Suivez-nous

FacebookRSS

Sciences

Au nom du Seigneur. La religion au crible de l' évolution

Couverture ouvrage

Scott Atran
Odile Jacob , 423 pages

Religion et anthropologie cognitive
[mercredi 29 avril 2009]


Une réflexion fondamentale sur la naissance et les origines de nos croyances religieuses

Le lecteur initié aux travaux de l'anthropologue Pascal Boyer  , ou plus récemment de l'éthologiste Richard Dawkin   trouvera dans cette somme un complément inégalé d'anthropologie cognitive évolutionniste ayant pour objet principal de recherche les croyances religieuses (commensurables) et leurs origines potentielles ( universellement distribuées). Le public non anglophone y découvrira une traduction de son précédent ouvrage largement salué par les critiques  .

 

Une structure stable

 A travers les multiples disciplines abordées (biologie évolutionniste, génétique, sociobiologie, éthologie, écologie comportementale, neurologie, philosophie, psychologie cognitive, sociologie,...) Scott Atran peut nous surprendre quand il affirme que " les structures biologiques et cognitives qui permettent la vie humaine sur la Terre semblent avoir peu, ou pas du tout changé – du moins depuis " Eve mitochondriale " qui aurait vécu dans la savane africaine il y a plus de cent mille ans "  . Ce constat, sur cet état quasiment stable où le temps n'aurait eu que peu d'effet, pourrait expliquer pourquoi les structures cognitives de l'esprit semblent avoir permis à un ensemble d'objets socio-culturels, connus dans toutes les sociétés, de traverser les âges, d'être transmis et intégrés : agents surnaturels, entités spirituelles, mondes contrefactuels et contre-intuitifs, rites, sacrifices, symboles, cosmologie,... consolidant et faisant perdurer ces simples produits de " processus ordinaires de l'esprit humain "   que sont les religions.

 

Que les différentes religions donnent du sens aux individus, mobilisent l'affectivité, apportent espoir et promesses, provoquent des états de conscience modifiée (transe, méditation, vision, révélation, hallucination auditive ou visuelle, etc.), engagent le système corporel, forment des mondes magiques via ses capacités cognitives de métareprésentation, s'investissent dans le champ socio-économique, ne les distingue pas entre-elles au niveau des structures cognitives de croyance. La différence se situerait simplement au niveau des contenus, celui du rapport avec ses semblables, à la société, à la nature, etc.

  

Scientifique et agnostique, non essentialiste et plutôt matérialiste, la thèse de Scott Atran dissout toute dichotomie entre l'homme neuronal théiste/déiste et l'homme neuronal agnostique/athée, car selon lui " les croyances et pratiques religieuses impliquent exactement les mêmes structures cognitives et affectives que les croyances et pratiques non religieuses – et pas d'autres – mais selon des modes (plus ou moins) systématiquement distincts "  . Comment ne pas se rappeler une célèbre sentence de David Hume ?  . Ceux qui soutiennent philosophiquement que notre cognition, c'est-à-dire " la structure interne d'idées représentant le monde et commandant les comportements appropriés au monde représenté "  , crée les croyances, les dieux et les religions, ne démontrent pas grand chose s'il ne vont pas au-delà de cette simple affirmation. D'où ce long voyage multidisciplinaire basé sur de nombreuses expériences de laboratoire et de terrain, au sein de cultures variées, passées et présentes.

 

Au début était la sélection naturelle

 Cet ouvrage s'inscrit – indirectement - dans l'esprit de l'année Darwin de part son contenu liant les abondantes études sur le système modulaire cognitif aux processus de sélection naturelle et d'adaptation évolutionnaire  , comme à la coopération, au sacrifice, etc.  . Empruntant au fondateur de l'éthologie comparative Nikolaas Tinbergen la définition d'agentivité   comme un mécanisme déclencheur inné issu de la sélection naturelle facilitant la reconnaissance d'agents (entités comme des personnes, des animaux, des phénomènes naturels ou virtuels, abstraits, etc.) pouvant porter atteinte à l'intégrité (prédateur, ennemi,...) ou au contraire pouvant être gratifiant (proie, ami,...), Scott Attran fait de l'agentivité surnaturelle " le concept qui, dans la religion, est le plus culturellement récurrent, le plus pertinent sur le plan cognitif et le plus convaincant du point de l'évolution "  . Dans un monde souvent imprévisible, aux épisodes perturbants, alors " du point de vue cognitif, les humains sont susceptibles d'invoquer des agents surnaturels chaque fois que se produisent des évènements émotionnellement éruptifs ayant les caractéristiques superficielles de structures d'évènements telique sans force de contrôle apparente "  . La religion, via les agents surnaturels et le système évolutionnaire de détection d'agentivité, aide à supporter – transculturellement - les pics d'émotions comme l'angoisse existentielle, le stress, la culpabilité, la peur, l'hyper-émotivité, etc. sous-produits de l'évolution permettant de résoudre " le tragique de la cognition "  . J'esquisse l'hypothèse, pour avoir étudié le sujet, qu'il pourrait en être de même pour l'inhibition de l'action  . La religion possède une fonction sociale, économique, politique intellectuelle et émotionnelle fondamentalement utilitaire, ne serait-ce que pour rassurer et apaiser les esprits.

 

Moraliser les engagements

 Syncrétique, intemporelle et non réfutable par définition, la religion - terme générique - s'associe au sacré, c'est-à-dire à ce qui appartient au domaine séparé (hors du monde profane, commun), intangible et inviolable et qui doit inspirer crainte et respect. Elle vise à structurer autant qu'à rassurer, à contraindre autant qu'à libérer. Semblable au Panopticon de Jeremy Bentham, elle considère que " pour garantir la survie morale sans recourir à la force brutale et à la menace permanente de rébellion, il faut que tous les partis concernés – qu'ils soient maître ou esclaves – croient réellement que les dieux les observent en toutes circonstances, même quand personne d'autre n'est susceptible de les voir "  . On peut comprendre que la volonté ou le souhait d'éradication de la religion – pour des raisons autant philosophiques que politiques - soit voué à l'échec, d'aucun s'y sont essayé sans succès  .

 

Si " les expériences de Dieu et les rituels religieux sont des conséquences évolutionnaires de l'organisation neuronale "   rien n'indique à ce jour que les bases neurophysiologiques de la foi soient parfaitement connues et identifiées comme causes uniques de la religiosité comme nous le détaillera Scott Atran dans un chapitre passionnant sur les " ondes de passions " avant de s'attaquer aux dispositions génétiques louées par la sociobiologie  . Une autre piste d'explication s'ouvre avec la mémétique. En considérant que " toute analyse doit traiter les signes matériels effectifs et non les types idéaux "  , la problématique des mèmes nous semble plus appartenir aux second cas qu'au premier. Le concept de mème est défini comme une unité culturelle hypothétique (idée, croyance, etc.), subissant la sélection darwinienne et cherchant à maximiser ses aptitudes reproductives, qui se transmet non génétiquement mais par imitation d'un esprit à un autre  . Doit-on réellement considérer le mème (ou les associations de mèmes, les méméplexes, dont les cultures et les religions) comme un élément de culture, tel que le définit l'Oxford English Dictionary, ou comme un idéal-type ? A cela Scott Atran répond sans détour que " les idées ne peuvent se reproduire ou se répliquer dans les esprits. Elles ne nichent pas dans les esprits ni ne les colonisent, et elles ne se propagent pas d'un esprit à un autre par imitation. Ce sont les esprits qui produisent et engendrent les idées "  .

 

Il existe une autre voie, non abordée dans ce livre, qui pourrait compléter ce tableau des causes/explications possibles. Cette voie a été ouverte entre autre par l'anatomiste Louis Bolk et par le paléontologue Stephen Jay Gould. Ils ont énoncé que chez l'Homme, au bout des neuf mois de grossesse, l'enfant naissait trop précocement. Le bébé serait en quelque sorte prématuré, il sortirait trop tôt du ventre de la mère. Toute une réflexion a été développée sur cette question portant sur ce qui a été nommé néoténie humaine  . De cette incomplétude de naissance (où la neuropsychologie humaine serait influencée), l'homme aurait inventé par compensation ce que le philosophe Dany-Robert Dufour – se basant sur la néoténie - nomme les grands Sujets, c'est-à-dire les dieux, les esprits, etc.  . Il est curieux que cette possibilité ne soit pas abordé chez Scott Atran, pourtant lecteur de Stephen Jay Gould. Il n'en reste pas moins que les travaux de Scott Atran restent d'une grande importance pour qui veut actualiser ses connaissances sur les processus de croyances au crible de l' anthropologie cognitive évolutionniste .

Commenter Envoyer  un ami imprimer Charte dontologique / Disclaimer digg delicious Creative Commons Licence Logo

6 commentaires

Avatar

Sisi

30/04/09 10:18
Ca nous change de Michel Onfray :-)
Avatar

carlos

30/04/09 22:36
Il faut quand même manquer sacrément de matérialisme et d'esprit scientifique pour postuler qu'il y avait des croyances, et présumer lesquelles, avant le néolithique (moins de 10 000 avant notre ère). Certaines sépultures paléolitihiques semblent avérées : elles ne prouvent aucune croyance métaphysique, simplement ce sont des indices d'un respect de l'homme (identique à celui qui vient de faire interdire récemment une exposition de cadavres). Elles prouvent la conscience de soi comme entité collective : c'est autant le début de la philosophie que de la religion, non ?
Les ruses du spiritualisme sont multiples : il se déguise même en darwinisme. Mais il faudrait d'abord qu'il eût une preuve incontestable des dieux et des religions... avant les témoignages écrits qui en parlent ! Nous avons tendance, non seulement (citation de Hume) à anthropomorphiser, mais à "religiosifier" ce que nous ne comprenons pas, postulant que la spiritualité est un invariant. Rien ne le prouve : la seule attitude scientifique est donc le doute. Il est plus vraisemblable que l'élaboration religieuse (dieux, donc PRETRES) est liée à l'apparition de sociétés complexes, évoluées (capables de produire et de stocker des surplus alimentaires, donc agricoles), connaissant une division des tâches et des fonctions -et pourquoi pas des dominants et des dominés, dont les premiers ont tout intérêt au "panopticon" des dieux pour faire taire les seconds ! Mais nous sommes déjà au néolithique... et ce n'est qu'une hypothèse. Une approche matérialiste des phénomènes humains ne peut se fonder sur la génétique ou les sciences cognitives : elle doit intégrer les apports du matérialisme dialectique et de l'histoire (voir à ce sujet Histoire des philosophies matérialistes, de Pascal Charbonnat) sous peine de retomber dans l'idéalisme et/ou le réductionnisme.
Avatar

Claude

30/04/09 23:48
@ Carlos,

Aurais-tu des références solides à apporter ? Ou es-tu, comme le dit l'auteur, de ceux qui soutiennent philosophiquement que notre cognition crée ou ne crée pas les croyances, les dieux et les religions, et donc de ce fait ne démontrent pas grand chose s'il ne vont pas au-delà de cette simple affirmation ?
Avatar

carlos

02/05/09 20:00
@ claude

Les seules références solides dont je dispose sont les données scientifiques de la préhistoire, facilement vérifiables, et universellement admises : la notion de "croyance" n'en fait pas partie, pour cause puisque nous n'en avons aucune trace écrite, ni aucun symbolisme déchiffrable de façon incontestable.
Les croyances attribuées aux paléolithiques relèvent TOUTES de la spéculation. Certes, cet exercice n'est interdit à personne, il peut même donner de fort bons romans de science-fiction. Rappelons que Freud lui-même (Totem et Tabou) a inventé le mythe du "meurtre du père par la horde primitive", et que Roy Lewis lui a donné plus récemment une forme romanesque remarquablement plaisante dans "Pourquoi j'ai mangé mon père". Je ne crache pas là-dessus : à la pensée symbolique, tout est permis !
Sauf une chose : polluer la pensée scientifique, sa démarche critique et ses fondements expérimentaux.
Le documentaire télévisé "l'Odyssée de l'Espèce" n'échappait pas malheureusement à cette pollution : nous y voyions homo sapiens neanderthalensis (ou h. neanderthalensis, selon les taxinomies) tomber en extase digne du "vicaire savoyard" de Rousseau devant le mystère infini de la nature et de la voûte céleste. C'est tout aussi beau et aussi SOT que de postuler que l'amour maternel est consubstantiel à l'humanité (on a démontré qu'il apparaissait péniblement au XVIIIème). Pure projection anachronique, si l'on ne dispose pas de preuves.

Mais il y a plus grave, et je ne voudrais pas m'enfermer dans un disours platement empiriste. Les hypothèses que nous formulons sur nos lointains ancêtres sont révélatrices de nos PROPRES présupposés idéologiques. Les amateurs de spiritualité paléolithique feraient bien de se demander d'abord s'ils ne projettent pas leurs propres croyances, sans les avoir préalablement passées au crible de la raison critique. Or l'un des "arguments" favoris des théistes, assommés depuis au moins la Renaissance par la découverte de la RELATIVITE des croyances, est justement, rebondissant sur cette incroyable diversité spirituelle et théologique, de nous dire : "la preuve de l'existence de Dieu, c'est que tous les hommes croient au divin, d'une façon ou d'une autre". D'abord, c'est faux : le bouddhisme, qui est un monisme idéaliste, ne raisonne pas de la sorte. Ensuite, une vie spirituelle est parfaitement possible sans croyance en une "transcendance" quelconque (peronnellement, je m'en réclamerais plutôt).
Surtout, postuler la dite transcendance, et le dualisme (âme/corps) qui lui est lié relève d'une élaboration historiquement datée, liée à l'existence de formes sociales développées impliquant l'existance de dominants et d'inégalités sociales : c'est du moins ce que l'histoire prouve... en particulier l'histoire de la vieille lutte entre les "religieux" et les "athéismes", elle-même dérivée du combat incessant entre l'idéalisme et le matérialisme. Mais on entre là dans le domaine de la philosophie, invention récente. On m'accordera peut-être qu'entre Néanderthal et les présocratiques grecs, il y a un monde, passant notamment par l'invention de l'écriture et la manipulation (ou l'invention...) de concepts abstraits.
Le DOUTE étant le premier des outils de la raison, il me semble sage de laisser là les fantasmes sur la spiritualité paléolithique.

Un dernier mot : la suprême astuce de la pensée spiritualiste dogmatique (= qui affirme sans preuve des propositions auxquelles on est tenu de se rallier) est de rechercher dans les sciences cognitives les sources de la supposée universalité de la transcendance. Il faudrait avoir préalablement DEMONTRE que ce concept même est réellement universel -ce n'est EN RIEN la cas dans l'histoire, les textes nous le PROUVENT ; alors, dans la préhistoire...
Leroi-Gourhan a démontré jadis que le prétendu "culte des mâchoires humaines" auquel, selon certains exégètes, se seraient livrés les paléolithiques, était une pure fiction : la mâchoire est simplement l'un des os du corps humain qui a le plus de chance de se conserver. Heureusement pour la paléoanthropologie, qui est capable de nous dire, plusieurs millions d'années après, si telle mâchoire est d'un singe ou d'un homme -mais certainement pas si l'individu en question croyait en l'existence de l'âme ou en un grand architecte de l'univers !
Avatar

Claude

02/05/09 22:11
@ Carlos,

Toujours aucune référence et toujours des arguments "communs"...
Avatar

mithys

26/10/09 11:46
Je viens seulement de découvrir cet article et les commentaires qu'il a suscités.
Certes, il est hasardeux de voir une forme de croyance religieuse dans les sépultures, les rites funéraires, les parures, ..., qui apparaissent vers 100.000 ans avant notre ère. Par contre, il semble que les premières divinités, inspirées par la crainte de la la mort et l'espoir d'une âme éternelle, soient apparues vers moins 10.000, au Proche Orient.
Sans doute fallait-il que le cerveau des primates hominidés se soit complexifié, qu'il ait compensé, par une lente adaptation, leur faiblesse corporelle et qu'il soit devenu capable, par ce mécanisme de défense, d'imaginer des dieux protecteurs anthropomorphiques dont ils tentaient de d'apaiser lea colère ou de gagner les faveurs par des sacrifices.
A cet animisme polythéiste a finalement succédé le monothéisme.

Toute croyance religieuse implique la soumission à une puissance supérieure. Richard DAWKINS estime que le petit de l'homme, du fait de son cerveau tout à fait immature, n'aurait jamais pu survivre si l'évolution ne l'avait pourvu de gènes le rendant totalement dépendant de ses parents (et donc plus tard, d'un dieu).

De nos jours, câest un fait sociologique et statistique : la liberté de croire ou de ne pas croire est généralement compromise, à des degrés divers : dâabord par lâimprégnation de lâéducation religieuse familiale précoce, forcément affective puisque fondée sur l'exemple et la confiance envers les parents, ensuite par lâinfluence d'un milieu éducatif croyant, excluant toute alternative humaniste non aliénante. L'éducation coranique, exemple extrême, en témoigne hélas à 99,99 %, la soumission y étant totale. Les neurosciences tendent à confirmer cette imprégnation :

- Dès 1966, le psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, alors professeur à l'Université catholique de Louvain, a constaté (son successeur actuel Vassilis SAROGLOU le confirme) qu'en l'absence d'éducation religieuse, la foi n'apparaît pas spontanément, et aussi que la religiosité à l'âge adulte en dépend ( et donc l'aptitude à imaginer un "Père" protecteur, substitutif et anthropomorphique (cfr Freud !), fût-il "authentique, épuré, Présence Opérante du Tout-Autre" ...).

- Des neurophysiologistes ont constaté qu'à lââge de 2 ou 3 ans, les amygdales (du cerveau émotionnel) sont déjà capables de stocker des souvenirs inconscients, tels que les comportements religieux, puis les inquiétudes métaphysiques des parents, sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex pariétal inférieur. L'IRM fonctionnelle suggère que le cerveau rationnel, le cortex préfrontal et donc aussi bien l'esprit critique que le libre arbitre ultérieurs s'en trouvent anesthésiés, à des degrés divers, indépendamment de l'intelligence et de l'intellect, du moins dès qu'il est question de religion. Ce qui expliquerait lâimperméabilité des croyants à toute argumentation rationnelle ou scientifique, en particulier les créationnistes, et donc la difficulté, voire l'impossibilité de remettre leur foi en question, sans doute pour ne pas se déstabiliser.

Il est logique dès lors que certains athées, comme Richard DAWKINS, ou agnostiques comme Henri LABORIT, au risque de paraître intolérants, perçoivent l'éducation religieuse, bien qu'a priori sincère et de bonne foi, comme une malhonnêteté intellectuelle et morale. Henri LABORIT a écrit : « Je suis effrayé par les automatismes qu'il est possible de créer à son insu dans le système nerveux d'un enfant. Il lui faudra, dans sa vie d'adulte, une chance exceptionnelle pour s'en détacher, s'il y parvient jamais.(...) Vous n'êtes pas libre du milieu où vous êtes né, ni de tous les automatismes qu'on a introduits dans votre cerveau, et, finalement, c'est une illusion, la liberté !".

Loin de vouloir simplifier ou réduire la complexité du psychisme humain, et en particulier le phénomène religieux, à des facteurs psycho-neuro-physio-génético-éducatifs, n'est-il pas légitime de compléter son approche traditionnelle (philosophique, métaphysique, théologique, anthropologique, â¦) par une approche neuroscientifique ? Certes, elle restera toujours très partielle, mais en faisant mieux comprendre l'origine et la fréquente persistance de la foi, elle permet à chacun de choisir, en connaissance de cause, aussi librement et tardivement que possible, ses convictions philosophiques OU religieuses.

Les neurosciences ne démontrent évidemment pas lâinexistence de "Dieu" (aucune inexistence nâest démontrable), mais elles tendent, me semble-t-il, à démontrer, ou du moins à suggérer, que son existence est imaginaire et donc illusoire.
Le droit de croire nâen restera pas moins légitime et respectable, a fortiori si cette option a été choisie plutôt quâimposée.

Michel THYS à Waterloo michelthys@base.be http://michel.thys.over-blog.org

A lire aussi dans nos archives...
A propos de Nonfiction.fr

NOTRE PROJET

NOTRE EQUIPE

NOTRE CHARTE

CREATIVE COMMONS

NOUS CONTACTER

NEWSLETTER

FLUX RSS

Nos partenaires
Slate.fr