On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.
Cette présidence française aura été marquée par la personnalité du chef d’État français. Il a remis, sans contestation possible, la France dans le jeu européen. Il a géré les crises avec brio, fait avancer des politiques importantes et remis au goût du jour la question fondamentale qui anime l’Europe depuis toujours : Europe dirigée par le Conseil des ministres ou Europe de la Commission. Il a préfiguré ce que pourrait être un Conseil européen stable de deux et demi après ratification du traité de Lisbonne. Avec cette option, la Commission deviendrait un simple secrétariat (elle s’en approche déjà sous Barroso).
Problème : le futur président du Conseil n’est pas responsable devant le Parlement européen. Le risque est de voir renaître de plus belle une des critiques majeures des politiques européennes : leur manque de base démocratique. Quelle légitimité pour un président qui serait, sous le traité de Lisbonne, simplement nommé par les États et plus ou moins dépendant du jeu des intérêts nationaux ?![]()
* Sur le conflit Sarkozy-Cohn Bendit : le blog Paris-Bruxelles.
* À lire également sur nonfiction.fr :
- François Foret, Légitimer l’Europe. Pouvoir et symbolique à l’ère de la gouvernance (Presses de Sciences Po), par Hélène Caune.
- Florence Autret, Sarkozy à Bruxelles (Seuil), par Éric L'Helgoualc'h.
- Jean-Dominique Giuliani, Un européen très pressé (Éditions du moment), par Alexandre Barthon de Montbas.
- Ivo Sokatchev, "La France face à la nouvelle Europe".
- Ivo Sokatchev, "Bill Gates et Henri Emmanuelli, même combat ?"
- Nicolas Leron, "Hartmut Kaelble : à la recherche d'un espace public européen".
- Nicolas Leron, "Eric Hobsbawm : l'Europe anachronique".
- Nicolas Leron, "Jean Quatremer : l'Europe, la voie hobbesienne".
1 commentaire
Ghislain Hammer
On ne peut pas nier le Travail de N.Sarkozy, il a su répondre, ou pas, à la situation géopolitique, il a agi, l'Europe était en mouvement. Tout ce que notre président à fait n'est pas forcément parfait, mais on ne peut pas lui enlever le mérité d'une gestion globale et adéquate à certaines situations complexes.
Je trouve, mis à part, que changer les six mois de président de l4europe n'est pas une bonne idée. Il faut un président, élu par les européens, le peuple, un président de pourquoi pas 4 ans. Il faut que le peuple vote pour élire l'Homme. Que les européens aillent voter permet aussi de les impliquer. Bien sûr, chaque pays a voté pour son propre président, mais cela ne correspond pas à la sensibilité globale des européens. Que tous les européens aillent voter le même jour les rapprocheraient, la chose est à méditer. Pour que l'Europe aille davantage de l'avant, il faut son peuple participe.
Je suis pour l'Europe, c'est une magnifique machine, mais pas d'une Europe limitative.