Deux ouvrages d’Anne Augereau et de Claudine Cohen revisitent la place des femmes dans la préhistoire et l’évolution des rapports entre les sexes.

La représentation que nous nous faisons des femmes de la préhistoire est largement façonnée par des projections contemporaines. Les récits religieux, les doctrines philosophiques et certains discours scientifiques ont longtemps cantonné les femmes aux fonctions reproductives et domestiques, en réservant aux hommes les activités les plus valorisées (chasse, invention technique, art, etc.). À l'inverse, d'autres interprétations, parfois reprises par des courants progressistes (marxistes ou féministes), ont fait de la préhistoire le lieu d'un âge d'or marqué par l'égalité des sexes, un matriarcat primitif ou le culte d'une déesse-mère. Les ouvrages d'Anne Augereau et de Claudine Cohen s'attachent précisément à mettre à distance ces représentations mythifiés de la préhistoire.

Avec Une préhistoire des femmes (La Découverte, 2026), Anne Augereau propose une vaste synthèse des connaissances sur la place et les conditions de vie des femmes dans la préhistoire européenne, du Paléolithique moyen à la fin du Néolithique (« le Paléolithique ancien n'étant pas traité, faute de données »). Destiné à un large public, l'ouvrage se distingue par la richesse des données mobilisées et l'attention accordée aux méthodes de l'archéologie.

Dans Aux origines de la domination masculine (Passés composés, 2025), Claudine Cohen adopte une démarche elle aussi accessible au grand public, mais davantage synthétique et interprétative. Son enquête est plus largement interdisciplinaire : elle  « mobilise tout à la fois l'éthologie des Grands Singes, l'anthropologie, la paléoanthropologie, la préhistoire, l'étude des systèmes économiques et des modes de subsistance, l'histoire culturelle, politique et sociale des sociétés humaines ».

Les deux ouvrages partagent un même principe théorique : les rapports entre les sexes doivent être envisagés comme des constructions historiques et sociales. Claudine Cohen formule explicitement cette exigence lorsqu’elle invite à « interroger l’émergence [de la domination masculine] comme un processus, et ses développements comme une histoire ». Les deux autrices insistent en ce sens sur la grande variabilité des formes de domination et des rapports entre les sexes, qui diffèrent selon les périodes, les espaces, les modes de subsistance et les contextes culturels. Cette diversité n’empêche toutefois pas de dégager certaines tendances de fond, et notamment le fait que si les inégalités que l’on observe actuellement et dans l’ensemble des sociétés ne sont pas intemporelles, elles « plongent leurs racines dans la lointaine préhistoire ».

Cependant, chaque ouvrage mène cette démonstration d’une manière spécifique. Anne Augereau adopte une perspective plus anthropologique et davantage centrée sur les conditions concrètes de l’existence : son livre brosse un panorama particulièrement complet et détaillé de la vie quotidienne des femmes préhistoriques : enfance, grossesse, maternité, alimentation, travail, vêtements, mobilité, mort, statut social, etc. Claudine Cohen, de son côté, privilégie une perspective plus philosophique, qui cherche à dégager des lignes interprétatives générales et accorde une place importante aux dimensions symboliques de la domination (représentations du masculin et du féminin dans les mythes, l’art, les cultes).

Faire parler les traces

L'approche technique d'Anne Augereau permet de mesurer les difficultés considérables auxquelles se heurte l'étude de la préhistoire. En effet, les données sont rares, inégalement réparties selon les périodes et les régions, et souvent difficiles à interpréter. Cette situation oblige les chercheurs à développer des méthodes d'investigation particulièrement inventives, qu'il s'agisse d'analyser le cément dentaire (qui conserve la trace de périodes de stress physiologique au cours de la vie) pour identifier certaines grossesses ou de reproduire expérimentalement des armes préhistoriques et de les tester sur des carcasses de porc afin d'interpréter des lésions osseuses. Cela met bien en évidence le fait que toute enquête sur une pratique sociale suppose d'identifier au préalable quelles traces archéologiques elle est susceptible d'avoir laissées.

Par ailleurs, pour faire parler les données archéologiques dans la perspective d’une étude des rapports de genre, il faut résoudre des problèmes méthodologiques très élémentaires, à commencer par l’identification du sexe féminin des individus retrouvés. Le critère principal pour ce faire est la taille du bassin ; mais encore faut-il que celui-ci soit suffisamment bien conservé et que l’individu soit assez âgé pour que les différences sexuelles de morphologie soient pertinentes. Ces difficultés expliquent la grande prudence d'Anne Augereau : les nombreuses études mobilisées sont systématiquement présentées dans leurs données analytiques, discutées et confrontées à d'autres interprétations possibles — remettant parfois en cause leurs conclusions. Il en résulte souvent des conclusions négatives, qui soulignent que les données ne permettent pas toujours de trancher certaines questions relatives aux rapports entre les sexes (par exemple à propos des pratiques artistiques, des combats ou du mariage). En somme, « la préhistoire offre des pistes, parfois éclairantes, mais rarement des certitudes. »

La conclusion de chaque chapitre peut avoir, en ce sens, un caractère déceptif pour qui chercherait une clef d’interprétation unique et définitive. Mais la prudence d’Anne Augereau témoigne en réalité de sa rigueur intellectuelle : elle distingue constamment ce que les données établissent, rendent probable ou ne permettent pas de déterminer.

Ce que la « nature » peut (et ne peut pas) expliquer

Dans son ouvrage, Claudine Cohen examine les discours qui ont cherché à expliquer la domination masculine par des caractéristiques supposément naturelles de l’espèce humaine : les instincts sexuels masculin, le dimorphisme physique à la faveur de l’homme, le déterminisme génétique, la disparition des signes extérieurs de l’œstrus chez la femme, permettant des rapports sexuels en dehors de la période d’ovulation, ou encore l’inachèvement du nourrisson qui le rend plus longtemps dépendant de sa mère. Mais l’autrice montre qu’aucun élément dit « naturel » ne saurait expliquer — et encore moins légitimer — un comportement social : une société se définit précisément par la manière dont elle organise, encadre ou réprime les comportements biologiquement possibles, dont les effets varient ainsi considérablement selon les contextes.

Claudine Cohen revient notamment sur les travaux des éthologues et biologistes de la première moitié du XXe siècle qui avaient cherché chez les babouins les fondements naturels, voire génétiques, de l’agressivité sexuelle masculine. Mais l’étude d’autres grands singes, notamment des chimpanzés et des bonobos, a révélé une grande diversité de comportements sexuels et sociaux (relations de couple, domination d’un ou plusieurs mâles, voire domination des femelles), qui interdit d’en déduire un modèle unique susceptible de rendre compte du comportement humain.

Certains facteurs observés chez les grands singes semblent toutefois favoriser des relations hiérarchiques et une domination masculine : les alliances entre mâles et l’isolement relatif des femelles. A l’inverse, la protection des femelles par plusieurs mâles ou l’existence de solidarités féminines peuvent favoriser des relations plus égalitaires. Dans la continuité de ces observations, Claudine Cohen voit dans l’exogamie, en tant que règle sociale organisant les unions entre groupes humains, un facteur possible d’asymétrie dans les relations entre hommes et femmes. La circulation des femmes les transforme en « objets d’échange », dans « des opérations dont les seuls acteurs sont les hommes ».

Anne Augereau évoque également l’exogamie reposant sur la mobilité des femmes dans son analyse des systèmes de parenté. Elle note que celle-ci se développe d’abord de manière circonstanciée chez les Néandertaliens avant de prendre davantage d’importance avec l’intensification des circulations et des échanges. Au Néolithique, les données témoignent d’« une circulation plus marquée des femmes » et montrent que « la patrilocalité était la forme de résidence postmaritale prépondérante, voire exclusive ».

Dans l’ordre des facteurs dits « naturels », Anne Augereau évoque également le caractère social et territorial de l’espèce humaine (qui, comme chez d’autres primates, favorise la violence comme stratégie adaptative et augmente le taux d'agressions mortelles) et le dimorphisme sexuel de taille ou de poids (puisque « en tout lieu et de tout temps, les femmes sont en moyenne plus petites que les hommes »). Dans son analyse des régimes alimentaires, l’autrice se demande si le dimorphisme sexuel ne résulterait pas d’une différence ancienne d’accès à la nourriture plutôt que d’une donnée naturelle. Les observations ne permettent toutefois pas d’établir un tel lien de causalité. Les analyses isotopiques de huit individus d’un site paléolithique italien montrent une grande homogénéité alimentaire entre hommes et femmes, mais aussi entre personnes valides et handicapées, notamment une femme atteinte de nanisme et un homme atteint de lourds traumatismes physiques. À partir de la fin du Mésolithique, puis au Néolithique, les femmes semblent cependant consommer moins de nutriments d’origine animale que les hommes, ce qui a pu affecter leur croissance et leur santé sans expliquer à lui seul le dimorphisme. Anne Augereau souligne enfin que celui-ci varie au cours de la préhistoire selon les périodes de pénurie ou d’abondance — en l’occurrence, les écarts de taille sont plus marqués lors des périodes difficiles, comme c’est le cas au début du Néolithique.

Le quotidien des femmes préhistoriques

Le cœur de l’ouvrage d’Anne Augereau consiste à décrire avec le plus de détails possible les différents aspects de la vie des femmes préhistoriques — dont on ne pourra donner ici qu’un aperçu — tels qu’ils peuvent être reconstitués à partir des données archéologiques.

Elle relève une première différence notable en ce qui concerne la maternité : « Dès le Paléolithique moyen jusqu'au Néolithique et au-delà, les femmes procréent significativement plus jeunes que les hommes. » Or, aucune nécessité physiologique ne suffit à expliquer cela. Aussi, l’autrice envisage plutôt l’hypothèse d’une organisation sociale visant à exploiter au maximum la période de fertilité féminine et ayant pour conséquence concrète l’« immobilisation » des jeunes filles — pour reprendre le terme de l'anthropologue italienne Paola Tabet.

Anne Augereau se penche également sur des marqueurs plus symboliques du genre dans la vie quotidienne : femmes et hommes s’habillaient-ils de la même façon ? La conservation des vêtements est évidemment très lacunaire, puisque les tissus végétaux et les peaux ont disparu ; mais certains ornements sont restés. Ainsi, « la disposition des broderies de perles et de dents animales qui les ornaient et qui sont encore en place sur les squelettes » permet de reconstituer certaines formes de vêtements typiquement féminins, et notamment des jupes, des robes ou des tuniques au Néolithique. Au Mésolithique, les différences vestimentaires entre hommes et femmes semblent relativement limitées, quoique les espèces animales utilisées pour les ornements diffèrent (dents de sangliers pour les hommes, dents de castors pour les femmes). Les accessoires, en revanche, apparaissent davantage différenciés : « des bijoux et des parures plus nombreux chez les femmes et des armes en très grande majorité chez les hommes ».

Le chapitre sur la division du travail offre des analyses décisives. Chez les Néandertaliens, la chasse semble avoir constitué une activité majeure et probablement collective, qui n’était pas réservée aux hommes mais impliquait, de manière diverse, les membres du groupe : les hommes prenaient part au combat au corps à corps et à la mise à mort des grands animaux, tandis que les femmes contribuaient au rabattage et à la chasse de petits gibiers. Au Paléolithique récent, une différenciation des activités peut également être observée dans l’organisation des espaces domestiques : certains secteurs sont associés au façonnage des armes les plus dangereuses, probablement réservés aux hommes, tandis que d’autres correspondent à des activités culinaires ou de couture, probablement occupés par des femmes. Cette différenciation contribue à faire émerger la figure de « l’homme chasseur », qui pèsera lourdement sur les représentations ultérieures de la préhistoire.

Claudine Cohen revient précisément sur cette construction intellectuelle de la chasse comme activité spécifiquement masculine et fondatrice de l’humanité. Elle évoque un modèle anthropologique élaboré dans la seconde moitié du XXe siècle, qui soutenait que « ce serait la chasse (et les différents comportements associés) qui expliquerait l'acquisition des traits propres à l'humain ». La chasse aurait ainsi expliqué le développement de l’habileté manuelle, de l’intelligence, de la force, de la précision et de l’organisation collective. « Or ce modèle réputé universel mettait exclusivement l'accent sur la moitié mâle de l'humanité : il excluait du même coup les femmes de la participation aux activités ayant une signification évolutive, les reléguant à un rôle périphérique dans le devenir de l'espèce. » Cette figure de l'homme chasseur montre en somme comment le masculin a longtemps été pensé comme la norme à partir de laquelle était racontée l'histoire de l'humanité.

Claudine Cohen propose également un chapitre original sur l’art paléolithique, qui explore la dimension symbolique de la dualité sexuelle. Certaines peintures ou figurines montrent que telle ou telle espèce animale semblait associée préférentiellement au masculin (le cheval) ou au féminin (le bison), charriant avec elle un ensemble de significations symboliques (comme le majestueux homme-lion s’étant approprié la force de cet animal qui illustre l’ouvrage). D’autres œuvres (reproduites et commentées dans l’ouvrage) jouent sur des « anamorphoses du sexe », c’est-à-dire sur des transformations visuelles qui brouillent les catégories de genre en faisant apparaître tantôt des caractères sexuels féminins (seins, vulve), tantôt masculins (phallus). L’autrice conclut que les « multiples et troublantes analogies, renvois, résonances » entre figures viriles et féminines dans l’art paléolithique suggèrent que les artistes préhistoriques ne concevaient pas le masculin et le féminin comme deux pôles opposés, mais comme des motifs marqués par leur « intrication, voire [leur] unité irréductible ».

Pouvoir et domination

Reste à déterminer dans quelle mesure ces différences, qu'elles soient matérielles ou symboliques, se traduisent par des rapports de pouvoir effectifs entre les sexes. Cette thématique occupe le cœur de l’ouvrage de Claudine Cohen, qui définit dès l’introduction ce qu’il faut entendre par « domination » : « Parler de domination, c'est désigner un exercice du pouvoir qui implique chez l'autre un assujettissement, une contrainte, une privation. »

Anne Augereau aborde cette question à la fin de sa conclusion, en reprenant à Christophe Darmangeat (avec qui elle a publié Aux origines du genre, PUF, 2022) l’hypothèse selon laquelle « le monopole masculin des armes létales constitue un facteur essentiel de la domination masculine ». Mais cette question est surtout développée dans le dernier chapitre de son ouvrage, intitulé « Pouvoirs et statuts, richesses et inégalités ». L’autrice constate qu’au Néolithique, la richesse et le pouvoir semblent effectivement avoir été « entre les mains d’un petit groupe d’hommes ». Mais les données témoignent également de la présence de femmes ayant bénéficié d’un statut élevé grâce à un phénomène de « partage de l’identité masculine » : une femme pouvait partager le prestige d’un homme dont elle était l’épouse, la mère, la sœur, etc. On observe même, parfois, des exemples de « transfert des symboles de la masculinité à des sujets féminins », dans des situations où, pour quelque raison que ce soit, les hommes auraient été absents : dans ces cas, certaines femmes pouvaient se voir attribuer des caractéristiques masculines et ainsi exercer un pouvoir considérable.

Dans un autre chapitre, Anne Augereau remarque un autre cas intéressant, qui introduit une fois encore de la nuance et de la variabilité dans le schéma général de la domination masculine. L'étude de certaines populations néolithiques révèle en effet des différences morphologiques marquées entre les femmes elles-mêmes (certaines possédant « une morphologie comparable à celle de coureuses d’endurance contemporaines » ; d’autres se situant « nettement sous les moyennes actuelles »), suggérant que ces femmes ne partageaient ni les mêmes activités ni les mêmes conditions d'existence. Ces écarts invitent à ne pas considérer les femmes, dans l'analyse des rapports de genre, comme une catégorie sociale homogène.

Une pré-histoire de la domination masculine

Au terme de ce parcours, peut-on affirmer que la domination masculine contemporaine plonge ses racines dans la préhistoire ? Les deux autrices répondent à cette question sans jamais céder à la tentation d’un récit des origines trop simple. En dépit de la formule accrocheuse qui lui sert de tire, l’ouvrage de Claudine Cohen nous met en garde contre la tentation d’une recherche des « origines », au sens d’un commencement absolu de cette domination, qui risque de transformer l’histoire en mythe : « les commencements sont souvent inconnaissables, et la quête d'une origine est embrumée de mythologie ». L’autrice admet même que, au rebours des idées reçues, les femmes auraient joué, au cours du Paléolithique, un rôle majeur dans la subsistance, voire qu’aurait existé « une relative égalité entre les sexes ».

La lecture des chapitres successifs de l’ouvrage d’Anne Augereau donne l’impression que, dans tous les domaines, les différences parfois discrètes observées au Paléolithique et au Mésolithique s’accentuent au Néolithique. Dans le cas de l’alimentation, par exemple, l’autrice parle du « grand tournant alimentaire du Néolithique » : alors qu’aucune différenciation alimentaire entre les sexes n’est observée au Paléolithique, que quelques écarts apparaissent au Mésolithique, ceux-ci deviennent nettement plus marqués au Néolithique, où les femmes consomment davantage de végétaux et les hommes davantage de protéines animales. Cela permet de dégager de grandes tendances qui traversent les époques préhistoriques et accroissent progressivement la domination masculine.

Dans son chapitre consacré au Néolithique, intitulé « Pouvoir masculin et sujétion des femmes », Claudine Cohen confirme cette dynamique de fond. Le développement de l’agriculture et de l’élevage, la sédentarisation, le recul de certaines activités de cueillette et l’apparition de formes nouvelles de guerre semblent avoir contribué au renforcement des inégalités entre les sexes et à l’assignation plus marquée des femmes à certaines fonctions domestiques. Mais Claudine Cohen privilégie ici encore l’étude des représentations symboliques : les formes architecturales et les surfaces sculptées témoignent d’une place croissante accordée aux figures de la virilité.

L’autrice poursuit son enquête au-delà des bornes chronologiques d’Anne Augereau, suivant cette tendance jusqu’à l’âge du Bronze, où elle situe « les fondements du patriarcat » — c’est-à-dire la constitution de rapports sociaux dans lesquels la domination masculine s’institutionnalise véritablement. L’invention des métaux et le développement de la guerre jouent un rôle important dans cette étape, tout comme l’apparition de l’écriture. Claudine Cohen réduit toutefois cette dernière au cas des « religions du livre », qu’elle inscrit un peu rapidement dans le prolongement des époques antérieures, sans attention particulière à la spécificité du contexte de chacun (« c’est précisément dans ce creuset que se sont fondées les trois grandes religions monothéistes »).

Les conclusions des deux ouvrages sont à l’image de leurs ambitions respectives. Dans une perspective essentiellement scientifique, Anne Augereau rappelle les éléments que son enquête a permis d’établir de manière solide, mais elle pointe aussi les vastes zones d’ombre que la recherche future s’efforcera de clarifier (ou qui demeureront par nature inaccessibles). Claudine Cohen tire quant à elle une conclusions plus politique : si, comme son ouvrage s’efforce de le montrer, la domination masculine a une histoire, alors elle n’a rien de naturel ni d’immuable. En tant que produit de contextes sociaux, culturels, économiques et politiques particuliers, elle peut donc être transformée.