"Bienvenue dans l’enfer du journalisme étranger en Chine, pays hôte des Jeux Olympiques 2008" : c’est en ces mots que s’ouvre le Guide du reporter aux Jeux de Pékin, édité par l’organisation non gouvernementale (ONG) Human Rights Watch. Ce manuel, adressé aux quelques 25 000 journalistes qui couvriront l’évènement, ambitionne de préparer ces derniers à travailler dans un environnement dont ils ne connaissent généralement ni les règles, ni les risques qu’ils encourent en les violant. Les policiers ne seront vraisemblablement pas aussi aimables qu’à Athènes ou Sydney…

En une quarantaine de pages, Human rights watch présente les textes légaux , délimite les zones interdites aux journalistes, explique comment protéger ses sources locales, et enfin, apprend comment contourner les mesures de censure d’Internet mises en place par le pouvoir chinois.

Et ils en auront bien besoin, les journalistes à Pékin, eux qui viennent de se rendre compte que l’accès à Internet leur sera restreint durant tout le séjour. La plupart des quotidiens nationaux font aujourd’hui leur une sur le sujet : en arrivant au centre de presse olympique de Pékin, les journalistes ont constaté que leur connexion était filtrée, donc notablement ralentie, et que les sites "sensibles" (les blogs de dissidents, les sites d’Amnesty International, de Reporters sans frontières ou encore de la BBC) étaient bloqués.

Le guide édité par l’Human Right Watch pourrait donc s’avérer d’une extrême utilité, ne serait-ce que pour mesurer le fossé existant entre les textes et la pratique, car il semble s’agir du point le plus difficile à appréhender. L’ONG oppose d’ailleurs les droits dans les textes aux droits dans la réalité. À titre d’llustration, une anecdote rapportée par Libération : une émission de la chaîne allemande ZDF en direct de la Grande Muraille, préparée de longue date en accord avec la censure chinoise, s’est vue interrompre par le personnel de la sécurité ! Enfin, et toujours dans la même veine, on ne pourra pas s’empêcher de rappeler les mots du vice-président du comité d’organisation chinois, la veille de l’attribution des Jeux à Pékin  : "Nous donnerons aux médias une liberté totale quand ils viendront en Chine." . Comme on dit en Chine : le bavardage est l'écume de l'eau, l'action est une goutte d'or.


Ajouté le 1er août : le pouvoir chinois a décider d'alléger ses mesures de filtrage Internet en autorisant l'accès à des sites comme ceux d'Amnesty international ou de Reporters sans frontières.

Notre photo : la couverture du Guide du reporter aux jeux de Pékin.