On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

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La Première Guerre mondiale apparaît, pour tous les belligérants, comme un bouleversement majeur, qui engendre des difficultés inédites dans les mois qui suivent l’arrêt des hostilités. Dès lors, la signature des armistices, pas plus que la conclusion des traités de paix ne marquent véritablement la fin de ce conflit. Le retour à la Belle Époque s’avère impossible néanmoins chacun des belligérants s’est efforcé de revenir à une situation de paix, à sortir de la guerre. Cet ouvrage s’interroge sur les formes prises par ces sorties de guerre, dans tous les pays engagés dans le conflit.
Stéphane Audoin-Rouzeau et Christophe Prochasson tiennent à différencier la "sortie de guerre" de l’ "après-guerre", ce deuxième terme se limitant à "une perspective d’ordre essentiellement chronologique ". Au contraire, ils insistent sur la nécessité d’étudier le "processus" qui mène de la guerre à la paix, dans toute sa complexité et ses contradictions. Il s’agit donc de s’interroger sur les démobilisations dans chaque État considéré, sur le retour à des conditions politiques, économiques, sociales de paix, aux conséquences à court terme des traités de paix, à commencer par le nouveau tracé des frontières. De grands problèmes sont communs à de nombreux États : comment gérer la démobilisation du pays et le retour des soldats ? Comment revenir à la vie politique et économique d’un temps de paix ? Comment exploiter la victoire, ou accepter la défaite, et où tracer de nouvelles frontières ? Que faire des marques laissées par la guerre, sur les territoires et sur les personnes : violences, deuils, blessures, etc. ?
Mais chaque situation nationale est spécifique et les sorties de guerre ne posent pas les mêmes problèmes partout. Aussi les auteurs ont-il choisi d’étudier chaque pays engagé dans la guerre séparément. En effet, qu’a de commun la France, victorieuse mais meurtrie par l’occupation d’une partie de son territoire pendant quatre ans, avec la Hongrie, pays nouveau, affaibli par la révolution communiste et l’instabilité ministérielle ? L’Angleterre, qui a gagné une guerre en-dehors de son territoire national, avec la jeune république de Weimar, qui doit établir le nouveau régime, tout en ayant à gérer la défaite et les conditions difficiles du traité de Versailles ? Une approche différenciée était donc nécessaire mais elle brouille la notion de sortie de guerre.
Le plan de l’ouvrage rend compte de ces distinctions. Sont d’abord traités les pays vainqueurs, même s’il convient de distinguer ceux qui ont connu la guerre sur leur sol (l’Italie et surtout la France) de ceux qui se sont battus à l’étranger (Grande-Bretagne, États-Unis, Tchécoslovaquie) et pour qui le bilan économique et social est différent. Les contributions suivantes portent sur les États vaincus, héritiers des empires centraux, pour qui il faut à la fois gérer la défaite et construire des États neufs (Allemagne, Autriche, Hongrie). Les parties suivantes sont consacrées aux pays qui ont été occupés (Belgique, Roumanie, Yougoslavie) et aux États pour qui la guerre continue après la fin du premier conflit mondial (URSS, Pologne, Grèce, Turquie).
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