Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS. 
Jacques Julliard, entretien à nonfiction.fr
Comment faire de l’agneau européen un loup ?
Regrettant l’ingénuité de l’Europe ouverte « à tous les vents » , Alain Minc trace des pistes de réforme tous azimuts et roboratives pour que l’Europe-ventre-mou ne soit plus qu’un mauvais souvenir. On lui sait gré de ne pas tomber dans le tropisme institutionnel qui veut que, quand les choses vont mal, on propose, par réflexe, de changer les institutions.
Parmi ses idées, retenons la création d’universités européennes de rang mondial, par exemple en fusionnant la LSE et Sciences Po ou l’X et l’Ecole Polytechnique de Turin ; la golden share européenne (« action spécifique » qui donne un droit de veto sur le capital d’une société) pour empêcher les OPA sauvages sur nos fleurons industriels ; une politique commune de l’immigration.
En 1997, Alain Minc prophétisait la mondialisation heureuse. Il n’avait pas tort : les gains et bienfaits de la mondialisation l’emportent globalement sur l’horreur économique qu’entrevoyait Viviane Forrester à la même époque. Cette nouvelle ère a toutefois fragilisé l’Europe qui, concurrencée par les pays émergents, n’est plus au volant de l’Histoire. En suivant Alain Minc, on peut même estimer que la civilisation européenne est déjà assiégée et que l’on fait semblant de ne pas s’en rendre compte. Reste que les Etats-Unis n’ont rien à voir avec ce constat. D’ailleurs, eux, au moins, savent renaître, au point qu’on peut se demander si l’Amérique n’est pas l’Europe qui a réussi![]()
* À lire également sur Nonfiction.fr :
- Alain Minc, Un petit coin de paradis (Grasset), par Aymeric Bourdin.
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Spinoza