À travers une fresque captivante de l’Antiquité, la classiciste britannique Daisy Dunn redonne la parole aux femmes, qu’elles soient entrées dans l’Histoire ou restées dans l’ombre de l’anonymat.
L’histoire du monde antique est « inéluctablement » masculine. Elle est faite d’alliances et de mésalliances, de guerres et de calculs matrimoniaux, de trahisons et d’empoisonnements. Mais c’est aussi l’histoire de femmes industrieuses, puissantes, courageuses, admirables. Le fil manquant de Daisy Dunn, classiciste britannique, nous propose un voyage dans l’Antiquité avec une perspective inversée, c'est-à-dire en redonnant aux femmes leur juste place et en mettant l’accent sur le rôle important qu’elles ont joué dans le monde classique. L’auteure ne prétend évidemment pas que les femmes y étaient aux commandes – ce qui serait pur mensonge –, mais elle rend hommage à toutes celles qui, cachées dans l’ombre des grands guerriers ou restées dans l’anonymat, y ont joué un rôle.
Avec une rigueur toute scientifique, son ouvrage couronne quinze années de recherches. Il couvre un espace vaste (de l’Europe occidentale aux confins de l’Asie Mineure) et une période trimillénaire (de la Crète minoenne au début de l’Empire romain). Les partis pris rédactionnels de l’auteure, mêlant classicisme et originalité, ne manqueront pas d’intéresser le lecteur : traitement chronologique de l’histoire de l’Antiquité et recontextualisations didactiques pour ne pas perdre un lectorat néophyte, changements réguliers de focale permettant à la fois d’examiner la situation des femmes en général et de certaines femmes remarquables en particulier, place importante laissée à des anecdotes pour une lecture fluide et agréable.
Femmes réelles, femmes légendaires
Daisy Dunn combine harmonieusement mythologie et faits réels tout au long de son récit. Elle ouvre d’ailleurs pertinemment son propos avec Pandore : « celle qui a tous les dons », première d’entre toutes, la femme au visage de déesse façonnée sur ordre de Zeus par Héphaïstos (ou par Prométhée, selon une variante du mythe) avec de l’argile et de l’eau. Produit de l’imagination fertile des hommes, la femme est aussi l’éternelle responsable de leurs malheurs. On retrouve quelques-unes de ces femmes, fatales autant qu’exceptionnelles, dans d’autres légendes. La belle Hélène, l’une des principales protagonistes de l’Iliade, est enlevée pour être donnée à Pâris après le fameux épisode de la pomme de discorde, lancée par Éris pour se venger de ne pas avoir été invitée au mariage de Thétis et Pélée. Fille de Léda (princesse d’Étolie) et de Zeus, femme adultère de Ménélas, Hélène est l’antithèse de la fidèle Pénélope, héroïne malheureuse de l’Odyssée. Les auteurs classiques lui ont toujours reproché d’avoir été à l’origine de la guerre de Troie même si, au terme d’une décennie de siège, les Grecs ne se battent plus pour elle, mais pour leur gloire personnelle.
Pour les femmes légendaires comme celles du monde réel, ces périodes de guerre étaient d’ailleurs des périodes de grande incertitude et de recul pour leurs libertés. Leurs époux, fils et frères prenaient en effet la mer sans qu’elles ne sachent quand – et si – elles les reverraient un jour. Pire, lorsque les cités étaient assiégées, les hommes étaient abattus et les femmes – souvent violées, parfois massacrées – et les enfants étaient vendus comme esclaves. Durant la guerre de Troie, sachant les maltraitances qui les attendent si leurs époux sont vaincus, les femmes des guerriers – Andromaque (femme d’Hector) en tête – s’efforcent donc « d’infléchir le cours des événements » en donnant des conseils tactiques avisés.
Dans cet écheveau fait de légende et de réalité, que le lecteur est constamment invité à démêler avec l’auteure, l’histoire de la guerre de Troie tient une place particulière. C’est également le cas de Mycènes, cité militaire exerçant une forte influence. Fondée par Persée (le fils mythique de Danaé et Zeus), elle aurait largement inspiré Homère. Elle aurait fourni, nous dit le poète dans l’Iliade, cent navires pour la guerre de Troie, remplis d’hommes armés. Conflit mythologique majeur, cette guerre marque aussi, dans le monde réel, un tournant crucial entre l’ancien et le nouveau monde, coïncidant avec la chute des principaux centres culturels mycéniens. Elle donne surtout, symboliquement, naissance à une époque moins progressiste pour les femmes.
La naissance des grandes cités antiques relève souvent d’un mélange des genres. Les deux femmes les plus importantes de la naissance de Rome – Lavinia et Rhéa Silvia – ont beau être des personnages légendaires, certains éléments du récit s’appuyaient sur la réalité. La légende de Didon, qui bâtit Carthage à la suite d’une épouvantable tragédie, est symptomatique de l’importance des mythes à cette époque. Il n’existe évidemment aucune trace d’une Didon historique mais, pour le peuple de Carthage, elle était réelle dans la mesure où elle était indissociable de leur mythe fondateur. Les écrits historiques d’Hérodote ou de Tite-Live sont eux-mêmes imprégnés par les mythes. Parfois, ce sont les femmes réelles qui ont inspiré la légende a posteriori. À la fin du VIe siècle avant notre ère, Tomyris, reine des Massagètes, eut l’affront de rejeter la demande en mariage de Cyrus le Grand. Apprenant que son peuple était menacé par ce dernier, elle rassembla ses hommes et les prépara au combat. Il était rare qu’une femme prenne l’initiative de la guerre, mais Tomyris n’hésita pas et vainquit ce dernier. Moins de vingt ans après la mort de Cyrus, un autre roi perse, Darius, allait sérieusement être éprouvé par les tribus scythes et leurs spectaculaires reines amazones, cavalières chevronnées portant des pantalons et couramment enterrées avec des lances. Elles auraient inspiré aux Grecs le mythe des Amazones. Homère les présente d’ailleurs comme « les égales des hommes » et l’un des douze travaux d’Hercule consiste à obtenir la ceinture de la reine amazone Hippolyte.
Femmes soumises, femmes cruelles
L’ouvrage de Daisy Dunn nous immerge dans une époque violente. L’histoire de l’Antiquité est l’histoire de guerres – médiques puis puniques – et de reines et rois belliqueux. Au cours des guerres puniques, les femmes furent priées à de nombreuses reprises de renoncer à toutes leurs possessions. Plus tard, à Rome, elles durent renoncer à la mode pour le salut de la ville en application de la loi Oppia votée en 215. En 195, après vingt ans d’application de cette législation, les femmes en eurent marre, sortirent de chez elles et bloquèrent les rues qui menaient au forum pour exiger de pouvoir reprendre leur ancien mode de vie. C’était là le mouvement de protestation le plus visible organisé par les femmes de Rome depuis la fondation de la ville en 753. La loi Oppia finit par être abrogée mais en 169, la Lex Voconia limita encore davantage la liberté financière des femmes, de façon totalement injustifiée. Aussi, au milieu du IIe siècle avant notre ère, en grande partie grâce aux sacrifices financiers des femmes, les Romains commencèrent à paraître inattaquables. Après la mort de Cicéron, les triumvirs firent publier un édit ordonnant aux 1 400 femmes les plus riches de Rome de faire don à l’État d’un pourcentage de la valeur de leur patrimoine, faisant retomber le fardeau financier de la guerre sur « celles qui n’avaient pas le droit de se battre, de voter ni d’opposer leur veto ». Mais les lois somptuaires ne sont pas les seuls exemples de lois d’hommes destinées à contraindre les femmes. En Grèce, longtemps avant, une loi particulièrement punitive disposait que toute femme surprise, pendant les compétitions masculines, à proximité des Jeux tenus à Olympie en l’honneur de Zeus, pouvait être jetée du haut des falaises proches. Progressivement, les femmes purent avoir accès aux Jeux et une course à pied féminine fut même introduite, tenue à Olympie tous les quatre ans en l’honneur d’Héra.
Les fusions entre les peuples se sont souvent faites au détriment des femmes. En témoigne l’amoindrissement, à l’époque mycénienne, du statut élevé dont bénéficiaient les femmes à la cour minoenne – mais qui restait, bien évidemment, inférieur à celui des hommes. Daisy Dunn dépeint avec amertume les conditions de vie des femmes sous l’Antiquité. Leur statut variait selon les peuples, les époques et les hommes au pouvoir. Solon, archonte athénien, reconnaissait par exemple que les femmes avaient un rôle aussi important que les hommes à jouer dans une société bien ordonnée, mais ses lois contribuèrent à mettre en place un mode de vie où les femmes restaient cloîtrées ; l’unique avantage pour les femmes dans l’Athènes de Solon était que leur avenir n’était plus déterminé par la fortune de leur famille (la dot avait été abolie). À Athènes, seuls les hommes étaient admis à l’assemblée ; les femmes, entièrement privées de la parole en politique et sévèrement limitées dans leur droit à la propriété, étaient restreintes aussi dans leurs mouvements. Mariées en général vers l’âge de 14 ans à un trentenaire, on attendait d’elles qu’elles produisent un enfant en bonne santé. Les débuts de la vie conjugale ne devaient pas être faciles. Comparée à « la reine des abeilles », elle restait dans la ruche, élevant les petits, présidant à la confection des textiles comme l’abeille confectionne les cellules, et s’occupant de la récolte que rapportaient ses ouvrières – en l’occurrence, ses esclaves. Souvent polygames, les hommes puissants faisaient suivre leurs concubines dans leurs campagnes, accompagnées de boulangères et cuisinières. La bigamie fut même officiellement autorisée par Périclès, à l’époque de la guerre du Péloponnèse, pour surmonter la pénurie d’hommes.
Dans ces époques lointaines aux mœurs légères et cruelles, on savait que les hommes s’adonnaient aux crimes les plus vils et se livraient aux pratiques sexuelles les plus dépravées. Ce que l’on sait moins, c’est que les femmes (réelles comme légendaires) n’étaient pas en reste. Les femmes étrusques fascinaient les hommes par leur exotisme, leur liberté sexuelle et leur effronterie. À Rome dans les riches familles, les mariages se faisaient et se défaisaient avec une rapidité alarmante car le pouvoir des hommes à cette époque était, souvent, déterminé par le mariage. « Soit l’infidélité féminine était galopante, soit c’était l’excuse la plus facile que trouvaient les hommes pour passer à une union plus profitable ». Cicéron ne craignait d’ailleurs pas de souligner l’écart entre ce que la société attendait des hommes et des femmes. Il arrivait fréquemment que les femmes se montrent frivoles. Aussi l’empereur Auguste choisit-il de limiter les déplacements des femmes dans la ville, dans le cadre d’une stratégie de moralisation de la population féminine – qui ne pouvaient plus assister alors aux compétitions d’athlétisme et étaient confinées au dernier rang lorsque les gladiateurs se produisaient – même si certaines d’entre elles cherchaient à garder le contrôle sur leur vie en dépit des lois d’Auguste. Il alla même jusqu’à exiler les propres femmes de sa famille au nom du puritanisme qu’il avait tenté d’instaurer.
Dans un autre registre, les femmes pouvaient aussi se montrer cruelles. Une anecdote édifiante racontée par l’auteure en témoigne de façon éclatante. À l’époque des Gracques, Rome dut affronter des tribus germaniques. Après que Rome eut vaincu les Cimbres, une tribu voisine des Ambrons (Jutland actuel), pour éviter d’être torturées par les vainqueurs, les survivantes « se hâtèrent vers leurs chariots, tuèrent leurs hommes qui fuyaient le combat et étranglèrent leurs enfants avant de s’ôter la vie ». De quoi dérouter les Romains qui, stupéfiés, assistèrent à la scène...
Femmes artisanes, femmes artistes
Dans les épopées homériques, les femmes tissent, qu’elles soient d’extraction royale (comme Andromaque) ou servile. Dans l’Odyssée, l’astucieuse Pénélope, reine d’Ithaque et femme d’Ulysse, défait la nuit un linceul qu’elle tisse le jour. Véritable artiste, à l’instar de ses homologues mycéniennes du monde réel, elle utilise ce subterfuge pour ne pas avoir à épouser un prétendant importun. Les femmes étrusques, elles aussi douées en tissage, maîtrisaient également le travail du métal. Les Étrusques furent d’ailleurs pionniers de la dentisterie et de l’orthodontie et les femmes riches portaient des lamelles d’or à la place de leurs dents manquantes. Au VIe siècle avant notre ère, la plupart des femmes de Tarquinies (une ville étrusque sur la côte ouest italienne) fabriquaient et reprisaient les vêtements de leurs maris – plus des trois quarts des tombes qui y ont été trouvées contenaient des outils de tissage et de filage. L’une d’elles, Tanaquil, aurait même inventé la tunica recta, la tunique droite, un vêtement porté à Rome par les filles la veille de leur mariage et par les garçons lors de la transition vers l’âge adulte.
D’autres femmes passèrent à la postérité en raison de leur talent de poétesses ; leur poésie était lue et appréciée aussi par les hommes. La plus ancienne autrice connue au monde, Enheduana, était une poétesse sumérienne du troisième millénaire, fille d’un couple royal qui régnait sur un empire extraordinaire qui s’étendait de l’est de la Méditerranée au golfe Persique. L’art d’écrire associé aux femmes, depuis les Troyens jusqu’aux Hittites, a préservé Enheduana de l’anonymat. Une autre femme de l’Antiquité fut rendue célèbre pour ses vers sur l’amour. Il s’agit de Sappho, première femme de Lesbos dont on se souvienne pour autre chose que son physique – elle était, semble-t-il, « laide ». Surnommée la « dixième muse » en raison de son talent, elle fit beaucoup pour la renommée de l’île en tant que berceau de la poésie lyrique. Elle dirigeait l’un des tout premiers salons littéraires – en pratique une école de jeunes filles, spécialisée dans la poésie et la musique. Une de ses anciennes élèves, Andromède, fonda une école rivale. « Ivre d’amertume et de jalousie », Sappho finit par se retrouver en exil et s’en fut probablement à Syracuse, ville d’ailleurs imprégnée de mythes de femmes en fuite. Avec Sappho, la « très glorieuse » Télésille d’Argos fut considérée comme l’une des plus grandes poétesses de l’histoire grecque.
Femmes influentes, femmes puissantes
Les femmes de la haute société avaient pris l’habitude d’entretenir une correspondance nourrie. L’une des femmes hittites les plus influentes, Puduhepa, ancienne prêtresse devenue reine, fut une épistolière zélée ; elle entretenait une correspondance régulière avec Néfertari (elle-même épistolière prolifique) et son mari Ramsès le Grand, en Égypte. Et lorsque les Hittites se trouvèrent en proie à la famine, ce fut elle qui écrivit à Ramsès pour lui demander assistance, signant sa lettre de son sceau personnel ; « orge et blé furent dûment livrés ». L’Antiquité regorge de ces femmes influentes ayant infléchi le cours de l’histoire. Ainsi de la Pythie, ayant joué un rôle central dans la chute des Pisistratides, ce qui marqua un tournant important dans l’histoire d’Athènes comme de Sparte. « En se laissant acheter et en persuadant les Spartiates de libérer Athènes de la tyrannie, la prêtresse, investie de pouvoirs bien supérieurs à ceux de toute autre femme de son époque, infléchit la dynamique du pouvoir entre les deux principales cités-États grecques ». L’histoire retiendra aussi Artémise, qui gouvernait Halicarnasse, les îles de Cos, Nisyros et Calymnos, seul commandant femme des guerres médiques, et Hydna, nageuse émérite qui, avec son père Scyllis, sabota la flotte perse en 480 av. J.-C., au moment de la bataille de l’Artémision et de la tempête au large du mont Pélion.
« La guerre d’Atossa » est un chapitre particulièrement intéressant pour comprendre le rôle de ces femmes puissantes, en ces temps particulièrement belliqueux. Certaines n’ont pas hésité à déclencher des guerres sanglantes pour parvenir à leurs fins. Alexandre (le Grand), qui avait semble-t-il compris que les femmes étaient tout aussi capables que les hommes de se construire un réseau utile en politique, prit plusieurs épouses. Ce faisant, il marchait dignement dans les pas de son père Philippe de Macédoine qui avait eu, outre quelques amants ponctuels, sept épouses. Après qu’il se fut éteint à l’âge de 32 ans, une guerre éclata entre Olympias, sa mère, et Adéa-Eurydice, sa nièce, pour le partage de son Empire – épisode qualifié de « guerre des reines ». Les successeurs d’Alexandre, continuant ensuite à se déchirer, fragmentèrent le plus vaste Empire du monde en une myriade de petits royaumes.
Parfois, c’est à leur corps défendant que les femmes ont fait l’histoire. Ainsi d’un crime sexuel commis par l’un des fils de Tarquin le Superbe durant son règne, connu sous le nom de « Viol de Lucrèce ». Cet épisode est important car il sera le catalyseur d’un mouvement de fond dans l’histoire de Rome : la naissance de la République. 244 ans de monarchie vont prendre fin au nom de la vertu d’une femme et la nature de l’épreuve endurée par Lucrèce entretint par la suite, dans la mentalité romaine, une aversion tenace pour la monarchie. Daisy Dunn avance même que « sans cette Lucrèce, il n’y aurait pas eu de République romaine ».
Les femmes ont toujours eu le pouvoir d’influencer les affaires publiques et politiques. Derrière chaque personnage masculin important, on trouve souvent une femme ; c’est essentiellement ce qu’il faut retenir de l’histoire d’Athènes et des premiers siècles de l’histoire de Rome. Aspasie, concubine permanente de Périclès, avec laquelle il vécut ouvertement jusqu’à la fin de ses jours. Persiflages et ragots malveillants entourèrent malheureusement cette femme, qui représentait une menace politique non en raison de son extraction modeste mais en raison de sa haute éducation. Elle fut notamment accusée d’avoir provoqué la guerre du Péloponnèse, entre Athènes et Sparte (et leurs alliés respectifs). Julia, fille de Jules César, a cimenté l’alliance que l’histoire retiendrait comme étant le premier Triumvirat. Cornelia, grande figure de l’époque médiane de la République romaine, allait quant à elle connaître la notoriété pour avoir élevé deux des politiciens les plus visionnaires de l’histoire : les Gracques (Tiberius, l’aîné, à l’origine de la réforme agraire et Caius, le cadet). Les deux frères avaient divisé le Sénat en deux, et pouvaient se targuer d’avoir participé à un assainissement passager du système politique romain. À l’inverse, la mère d’un politicien peut se retrouver empêtrée dans les scandales de celui-ci. Terentia, la femme de l’avocat Cicéron, décrite dans ses lettres comme sa « très excellente femme », était au nombre de ces femmes de haut rang pouvant influencer des décisions, notamment sénatoriales, par des voies officieuses, en faisant jouer leurs relations. On ne pourrait écrire sur les femmes célèbres de l’Antiquité sans citer Cléopâtre, amante de César puis de Marc-Antoine. On peut comprendre qu’une telle femme ait séduit ces grands hommes : séduisante sans être belle, intelligente, surprenante, polyglotte. Surmontant ses difficultés de début de règne, elle avait apporté stabilité à son pays et fourni de l’aide à Rome dans sa guerre contre les Parthes. Elle fut la dernière pharaonne d’Égypte. Livie enfin, épouse d’Auguste, premier empereur romain, accompagnait son mari dans une partie de ses voyages. Elle était assise à ses côtés dans la loge impériale pour assister aux divertissements publics et était capable d’exercer son pouvoir « tout en conservant le vernis d’humilité domestique qui plaisait tant à son mari ».
Une chose est sûre après avoir lu ce livre : les femmes (réelles comme légendaires) « ne tissaient pas seulement la laine ou le lin à cette époque, mais une bien plus grande histoire ».