus allemand ; l'amitié avec Gonzague de Reynold, etc.) mais l'auteur maîtrise bien évidemment son sujet – le lecteur sera rétrospectivement plus circonspect quant à la manière qu'a l'auteur de mener son récit.

Antoine Compagnon distille l'information afin qu'elle cadre avec son propos. Comme il présente dans un premier temps Faÿ comme un jeune homme moderne lié aux avant-garde esthétiques de l'Entre-deux-guerres, il se garde bien de nous faire part de certaines informations susceptibles de rendre le tableau plus flou. Ce n'est ainsi que dans le chapitre 7 (p. 131) qu'on apprend que Faÿ écrit dans le journal du comte de Paris dès 1934 ou qu'il est un sympathisant du PPF de Jacques Doriot dès 1936 (p. 159). On s'étonnera que l'auteur se demande dans le chapitre 6 si c'est après la guerre que Faÿ est devenu « fasciste » : Faÿ est catholique, monarchiste, conservateur assurément, maréchaliste et vichyste pendant et même après la Guerre mais certainement pas fasciste . Rien en tout cas dans le propos de Compagnon, ni dans ceux des autres biographes ne permet de penser qu'il l'a été. On pourra également trouver étrange qu'un chapitre tout entier soit consacré à l'amitié qui lie Faÿ à Gertrude Stein, comme si l'on partait du principe qu'il n'est intéressant que par ses fréquentations – voire comme si l'on partait du principe qu'un homme qui a eu de telles responsabilités sous Vichy ne pût avoir d'amies juives.

Dans son épilogue, Antoine Compagnon se demande si la figure de Bernard Faÿ méritait d'y consacrer un livre. Un livre, oui, assurément. On peut douter en revanche qu'un deuxième lui soit rapidement consacré. Un grand éditeur est rassuré par le nom d'Antoine Compagnon, qui possède son public. Il risque d'être en revanche beaucoup plus réticent à publier la thèse ou le livre fouillé que le sujet mérite pourtant. Et cela est bien dommage.
 

Commenter Envoyer  un ami imprimer Charte dontologique / Disclaimer digg delicious Creative Commons Licence Logo

13 commentaires

Avatar

elepicard

19/01/10 12:06
tres belle critique, ne manquant pas de courage, merci
Avatar

luc

19/01/10 14:35
le problème du courage, elepicard, se pose toujours aussi -au moins implicitement- du côté des ouvrages sur cette période, étant bien entendu que dénoncer le régime de Vichy n'expose qu'à mettre le lecteur de son côté (même si bien sûr il y a encore des indécrottables). Et, pour ce qui est de la BN, on ne se débarassera pas si facilement de ce qui a été dit à propos de cet ouvrage sur le site www.betapolitique.com:


"ce livre est trop discret aussi, sur ce qui est un peu plus quun 'détail' et aurait pu être au moins rappelé au passage : soixante années plus tard lantisémitisme feutré continuait de bien se porter, dans les hautes sphères de la BNF..."
Avatar

(suite)

19/01/10 14:38
... dans la phrase ci-dessous la formule "mettre le lecteur de SON côté" désigne bien sûr le côté de celui qui écrit, et non, le côté... de ce régime !
Avatar

luc nemeth

21/01/10 15:55
L'aspect le plus contestable de cet ouvrage (par ailleurs bien écrit) me paraît découler de ce qui est ici rappelé : Antoine Compagnon est lui aussi un éminent proustien, professeur à Columbia et au Collège de France -ce qui commence à faire beaucoup de similitudes... Et du même coup il bascule dans une problématique un peu puérile, exposée sommairement dès la page 11, puis lourdement réitérée. Grosso modo : "comment se fait-ce que lui, un si éminent proustien, aît pu (etc. etc.) ?".
Comme toujours en pareil cas la tentation est grande de se tourner vers ce qu'a pu rappeler il ya maintenant cinquante ans Hannah Arendt à propos d'Eichmann, sur la "banalité du mal". Mais, même d'un point de vue strictement proustien, ce questionnement est peu recevable : car enfin l'univers de l'écrivain est plein, de personnage bourrés de talent mais prêts à tout sacrifier à leur ambition ! Et, même en se tournant du côté de personnages réels et de l'entourage proustien, on pourrait observer que Robert de Billy par exemple (... sur lequel l'écrivain semble avoir quelque peu "flashé", du temps de leur service militaire en commun) fit sous l'Occupation partie, même si sa cupabilité n'est pas comparable à celle d'un Fäy, du petit gropue qui en 1942 projetait d'enlever le Maréchal pour le... mettre en réserve, à Alger.
Avatar

(suite)

30/01/10 11:55
Le titre de cet article -"Un esthète à Vichy"- ne me paraît pas très bien choisi. Serait-on en train d'insinuer que c'était là un destin improbable ? Il suffira de rappeler que les esthètes sont porteurs d'une idéologie élitiste, voire très-réactionnaire (les littérateurs anarchisants des années 1890 font ici figure d'exception venue confirmer la règle), qui les prédisposait plutôt à se retrouver dans le camp pétainiste.
Mais surtout : ce titre dénature le propos de l'ouvrage.
En aucune façon Antoine Compagnon ne s'étonne du ralliement de Fäy à Vichy. Il en expose les prémissses, déjà présents dans les années trente -cf. sympathies doriotistes de Fäy, ou ses articles dans "Je suis partout". Et il rappelle aussi le mobile, réactualisé après la débacle, d'une allégeance très loin poussée : Fäy espérait succéder à Jérôme Carcopino à la tête de l'Education nationale.
Ce qui surprend Antoine Compagnon, et qu'il expose en toute clarté, c'est le fait qu'un homme si cultivé etc. aît pu devenir un délateur abject.
Bref j'aurais mieux vu, pour titre de cet article : "Un esthète, les mains dans la boue" (au autre, similaire).
Avatar

Julius Bendus

14/02/10 13:21

A partir du moment où on pose que X est esthète, ce qui signifie privilégie les valeurs du Beau par rapport à celles du Vrai, est-il vraiment si étonnant que, tel l'infâme Bernard Faÿ, mais aussi - chose moins aperçue - quantité d'intellectuels français au vingtième siècle, il y ait conflit entre le Beau et le Vrai, mais aussi entre le Beau et le Juste ( dont personne ne nie qu ' il ait plus à voir avec le Vrai qu ' avec le Beau)?


Avatar

ln

22/02/10 10:47
... ce serait peut-être encore trop simple, Julius Bendus, s'il n'y avait que banal CONFLIT : auquel cas l'intellectuel serait expressément tenu de le résoudre, pour des raisons de cohérence. Mais, dans la mesure où c'est au nom du Juste qu'il se sera livré à telle ou telle construction, et qu'ensuite il lui aura trouvé du Beau, il peut finir par y avoir CONFUSION entre ces deux domaines -pardonnez-moi d'avoir été sentencieux.
Avatar

bendus

24/02/10 17:53
En l' occurrence il est question dans le CR du livre d' un homme qui aurait été essentiellement un esthète, un ami de Proust et de Gertrude Stein, puis un collabo infâme, et les deux ensemble sans doute.
L'auteur de la biographie se pose la question en termes de conflit. vous semblez suggérer qu 'il y aurait eu confusion. comme je ne peux supposer que vous vouliez dire que la confusion est chez le biographe, je suppose que vous suggérez qu'elle est chez son sujet. Mais rien dans la biographie de Faÿ par A.C ne laisse entendre que ce dernier se serait lancé dans la collaboration et la traque aux francs maçons au nom du Beau. J 'ai l' impression qu on mêle le plan de l'explication et celui du jugement. Je ne me plaçais que du point de vue du second.
Avatar

ln

27/02/10 13:11
merci de me rappeler qu'on n'est jamais trop explicite, Bendus : mon commentaire ne faisait que répondre au votre du 14/02, qui mettait en avant le cas de "quantité d'intellectuels français au vingtième siècle"... Mais en ce qui concerne en revanche la biographie de Fäy par A.C. il n'y a pas de problème, effectivement, concernant le regard qu'elle porte sur les motivations de l'intéressé.
Avatar

Bendus

28/02/10 09:44
Le cas de Faÿ est un cas , et il ne s 'agit pas de dire que tous les intellectuels français se sont trouvés dans ce genre de situation et avec ce type de parcours. Mais en disant que nombre d ' intellectuels français avaient éprouvé le conflit entre les valeurs du Beau et celles du Juste et du Vrai je ne prétendais pas exclure qu'ils aient confondu toutes ces valeurs et je m 'accorde avec vous que c 'est la figure la plus fréquente. En fait je pensais , entre autres, à tous ces débats à la Libération où l 'on absolvait Brasillach et autres au nom du fait que c'étaient des artistes, des esthètes et que " quand même ils écrivent bien" - jugement qui reste au fond de nos réactions à Céline entre autres. Mais il y a eu bien d' autres périodes historiques où la confusion Vrai/ Juste/ Beau régnait . La France reste byzantine
Avatar

ln

03/03/10 18:28
... assurément, il y a eu d'autres périodes historiques. En ce moment je travaille sur Proudhon, et plus précisément, sur la place de la misogynie dans sa construction intellectuelle (place, tout à fait centrale, quoi qu'en dise monsieur Jacques Julliard) : le plus effrayant est que ces horreurs ont été écrites, au nom du Juste, et ce, par quelqu'un qui n'était pas forcément plus misogyne que nombre de ses semblables.
Avatar

(suite)

04/03/10 15:57
c'est peut-être chez le tyran, plus encore que chez l'intellectuel-fou, que la confusion Vrai/Beau/Juste est la plus achevée. Le regard qu'il porte sur le monde l'incite à croire (au nom du "Vrai"), que les hommes ne peuvent être menés que par le bâton. La haute idée qu'il a de lui-même, s'apparente au domaine du "Beau". Et telle est la raison pour laquelle il assure volontiers, avec une possible part de sincérité, qu'il est... "sévère, mais juste" !
Avatar

royaliste

09/01/11 15:42
Pourquoi ne pas comprendre que bernard Fay était profondément attaché à l'ancien régime et qu'il montre avec beaucoup de brio dans son ouvrage" louis seize" que la monarchie a été renversée par les francs maçons (venant d'Angleterre de plus).
C'est depuis la révolution de 1789 que le catholicisme n' a cessé de perdre de sa grandeur et c'est je crois la plus grande tristesse de bernard faÿ qui n'a cessé jusqu'à sa mort de défendre l'église catholique apostolique et romaine.
A lire aussi dans nos archives...
A propos de Nonfiction.fr

NOTRE PROJET

NOTRE EQUIPE

NOTRE CHARTE

CREATIVE COMMONS

NOUS CONTACTER

NEWSLETTER

FLUX RSS

Nos partenaires
Slate.fr