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Entretien avec Luc Brisson (5) : Traduire Platon
[mercredi 15 octobre 2008 - 18:00]

Renouer le dialogue avec Platon

Un entretien avec Luc Brisson, réalisé par Bastien Engelbach et Jean-Claude Monod.

Cet entretien est en six parties (cf. bas de la page pour le renvoi vers les autres parties)

 

Les enjeux de la transmission : comprendre et faire comprendre

nonfiction.fr : Comment vous situez-vous par rapport aux précédentes entreprises de traduction  complète de Platon ? Celle des Belles-Lettres et celle de La Pléiade ?

Luc Brisson : Je suis un admirateur de mes prédécesseurs, même si je peux les critiquer – et j’espère qu’on me critiquera aussi.

Les deux entreprises sont très différentes. Les Belles-Lettres ont commencé ce travail dans les années vingt et l’ont achevé dans les années soixante. Ce qui caractérise ces traductions est qu’elles correspondent parfaitement au découpage universitaire : les premiers dialogues ont été traduits par des agrégés de lettres classiques, tandis que les autres l’ont été par des agrégés de philosophie. Je pense que les premiers dialogues méritent mieux que ça. Leur traduction est très belle d’un point de vue littéraire, mais il y a beaucoup plus à tirer de ces dialogues que ce que l’on peut trouver dans ces traductions. Les derniers dialogues sont très dépendants de l’agrégation de philosophie de l’époque où la philosophie française dominait, mêlant néo-cartésianisme et néo-kantisme. Les limites de ces traductions tiennent donc à ce qu’elles sont très rattachées à une époque : les introductions par exemple sont faites pour des gens qui connaissaient la littérature allemande du XIXe siècle, mais aujourd'hui ce sont les commentaires écrits en anglais qui dominent et dont il faut tenir compte.

La traduction de La Pléiade a été menée par Léon Robin et Joseph Moreau dans les années cinquante. Pour des spécialistes comme moi, ces traductions sont merveilleuses : quand on a le texte grec devant les yeux, on s’aperçoit qu’il ne manque rien à ces traductions, et qu’elles ont un souci de rendre compte de tous les mots. Le problème, c’est ce que cela ne représente à mon avis qu’une partie du travail du traducteur. J’avais beaucoup insisté pendant les vingt ans où nous avions traduits les textes de Platon en GF sur le fait que le traducteur doit comprendre le grec, mais que cela ne suffit pas : ce que le traducteur comprend, il doit le faire comprendre à la personne qui se tient devant lui. Dans les années 50 en Europe, peut-être sous l’influence de Heidegger ou de certains poètes sophistiqués, on se souciait peu de la communication. Les traductions de Robin et Moreau, admirables lorsqu'il s'agit de comprendre le grec, restent difficiles à lire pour les étudiants. La phrase est trop heurtée, la langue correspond à un français de moins en moins accessible.

Le souci de la traduction entreprise a en GF a donc été de rester fidèle au texte grec, mais en se faisant comprendre d’entrée de jeu par le lecteur, certains passages des dialogues de Platon conservant une grande complexité. Les notes sont importantes aussi, dans la mesure où auparavant le grec, le latin et l’histoire antique faisaient partie de l’éducation de base et où aujourd’hui certaines choses doivent être expliquées. Alors que les GF sont destinés à des lecteurs qui travaillent sur les textes, cette édition est davantage prévue pour une lecture rapide, les index et les annexes des deux cent dernières pages permettant d’apporter les informations utiles à la compréhension, sur des éléments de mythologie et d’histoire par exemple.

 

L'entretien est en six parties :

 

Bastien Engelbach Et JEAN-CLAUDE MONOD

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