Alors que chez nos voisins européens, la situation va de l’interdiction avec dérogations (Belgique, Italie, Allemagne...) à l’ouverture sans restriction (Hongrie, Suède…), la question du travail du dimanche en France est encore en débat pour élargir un système marginal à une véritable "redéfinition de la place des jours dans les représentations collectives". Pour Dominique Reynié, qui publie une étude sur le sujet , le nœud du problème se situe sur le décalage existant entre la conception du dimanche et la réalité de la situation. Selon lui, le dimanche ne serait plus ni le "jour du Seigneur", ni le seul jour des familles, compte tenu notamment des nouveaux modèles familiaux ou des réunions beaucoup plus exceptionnelles. Enfin, il n’est déjà plus un jour sans consommation, dans la mesure où la culture et les loisirs y sont de plus en plus présents. C’est d’ailleurs l’ouverture de ce type de magasins qui est plébiscitée majoritairement par les travailleurs du dimanche sondés dans cette étude (60 % d’opinions favorables à l’ouverture des magasins culturels, devant les boutiques de vêtements (52 %) et les supermarchés (48 %)).

Le rapport note que les salariés exerçant déjà ce jour souhaitent continuer, voire s'y rendre plus souvent. De même, une majorité (55 %) est favorable à ce que plus de magasins puissent ouvrir leurs portes une journée supplémentaire. Si la tendance n’est donc pas au rejet, les pratiquants du travail dominical posent cependant à 66 % un principal garde fou, qui repose sur le principe de base volontaire (notamment pour les étudiants ou les jeunes salariés sans enfant qui le souhaitent par exemple). Pour gagner l’opinion, un autre aspect démontré par l’étude est à garder en mémoire : ceux qui répondent que le travail dominical leur "plaît" sont 63 % chez ceux pour qui il est synonyme de rémunération supplémentaire#nf#


* Fondation pour l’innovation politique, "Travailler le dimanche : qu’en pensent ceux qui travaillent le dimanche", janvier 2009