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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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L’espace public existe aussi dans les marges urbaines
[mercredi 16 mars 2011 - 09:00]
Politique de la ville
Couverture ouvrage
La fabrique de l'espace public. Ville, paysage et démocratie
Denis Delbaere
Éditeur : Ellipses
186 pages / 9,50 € sur
Résumé : À travers une étude sur les espaces publics émergents dans les périphéries urbaines, l’auteur défend l’intégration du paysage dans la conception de ces nouveaux lieux communs.  
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Denis Delbaere, paysagiste de formation, fait le choix dans cet ouvrage d’aborder les espaces publics au prisme de la périurbanisation et de l’étalement urbain. La ville diffuse, les nouveaux moyens de communications ainsi que les aspirations néo-rurales des citadins ont en effet favorisé l'émergence de nouveaux lieux communs, notamment dans les marges urbaines. Pour autant, l'intérêt très fort encore porté aux espaces publics centraux par les autorités urbanistiques entraîne une faible intégration voire un dénigrement de ces espaces. L'auteur juge au contraire et avec raison, nécessaire de porter son regard vers ces lieux, dans lesquels se joue selon lui le renouveau de l'espace public. Son ouvrage prend appui sur l’hypothèse selon laquelle ces nouvelles formes d’espaces publics émergents seraient à même d’apporter des réponses aux défis de la ville contemporaine. 

 

Des espaces publics émergents

Il est aujourd'hui devenu banal d’évoquer l’impact des mutations urbaines et de la métropolisation sur le déclin des interactions sociales dans les espaces communs de la ville et d'établir le constat d’une urbanité qui ne se vit plus que sur un mode individualiste. Mais davantage qu’un déclin, c’est à une modification des manières d’interagir que nous assisterions. Prenant le contre-pied des théories passéistes, l’auteur constate l’émergence de nouvelles formes de sociabilités au sein de la ville diffuse. Celles-ci ne seraient plus basées sur les interactions entre inconnus dans une proximité contrainte mais se vivraient sur le mode de l’entre-soi et de la distance à autrui parmi une foule diffuse. Bien que la démonstration de l’auteur soit rapide, le concept de sociabilité diffuse est pertinent pour analyser l’urbanité contemporaine. Et notamment l’évolution de l’espace public.

Sa mort maintes fois annoncée, l’espace public n’a pourtant jamais été autant à la mode qu’aujourd’hui et fait l’objet d’un véritable culte chez les aménageurs, les architectes ou les gestionnaires urbains. Toute ville, tout quartier, inscrit les espaces publics au cœur de son développement. Souvent considérés comme solution aux maux urbains, mais aussi vitrines de l’urbanité d’une ville, les espaces publics deviennent le centre d’attention des aménageurs. L’espace public devient "non seulement l’objet véritable, mais même la raison d’être légitime de toute politique de la ville". Or, constate l'auteur, la forme des espaces publics, héritée de l’histoire urbaine et d’un idéal politique dépassé ne semble plus adaptée aux fonctions sociales actuelles.  Selon Denis Delbaere, une part "du succès des espaces publics repose sur un comportement réactionnaire en matière d'urbanisme".  Cette formelle reconstitution historique des lieux communs évoque alors chez l’auteur le sentiment d’un "leurre de l’espace public". Or, dans les périphéries, à l’écart des lieux communs convoités par les praticiens de l’espace, les espaces publics évoluent et offrent une nouvelle vitalité souvent méconnue. En effet, au sein de l’urbanisation réticulaire de la ville diffuse, de nouveaux lieux de sociabilités apparaissent, ce sont ces espaces "entre-deux", friches industrielles ou espaces naturels, appropriables par tous, qui constitueraient alors le terreau de nouvelles sociabilités diffuses.

Il peut s’agir de parcs, de friches d’anciens espaces agricoles voués à l’urbanisation ou de lisières de campagnes ; "ces équipements qui prolongent parfois le parking d’une salle polyvalente ou le clos d’un cimetière délocalisé, constituent des couronnes d’espaces publics ouverts, sans doute bien plus animés que les places de mairie ou les parvis d’églises désertés". Sans chercher à reproduire les sociabilités de la ville d’antan, ces lieux permettraient au contraire de vivre les caractéristiques sociales de notre époque, de vivre ensemble sur le mode d’une sociabilité diffuse. Les pratiques de ces lieux découlant de choix par leurs usagers (repas, match de foot, etc.), "les modes d’appropriation de l’espace public ne relèvent plus de la vie quotidienne et de l’échange fortuit avec autrui. Ils relèvent désormais de l’événementialité".

Titre du livre : La fabrique de l'espace public. Ville, paysage et démocratie
Auteur : Denis Delbaere
Éditeur : Ellipses
Collection : La France de demain
Date de publication : 18/03/11
N° ISBN : 2729861580
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1 commentaire

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Lecteur

17/03/11 10:26
Merci pour cette fiche synthétique et claire. J'ai aussi lu ce livre, excellent.

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