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Politique

Le Génie du socialisme

Couverture ouvrage

Jean-Christophe Cambadlis
Plon , 238 pages

Un siècle de militantisme
[vendredi 02 janvier 2009]


Un distrayant manuel d'histoire à l'usage des militants socialistes.

Désormais secrétaire national à l’Europe et aux Relations internationales, Jean-Christophe Cambadélis est un personnage qui ne laisse pas indifférent. On dit de lui qu’il est venu adhérer au PS avec Le Capital dans une main et une barre de fer dans l'autre. Tout un programme... Cet homme de culture et d'histoire  est désormais désireux de se (re)construire une légitimité de penseur pour passer du statut d'apparatchik à celui de force de proposition. Il se fend donc d'un ouvrage historique pour répondre à une question bien légitime : comment la gauche a-t-elle pu en arriver là ?

Certes, Cambadélis n'est pas Chateaubriand , mais il n'en a pas non plus l'ambition. Le Génie du Socialisme (Plon) n'a pas vraiment d'autre prétention que de présenter une histoire vulgarisée de la gauche. Car pour les militants politiques, l'Histoire démontre les champs du possible, elle est un carburant pour l'action. Point donc d'encyclopédie savante accumulant les concepts, quitte à décevoir les érudits. On pourrait d'ailleurs reprocher à l'auteur de faire un survol trop rapide, mais avouons que c'est une excellente mise en bouche pour les néophytes, voire un manuel utile pour les militants qui connaissent mieux les turpitudes actuelles de leur parti que son glorieux passé.


Un style surprenant, un propos amusant

Le principal défaut de ce livre n'est pas le fond, au demeurant intéressant, mais bien le style. Manifestement écrit à la va-vite ou relu dans l'urgence, Le Génie du Socialisme accumule les approximations, comme lorsqu'il situe le second septennat de Mitterrand en 1989 au lieu de 1988 ou qu'il annonce la création de 35 000 emplois-jeunes au lieu de 350 000 . Les clichés consistant à décrire le PS comme un "grand corps malade" ne sont pas non plus du meilleur effet, mais parlent à tous.

Plus amusant, le député de Paris n'hésite pas à faire des commentaires un peu "people" sur les acteurs de son histoire, et il ne rechigne pas à l'emploi d'images d'Épinal comme lorsqu'il parle de l'élection présidentielle de 1981 : "Le lendemain, dans toutes les écoles, les chantiers, les usines et les entreprises, on a le verre à la main, le sourire aux lèvres, l'union de la gauche a gagné." À côté de ça, il ne consacre que six lignes à la campagne présidentielle "improvisée" de Ségolène Royal et guère plus aux déchirements du PS en 2005 au sujet du référendum européen.

On s'amusera aussi de la dénonciation des socialistes obsédés par la "technique de conquête du pouvoir" et le "tacticisme électoral". Car le moins que l'on puisse dire, c'est que l'artisan de l'alliance des fabiusiens et strauss-kahniens derrière Martine Aubry en 2008 en connaît un rayon sur les tactiques de couloirs et les manœuvres d'appareil. L'hôpital qui se moque de la charité est une figure redondante des essais politiques du XXIe siècle...

 

 

Un livre enrichissant, un angle intéressant

Qu'on l'apprécie ou non, force est d'admettre que Jean-Christophe Cambadélis est autant un stratège qu'un intellectuel, et qu'il accorde autant d'importance au combat politique qu'au mouvement syndical. Ainsi, un des intérêts de ce Génie du Socialisme réside dans l'importance qu'il accorde au réformisme dans l'Histoire de la gauche. Ainsi, il exhume des poubelles de l'Histoire bon nombre de militants qui ont eu raison trop tôt, comme Jean Barberet , Jules Guesde (surnommé pour l'occasion le "Saint-Paul du socialisme" !) ou Alexandre Millerand, réhabilité par ses soins après avoir été rejeté par ses pairs en 1899 pour son "funeste ralliement au Sarkozy de l'époque". Amusant parallèle avec les trahisons contemporaines...

Ainsi, en offrant une vision singulière de l'histoire du socialisme français restituée dans son environnement international, ce livre nous fait redécouvrir les débats du siècle écoulé, d'Amsterdam à Rennes en passant par Tours et Épinay. La conclusion s'impose d'elle-même : le monde a changé mais les questions stratégiques demeurent les mêmes. Bien sûr, le tout n'est pas dépourvu d'arrière-pensée, comme lorsque l'ancien président de l'Unef-ID prend plaisir à rappeler que c'est à 50 ans que Léon Blum acquiert un rôle historique (ce qui devrait selon lui "calmer les ardeurs jeunistes de certains dans le parti contemporain") ou lorsqu'il explique que le PCF est "réduit à la mouche du coche".

En résumé : il est nécessaire de se souvenir du temps où la gauche changeait la France et il faut refaire du socialisme une idée neuve pour retrouver son génie, qui reste et restera sa capacité à transformer le monde....

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3 commentaires

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zeck

08/01/09 15:26
Je me demande parfois si la critique d'un livre ne devrait pas être accompagnée du cv de son auteur et, dans le cas présent, de son parcours politique.
Il est vrai que celui de Christophe Cambadélis qui n'est en fait ni surprenant ni amusant, même s'il prête à rire, ne donne peut-être pas envie de lire sa pensée de penseur pensant.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Christophe_Cambad%C3%A9lis
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PvJpDRmHXxO

17/12/11 07:00
Alkaazaam-information found, problem solved, thanks!
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DfOCInBjlpKR

17/12/11 10:59
ItdhsH psujdbglznzv
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