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Europe

La politique étrangère de l'Europe : entre puissance et conscience

Couverture ouvrage

Jérôme Koechlin
Infolio

L’Union européenne : entre "soft power" et "hard power"
[vendredi 11 décembre 2009]


Une synthèse accessible et percutante de la politique étrangère de l'Union européenne, par Jérôme Koechlin.

La politique étrangère de l’Europe : entre puissance et conscience (Éditions infolio) de Jérôme Koechlin, enseignant à l’Institut Européen de l’université de Genève, offre une synthèse accessible et agréable à lire sur la politique étrangère de l’Europe, des premiers pas initiées par la Coopération politique européenne (CPE) dans les années 1970 jusqu'au Traité de Lisbonne.

La politique étrangère et de sécurité commune (PESC) est instaurée par le Traité de Maastricht (1992) à l’initiative de Helmut Kohl et de François Mitterrand au moment, écrit Jérôme Koechlin, où l’Europe assistait, impuissante, à la Chute du mur de Berlin, à l’effondrement du communisme, à l’éclatement de la Yougoslavie. La PESC, dénuée d’obligations juridiques, "impose un comportement" : s’abstenir de toute action contraire aux intérêts de l’Union, s’engager à une politique conforme aux positions définies à Bruxelles, coordonner leurs positions dans les enceintes internationales. La PESC n’aura cependant pas permis à l’Union européenne de jouer un rôle dans les Balkans. Cette impuissance l'incitera à renforcer la PESC, purement déclaratoire, en lui ajoutant un volet défense en 1999, la PESD (politique européenne de sécurité et de défense) .

Le développement de la PESD et l’engagement de l’Union européenne dans une vingtaine de missions de gestion de crises, en Afrique mais aussi au Proche-Orient et en Asie du Sud-Est, marquent-ils la fin d'une relative innocence de l'Europe dans la gestion des relations internationales ?

Pour Jérôme Koechlin, le développement de la politique de sécurité ne remet pas en cause l’Europe comme puissance civile, soft power. Simplement, "l’UE se développe comme une puissance civile qui a conscience des menaces pesant sur le monde et des enjeux de sécurité qui se posent sur le continent et au-delà". Pour lui, la conscience européenne des menaces, formulées pour la première fois dans la Stratégie européenne de sécurité en 2003 et réactualisée en décembre 2008 sous présidence française, l’inciterait même à une responsabilité assumée et affichée en matière de gestion des risques et à un recours ciblé à des moyens militaires. Vu sous cet angle, la PESD devient un véritable outil d’influence et de puissance au service d’une Union européenne "entre conscience et puissance" (sous-titre de l’ouvrage de Koechlin) représentant un modèle nouveau basé sur des valeurs et une conception propre des relations internationales (normes, respect du droit, négociation, multilatéralisme).

Le devenir de l’Europe sur la scène internationale dépend de l’affirmation de son rôle de puissance en réseau. Dans un monde de plus en plus interdépendant, l’Union européenne peut trouver avantage à exprimer sa puissance au travers des réseaux, contacts et relais.

Seul bémol au tableau : la désincarnation et la dépolitisation de l’Europe. Les récentes nominations d’un président du Conseil européen et d’un Haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité devront permettre à l’Europe de développer son identité politique sans quoi son statut d’acteur sur la scène internationale risque d’être affaibli.

 

 

* A lire sur nonfiction.fr :

- L'interview de Jérôme Koechlin, par Estelle Poidevin.

 

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