Dans l'édition du Monde du 08.10.2008, Michel Rocard, Olivier Ferrand et Éric Morin appellent la gauche progressiste à s'engager dans une nouvelle bataille idéologique : celle de la redéfinition du compromis historique formé après 1945 autour de l'État-providence. Il s'agit pour la gauche, à l'heure où les postulats du néolibéralisme s'effondrent, de reprendre la main sur le plan de la domination intellectuelle et idéologique, main perdue à partir des années 1980.

Pour les trois responsables du think tank Terra Nova , la crise financière ouvre la brèche espérée dans la pensée unique de la dérégulation économique. Face à une droite offensive qui s'approprie la mission réformatrice et veut redéfinir, ou plutôt défaire le "compromis socio-démocrate" de l'après-guerre, la gauche, tentée par le renoncement idéologique dans les années 1990 et 2000, se doit de "chercher la voie de la refondation idéologique", chemin qui passe par une "seconde fondation sociale-démocrate".

Le champ de cette bataille idéologique, préviennent les auteurs, dépassera nécessairement les frontières de l'Europe. Il ne peut être que mondial, eu égard au renversement possible de la politique économique des États-Unis vers le protectionnisme, et à la remise en cause inéluctable à moyen-terme du modèle compétitivité-prix des nouvelles puissances économiques, sous la pression de l'élèvement du niveau de vie de leurs populations.

L'heure des progressistes serait arrivée#nf#

 

* Olivier Ferrand, Michel Rocard et Éric Maurin, "La bataille idéologique va maintenant s'engager", Le Monde, 08.10.2008.