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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Une guerre urbaine se prépare-t-elle dans les banlieues françaises ?
[mardi 07 décembre 2010 - 16:00]
Politique de la ville
Couverture ouvrage
Opération Banlieues. Comment l'État prépare la guerre urbaine dans les cités françaises.
Hacène Belmessous
Éditeur : La Découverte
203 pages / 14,25 € sur
Résumé : Un ouvrage vif et percutant mais dont l’argumentation pèche parfois par manque de mise en perspective.
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Hacène Belmessous, journaliste et chercheur indépendant, auteur de plusieurs essais liés aux banlieues, nous livre dans cet ouvrage un brûlot contre la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy. Cet essai part de l’hypothèse que les opérations de rénovation urbaine, sous couvert de bonnes intentions, masqueraient une opération de militarisation et de surveillance des banlieues. C’est cet envers du décor  de la politique de la ville qu’explore l’auteur en évoquant les conditions qui se réunissent pour une possible "guerre aux banlieues". À l’aide de nombreux entretiens et d’un travail de terrain conséquent, l’auteur révèle certains phénomènes inquiétants quand à la démocratie et au "vivre ensemble" urbain. 

 

 

Des banlieues réduites à un "ennemi intérieur"

 

Tout d’abord, Hacène Belmessous retrace l’évolution récente des discours ainsi que des différentes logiques d’action qui guident l’intervention dans les banlieues françaises afin d’y révéler l’apparition récurrente d’un  "ennemi intérieur". Au sein de ce terme se mêlent confusément terrorisme, délinquance et irrespect de la république. Spatialement, cet "ennemi intérieur" est clairement assimilé aux banlieues, souvent décrites comme des "zones de non-droit" ou des "territoires perdus de la république". Or cette évocation d’un "ennemi intérieur" légitime l’usage de la force et de pratiques militaires qui s’éloignent du simple maintien de l’ordre.

 

Cette tendance à la militarisation se lit notamment dans l’évolution du rôle de l’armée de terre et dans la compétence qui lui est aujourd’hui attribuée, d’intervenir lors de violences urbaines. Tel est notamment un des objectifs de la modification en 2007 du Livre blanc sur la Défense et la sécurité nationale qui "opère une jonction entre la sécurité extérieure et la sécurité intérieure, donc entre le militaire et le policier". Or, ce sont les banlieues qui cristallisent les objectifs de cette opération sécuritaire. Comme le révèlent deux spécialistes interrogés, le risque de cette dérive est de "d’englober le phénomène des banlieues dans ce concept de sécurité nationale, au risque d’opérer un amalgame entre des menaces à la sécurité de l’État et une crise sociale". Basé sur de nombreux entretiens avec des responsables et de hauts fonctionnaires de l’armée, l’auteur révèle le "malaise républicain qui sourd  dans l’armée depuis les dérives sécuritaires des "années Sarkozy"".

 

Il en est de même pour la gendarmerie, récemment passée sous l’autorité du ministère de l’intérieur et qui doit s’adapter à une militarisation de son équipement. Phénomène qui n’est pas sans rebuter plusieurs des responsables interrogés, qui jugent cet équipement de guerre incompatible avec la mission de maintien de l’ordre qui est la leur et qui doit se baser sur des méthodes plus pacifiques. L’auteur évoque alors ce curieux camp d’entrainement, situé à Saint-Astier, dans lequel sont formés des gendarmes à l’intervention en milieu urbain. Il s’agit d’une réplique en taille réelle d’une ville de banlieue. Le décor reproduit un centre historique, une ville nouvelle et ses tours tandis que les scénarios qui guident les opérations d’entrainement intègrent des données sociales sur la ville, ainsi que les conditions qui ont participé à l’intervention factice des forces de l’ordre, etc. 

 

La police est également particulièrement impliquée dans cette mission d’ordre public et d’intervention dans les banlieues. L’orientation de leur action sur les banlieues s’accompagne de la fin de la mission de service public à laquelle est traditionnellement dévolu ce corps d’État. Leur rôle s’apparenterait aujourd’hui davantage à une occupation des territoires de banlieues avec des contrôles ciblés, un quadrillage de l’espace, qui inquièterait plus la population qu’elle ne la rassurerait. Ainsi selon l’auteur, ces "façons de faire" et d’intervenir témoignent de l’association par le pouvoir politique du maintien de l’ordre et  de la guerre urbaine. Au point, selon Hacène Belmessous que "même s’il faut distinguer les contextes, la militarisation de la police, son usage de procédures et de technologies militaires, sa représentation déshumanisée de ces quartiers qu’elle dépeint comme des "bourbiers", particulièrement en Seine-Saint-Denis, font penser à d’autres théâtres d’opération, ceux gagnés par la guerre civile" sur des terrains extérieurs.

Titre du livre : Opération Banlieues. Comment l'État prépare la guerre urbaine dans les cités françaises.
Auteur : Hacène Belmessous
Éditeur : La Découverte
Collection : Cahiers Libres
Date de publication : 07/10/10
N° ISBN : 2707159123
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2 commentaires

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Byzance

09/12/10 14:37
SI VIS PACEM, PARA BELLUM, vieux proverbe latin que devrait connaitre notre journaliste / chercheur indépendant. L'état et les politiques ne feraient par leur boulot s'ils ne faisaient pas ce que semble relever l'auteur.
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Crab2 Crab

08/12/10 12:49


Walid al-Husseini - Suite
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