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L'existence même de la réunion du 28 juillet sur les Roms était indigne d'un gouvernement qui se réclame de la République, les annonces faites par Brice Hortefeux sont dans la continuité. 
Pouria Amirshahi, secrétaire national du PS aux droits de l'homme
Hier matin (16.12.2008) régnait à Strasbourg un air de politique. Une jolie pièce de théâtre : trois acteurs, trois idées et un figurant. D’abord, Nicolas Sarkozy, l’omniprésident selon Der Spiegel et les autres, était en forme. Un grand discours politique où il a remercié tout le monde, dit que l’Europe a avancé, récapitulé ses réussites, nombreuses, et ses quelques échecs – comme le régulateur européen de l’énergie que n’a pas manqué de souligner Marielle de Sarnez. Il a rappelé que le paquet énergie-climat a été voté à l’unanimité et a vanté les mérites de ce mode de décision.
Une unanimité qui tire l’Union vers le bas selon les Verts et Daniel Cohn-Bendit, le deuxième acteur de cette journée. Le leader écologiste était vent debout contre Sarkozy et sa manière de diriger l’Europe, celle des gouvernements (lire l’article de Libération : "Vifs échanges entre Cohn-Bendit et Sarkozy au Parlement européen", 16.12.2008) Il a salué les succès de la présidence française mais s’est arrêté sur la mise au rancart des institutions européennes : "Vous réduisez le Parlement européen à un viagra pour gouvernements. (...) Vous avez fait de l'égoïsme national des uns et des autres un compromis."
Nicolas Sarkozy lui a répliqué que d’habitude il était plutôt courtois, mais que devant les caméras "il devenait comme fou". "Fou contre fou" dira plus tard l’ex-soixante huitard. «Sur le paquet climatique, nous étions forts, mais on est passé du trois fois 20 à la légitimité de l’économie 4x4", selon Cohn Bendit, en référence au triple objectif de l’Union européenne sur le climat (-20 % de CO², 20 % d’énergies renouvelables et 20 % d’économies d’énergie).
Troisième acteur de cette journée, Graham Watson, président du groupe ALDE (Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe) : "Vous n’avez pas besoin de tout faire, laissez le ministère des Finances à Jean-Claude Juncker et l'euro à Jean-Claude Trichet." Et, parodiant une chanson de Carla Bruni-Sarkozy : "C'est le temps du départ, retournez à d'autres étoiles et laissez-nous la fin de l'histoire."
Ces trois hommes ont touché au cœur du problème de l’Europe d’aujourd’hui : elle doit agir par des personnalités incarnées, elle doit agir avec des institutions politiques fortes, et elle ne peut le faire avec un seul homme. José manuel Barroso, l’éternel figurant, n’a pas répondu à Cohn Bendit qui l’accusait, violemment, d’avoir transformé la Commission européenne en un secrétariat des États. Interrogé par Nonfiction.fr sur le faible rôle de la Commission, Cohn-Bendit a répondu : "Le fonctionnement de Barroso, c’est d’appeler les grands États pour leur demander ce qu’il faut faire. Et les commissaires font ce qu’ils veulent, même McCreevy [Commissaire pour le marché intérieur], il ne les remet jamais en place."
1 commentaire
Ghislain Hammer
On ne peut pas nier le Travail de N.Sarkozy, il a su répondre, ou pas, à la situation géopolitique, il a agi, l'Europe était en mouvement. Tout ce que notre président à fait n'est pas forcément parfait, mais on ne peut pas lui enlever le mérité d'une gestion globale et adéquate à certaines situations complexes.
Je trouve, mis à part, que changer les six mois de président de l4europe n'est pas une bonne idée. Il faut un président, élu par les européens, le peuple, un président de pourquoi pas 4 ans. Il faut que le peuple vote pour élire l'Homme. Que les européens aillent voter permet aussi de les impliquer. Bien sûr, chaque pays a voté pour son propre président, mais cela ne correspond pas à la sensibilité globale des européens. Que tous les européens aillent voter le même jour les rapprocheraient, la chose est à méditer. Pour que l'Europe aille davantage de l'avant, il faut son peuple participe.
Je suis pour l'Europe, c'est une magnifique machine, mais pas d'une Europe limitative.