"Les Gracques, c'est d'abord un état d'esprit : des valeurs de gauche, une conviction européenne ancrées sur la volonté d'être en phase avec la société française et avec les réalités du monde, la volonté de renouveler le débat démocratique en toute liberté."
Durant la campagne présidentielle de 2007, un groupe d'anciens hauts fonctionnaires socialistes s'était formé sous le pseudonyme des "Gracques" pour soutenir une alliance PS/UDF.
Ce groupe quelque peu inorganisé s'est structuré à la suite de l'élection présidentielle en club de réflexion. Présidé par Bernard Spitz, maître des requêtes au Conseil d'Etat, ce groupe d'experts se définit comme un club de réflexion issu de la société. Leur objectif est d'avancer des idées de fond pour impacter le paysage politique français et le recomposer. Le groupe est toutefois très hétéroclite, assez limité en nombre de participants, et reste très marginal dans l'univers politique, comme du reste intellectuel. On peine toutefois, au-delà du seul nom de Bernard Spitz, qui signe souvent seul les papiers et les positions des Gracques, à percevoir un "collectif", sans parler d'un mouvement collectif ou social autour des Gracques - inexistants.
"Nous sommes des idéalistes impénitents : nous pensons que les idées fabriquent le réel." Cette phrase résume l'état d'esprit des Gracques. Ils ne veulent en aucun cas s'impliquer de quelques manières que ce soit au sein du la famille de gauche dont ils se revendiquent. Ils veulent à travers ce club se donner "le moyen de peser idéologiquement sur le P.S. pour renouveler dans un sens réformiste et moderniste son logiciel". La limite possible de cette pensée est que la qualité et l'existence d'un logiciel dépend aussi de son concepteur.
Jean-Pierre Jouyet, qui avait débuté l'aventure des Gracques a été mis en congé par son entrée au gouvernement car les Gracques se veulent, aujourd'hui, "dans l'opposition". Denis Olivennes, patron de la FNAC, fait également partie des Gracques.
Leur projet se rapproche finalement de la troisième voie Blairiste. Anthony Giddens, professeur émérite à la London School of Economics reconnu pour avoir conceptualiser
l'idée de "troisième voie" (
third way), était invité comme grand témoin à l'université d'été 2007 des Gracques.
Leur manifeste dynamique est en ligne. Dans la rubrique "Qui sommes nous ?", les Gracques se sentent forcer de répondre à la question : "Roulez vous pour Sarkozy?" alors même que leur manifeste se nomme "Manifeste pour une gauche moderne".
Les Gracques font références aux frères Gracchus, deux hommes d'état issus de la
nobilitas plébeienne, renommés pour leur tentative infructueuse de réformer le système social romain. Ils ont été critiqués, et parfois moqués, puisqu'ils regroupent notamment des patrons, comme "Gracques 40" - un surnom qui ne leur plait guère.
Les Gracques (association loi 1901)
38, rue de Bassano
75008 Paris
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