Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 
Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.
Bientôt de nouveaux résultats !
31 Janvier 2007 : une date historique dans le petit monde de la politique monétaire. Le mandat d’Alan Greenspan, président du conseil de la Federal Reserve Bank of the United States, la Banque centrale des États-Unis, prenait fin après un règne de dix-neuf ans.
Point de convergence des intérêts et des connaissances du monde de l’entreprise, des politiques et des économistes du monde académique, le banquier central voit son action analysée, décortiquée, et bien sûr critiquée. Et depuis ce 31 janvier de l’année dernière, l’héritage laissé par Greenspan a déjà généré plusieurs milliers de pages, imprimées et électroniques. Ainsi, le célèbre et controversé investisseur Georges Soros dresse lui aussi un réquisitoire sévère contre la politique monétaire des États-Unis dans son récent ouvrage The New Paradigm for Financial Markets , tandis que l’économiste Jeffrey Sachs déclarait en mai 2008 au magazine Le Monde 2 : "Il faut aussi souligner que depuis dix ans la Réserve fédérale américaine (Fed) n'a cessé d'alimenter deux grandes bulles spéculatives (Internet et l'immobilier) et a tout simplement continué à déréguler tandis que les problèmes s'aggravaient. C'est pourquoi j'estime, contrairement à beaucoup, que le règne d'Alan Greenspan sera jugé sévèrement." L’époque ou la majorité des économistes, investisseurs et hommes politiques, pensaient – à la suite de Milton Friedman – qu’Alan Greenspan était le meilleur directeur que la Fed ait jamais connu , semble en partie révolue. La question que beaucoup posent aujourd’hui est donc de savoir si Alan Greenspan n’est qu’un bouc émissaire commode pour dédouaner les marchés financiers de leur responsabilité dans la crise, ou si sa politique longtemps encensée doit être revue de manière critique ?
Greenspanomics : une politique monétaire trop laxiste ?
Puisque le point de départ de la crise financière actuelle a été l’accumulation du crédit à haut risque (subprime) sur le marché immobilier états-unien, de nombreuses voix se sont élevées pour critiquer la politique monétaire américaine qui aurait alimenté depuis 2000 la bulle immobilière au lieu de prévenir le danger. Cette critique vise frontalement Alan Greenspan, puisque son rôle est précisément de fixer les paramètres de cette politique.
Ce procès fait à Alan Greenspan est largement antérieur au début de la crise financière en juillet 2007, mais il s’est amplifié depuis, devant l’évidence des dysfonctionnements du marché immobilier, suivis par ceux des marchés financiers, et enfin des lourdes interventions de sauvetage des banques déployées par la Fed.
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